ET DESCRIPTIVES
» l’avoir enrichi d’une couverture convenable, le resi» titua au chapitre de Thérouanne , pour servir aux » évêques ; desquels il ne désire d’autre récom- » pense que des prières et leur intercession auprès du » Christ. »
Celte note, en caractères d’écriture du XVI* siècle, est évidemment de la main du père abbé de Vicogne , lequel a réparé le manuscrit, l’a rendu, ainsi qu’il le dit, à sa 'première fraîcheur , et ne réclame dévotement et généreusement, pour rémunération d’un tel service, que dès prières. On sait que la plupart des anciens manuscrits étaient écrits et enluminés par des religieux, et l’on conçoit que le silence, le repos et les loisirs du cloître , aidés d’une foi sincère et patiente , prêtaient merveilleusement à la perfection de ce genre de travail . • Quant à la date de ce bréviaire , elle est celle du temps où Henri de Lorraine occupait le siège épiscopal de Thérouanne , puisque la note déclare que cest par ses soins et sous sa direction qu'U a été écrit el confectionné. Or, Henri de Lorraine était évêque de la Morinie en 1456 , sous Charles VIII , et dès lors le manuscrit qui nous occupe appartient à la deuxième moitié du XV* siècle , et a aujourd’hui a peu près quatre cents ans. Fils cadet d’Antoine de Lorraine , comte de Vaudëmont , seigneur de Joinville , et de Marie, comtesse d’Harcourt et d’Aumale , Henri.de Lorraine passait à-la-fois pour un prélat très-érudit et un protecteur zélé des arts. (T)
(i) Voir sur tout ce qui concerne lés faits et dates de ee paragraphe la G aida Christiana, f Estai hietorique sur Bovtaÿne, par Henry , et te Dictionnaire de îloreri, article Lorraine.
AMHOTATIONS HISTORIQUES
Je vais suivre maintenant les différentes phases -de l’existence de ce bréviaire , jusqu’à l’instant oü j’en suis devenu le possesseur. ‘ ...
Après la destruction de Thérouanne, en 1553, l’évêque d’alors, Antoine de Créqui, se retira à Boulogne. C’est ce qui est attesté par les chroniques de l’époque, > et ce qu’affirme positivement La Martinière dans son dictionnaire géographique et historique, au mot Thérouanne.
Quant à Philippe Négri, cité dans la note du révérend père abbé deVicogne.il habi (amendant un certain temps, avec quelques chanoines , la villo d’Aire , en Artois. Ypres, St. -Orner et Boulogne élevèrent des prétentions sur le siège épiscopal de Thérouanne , qui fut d’abord transféré dans cette dernière ville , et lorsque la paix arriva , divisé entr’elle et St.-Omer. Ce fut dans le transfert du chapitre à Boulogne que quelques-uns de ses membres y apportèrent des manuscrits de leur ancienne bibliothèque, au nombre desquels se trouvait le bréviaire de Henri de Lorraine. Ces faits sont mentionnés en grande partie dans l’histoire de Thérouanne, par Piers. ' ,
On lit en outre ce passage dans le voyage littéraire de deux religieux bénédictins de St.-Maur , ouvrage maintenant assez rare : « Je visitai le séminaire de » Boulogne , où je trouvai un ancien bréviaire de Té—
» glise de Thérouanne. » Ces bons religieux ont fait leur voyage au XV-III* siècle ; à cette époque donc le