‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 58 sur 82 · DE LA MORT DE GUILLAUME LONGUE-ÉPÉE · texte numérisé non relu

DE LA MORT DE GUILLAUME LONGUE-ÉPÉE

mariages, soit par des traités. L'influence de la Normandie se fait déjà sentir ; on redoute sa puissance 5 on recherche son amitié. Un roi de Crermanie a déjà besoin des otages d'un duc normand ' . A peine cette souveraineté est-elle reconnue, qu'elle se montre la plus forte, la mieux réglée de toutes celles qui l'entourent. £Ue leur portait donc ombrage. La fin tragique de Guillaume ne permet pas d en douter.

Le yéritable auteur de l'assassinat est-il bien connu ? C'est encore là une de ces questions difficiles à résoudre , et si nombreuses dans l'histoire de Normandie. Les écrivains du pays disent que la mort de Guillaume fut 1 effet de la trahison d'Amould, comte de Flandre , excité par certains princes français * . Des chroniqueurs

' <« Etiam r^x, tam tpse qaam WîlleliRus.... mittunt obsides Othoni régi. » Frod. Chron. , p. 607.

> « Gentisqae franciscœ qiiorumdam princîpum snbdolo consilio exbortatus. » Dado, p. 104. -<- « CUm multis Francorum principilras de ducis morte cœpit tractare. » Willelm. Gemmet., p. 238.

— « Francis fayentibus peremptus sit. » Draco Normannicus :

Notices des Manuscrits de la Bibliothèque du IU>i , t. viii , p. 302.

— « Renoulf li qiieiis de Flandres.... tralson en fera. » Robert Wace,t. I, p. 134.

120 m LA MORT DE GUILLAUME LONGUE-ÉPÉE.

anglais accusent Louis d'Outremer lui-même'.

Le fait est d'une telle gravité , qu'il faut bien y réfléchir avant de se faire une opinion. Le doute serait résolu , s'il pouvait l'être , par ce mot qu'un Romain sévère avait coutume de prononcer dans les causes de même nature : à qui le profit , « cui bono ' ? » — ' Nous poumons aussi remarquer que les historiens normands y sans accuser le roi de France du meurtre en luimême y disent clairement qu'il en fut bien aise , et que les caresses dont il combla le fils de la victime n^étaient rien moins que sincères^.

Mais il ne faut pas oublier que le contemporain Frodoard, non-seulement ne dit rien qui doive faire soupçonner le roi de France , mais assure , au contraire , que le comte de Flandre eut

' <c Per proditionem LodoTicî fllii Caroli régis Francise. » Johan. Bromton, inter Scriptores decem, col. 856. — Henric. Himtindoiû» inter Scriptores post Bedam » foL 203 , verso.

* Cicero : Qrat. pro Roscio » pro Milone ; Philippica seconda.

3 « Lacrymansqiie affectu doloso et fraudulento. » Dudo , p. \ 14. — « Fraudulenter cœpit eis pi^mittere , etc. v WtUelm. Gemmet. , p. 239.

Li enfes vint el rei , et ii reis le beira ,

Qex ! porkei la beûié , quaat fei ne li porta ?

Robert Wage, t. i^ p. i4a.

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