‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 54 sur 82 · GISÈLE FILLE DE LOTHAIRE · texte numérisé non relu

GISÈLE FILLE DE LOTHAIRE

relégué dans son monastère pour crime de haute trahison; et ce Hugues était le frère de Gisèle'. Ajoutons que la chronique de Reginon se termine à Tan 906, et qu'au moment (883 ) où il nommait un Charles ( l'empereur Charles-le-Gros), donnant une princesse Gisèle en mariage à un chef normand» il n'était nullement question du traité da Saint-Clair-sur-Epte , conclu en 9 11 , c'est-à-nlire cinq ans plus tard^

S'il était besoin d'étabUr plus évidemment encore la confusion produite par le nom de Charles y je rappellerais que Baronius attribue à Charles-le-Chauve la concession faite aux Normands de cette portion de la Neustrie connue ensuite sous le nom de Normandie * ; je rappellerais surtout que Pontanus » dans son Histoire du Danemarck, en attribue l'honneur^ ou^ si Ion veut^ en donne la honte à Charles-le-Gros ^ Cette

* « Hugo legatos ad Godefridum dirigit , eo quod llli

esset afflnitate conjunctus , propter sororem quam in conjugium accqierat. ».Regino; loc. cit. , p. 61.

* « Hoc pariter anno (850), eosdein in regni consortes assumit, eàregni parte illisconcessAquae ab eorumnominesumptovocabuio, dicitur Nôrmannia. » Baronius; Aanales ecclesiastici , t. x., p. 70.

' « Et Grassus , ut à reliquâ Gallià ejusque depopulatione absti-

dernière version est d'autant plus singulière, qu'à une seule dififérence près, le nom du chef normand , toute cette partie du traité de Saint- Clair-sur-Epte passe, sans effort, du roi de France à l'empereur d'Occident : c'est un Charles, cest une Gisèle, c'est la Neustrie, c'est un chef normand, c'est la condition du haptême.

Je note cette dernière particularité, car, s'il est vrai que le duc Robert fût tenu sur les fonts par Robert, qui lui imposa son nom, il ne l'est pas moins que plusieurs écrivains font intervenir ici, comme parrain, Charles-le-Simple en personne; et pourquoi, selon toute apparence? parce que le même fait s'applique encore à Charles-le-Gros, à l'égard de Godefroy.

J'ai dit qu'un écrivain moderne avait donné à la Gisèle de Charles-le-Simple la qualité d'enfant naturel; ce renseignement me parait ne reposer sur aucune base, et peut être regardé comme une simple supposition. Mais n'est-il pas bien étonnant que ce titre d'enfant naturel prêté à la prétendue fille de Charles-le-Simple,

neretur, concessione Neustriae vtetorem placare pacareqae coactus fuit. » pontanus ; Rerum Danicarum historia , p. 113.

appartienne, encore à Gisèle fille de Lothaire? Et, en effet, Lothaire ayant eu cet enfant de Valdrade, que le pape refusa constamment de reconnaître pour femme de ce prince, les historiens ont dif; que le fruit de ce mariage était illégitime *. D'autres écrivains, non moins embarrassés , sans doute , par la présence d'un personnage qui met en défaut tous les calculs chronologiques, ont avancé que Charles-le- Simple avait donné en mariage à Bollon, là princesse Gisèle , sa fille ou sa sœur ' . Assurément ^ une sœur de Charles pouvait être nubile en 91 1 ; mais cette version n'est pas plus heureuse que la première. En effet, il faudrait commencer par établir que Charles-le-Simple avait une sœur , et je ne sache pas un seul historien qui ait supposé de fille , même naturelle , à Louis-le-Bègue , pèi^e de Charles-le-Simple. Quant à la Gisèle accordée à Godefroy , fille légitime , si l'on s'en rapporte aux évoques

' « Lothaire était mort sans enfaus légitimes, etc. » Dom Galmet, Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine, t. i, col. 730.

» Pontanus; loc. cit. , p. 117. — - De Seires; Véritable inventaire de Fhist. de France, p. 53.

du parti de Lothaire*, fille naturelle^ si l'on veut s'en tenir à la décision de deux papes * ; cette princesse, dis-je, n'est l'objet d'aucun doute historique. Il me semble donc suffisamment démontré que notre premier duc n'épousa point une fille du roi de France, et que les historiens ont appliqué à Charles -le -Simple des détails qui appartiennent à Charles-le-Gros.

Puisque je parle de ce prétendu mariage de Rollon, je signalerai ici, en passant, une bizarrerie échappée à un écrivain moderne , dans la première édition d'un ouvrage qui produisit une vive sensation dans le monde Uttéraire ^ : tt Le roi, disait-il^, avait une fille appelée Ghisèle , il l'ofirit pour épouse au chef danois , et Hrolf l'accepta , la trouvant , dit un vieux historien ^, de hauieur de ta^k coniferuAle. » Q y avait , dans ces quatre lignes , deux erreurs , et au moins , comme je t'ai dit , une grande bi

* Dom Calmet ; Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine, 1. 1, col. 704.

» Ibid., ibid., col. 727.

' M. Augustin Thierry ; Histoire de la Conquête de TAngleterre par les Normands.

4 Ibid., t. I, p. 159, édit. 1825.

^ Dud. Sancti-Quintini , ap. Duchesne, p. 82.

rerie. D'abord , cette Gisèle qui n'exista jamais ; puis , cette qualité de danois donnée à RoUon , qui était norwégien ; enfin , ces expressions : là troui^ant de hauteur de taille corwenahle. Le vieil historien est Dudon de Saint-Quentin : j'ai cité en entier le passage où cet auteur fait le portrait de Gisèle ; où il énumère avec tant de complaisance les brillantes qualités , les rares vertus de sa princesse. On y trouve, à la vérité, ces expressions : « procentate congruâ^^ ; mais les détacher de l'ensemble ^ mais en faire le motif unique de l'acceptation du Normand, mais les traduire par ces mots : la trompant de hauteur de taMe cofîi^enable y c'était se tromper soi-même sur l'efifet qu'on voulait produire ; c'était dépasser le but qu'on voulait atteindre ; c'était acheter trop cher la singularité désirée. Historiens, écrivons l'histoire : soyons neufs et piquans si nous pouvons l'être, mais, avant tout, soyons vrais daiis l'exposition des faits , fidèles quand nous citons des autorités.

L'écrivain dont je parle a senti lui-même ce qu'il y avait d'étrange dans son récit, et s'est corrigé dans une édition postérieure.

Voici donc Hrolf maître absolu de l'une des

9a ÉTAT DE Là. NEUSTRIE.

plus belles contrées de France. Mais alors ^ et par suite de soixante-dix années de guerre et de confusion « ce pays était inculte et abandonné. Plus de cbarrue qui labourât la terre ^ plus de bestiaux pour la féconder ; la population ellemême avait fui; Hrolf^ en un mot^ prenait possession d'un désert*. Par quel miracle la prospérité y reparut-elle presque subitement^ et partout à la fois ?

On a beaucoup parlé de la barbarie des hommes du Nord; j'en ai moi-même rapporté des exemples ; gardons-nous cependant de confondre les chefs des pirates avec la tourbe aveugle et grossière qu'ils conduisaient au pillage. Si je ne me trompe, ces aventuriers célèbres méritent une autre réputation. Enthousiastes de la guerre, terribles dans les combats, sans pitié pour leurs ennemis, la terreur de leur nom a pu faire prendre une fausse idée de leur caractère , et il n'est pas impossible de trouver chez eux l'instinct et le germe de la civilisation , même au

> « Terra... inculta est vomere , pecadum et pecorum grege omnino privata , bominamque praesentiâ frustrata. » Dad. Sancti- Quintini , p. 83.

CIVILISATION DBS ttOMMBS DU NORD. gS

sein de leur première patrie , la Norwége. Comment expliquer d'une autre manière certains traits de mœurs des Scandinaves^ soit dans la vie privée^ soit dans la vie publique? Comment expliquer l'usage fréquent du bain^ par exemple ^ ; le soin de la chevelure * ; le luxe dans l'appareil des festins^, dans l'équipement d'un navire*, dans l'éclat d'une armure*? Comment expliquer autrement l'estime où étaient les Scaldes , l'influence qu'ils exerçaient ^, le goût

' Les Anglo-Saxoufl ayaient aussi Tusage des bains chauds. Voytt Bede , Hist. Eccl., lib. 4, cap. 19, p. 163.

* « Hic balneo usus, cum capillos suos pecti fecerat rex. » Harallds Saga , ap. Snorre , 1. 1 , p. 99.

3 « Vasa et comua omnia nova , tota auro omata , cœlata imaginibus omnia, tersa et vitri instar polita. » Ibid. , p. 90. — « Magna ibi ( in conTiyio) erat rerum copia. » Atla-Mal, ap. Ssemund, t. ii» p. 477.

^ « Draconem (nayem bellicam) insignis magnitudinis , per hiemen , struendam curaverat , eximiè omatam. » Harallds Saga , p. 82. — « Naves classicœ exierunt auro omat«e. » Helga-Quida , ap. Ssem. , t. u > p. 68. — « Vexillnm auratum suprà proram expandit.» Ibid. , p. 101.

s « Clypeum robicundua ( cujus) ora aurea erat. » Helga-Quida, y. 73. — « Ktttilans armorum splendor. » Ibid., p. 101. — « Auratam Boricam induit. » Sigurdar-Quida , ap. Ssmund , t. ii, p. 233.

^ « NagnsB apud principes auctoritatis eos fuisse constat. » Torfoeus ; Séries dynastarum et regnm Dani« , p. 53, Haftiie, 1702, in-4*.

g4 ASPBGT NOUVEAU DE LA NORMANmC.

des princes eux-mêmes pour la poésie ' ? Corn-' ment expliquer ^ surtout ^ le respect religieux des hommes pour l'autre sexe *, cette réputation de science accordée aux femmes et aux vierges ^ ? Gar^ remarquons-le bien , partout où le sexe le plus faible exerce une influence morale sur le plus fort^ il y A civilisation, ou du moins tendance vers la civilisation.

Ne nous étonnons donc plus à l'aspect tout différent que va nous présenter le pays occupé par les hommes du Nord , et qui , dès ce moment, prend le nom de Normandie.

Le traité conclu et garanti sous le serment de la foi cathoUque par les comtes, les autres chefs, les évéques et les abbés*, Charles retourna satisfait dans ses domaines ; Hrolf revint à Rouen, accompagné de l'évêque Francon et 912. du comte Robert. Le premier le baptisa , selon

' « Haraldas pulchricoiBiis.... lessum in uxarem SiuBfridam confecit. » Torfœus; loc. cit. , p. 54.

■ a Inesse qain etiam sanctum aliquidet proTÎdiim putant. ...» Tacitus ; De morib. Germanorum , cap. 8.

^ « Virgiues multiscia;. . ... leges posuére — fata constituunt. » Volo-Spa, ap. Saemund, t. m, p. 32, 33. — « £a opalentum te ] itéras docebit. »Sigurdar*Quid.a , ap. Ssemiiud, t. u, p. 132.

^ Dud. Sancti-Quintini ; loc. cit., p. 84.

ASPECT NOUVEAU DE LA Î^OAMANDIE. qS

les conditions du traité ; le second lui servit de parrain , et lui imposa son nom '.

Que ce fût politique ou bonne foi, Hrolf acquitta i^ligieusement ses promesses , fit baptiser ses compagnons , et porta lui-même la tunique blanche pendant sept jours ^ qui furent tous marqués par un don aux principales églises^ non-seulement du territoire concédé^ mais encore au-delà de ses limites '. Aussitôt après ^ Hrolf dépouille le vieil homme ^ pour ainsi dire^ et montre autant de sagesse qu'il avait* jusque-là montré de violence. La terreur avait fait déserter la contrée ; il adresse un appel à quiconque voudra désormais l'habiter , lui garantissant paix et protection ^ . Les monumens de toute espèce avaient. été ravagés et détruits; il les remplace par des constructions nouvelles K Les remparts des villes se relèvent ; leurs fortifications s'augmentent^. Le brigandage désolait

' Dud. Sancti-Quintini ; loc. cit. , p. 84.

" Ibid. , ibid. , p. 85.

^ « Securitatem omnibus gentibus in suâ terrâ manere ciipientibus fecit. » ibfd.

^ Ibid. , ibid.

^ a Muros ciyitatum et propugnacula refecit et augmentaTÎt. » Ibid.

96 liOlS^ PARTAGE DES TERRES.

les routes ; des réglemens sévères y ramènent la sécurité '. Des luis, dont il ne nous reste malheureusement aucune trace écrite, fixent les droits et les obligations de chacun*, pendant que la fermeté du chef eatretient la concorde entre les habitans du nouvel état ^ Et remarquons que le gouvernement de Hrolf n'était point absolu dans toute la force de l'expression; ces lois, par lui promulguées, avaient préalablement obtenu l'assentiment d'un conseil ^. Du reste, on pense bien qu'il n'oublia pas les compagnons de sa fortune et de ses dangers; iHeur distribua des terres, par portions déterminées , en les mesurant an cordeau ^, suivant la coutume établie dans le Nord^.

L'état d'anarchie où se trouvait alors le pays soumis à Charles-le-Simple a été démontré précédemment. Abandonné de ceux qui au-

< « ut nuUas fur yel latro esset , neque assensum malae Yolantatis ei prseberet. » Dud. Sancti-Quintini ; loc. cit. , p. 85. * ce Jura et leges — plebi indixit. » Ibid.

^ « Atque paciflca conTersatione morari simul coegit. » Ibid. 4 « Voluntate principum sancitas. » Ibid.

' a Funiculo divisit. » Ibid.

' Suneson; Leges Scaniae , cité par M. Depping , t. 11 , p. 125.

ACCROiaSEMENT DE TERRITOIKE. 97

raient pa le défendre ^ ce roi demanda secours aux Normands de la Seine, c'est-à-dire à Hrolf , ^t aux Normands de la Loire , c'est-àdire à Ragnold \

Une manœuvre de Raoul , duc de Bourgogne^ neutralisa leur bonne volonté '. Us se séparèrent. Ragnold alla piller l'Artois ; les Normands de Rollon dévastèrent le Beauvaisis. Le nouveau roi des Français, Raoul, entra de sou côté en Normandie , après avoir passé l'Ëpte , comme je 1 ai dit plus haut , et porta partout le fer et le feu ^. Enfin, les Normands consentent à la paix , si l'on veut leur donner toute Véteiv* due du pays quUs demcmdent au-delà de la Seine ^. L'année suivante , Raoul accepte leurs 924* conditions ; on leur domine le Maine et le Bessin ^. C'est la première concession de territoire faite à Hrolf, depuis le traité deSaint-Clair-sur-Epte. C'est aussi la première preuve que ce traité , bien

> FrodoardiGhron., ap. Duchesne, t. ii, p. 593.

> Ibid. , ibid.

»Ibid.,ibia.

i «( Si tamen eis terra daretur, quam spaciosam petebant; ultra Sequanam. » Ibid. , p. 594.

' « Cinomannis et Baiocœ pacto pacis eis concessap. » Ibid. , p. 595.

98 GimilB ATEG hE ROI RAOIflL.

Loin de donner la Bretagne , ne donna même pas tout le pays composant l'ancienne Normandie. Nous pouvons en conclura ^ avec beaucoup de probabilité , que le terrain accordé sur la riva gauche de la Seine , comprenait le pays d'Évreux et le Lieuvin.

Les bo^ilibé^ recommencèrent bientôt entre 925. les ^Idats de Hrplf et les troupes de Raoul. Oft se battit sur le^ rives de la Seine ; les Normands ravagèrent Seâiuvais , Amiens et Noyon.

I^es bourgeois de Beauvais, réunis k ceux de Paris , firent le dégât d^ns le pays de Rouen.

Raoul ^ lui-même^ revient de Bourgogne pour présager la guerre. X l'extrémité nord du territpjre cédé par Le traité de Saint-Clair-sur-Epte, Hrolf possédait un fort nommé Eu (^Auga) ^ te chef normand y avait envoyé mille hommes de Rouen; m^is les Français l'attaquèrent > escaliidèrentles murailles > et mas^çrèrent tout ce qu'il y avait d'hommes , non-seulement dans le fort^ mais aussi dans la ville qu'il défendait. Le peu de Normands qui purent s'échapper se réfugièrent dans une petite ile voisine ^ où ils

' Frodoardi Gbron., ap. Ducheyne, 1. 11, p. 596.

FIISE DBU PAR LES FRANÇAIS. gQ

furent saivis par rennemi. : Il semUiôt que ce fût une guerre d'extermination. N'espésaxit plus rien de leur courage > les soldats de Hrotf se jettent dans les flots ^ et ceux qui ne périssent pas sous le fer de Teluieini , expirent percés de leurs propres traits. Ce n'est point ici une aaor* pUfication vaine et inexacte ; je traduis littéralement un chroniqueur co>fiteinpovain ^* Quel était le motif de ces hostililés? B ne le dit pas ; mais^ puisque l'histoire se tait^ rien n'empAche de le supposer honorable p&ur le vieux £brolf et ses compagnons. RemarquoKs-^ d'abord^ qu'il avait refusé son appui k ce màa^ Robert, qui , après l'avoir battu devant Chartres , lui avait depuis servi de parrain/ et voulait afcors s'emparer de la couronne de Charljes *. Râppelons-noua ensuite que le Normand s' élait engagé

' a Franci vallam ii^rumpunt, murumque infringentes conà-

oendwnt. . . mares cunctos mterimiunt. . . NODAuHi — qnamdaai occupant insulam. Quam adgredientes Franei , majore licelÀ mora quam oppidum ceperant , capiunt. Quod videntes Nordmanm , qui armis Titam pro posse tutabantur, postquam spem Titae amisissent, quidam se fluctibus immergunt , quidam ut euataruut , jugulati sunt. Et alii quidem Francorum necabantur gladiis, alii proprii? se oppetebant telis. v Frod. Chrou. , lop. cit. , p. â96.

* Dud. Sancti-Quintini , p. 86.

lOO ROLLOfï DEFEND CHARLES-IiE-SIMPLE.

envers Charles-le-Simple ; cjue ce prince faible et malheureux avait été violemment privé de sa couronne; qu'il existait encore^ cependant^ mais prisonnier; que Hrolf ne devait rien au nouveau roi Baoul ; qu'il avait , au contraire , contracté l'obligation de défendre le roi déchu , et que , tout à l'heure encore , il avait pris les armes dlsins ce but. Bappelons-nous tout cela, et peut-être aurons-nous trouvé le secret de la guerre que nous venons de rapporter. Cette supposition acquiert un nouveau degré de vraisemblance par les faits qui vont suivre. Nous voyons, en effet, qiie le comte de Vermandois, Héribert, geôlier de Charles-le-Simple, à la suite d'une brouîllerie avec le roi Raoul, tire Charles de sa prison , le conduit à Saint-Quen-

927. tin, puis au château d'Eu, où le fils de Hrolf ^ chose très remarquable , jure fidélité au roi détrôné , en contractant alliance avec Héribert * . n était certainement question du rétablissement de Charles-le-Simple. Héribert écrivit au pape

Page 1