ARIS
OLOI INTâÛDUCTlON.
leur père : la bouillante jeunesse ne leur laissera point de repos»
Nousavonsfrappéduglaîve! Cinquante et une fois j'ai livré des batailles sanglantes. Je n'aurais jamais cru rencontrer un roi plus vaillant que moi. Dès ma jeunesse, j'appris à rougir le fer tranchant. Les Ases viennent m'inviter; il ne faut pas se plaindre de la mort.
n me tarde à présent de finir. Les déesses que m'a envoyées Odin m'invilent à entrer dans la salle. Plein de joie, je vais boire delà bière, assis avec les Ases aux premières places. Les heures de la vie touchent à leur fin ; je meurs avec joie.
toujours en penaaot qu'un festin se prépare ^ pour les héros 9 sur les bancs de la salle du père de Balder (Odin), Bientôt nous boirons dé la bière daps les cornets dos.. Un. homme brave qui arrive dans le palais magnifique du Fiœlner , ne regrette point d'avoir perdu la vie. On ne m'entendra pas prononcer des paroles d'effivi en entrant dans la salle de Vidrer (Odin).*
Nous avons frappé du glaive ! Si les fils d'Aslœg connaissaient bien mes tourmens^ et s'ils savaient que nombre de serpens venimeux me déchirent, ils saisiraient leurs armes, et voleraient au combat. La mère de mes fils leur a donné en héritage un cœur vaillant.
Nous avons frappé du glaive ! La mort avance à grands pas ; le serpent m'a fait une blessure profonde; la vipère habite déjà les recoins du cœur. J'espère que la lance pénétrera bientôt jusqu'au cœur d'Ella. Met fils seront enflammés de colère, à la nouvelle de l'assassinat de
cjDo iNTBOvecTiey.
1^ mort surprend plutôt oeluî qui ne fait jamais face à remnefoi' Il est bien difficile d'emmener un potiron au jeu divertissant des épées. I^e lâche ne tire jamais avantage de son cœur.
Nous avons frappé du glaive! tl est de là justice du combat que, dans la rencontre àei ânties, un homme en attaque un autre, et que le guerriet ne fuie jamais devant son ennemi. Telle était, depuis long-temps, la loi du vrai guerrier. Celai qui sispire à Tamour de sa ma!trysgç, doit toujours se montrer intrépide au bruit des armes.
Nous avons frappé du glaive! Il me semble qu'il est certain que nous sommes entraînés par le destin , et que jamais personne n'échappa aux déèi^età dei NoÉ'heà. Quâtidjé mis le* vaisseau» à U ttiér, poui" aller tés^àsierles coi*beâmx4iffamé»', je ne croyais point quelle me fît toucj^p? à la fin de la yie. Dans les golfes dTÉcos», ^r^us aypn^ foufni un* pâture abondante «ax. loup».
KRAKUMAL. CLXXZix^
Nous avons frappé du glaive ! Je vis s'enfuir^ un matin^ les favoris *des femmes et l'amant de la jeune fille ^ lui qui était' fier de sa belle cl^l*^ velure. Avant la chute du roi OErn, ce n'était pas, dans le détroit d'Ala, cQmme quc^nd la vierge du pressoir vient nous présenter des bains chauds. Ce n'était pas comme lorsque , assis aux premières places , nous embrassons d'aimables vierges.
Nous avons frappé du glaive ! Nous agitâmes avec force les épées qui allaient trancher les boucliers, quand la lance dorée fit fléchir les cuirasses* L'île 4'Angul montrera encore , pendant des siècles,, comment nous rois , nous nous sommes comportés dans j^e jeu des épées. Devaut l'isthme!^ le. dragon qui apporte les blessures sur i»es.. aiXes^ fut dç grand ,m|Ltin rpugi de sang.
Nous avons frappé du glaive ! La mort atteint-elle le héros au choc des flèches, lorsqu'il s'avance au. premier raiig? H a^nye salivent que
«tiimni INTB0DUCT101I.
fils. Egîl fit mordrai la poussière à Agnar^ ce héros intrépide. La lance perça à grand bruit la cotte de mailles grise. Les enseignes resplendirent au soleil.
Nous avons frappé du glaive ! Je vis les braves fils d'Endil éventrer là proie avec les épées resplendissantes , pour en régaler les animaux carnassiers. Dans le golfe de Skede^ ce n'était pas comme lorsque les vierges nous présentent le nectar. Bien des vaisseaux furent vidés de leurs guerriers au fracas des lances. Les cottes de mailles furent mises en pièces dans la mêlée des n^is. ;
Nous avons firappé du glaive ! Au sud de Lindesœre , nous jouâmes un matin le jeu de Hilde avec trois rois. Peu de personnes échappèrent au carnage. Lu plupart des ennemis furent sacrifiés aux bètes* féroces. Les . vautours et les loups s'arrachèrent la proie. Le sang des Irlandais coulait à grands flots dans la mer agitée.
tes boucliers se rompre , et les hommes mordre la poussière.
Nous avons frappé du glaive ! Aux îles Hébrides, le destin voulut que HerthioJP remportât la victoirp ê^r pos hommes. Une grêle dç traits abattit î&oegnv4d. Cçla mit te combina la dou-» le\ir qui ^tb^ignit les combattons au miliçu du fynf^a^ à'B^ épées, J^iç guerrier lapiç^i ¥vec force son* javelot*
Néns avons frappé du glaive! Les morts £ai« sâient un éaoïtne monceau. Le ' vautour se réjouissait de l'espérance que fit hattre le brait du combat. Le roi Marstan, qui régnai^ sur l'Irlande , rassasia de carnage Jes aigles et les Ipups^ pendant que les flèches mordaient sur les boucliers. Le golfe de Vedra engraissa te? corbeaux par de bons rjBpas.
Nous avons finippé du ^aiveldJa malîii; je vis t€kmber une foule d'hotnmès «oûs )as eoiipi d'épée du guerrier^ dans la mêlée des fièohe^*
L'épine du fourreau perça le cœur de mon
«xx«ti INTUMUCTfOM.
Barda. Nous offirtmes atix vautours les pAles ▼ictîmes de la mort. La corde de l'arc retentit quand le fer tranchant perça, daos la mêlée, les cottes' de mailles (brgées par le marteau de Svelner. La flèche arrosée de sang et infectée de venin, volait h travers les airs, portant les blessures $ur ses ailes.
Not(s afvons frappé du glaive ! Nous levâmes bien haut les boucliers dans le jeu de Hilde que nous jouâmes à la baie de Hedning. Oit y voyait se fendre les oasques des guerriers , quand, au milieu du fracas des épées, nousrom^ pîmes.les boucliers en raille pièces. C'était autre chose que de reposer au lit nuptial avec une
tendre épouse. d'une beauté éblouissante.
Nous avons, frappé du glaive ! En Northumberlaiu), la grèlè mîeurtrière perça lés boucliers , 9t la. terre fut jonehée de mort». Le nlatln de cette journée, on n'«fit pas besoin d'exhorter les hommes j^u jeu de Hild^. Le^i lances étincelan- Jes firaqa^fèjîejprt Ijçs tèçe^si* jQ^vi^ clans ce confia*
KRA&UBlAL. GLXXXT
sure. Les nuages de la grêle meurtrière df^chirèr^at les anneaux des armures. L'arc lança le fer. Voulner périt dans le combat. Jamais roi ne fut phis vaillant. Au haut et au loia ^ les corps morts furent jetés sur le rivage. Le loup se régala de la proie.
Nous avons frappé du glaive ! Dans le pays des Flamands, le combat était douteux, jusqu'à ce que le roi Frey fAt tué. Infecté de sang, l'aiguillon bleu de la blessure perça la cotte d'armes dorée. La vierge pleura le combat dé la matinée. On rassasia la faim dévorante du loup.
Nous avons frappé du glaive ! Devant Englanèse, les guerriers étaient tombés par centaines à bord des vaisseaux. Nous luttâmes pendant SIX jours avant quel armée ennemie fût vaincue. Au lever du soleil , nous livrâmes le dernier combat. Le sort voulut que Valthiof tombAt sous les coups de nos armes.
Nous avons frappé du glaive ! Le sang tombait à grands flots de nos épées dans le golfe de
TEMFS ANTÉRIEURS A ROLLON.
SInsjrthiu t^onmm* — nnwtrir. — Jnpaeion
Je ne remonterai pas^ comme Font fait plusieurs écrivains^ pour trouver l'origine des peuples nos prédécesseurs sur le sol que nous habitons , au fils atné de Japhet , à Hercule , ou aux Troyens. Cette dernière tradition^ déjà répandue au quatrième siècle % n'était peut-
' Ammien lUirceHm, Hb. 15.
2 ÉPOQUE KOMAIKE.
être qu'un artifice des Romains pour se rendre les Gaulois plus favorables > en donnant aux vaincus une généalogie commune avec les vainqueurs.
L'invasion des Gaules, par Jultes-^Cés^ ^ est l'époque certaine la plus reculée de notre histoire particulière. Les écrits de ce grand
capitaine en sont aussi les plus anciens monumens*.
La dernière division des Gaules, sous les Bomains, établissait dix-sept proyiiaçes , en deux grands gouvernemens : celui des Gaules propre- 395 ment dites > Galliœ^ et celui des Sept-Proyiacçs, Septem-Proi^inciœ. Ce dernier renfermait les deux Aquitaines, les deux Narbonnaises, la Novempopulanie, la Viennoise et les Alpes-Maritimes. Les dix provinces du second étaient : les deux Gejimanies, les Alpes-Grecques, les de^x Bel-
giques et les quatre Lyonnaises.
Des quatre I^yonnaises, la seconde était comprise dans les limites données depuis h l'ancienne province de Normandie. Elle cgmptait, sous l'empereur Honorius, sept cités, c'est-à-dire
■ Comment, de Bello gallico , Ub. 2 , 3 et alii.
DIVISION DB LA SECONDE LYONNAISE. ô
sept agglomérations de peuples indépendans les uns des autres :
La cité des Felocasses , dont Rothomagus , ou
Rouen , était la capitale.
— des Baiocasses , Bayeux.
— des Ahrincatui, Avranches.
— des Ehuro<>ices , Evreux * •
— des SagU, Séez. .
— des Lexom, Lisieux.
— Constancia^ Coutances*.
Au temps de Ptolém^ée , qui florissait dans la
première moitié du second siècle^ il est fait mention d'autres peuples et d'autres villes. Je citerai particulièrement les Calètes et Juliohona ^ . Les Calètes habitaient le pays de Caux; ils fournirent dix mille hommes à la ligue de la Gaule Belgique contre les Romains , Tan 697 de la fondation de Rome^. Juliohona y ou Lillebonne, était leur capitale. Plusieurs voies romaines s'y réunissaient : i® celle qui venait de Rouen,
' 6u plutôt le Vieil-Évreux.
' Notitiœ prbyinciàrum et civitatum Galliae , apudD. fiouqoet, t. I, p. 122.
^Iholteée.lib. 2.
^ De Bello «allico, lib. 2 , cap. 1. - '
4 ANTIQUITES ROMAINES.
passant par le Mont-aux-Malades ; 2* la même route jusqu'à l'ancien Caracotinum, dans le voisinage de Harfleur; 3* celle qui partait de Bouiogïie ; 4^ la même route , passant par l'ancien Brei^iodunun , aujourd'hui Pont - Audemer ; 5<> une voie qui conduisait à Évreux; Çfi une ancienne voie de Lillebonne au bord de la mer, près de Fécamp. Si l'on se rappelle aussi l'existence d'un théâtre et de bains publics dans cette ville , on ne doutera plus de la supériorité d'importance de Lillebonne sous la domination romaine. Mais , puisqu'elle ne figure pas dans la notice rédigée sous Honorius, il faut en conclure que Lillebonne était déjà déchue de sa splendeur au commencement du cinquième siècle.
Du reste ; les Romains avaient des établissemens publics dans plusieurs autres points de notre contrée. On en a trouvé des débris à Bayeux*, à Vieux', à Valognes, à Coutances, etc.; ce sont des témoins de Fimportance de ces lieux. Mais Bouen , peut-être à cause de sa position sur un grand fleuve, ne tarda pas à deve-
' Mémoire sur les vestiges des Thermes deBayeux; p«r M. Surviile. • D. Bouquet, t. i, p. 146.