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les moines se rendirent auprès de Guaszon, qui était affligé de la mort de son fils , et le prièrent de réparer le tort qu'il leur avait fait. Celui-ci , profondément affecté de cette mort, leur répondit d'une manière suppliante, et promit de réparer le mal qu'il avait fait.
voir 1 , auquel il avait récemment remis son fief, lequel était alors tenu par Goislen. En conséquence ils se réunirent à Frênes, et s'occupèrent de la réparation de l'attentat commis. Guaszon ayant réuni sa prière à celle des moines, Amauri confirma le don que Tesza avait fait, et qui avait été confirmé par Guaszon et Goislen. Ainsi tous s'étant accordés et ayant consenti, les seigneurs dont nous venons de parler, savoir, Guazson , Amauri et Goislen , mirent ouvertement les moines en possession : c'est ce que virent et entendirent Grimold de Maule , Roger, fils de Gérald , Hugues son fils , et plusieurs autres. Au jour convenu , Amauri vint à Maule, déposa sur l'autel de sainte Marie la donation qu'il avait faite aux moines à Frênes , et reçut de la charité des moines vingt sous -d* Manies.
C'est ainsi que , par les soins de moines pleins de zèle, s'éleva la maison de Maule, et qu'elle s'accrut convenablement, grâces aux libéralités abondantes de tous ceux qui se pressaient pour louer Dieu. Ce lieu renfermait abondamment des vignes et des champs fertiles ; il est arrosé par la rivière de Maudre qui coule au milieu, et défendu courageusement par une troupe nombreuse de nobles chevaliers. Ils- donnent volontiers à l'église, pendant leur vie , une partie de leurs biens et de leur aisance 5 ils honorent avec rcs-
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pect Tordre monastique, et, par la peur qu'ils ont de la mort , ils s'attachent à lui de toute leur affection pour obtenir le salut de leur ame. Ces chevaliers gardent le cloître avec les moines, ils s'occupent souvent ensemble de la pratique et de la théorie du salut. Ainsi cette maison devient l'école des vivans et le refuge des roourans.
Du temps de Pierre-le-Vieux , l'abbé Mainier se rendit auprès de Philippe, roi des Français, et lui demanda humblement les biens qui avaient été donnés dans son royaume aux moines d'Ouche. Ce prince confirma avec bonté ces donations , et engagea avec douceur et gaîté ceux qui étaient avec lui à faire des dons abondans. Ces choses se passèrent sur le chemin entre Epône et Mantes. Ensuite, du temps de Pierre-le-Jeune, le roi Louis vint à Maule, et fort irrité contre ce même Pierre, à cause de quelques fautes commises par une jeunesse insolente, fit renverser, avec la maison même, une fortification en pierres, dont le prudent Ansold avait entouré sa demeure. Alors ce roi reçut l'hospitalité dans la maison des moines, et confirma de sa royale concession tout ce qui leur avait été donné ou qu'ils avaient acheté du temps des trois seigneurs Pierre , Ansold, et l'autre Pierre. Alors Guéri n de Séès, homme adroit et fort instruit, était prieur; il demanda an roi, pendant qu'il le servait, et dans un entretien familier, la confirmation de tous les biens qui avaient été procurés à la maison par Goisbert et Guitmond, Guillaume et Hugues, David et Ranulfe, et par les autres prieurs de ce couvent. Nous croyons avoir suffisamment parlé de Maule dans ce livre.
Goisbert, médecin fameux, ayant commencé Téglise de Maule, comme nous l'avons dit, s occupa des avantages du monastère , de concert avec ses amis et ses connaissances. D'accord avec eux , il pria instamment son abbé de confier à un autre les fonctions de prieur de Maule, afin qu'il pût vaquer plus librement aux affaires de la maison. C'est ce qui eut lieu.' Guitmond qui avait été prêtre à Soulangi 1 , et qui était un homme de bien, fut subrogé en sa place, et le médecin dont nous avons parlé , tout entier occupé dès intérêts de ses frères , s'adressa à plusieurs chevaliers de France. Il se concilia la bienveillance de plusieurs d'entre eux , soit par les soins qu'il leur prodigua , comme médecin , soit par des secours donnés à propos , et surtout par l'éloquence de ses exhortations.
Onfroi, surnommé Harenc, Havise son épouse, et les fils de cette femme, savoir, Pains, Alexandre, Roger de Croth% Basile, et Guiard, fils de Basile, concédèrent à Dieu et à Saint-Evroul l'église de Villegât*, la dîme qui lui appartient et une terre d'une charrue. Ils concédèrent aussi l'herbage de toute cette paroisse , quitte de tout partage, la terre de la paroisse, tant en masures qu'en terres nouvellement cultivées , laquelle sera mise en valeur par les hôtes de la paroisse, toutefois avec la réserve du champart. Cette donation fut faite à Ivri, en présence du seigneur Robert, qui en fit la concession avec ses fils Ascelin, Goël et Guillaume : il concéda tout ce qu'il
» Solengiacum, près de Falaise.
■ Holla-Crota , sur la rive gauche de l'Eure , au dessus d'Ivri* * De villariis Vastatis , près de Paci ( Eure ).
avait dans la même paroisse , et reçut en échange tout le bénéfice du lieu , et une once d'or. Peu de temps après, Dieu permit que , par l'aiguillon d'une grande maladie, il fût frappé dans les parties honteuses ; alors, par la crainte de la mort , il se fit moine à l'abbaye du Bec. Cependant Ascelin et Goël son fils obtinrent son patrimoine par droit héréditaire, il se rendit célèbre par ses fameux attentats sur ses cômpariotes. En effet, il bâtit un château très-fort à Bréval , et pour la perte du pays le remplit de cruels brigands. Il surprit avec beaucoup d'adresse la forteresse d'Ivri , s'empara de Guillaume de Breteuil, son seigneur ; qu'il avait vaincu, et le retint méchamment dans une étroite prison. Pour sa rançon il lui extorqua violemment mille livres de Dreux, et l'asile de la tour d'Ivri. 11 épousa sa fille Isabelle, dont il eut sept fils. D'accord avec sa femme et ses fils , il concéda toutes les terres que Saint-Evroul possédait dans son fief , savoir , Villegât et la moitié de la dime de Montigni 5 ensuite il reçut de la charité des moines soixante sous, et confirma la charte de sa concession à Bréval. Dans un autre temps, il consentit en faveur de Saint-Evroul, dans la maison des moines, à Saint-Ellier à ce que tout son domaine fût, dans ce lieu et dans toute sa terre, libre de tout passage. Ses fils Robert et Guillaume, surnommé Louvel , confirmèrent ensuite cette donation, et en ont observé la teneur avec exactit ude pendant long-temps.
Hugues Pains, la Grosse - Langue et sa femme Agnès, et leur fils Gui, concédèrent à Saint-Evroul la Vicomte , c'est-à-dire la Voierie , autant qu'ils en
• Ou Saint-Hillier-lc-Bots. — * Crassa-Lingua.
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avaient k Villegât m y et pour cela ils reçurent des moine» une fois dil sous et une bourse de cuir de cerf, et vingt sous à une autre époque. Quant au fils , on hu donna pour sa concession dix sous de Mantes. Jean de Rheims écrivit devant la tour de Bréval la charte de cette transaction , sous la dictée de Hugues Frénel ; Hugues Pains la confirma avec les siens. Quelque temps après, ce Hugues se fit moine. Ses fils Raoul, Simon et Robert firent tous leurs efforts pour enlever la Vicomté à Saint-Evroul ; ce qui engagea les moines, pour la posséder en paix, de donner à Raoul, qui était l'aîné ♦ cent dix sous en monnaie de Mantes , cinq sous à Simon , et à Robert des souliers de Cordouan.
L'année où mourut Goël, Alexandre et Gislebert donnèrent à Saint-Evroul un cbamp de la Masure, d'un certain vilain, nommé Robert, en présence de Robert de Saint-Nicolas; quoique ce Robert se plaignît de n'avoir pas la terre d'une charrue. Tout ce que Foulque» de Saint-Aubin donna à Saint-Evroul , de sa terre de Villers , ses héritiers Ledric et Rainier le confirmèrent, avec la retenue toutefois d'une certaine partie pour leur hospitalité, retenue que firent leurs femmes Emmeline et Tesceline, dont ce bien était l'héritage. Alexandre leur seigneur y donna son consentement.
J'ai fort étendu ma narration sur les biens donnés à l'église d'Ouche; je n'ai pu toutefois les comprendre tous encore dans ce livre; car il y a de petites portions de bien qui ont été obtenues d'hommes d'un état médiocre ou à force de caresses, par violence ou par de l'argent , ou bien arrachées par d autres
moyens, et la plupart dispersées dans divers diocèses. On y a établi un certain nombre de moines , selon Fétendue de la propriété, et chaque jour on y sert le Seigneur pour les bienfaiteurs de la maison, par des hymnes , des prières et une vie continente. Les choses qui me restent à dire seront exposées avec véracité dans la suite de cet ouvrage , et transmises clairement à la connaissance des frères qui nous succéderont pour travailler dans le champ du Seigneur.