‹ Histoire de Normandie: depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquêteChapitre 77 sur 82 · RICHARD FAIT LA PAIX. SOI · texte numérisé non relu

RICHARD FAIT LA PAIX. SOI

se firent pas attendre ; mai» ils ne pouvaient être commandés par Olaf Tryggwas'son , roi de Norwége , mort depuis dix ans , ainsi que je crois ravoir établi. Il est bien plus probable que Svein dirigea cette expédition ; ils ne le nomment pourtant pas en cet endroit , et parlent d'un Lacman et d'un Coman , que personne ne connatt*.

Quels que fussent les. chefs de cette expédition, il leur suffit de se montrer pour produire VeSet que Richard attendait de leur présence. A peine le boh roi Robert eut-il appris qu'ils étaient à Rouen, et se concertaient avec Richard , qu'il convoqua ses conseillers , et s'interposa entre les parties belligérantes. Il fut convenu que le comte de Chartres garderait le château de Dreux, en rendant le territoire, et que le château de Tillières , élevé par le duc sur la limite des deux pays , resterait debout et demeurerait propriété normande ' . Les Danois retournèrent en Angleterre , où de grands événemens vont avoir lieu.

< WUlelm. Gemet. , p. 254. — Rob. Wace , 1. 1 , p. 346. * Chronique de Saint-Denis; Histor. de France, t. x» p. 308.

aoa* ETHELRED SE REFUGIE EN NORMANDIE.

La population se dégoûta tout-4i-£siit du roi Ethelred, et reconnut la souveraineté de Svein. Les habitans de Londres seuls résistaient encore^ parce que le monarque se trouvait au milieu d'eux. Lâchement abandonnés par lui ^ ils suivirent enfin l'exemple général. Éthelred envoya d'abord son épouse Emma et les deux enfans qu'il avait eus d'elle auprès de Richard II , leur plus proche parent. 11 n'osa pas les accompagner sur-le-champ^ et attendit^ dans l'île de Wight, des nouvelles de leur arrivée. Certain que la sœur et les neveux avaient été bien reçus par

10 1 3. le duc, il se rendit lui-même en Normandie^ où il trouva 9 disons-le à la louange de Richard^ toutes les consolations qu'une hospitalité géné-

101 4. reuse peut offrir i. Svein ne régna pas longtemps , il mourut un an après son élévation^ à Gainsborough. L'armée danoise proclama son fils Canut roi d'Angleterre.

Les chefs anglais , de leur côté , avaient envoyé vers Ethelred pour lui offrir de nouveau la couronne > à la condition qu'il se montrerait plus sage et moins tyra unique. Ethelred accepte,

' Will. Malmesb. , p. 38 Terso.et 39 recto. — Flor. Wig. , p. 615. — Saxon. Chron.y p. 191.

ÉTBBIiBBD ET CANUT. .2o3

promet tout , reparaît en Angleterre , et les Danois sont déclarés ou^ia^j ( hors la loi), sans distinction ' •

Voici donc Canut aux prises avec Ethelred , ou plutôt avec Edmond^ fils de ce dernier, car Êtheired lui-même se montra aussi indolent et inhabile que parle passé. Obligé de céder momentanément y Canut se retira en Danemarck , après avoir fait brutalement couper les mains , le nez et les oreilles aux otages livrés à son père par les Anglais • . Il revint l'année suivante avec de puissans secours. Ethelred, de son côté, avait fait un appel général, en promettant de grandes récompenses à ceux qui voudraient y répondre. Olaf, roi de Norwége, non pas Olaf Tryggwas'son , mais Olaf surnommé le Saint, se trouvait alors en Normandie , et nous avons probablement ici la cause du désordre et de la confusion qui font, des récits de nos chroniqueurs, un chaos si difficile à débrouiller. Cet Olaf part de Normandie avec les neveux de Richard, et aborde en Angleterre. Un grand nombre de

* Saxon. Chron. , p. 193.

' Ibid. j Ma. — Flor. Wig. , p. 615.

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