ET DESCRIPTIVES
bréviaire à l’usage de l’église de la MoriBie était dans la bibliothèque de notre séminaire. (1)
C’est de là qu’il fut extrait en 1793 par les agents de Robespierre , qui avaient organisé à Boulogne le pillage et l’incendie de tous les objets d'art religieux et reliques renfermés dans lès églises , le trésor de la cathédrale et le séminaire. On se rappelle qu’un grand auto-da-fé avait été préparé par les soins de ces médernesbarbaressurlaplacedelaville haute, et que c’est dans ses flammes que l’on précipita la Vierge miraculeuse, patronne et objet de la vénération des Boulonnais depuis tant de siècles.
Au milieu du trouble et du désordre de celte honteuse et à jamais déplorable exécution , on ne sauva, à ma connaissance , qu’un assez beau tableau de Sainte Thérèse , le bas-relief en marbre blanc représentant le vœu de Louis XIII , que j’ai donné au musée , et le manuscrit de Thérouanne, que je dois à l’amitié de M. Blangy-Leporcq. (2j
Il est de format grand in-4”, et contient plus de 800 pages sur velin , dont la finesse et la blancheur sont remarquables. Sa reliure, très-ancienne et assez simple, était un peu détériorée ; mais sur l’indication de M. Techener, je l’ai fait restaurer par un allemand établi
(1 ) Le voyage (illéraire de» bénédictins de St.-Maur est dans la bibliothèque publique de Boulogne.
(2) Le tableau deSaintc-TIièrèsc a lorig-tompj appartenu à M. Wyant, ancien procurèur du roi ; j’ignore ce qu’il est devenu.
à Paris , M. Clooz , habile artiste en ce genre de travail. Un titre orné d'encadrements à arabesques sert de frontispice au volume, et le bas de ce titre représente l’Annonciation. A la gauche et dans une niche plein ceintre se trouve la .Vierge revêtue du costume des dames du temps de Charles VII et disant son oraison. Dans une niche semblable et à la droite, on voit l’ange Gabriel tenant en main une légende où sont écrites les premières paroles de la salutation angélique ; « Ave , Maria gratiâ plena. » Le centre ,est occupé par trois colonnes , et celle du milieu supporte les armes de la maison de Lorraine, surmontées de la crosse épiscopale. Ces armes , répétées un grand nombre de fois dans le texte du manuscrit, sont d’or à la bande de gueules , chargée dé trois alérions d’argent. Elles furent prises d’abord par Godefroid de Bouillon, et leur origine est racontée par plusieurs savants, et entre autres par Marc Ulson , sieur de la Colombière , dans le livre ayant pour titre : la Science héroïque. Voici ce qu'il dit à ce sujet : « Elles viennent ( à ce qu’ont écrit plusieurs » auteurs , à la foi desquels je m’en rapporte ) , de ce » que ce généreux vainqueur ayant assiégé Jérusalem, » Un jour qu’il se promenait à l’ entour de la ville , il » décocha une des flèches de son carquois sur la tour » de David , et enfila d’un même coup trois oiseaux ; » ce qui fut pris à bon augure par les chrétiens , et » pour devise par ledit Godefroid, après qu’il eût con- » quis la ville, avec ces mots : casusne , deu&ne ? v Dans le corps du bréviaire, offrant des myriades de lettres majuscules ornées, ce ne sont qu'enroulements ,