EXPÉDITION DE RICHARD EN BRETAGNE. 2O
confia le commandement à son fils aîné. Il avait préalablement acheté le consentement des comtes du Vexin, pour traverser ainsi leurs domaines^ en leur donnant la terre d'Elbeuf et celle de Chamboy^ dans le comté d'Exmes. Le jeune prince se met en marche à la tète d'une multitude toujours avide de butin et de conque^ tes. Il envahit la Bourgogne > assiège et prend des châteaux, met le feu partout. C'était ainsi que la guerre se faisait alors. Le vieil historien ajoute même, sans autre réflexion, et comme une chose assez naturelle en pareil cas , que les Normands brûlèrent aussi les hommes, les femmes et les petits enfans. Le comte de Châ- Ions s'aperçut trop tard qull avait eu tort de lutter avec la Normandie ; il se soumit donc à l'humiliation la plus forte qui pût être alors imposée à un chevalier , et se présenta devant son jeune adversaire , une selle de cheval sur le dos ; car telle était l'ordonnance , dit la chronique de Normandie, «qu'ung homme desconfit se rendoit , une sel à son col , afin que son vainqueur le chevauchât, s'il lui plaisoit » . En cet équipage, il implora un pardon qu'on Iqi accorda à la condition qu'il mettrait en li-
:2od GOUarROVERSES RELIGIEUSES.
berté le gendre du souverain normand, et qu^il se rendrait à Rouen auprès de ce dernier, pour lui donner particulièrement satisfaction. La guerre ainsi terminée, Richard revint avec soii armée. Nous avons vu plus haut que les premiers efforts pour secouer le joug de la féodalité avaient eu lieu vers la fin du dixième siècle , sous Richard II , et que des paysans normands avaient donné l^exemple. Lalutte était entre deux forces matérielles. Au eommencenlent du siècle suivant, sous le même duc, les esprits, rassurés sur la fin du monde, qui n'était pas arrivée après l'an I ooo comme on s'y attendait généralement^ devinrent scrutateurs , défians et raisonneurs. C'était l'intelligence , commençant à manifester le besoin de la lumière. Et comme la religion était à peu près l'unique objet des études, ce fut sur elle que s'engagèrent fes controverses. Dès l'an loôo, on cherchait dans llÊvangile la justification du divorce; on brisait des images à l'intérieur des églises ; on enseignait que le salut n'était point attaché au paiement de la dtme ' ; on allait jusqu'à éle-
' eiab. Rod. ^Hidtor. de France, t. x» p. 23.