‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 55 sur 82 · qu'il y emploierait tout son pouvoir ' ; il eut · texte numérisé non relu

qu'il y emploierait tout son pouvoir ' ; il eut

' «Ibiquese flliasRollonisKarolocommittit.nFrod. Chron.,p. 597. • « De restitutione et honore Karoli , . . «e pro fîribu» decertare. » Ibid. , p. 598.

MORT DB ROLLON. lOI

même une nouvelle entrevue avec les Normands. Et ce qui doit peut-être éclaircir tous les doutes, ce qui donne à nos probabilités l'apparence de la certitude historique , c'est que Hrolf , qui avait reçu le fils du comte Héiîbert en otage , continua de le retenir en cette quantité , promettant de le rendre lorsque Héribert lui-même, avec d'autres comtes et évoques de France , auraient lait leur soumission définitive à Charles ^ Je ne sache pas que ce point de l'histoire de Hrolf ait jamais été édairci; je m'estimerais très heureux si j'y étais parvenu.

A partir de ce mondent, Hrolf disparaît com- gaS. pléteinent de l'hiâtoire. Dès Tannée précédente , 937, il avait fait reconnaître à sa place son fils Guillaume .% surnommé depuis Longue- Epée ; et comme il vécut cinq ans encore après cette abdication -, il est suffisamment prouvé que sa mort n'arriva qu'en gSt ou gia. Les his^ toriens normands , par erreur , le font tous

■ « Filias tamen Heriberti Odo , quem RoUo habefoat obdidem , Bon redditur illi , donec se commitit Karolo pater , eum aliis qui- Imsdam FranciflB comitibua et episcopis. » Frod. Cbron.» pj. ô98.

' « Dedit omBem terram saae ditionis filio suo WiUelmo. » Oud* Sancti-Quintini , p. 66.

101 ANEGDOTEIg SUR ROLLON.

mourir efi 917. Hrolf fut inhumé dansTéglise de Saint6^Mariéde Rouen, c'est-è-diré la Cathédrale. J'ai passé sous silence plusieurs historiettes dont on a jugé à propos d'embellir la vie de Hrolf. Et d'abord, a-t-on dit, quand il fallut, après le traité de Saint-Clair, i>our se conft>rmer à l'usage, que Hrolf baisât le pied de Cliaries4e-Simple , il s'y refusa , et fit remplir cette * formalité par un des siens ; mais , a-t-on ajouté , le Normand saisit le pied du roi, l'éleva jusqu'à sa bouche, et si brutalement, que Charles, perdant i'éqailibre, tomba sur le dos, aux grands éclats de rire de l'assemblée ' . D'autres disent seuiament que Hrolf reiusa de se baisser, et voulut que Charles élevât lui-même la jambe à la hauteur nécessaire*. Notons seulement, comme un trait de mœurs féodales, cet usage de baiser le pied ou le genou du su^eraia *, et croyons à l'historiette si cela nous amuse ; • maïs nous reléguerons probablement parmi les febles

* Dod. SmiGti-Quintini , p. 84. ^

* mst«r. d« France , t. ix , p. 32.

-^ «i aia igitur prud<*uter , ut fnertlt consulta , re^pondit magis se ▼elle régis mariti genu oscalari quam f ratris. » Glab. Radalpfaé , Histor. de France , t. viii , p. 238.

mÀGEI.ETS b'oR. — fiAUé. io3

le récit de c€?s bracelets diot suspendus aux arbres des forêts > ou ex|>o9és sur les grands chemins, et retrouvés trois ans après à la méltle- place , tant était grande la terreur inspirée par la sévérité de Hrolf ' . Ces traditions se retrouvent k dés épocpes de beaucoup antérieures au chef normand ^ qui n'aurait points en cela^ donné Telcetth ple , puisqu^on raconte précisément la même cbose de Frothon , roi de Danemarck ' , de Théodoric^ roi des Goâis, et d*Alfred-le-6rand, roi d^ÂJtgtelerre *. Nous feron» égaleâietrt justice de ce fameux hém> , qui ne serait encore , k entendre quelques personnes, qu*tine cotitraetion êeah Baoui! comme sil on eftf fàit'ùg^a|^l à la juri£ction suprême du Normafn^« lA ch^ BMUr de hani , le mot h part, existait dans notr^ pays avant l'arrivée de Hrplf , et les autorités ne manquent pas à l'apprâ de eetW assertion ^. Elle «xistatt amd en Angleterre ^ : Hrt>lf a Àlaidtena

« WiUelm. Gemmçt , p. 238.

> Saxo Grammaticus , cap. 5 , p. 47.

3 Spetman , Alfredi Wagni vita , p. 81 et seq.

^ « . . . Autvliqvia mmvmi fndc aiktterit ut ad Utroneni'acdiirôadum conc^rratur. » jCapitul. , ap. Baluze , t. n » col. 65.

5 Spelmaûni Glossarium , p. 306. — Madox : History and Antiquilies of tbn Exchequer, t. i , p. 556. '

Io4 KOLLON AGRANDIT ROVËM;

en Normandie ce qu'il y avait trouvé tout établi.

UÉchiquier nous fournira^ dans la.suite^. une observatioin beaucoup plu». importante. On en a aujssi attribué la création à Hrolf; c'est une autre erreur» Une institution de cette nature suppose 9 dans l'état où elle a pu être créëe , une existence plus aqcienne^ une administration plus vaste que ne pouvaient l'être celles d'une souveraineté , si récemment constituée. Il sera temps de traiter cette question lorsque nous nous occuperons d^e Guillaume4e-Gonquéraht, l'homme le plus considérable, le plusétoimanl d^json sièpl^^ .

Ce d.ipnt iH^us pouvons .eBcx>re faire Jbofineur à Hrolf, ctesl la seconde eeoeinte de}Ilôumi:. Q rétrécit le lit, de la 3eine/.et rendit habitable toitt l'eçpaqe oqmpris aujourd'hui entre latplaoe de Ndjtre-Diifiiie «t l'e^trémiité i5ud;de la iiie.Grandr P(Ont . . PJlu/^i^tirs églises y .telles /que Saint^MMti» de la Roquette ( cour Martin ) , Saint--Glément , Saint - Etienne^ Saint - Éloi; qui, jusque-là , s'étaient trouvées dans de petites îles, furent ainsi réunies à la terre ferme. Cette -portion de' terrain reçut le nom de terres neui>es. Là ville garda ses anciennes limites au nord, à l'est et à l'ouest;. .

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