‹ Histoire de Notre-Dame de BoulogneChapitre 24 sur 89 · CONTINUATION · texte numérisé non relu

CONTINUATION

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Dans les dernières années du siècle de Louis XIV , les pèlerinages à Notre-Dame de Boulogne continuèrent , et de grands personnages vinrent encore rendre des hommages et demander des consolations à la patronne du Boulonnais.

Il est à remarquer qu’en fait de révolutions l’Angleterre a toujours donné l’exemple à- la France : le sort de Charles I" , de Jacques II , comparés à celui qui vint atteindre plus tard Louis XVI et Charles X, en offrent la preuve. Tour-à-tour les deux nations accordent asile aux souverains qui perdent leur royapme , et exercent envers eux une noble hospitalité, comme pour protester contre les bouleversements' politiques, qui rarement améliorent les conditions des peuples. v t .

En 1688, Jacques II, prince instruit, mais obstiné, laissa apercevoir le projet de rétablir le catholicisme Angleterre ; dès-lors ses sujets le prirent, en haine , et, abandonné par ses filles , par ses officiers-généraux, . il tomba du trône. Ses jours, ceux de sa femme, Marie- Josèphc d’Este, furent même menacés, et tous deux cherchèrent leur salut dans la fuite.

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Marie - Josèphe d’Este débarqua au port de Calais avec sou fils, le prince de Galles, depuis Jacques III,

(âgé seulement de six mois), le 21 décembre. Le düc de Charost, commandant de cette ville, la reçut avec beaucoup d'égards et de magnificence.

Le lendemain M. le duc d'Aumont , gouverneur de Boulogne , en partit pour venir lui rendre ses hommages. Il offrit à la reine d’Angleterre la ville capitale de son gouvernement pour retraite, et mit à sa disposition ses équipages et toutes les voitures de luxe qu’il avait pu réunir. La cavalerie boulonnaise et les , dragons du régiment de Boufflers servirent d’escorte et de garde à cette princesse pendant son voyage de Calais à Boulogne et son séjour dans celte dernière ville.

Elle y fit son entrée le 23 décembre,au bruit des canons du château et des remparts. La noblesse, le clergé

et la magistrature, la complimentèrent, et elle descendit à l’hôtel d’Aumont. (1) Après s’y être reposée pendant quelques heures, elle se retira dans le couvent des Ursulines , où un appartement lui avait été préparé. Par une attention aussi délicate que respectueuse, la duchesse d’Aumont, née Françoise de La Mothe Houdancourt, s’enferma avec la reine dans ce couvent-, èt lui servit de dame d’honneur. Lorsque cette princesse sortait pour aller prendre ses repas à l’hôtel du Gouvernement, le duc d’Aumont allait au-devant d’elle avec une brillante escorte. Scotté de Velinghen , au-

• (4) Une partie de cel hôtel existe encore «tans la ruo dite- d'Aumont et vient dV-tre achetée par les Dames Ursulines.

quel nous empruntons ces détails , dit : « Que les ma- » gnificences dont on entoura les illustres étrangers pen- » dont leur séjour furent toutes royales. »

Le 27 , la reine ayant désiré [entendre le sermon d’un capucin , orateur distingué , prêchant l’Aveùt dans la cathédrale , fut reçue au portail par le clergé et complimentée par le doyen des Chanoines On la conduisit ensuite sous une estrade placée à cet effet au milieu de la nef : alors le discours commença à la lueur d’une multitude de flambeaux attachés* à tous les piliers de cette nef, car il était cinq heures après midi. La cérémonie que dous rappelons empruntait un caractère'plus auguste encore des ombres du soir , qui, à cette heure et à celte époque de l’année, projetaient leurs longs voiles de deuil sur certaines parties de la basilique de Notre-Dame. Il y avait comme une harmonie secrète entre le lieu où on la célébrait et les malheurs de la famille des Stuart.

Le sermon étant terminé, le duc d’Àumont mena la reine dans le chœur ; elle y fit dévotement sa prière sur un accoudoir de velours, tandis que la musique de la maîtrise faisait retentir les échos de la cathédrale de pieux cantiques. Puis on lui fit voir les reliques exposées sur le maître-autel, et tandis que les orgues jouaient, on la fit entrer dans la chapelle de Notre- Dame. Après avoir admiré l’élégance et la richesse de cette chapelle, et Surtout la miraculeuse image de la Vierge , la reine lui voua son cher fils , le prince de- Galles. Cette princesse partit pour Versailles le 29 décembre. .

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