DB LA FÊTE DR LA SAINT-MARC
à la Vierge et s'acquitta du tou qu’il lui avait fait deux ans auparavant. .
Le 2 avril 1551, les habitants de Boulogne s’assemblèrent , au son de la cloche de leur vieux Beffroi, à l’abbaye de Notre-Dame fl). Là, ils direntà leurs magistrats, réunis pour les entendre: «Que le jour anni- » versairede leur délivrance approchant, ils' désiraient # tous l’institution d'une fête annuelle, afin d’en përpé- » tuer l'heureux souvenir jusque dans les temps les » plus reculés. » . * .
Ce vœu patriotique fut accueilli avec enthousiasme, et l’on arrêta •“ • ■' 1 -
» Qu’en commémoration de la reddition et conquête » de la ville faite par le roi, on. ferait chaque année , » le 25 avril , jour de St.-Marc , une procession so- » lennellc , durant laquelle les cloches du beffroi » seraient sonnées.
» Que les bourgeois et la garnison sous les armes » borderaient la haie , dans les rues ou elle passerait.
» Que l’on chanterait une grande messe dans l’église
(4) Cctlc cloche, ou bânkleqvt, existe encore, mais elle a été brisée il y a quelques années, et le son en, est Revenu tellement sounl qu’à peu , de distance on n’entend plus les heures qu’elle sonne. C’est un de nos vieux monuments dont la réparation est aussi urgente que nécessaire , et il y a long-temps que nous avons, pensé à la demander qu conseil municipal. — Voici l'inscription qu’on y lit encore :
» Éstourmie (l’Eveil) est mon nom.— Jelians Lisos père et Ris , cm- » ployèrent onze mille livres de métal pour me faire. I.aurens Tailla’ywe, u était alors maÿcur de la villc-pour la sçcondfi fois , en l’année mil
• trois cent quarante-cinq. Il mit tous ses soins à ma refonte. Que Dieu
• conserve la ville, si je puis lui être utjlc et plaire à ses magistrats,—
• Jaeob Lisos , fils du fondeur , a gravé’ cette inscription.*
222 J10CUMEXTS HISTORIQUES SUR fc’lNSTITüTIO!»
» de Nôlré-Dame, et qu’après la messe il y aurait une prédication pour faire entendre au peuple le grand » bien qu’il avait plu à Dieu et au Roi accorder aux » habitants de la ville , de les remettre et restituer en a leurs terres et possessions.
» Qu’ensuile on brûlerait sur la place un feu de » joie. » ... ( •
Consacrée par cet acte de l'administration communale, cette solennité fut célébrée régulièrement jusqu’en 1791. L’image de la Vierge Hans son bateau, portée par deux sous-diacres sur un brancard orné de feuillages et de fleurs, occupait le centre de la procession. Après avoir traversé les rues principales, cette procession s'arrêtait sur la place d’ Armes , où les premières autorités de la ville, munies de torches , mettaient le fen au bûcher élevé en face de l’antique beffroi des comtes de Boulogne.
Proscrite par un régime qui ayait condamné tous les souvenirs de foi , toutes les idées généreuses puisées dans les annales de la patrie , pour y substituer la parodie des fêtes grecques et romaines , la célébration de la St.-Marc ne fut reprise qu’en 1814. Par une heureuse coïncidence d’événements; ce fut le 25 avril de cette année que Louis XVIII -, après un long exil , mit le pied sur le sol français, et remonta sur le trône.
Une nouvelle délibération de la commune, rétablit celte fête, éminemment boulonnaise, eten 1830 seulement en cessa de la célébrer.
Nous concevons qüe des mesures de prudence aient' pu, dans les premiers instants d'une révolution, inter-