‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 4 sur 82 · SUR THÉODORE LICQUBT. III · texte numérisé non relu

SUR THÉODORE LICQUBT. III

Gourdin y que son grand âge et ses infirmités avaient forcé de s'en éloigner , lui . ouvrit un nouvel avenir. La voix publique applaudit au choix qui avait été fait de Théodore Licquet : des titres littéraires le recommandaient déjà, à l'attention et à la reconnaissance de ses concitoyens. Thémistocley Philippe IIj Rutilius, la Mort de Brutus , tragédies de notre jeune auteur, avaient été entendues avec intérêt sur le thé&tre de Rouen , et y avaient ohtenu les honneurs de plusieurs représentations. Si ces ouvrages, que distinguent une poésie élégante , un style pur et châtié, des traits heureux , manquent de cette venne, de cette profondeur, de ce jeu de passions qui sont la vie du drame, la patrie du grand Corneille sut gré au jeune poète de ses efforts , et répondit à l'appel qu'il lui avait fait, en l'applaudissant. C'était, en effet, une idée heureuse, hardie, et qui pouvait devenir féconde, d'avoir lancé, sur une scène de province, quatre tragé-

IV fïOTICE

dies, sans leur avoir, fait subir le baptême de Paris. Malheureusement, l'auteur n'était point un Corneille, les acteurs de Rouen ' n'étaient point des Talma : cet essai n'alla pas plus loin. Liequet avait trop de mérite et d'esprit pour ne pas sentir que son talent ne le portait point à l'œuvre dramatique. Entouré des nombreuses richesses littéraires en tout genre , dont les bibliothèques des établissemens religieux de la Haute-Normandie avaient été dépouillées à la révolution , pour enrichir celle de Rouen, occupé de les étudier pour les mettre en ordre et en dresser le catalogue % il se sentit entraîné vers les études historiques. La Société d'Émulation de Rt)uen venait de mettre au concours la question suivante :

Tracer P histoire politique, religieuse et littéraire de

Rpueriy depuis les tempSs les plus anciens jusqii à

' Il en a fait paraître le premier Tolume ( Belles-Lettres) en 1830. Le second Tolume (Sciences et Arts), laissé en manuscrit, a été publié par M. A. Pottier , successeur de M. Licquet.

SUR THEODORE UGQUET. Y

RoUpn; Théodore Licquet traita la question et fut couronné. Son Mémoire fut suivi de deux di»* sertationsy l'une^surle Traité de Saint-^lmr^sur* EptCj au sujet du mariage de RoHon avec Gisèle, fille de Charles-le^Siniple ' ; l'autre, sur Alain Blanchard j qui figura dans le siège de Rouen par Henri Y , en i4i9* Dans ces deux écrits , pleins d'érudition et de critique, l'auteur détruisait des opinions accréditées et reçues jusqu'à lui comme vérités historiques; ils lui attirèrent quelques critiques amères. L'auteur était de la patrie de celui qui disait : a si j'avais la main pleine de vérités , je me garderais bien de l'ou-, vrir ; » mais, plus hardi que Fontenelle, il s'était

dit, lui, que l'écrivain qui s'est voué à la mis- %\on sainte de l'histoire, ne doit rien cacher, et doit savoir attaquer de front Terreur et les préjugés , coûte que coûte.

* Une piurti^ 4é cette dMiarftiep a trouva pUce d«n» le premier Tolume de cette Histoire.

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