CHARLEMAGNE
à encourager les études ; et la célèbre école de Fontenelle reprit tout Féclat dont elle avait brillé •dous saint Ouen '. Depuis^ elle paya encore sa dette , et c'est à elle que nous devons le Recueil de ces capitulaires ^ l'un des beaux titres de gloire du fils de Pépin ^ et aussi l'un des pluS' précieux matériaux pour l'histoire de cette époque. Mais les démêlés qui survinrent dans la famille de Charlemagne^ sous les successeurs de ce grand homme; la division qui en résulta parmi les grands , et qui s'étendit nécessairement au peuple ; la naissance du système féodal ; l'affaiblissement de l'autorité souveraine, qui en fut la conséquence rigoureuse, replongèrent bientôt la France dans le chaos dont Charlemagne l'avait un instant tirée. L'apparition des Nor^ mands, leurs excès, leurs ravages., mirent enfin le comble au désordre de l'administration et à la misère des peuples , jusqu'au moment où le plus célèbre de ces pirates, le fameux Hrolf, (Rolfou RoUon ) premier duc de Normandie, vint rétablir l'ordre dans cette contrée , en s'en faisant reconnaître souverain.
' Mabillon, Aon. Bened. , t. ii, p. 287.
5^ MIRATES SAXONS.
Il faut , ici , i*appeler en peu de mots l'histoire de ces invasions^ dont le résultat le plus éclatant fut la création d'un nouvel état sur le sol neustrien.
Vers l'embouchure de l'Elbe , dans la mer du Nord, est une île environnée de rochers. C'était jadis la principale demeure de ces pirates saxons , que les anciennes annales nous représentent si braves, si farouches, si terribles; ib occupaient d'autres îles encore, et le littoral voisin '. Dès le troisième siècle, ces hardis aventuriers s'élancèient de leur retraite, écumèrent l'Océan, firent des descentes dans divers pays, et notamment sur les côtes de la Gaule , à partir de la rive gauche de la Seine. Quelques-uns, apparemment j se trouvèrent bien sur le territoire des Baioc(2sses (^Bayeux) ^ et s'y fixèrent. Voilà pourquoi, dans la notice des Dignités de l'empire > rédigée vers la fin du quatrième siècle, ce littoral est appelé saxon. Voilà pourquoi encore * notre plus ancien historien , Grégoire de
' Zozimos, lib. 3, p. 44, éd. Basil. , fol. — P. Orosius, Hh- 7» ' cap. 32, p. 47, éd. Cologne, 1574. — Sidonius , 8, cap. 7.