PROJETS DE LOTHAIRE SUR LA NORMANDIE
turelle, leur cause devenait commune si l'intérêt d'un seul se trouvait compromis. La reine comprit qu'elle devait tourner ses regards vers un autre point. A côté de ce qu'on appelait alors le royaume de France, existait, en dehors de cette combinaison féodale , un état jeune encore et pourtant homogène, étrangerquoique voisin , fort sans l'appui des autres , et que la multitude des seigneurs émancipés auraient vu anéantir sans regret , peut-être même avec plaisir : c'était la Normandie; puissance redoutable, toutefois, disposant d'une population nombreuse , aguerrie , et dont le chef était beau-frère du plus considérable des vassaux du roi de France. Richard , de son côté , ne cachait pas ses sentimens d^nimitié à l'égard de Lothaire. Il se défiait aussi, probablement, des dispositions des vassaux de ce prince , et voulut , l'année même qui suivit son mariage , empêcher une assemblée générale convoquée à Laon par Lothaire'. S'il n'y parvint pas, il fit voir , néanmoins , qu'on ne devait point songer à lui parler en maître , nia l'attaquer légèrement.
> Frod. Chron., p. 621.