‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 42 sur 82 · HROLF BNFREINT LA. DÉFENSE · texte numérisé non relu

HROLF BNFREINT LA. DÉFENSE

Harald lui-même^ quelques années plus tardj devait donner à son fils Ëirik l'équipement complet d'un pirate; et le jeune Eirik était le bien aimé entre tous les enfans de Harald ' . Le prince ^ à la vérité , ne défendait pas la course à l'étranger; mais le moyen que des hommes élevés dans le pillage en perdissent tous^ et au même instant , l'habitude , dans les limites d'un territoire où y tout à l'heure encore , ils pouvaient s y livrer avec impunité !

La loi devait donc être enfreinte , et Hrolf fut un de ceux qui l'enfreignirent.

Hrolf était fameux par ses courses dans la Baltique * . Fils du iarl de Mœre, de ce Rognvald^ le plus dévoué des amis de Harald , brillant de toutes les qualités que ce prince exigeait à sa cour ^^ il aurait pu^ sans doute, succéder à la fortune de son père; mais, soit que Hrolf ait fait

animi «gritudinem dispelleret, piraticis sese exercitiis addixit. » Torfœas, Séries reg. Dan. , p. 353.

' « Dédit ei quinquenaTeslongas rex Haralldus, quibas piraticam exercuit. » Harallds Saga , cap. 34. '

* Ibid., cap. 24.

^ « Ad aiilam Haralldi régis non admittebantur, nisi qui et robore et audaciâ , promptoque et ad quac^is parato animo , alios longé snperabant. » Ibid. » cap. 9.

46 EXIL DE SROLF.

partie de ceux qui refusèrent de se soumettre au conquérant de la Nonrége ; soit que l'habitude ait eu sur lui plus d'empire que la loi^ il débarqua un jour sur la côte de Wiken^ et enleva^ pour nourrir son équipage^ le bétail qu'il y rencontra. Irrité à cette nouvelle^ Harald^ qui se trouvait dans le roisinage y conroqua un tking (tribunal)^ qui condamna le coupable à l'exil. Vainement Hillda^ mère de Hrolf, demanda en suppliant la grâce de son fils ; vainement^ s'il faut en croire le Scalde^ elle menaça le prince du retour de l'exilé : Harald fut inflexible. Hrolf remonta sur ses vaisseaux , et cingla vers les Hébrides'.

Dudon de Saint-Quentin % Guillaume de Jumiéges^ Bobert Wace*, d'autres encore , assignent au départ de Aollon une cause toute différente : c'est une fable dé plus qu'il faut écarter. Leurs assertions ne peuvent balancer l'autorité des Sagas ^ que j'adopte ici.

* Harallds Saga , loc. cit^ , cap. 24.

* Apud Dttchesne, p. 69 et seq.

' Ibid. , p. 221 et seq.

^ Roman de Rou , t. i , p. 38 et suiv.

SOlïOB BE HROLF. 4?

Les côtes de la Baltique n'étaient pas les seules que Hrolf eût explorées jusqu'à ce moment (895); dès l'année 876 , il visitait l'Angleterre ' . Repoussé par Alfred-le-Grand * , il comprit qu'il devait s'adresser à des princes moins vigilans , et chercher un butin plus facile ; mais il trouva le moyen de sortir sans honte d'un pays qu'il avait attaqué sans succès , et ce fut là son {»*emier trait d'habileté politique : il eut un songe ^, véritable reflet des traditions orientales apportées par Odin chez les Scandinaves. Les récits de l'antiquité sont pleins de ces visions nocturnes, qui avaient leurs interprètes oflSiciels, et qui manquaient rarement de se réaliser, selon qu'on avait pris ses mesures pour le résultat dé-siré * . Les songes entrèrent donc dans la croyance religieuse imposée aux hommes du Nord, parce

' Bromtom y inter Scriptores decem, p. 810.

» Spelmm , Alfrcdi vita , p. 23—24. — Cela n*eitipécfae paà nos historieDS normands d'attribuer de grandes ^victoires à Hrolf en Angleterre.

^ Asserii Annales, ap. Gale, p. 165.

* Hérodote, Therpsicore. — Platon, în Crit. , in Ph^. — Aristote , de Divinatione , cap. 1 . — Ciceron , de Divinatioue , lib. 1 > cap. 25. — Phitarque, in Alex. — Pausaniafl, Elide, cap. 23; Pbocide ,cap. 2 ; Attiqne, cap. 34 — . Val. Max., lib. J , cap. 7.

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