ASSASSINAT DE GUILLAUME LOKGUE-ÉPÉE
cher. L'imprudent Guillaume les croit , revient seul> et tombe aussitôt percé de quatre coups de poi^ard. Les assassins se jettent dans leur esquif^ et rejoignent leur mattre sur l'autre rive de la Somme. L'armée normande vit le crime sans pouvoir le punir; on chercha vainement un gué pour traverser le fleuve , il fallut se contenter de rapporter à Rouen le cadavre de Guillaume ' . n fut inhumé y comme son père , dians ^43. l'Église cathédrale.
Les historiens normands qui , tous , appartenaient au clergé^ accordent de magnifiques éloges au second duc de Normandie. Généreux, sage et clément , juste et ferme néanmoins dans l'application des lois établies par son père; haut de taille^ beau de visage j, vigoureux et vaillant^ il avait , à les entendre , toutes les qualités désirables " . 'Mais la première , à leurs yeux , celle qui les engageait peut-être à lui en supposer beaucoup d'autres, ou à préconiser avec plus de complaisance les qualités réelles qu'il pouvait posséder > c'était une piété vive, sin-
Dud. Sancti-Qaîntini , p. 102 et seq. — Frod. Chron. , p. 607* Pud. Saiàcti-Quintini , p, 92. ^ Willetan. Gemmet. , p. 232^
Il8 PIÉTÉ DK GUILLAUlME L0N6UB-ÉPÉE.
cère , peu éclairée toutefois, et si peu , que sans les remontrances de Tabbé de Jumièges, monastère qu'il avait relevé de ses ruines , il se faisait moine lui-même dans cette abbaye, exposant un état constitué à peine à toutes les chances d'une longue minorité \ Il paraît même que l'accomplissement de sa résolution n'était que différé. Quand on le dépouilla de ses liabits, après sa mort, on trouva, suspendue à sa ceinture , une petite clé d'argent. C'était celle d'une cassette où il conservait précieus^nent une soutane et un capuchon'. C'est probablement à ces démonstrations de piété fervente que Gmllaume dut, par la suite, l'honneur de figurer dans un martyrologe'.
Guillaume n'eut donc qu'une partie des qua^ lités de son père ; mais son règne n'en est pas moins remarquable, sous plus d'un rapport.
Hrolf avait conquis un état ; son fils en recula les limites ^, en étendit les relations , soit par des
» Dudo, p. toi. — Wilîelm. Gemmet. , p. 236.
* Dudo y p. 105. — Willelm. Gemmet. , p. 238.
3 MartyrologiumGaUicanum, ab Andréa du Saussay, t. ii, p. 1013.
4 « Terrainos sui dacatûs per circaitum dilatare non desistens. » WiUelm. Gemmet. , p. 233.