‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 5 sur 82 · TI NOTICE · texte numérisé non relu

TI NOTICE

Père de famille et peu riche , Théodore Licquet avait été forcé d'entremêler ses chères études historiques de travaux littéraires plus fructueux , et qu'il appelait gaîment son labeur; mais, toujours consciencieux, il s'en acquitta comme s'il se fût agi de travaux de création et de son choix. C'est ainsi qu'il compila ou arrangea deux volumes de Mémoires relatifs à la famille royale de France ; qu'il traduisit (car les langues anglaise et italienne lui étaient aussi familières que la latine 9 la grecque et la sienne) une partie du 'Voyage bibliographique ^ archéologique et pittO" resque en France ^ de Dibdin j V Histoire dlt(dié , en cinq volumes, de M. Botta, et plusieurs tome^ de V Histoire de Napoléon, parWalter-Scott, etc. ' Nous ne rangerons pas entièrement dans la

■ Voir , pour la nomenclatare complète des ouvrages de Théo* dore Licquet , la Bévue de Rouen ( numéro d'octobre 1833 } , dans laquelle M. Edouard Frèkb , un des éditeurs de cette Histoirei ami de l'auteur , lui a consacré une Notice intéressante.

SUR THÉODORE LIGQUET. Vil

même classe son ouvrage sur Rouen ; Précis de son histoire y son commerce, son industrie^ ses monu* mens; livre, il est vrai, destiné aux voyageurs, mais fort au-dessus de tous ces itinérskires , la plupart du temps dénués de critique et de faits, et auxquels il devrait servir de modèle. Bientôt Théodore Licquet devait renoncer à tous ces écrits placés hors du cercle de ses études de prédilection , pour se livrer exchisivement à ses grands travaux historiques. Ce fut alors qu*il s'occupa , avec une ardeur infatigable, à amasser et a mettre en œuvre les matériaux de l'ouvrage sur teqpiel il fondait toutes ses espérances de renommée littéraire. L'histoire de Normandie restait à faire ; Théodore Licquet entreprit d'en doter le pays qui Taîvait vu naître. Son travail, suivaut le plan qu'il s'était tracé , devait être divisé en deux grandes sections.' La première com- ■prenait Itistoire de cette province depuis les temps 'anciens jùsqu*à la coiiqiiéte de TAngle-

vnr NOTICE

terre par Guillaume ^ fait immense qui envrlt une nouvelle ère à la Normandie et qui scinde son histoire; la seconde se serait étendue de la conquête

de l'Angleterre jusqu'à l'expulsion de Jçan-Sans* Terre , et devait compléter ainsi les annales de la Normandie sous ses ducs. Cette seconde partie 9 dans la pensée de l'auteur , ne devait

suivre la publication de la première qu'après quelques années d'intervalle. C'est la première partie de l'ouvrage qui voit aujourd'hui le jour ; c'est la seule que Ti^éodore Licquet eût achevée, et qu'il n'a pu même livrer au public. Elle devait être précédée d'une introduction , dans laquelle Fauteur se proposait, comme première base d'une histoire de Normandie, de tracer, d'après les

sources originales, lé tableau con^l^t des moeurs, des usages, de la mythologie ^ de la littérature des hommes du Nord, dont l'influence et la trace n'avaient pas encore été, pour ainsi dire, aper- Çues et signalées , avant lui , dans nos annales*

SUR THÉODORE LIGQUBT. JX

Déjà il en disposait ks matériaux p6ur la

publication de son ouvrage, lorsque sa santé, depuis long-temps affaiblie par un travail long

et opiniâtre, ressentit une nouvelle atteinte qui devait le conduire au tombeau'. Une extinction de voix , précurseur d'une affection plus redoutable , se déclara. Le mal fit des progrès; une a^née ne s'était pas écoulée , que Théodore Liequet était enlevé à sa famille et à ses nombreux amis. 11 succomba le premier novembre 1 83a , à peine âgé de quarante-cinq ans. La perte que venait de faire la ville de Rouen fut vivement sentie dans toutes les classes. 11 ne fut pas seulement pleuré par les siens et par ses amis. Vous qui suiviez, avec lui, la carrière des lettres, et

* M. Depping , que ses connaissances dans les langues et la littérature da Ii|<»^, et des traTanx historiques qui lui ttùt valu d'honorables distinctions , recommandaient avant tous pour une semblable tâche, a bien voulu se charger de compléter cette intrinduetloB.

X ; , NOTIGB

qui trcruvàtes toujours ea lui un guide , un cama? rade , un frère ; vous qui , étonnés de son érudition si profonde , si variée , l'étiez plus encore de sa modestie; vous qui jouissiez de ce commerce si doux 9 si égal, relevé de tout ce que Tesprit peut offrir de grâce et de finesse; vous qui le vîtes toujours fidèle au malheur dans ces temps de révolutions, toujours fidèle à lui-même, à sa dignité d'homme et d'ami; vous, enfin, qui lÉe le connaissiez que par le bien qu'en disait Ja voix publique ; vous tous , vous aVez versé defe larmes sur sa tombe. A un an de là , sa malheureuse veuve, épuisée par les soins qu'elle avait prodigués à son époux et par la douleur,

vous y donnait , une seconde fois , rendez-vousl Là vous retrouvâtes ces deux orphelins, frappés si jeunes dans ce qu'ils avaient de plus cher au monde; et, l'ame remplie de ceux dont les restes, étaient devant vos yeux, vous vous écriâtes : « Pauvres enfans!... Puissiez-vous leur ressembler

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