‹ Histoire de Notre-Dame de BoulogneChapitre 71 sur 89 · EXTRAIT DES ARCHIVES DE L’ÉGLISE DE NOSTRE- DAME DE BOULOGNE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DES ARCHIVES DE L’ÉGLISE DE NOSTRE- DAME DE BOULOGNE

Lettre de Jacques de Boulogne, évesgues de Theroüenne . pour la fondation d'une chapelle nommée la chapelle l’Evesque . en ladite église de Boulogne.

I^mversis præsentes litteras inspecturis , Jacobus I)ei gratia Morinensis episcopus, salutem in Domino, Noveritis

ratifVE t.

(juod nos ob remidium animæ noslræ ac parentum noslrorura fundavimus , instituimus , el conslituimus.quamdam capellaniam scx dccim librarum Parisienshim annui reddilus in ecclesiæ IJ. Mariæ IJoloniensis deserviendam in quadam capellaquam ibi de novo conslilui fecimus ; assignavimus auteni et concessimus in perpeluum ad opus dictæ capcllaniæ deceni libras et deeem solidos Parisienses annui icdditus , quos babebainus in seopis et in locis posterioribus , ubi consucvit esse domus seu manerium quondam Eustachii de Ruroiliaco, avuneuli nostri , situni apud Eoloniam , inler domum seu menagium Joannis dicti Aigniel , ex una parte , et menagium Thomæ de Sancto Dionisio ex altéra , atlingentibus etiam ad magnum vicum B. Mariæ predictæ , a parte ante , et ad quendam parvum vicum à parte rétro ; de quibus deeem libris , et deeem solidis Parisiensibus , capellanus dictæ capellaniæ , qui pro tempore fuerit , tencbitur reddere annuatim ecelesiæ Bfatæ Mariæ Boloniensis prædietæ deeem solidos Parisienses , aecedente ad id assensu et eonsensu expresso Vuillermi fratris et tune hæredis nostri , abbalis etiam el conventus IJ. Mariæ prædielæ , a quibus dictæ seopæ, et loca posteriora lenentur , ad id aecedente assensu : Majore et scabinis Rolnniensihus , quantum in se est, volentibus et consentientibus , assensum et consensuin ab hoc præbenlibus. Residuum vero reddilus tenemur emere , et dictæ capellaniæ assignare ; et quousque hoc fcccrimus capellaniis prædictis tenebimur antidem de nostro proprio annuatim præstare. Dictam vero capellaniam conlulimus Domino N. de Raduic , quera ad .titulum dictæ capellaniæ promovimus in sacerdotem : et eam conféré debemus , qnamdiu vilam gesserimus in humanis ; post docessnm vero nostruro , abbas IJ. Mariæ Boloniensis prædietæ, quiconque fuerit , eam conferre debebit cum vacabit. Capellanus autem dictæ Capellaniæ , nobis vitam in humanis gerentibus , .tenebitur singulis diebuc missam de Sancto Spiritu celebrare; post decessum vero

PREUVES

Êostriim missam pro defunctis celebrabit, et nos prædicfa ©innia atffhoritate ordinaria et pontifical! , approbavimus , «onfirmavimus , et ccfofirmamus. In-quorum omnium tèsti- Wonium, et muninten, præsenlibuslilterissigillumnostruni, 8na cum sigillis dictoruru abbatis »t con veritas, duxiraus apponendum. Dalum anuo Domini 1293 , die lunæ post Trinitatem.

Fondation de deux cierges ardent devant l’image de Nostreliame de Boulogne , par Guy de Chastillon, comte de Saint Paul , en 1 286.

8°». Gnido de Chastillon, cornes Sancli Pauli, et Malildis ejus uxor , imiversis présentes lilteras inspecluris aut audituris , salutcm in Domino. Sciant universi , quod cum propter Deuni et ob salutem aniniarum noslrarum , statuissemus duos ccreos ardentes ante imaginent lt. Marias Boloniensis, die ac nocle in perpetuum , et ad celebrandum obitus noslros singulis annis solemniter in diebus mortis nostræ, pariter teslamenium fecisscmus, atque ad ipsa onera adiraplenda » dedissemus Abbati et conventui cjusdeni loci viginli libras Parisienses annui redditus assignatas super urbis nostræ redditus singulis annis , nos ob utilitatem nostram , quant ipsius ecclesiæ , comntutavimus prædictam siuumain in octo mensucas terrarum nostrarum, quas dictia religiosis conccssimus ;■ et Hugo Saucti Pauli filins Dosler allaudavit prædicta,sub sigitlis nostris. 1 latum anno Domini 4286, mense Septembri.

PREUVES

Extrait <1 a registre des chartes commençant 1386 efr finissant 1392, reposant en la' Chambré des Compte» du Roy à Lille en Wandres , foi. 7.

Lettre de Simon de Granetot, abbé de Boulogne sur la mer , de non aliéner un drap d'or que (\) feu Monsieur de Flandres donna en «on vivant par dévotion à f Eglise Nostre- Dam* ■ de Boulogne. ’

41 tous ceux qui ces présentes Lettres verront ou oyront , Simon, par la permission divine , humble abbé de N.-l). de Boulogne , et tout ly convens de £e lieu , salut en nostre Seigneur. Comme tres-noble et tres-puiSsant prince Monseigneur le comte de Flandres, d’Artois et de Boulogne-, de Neversetde Relhel , nostre tres-redoutè Seigneur , pour la très grant affection et dévotion qu’ila ânostre-dite église, pour ha reverence de la Vierge Marie, pour .augmentation de ladite Eglise et des biens d’iceffe, nous ail présentement donné un tres-noble et solennel drap d’or, ouvré de broderie de plusieurs images et autres choses , pour icelty drap eslre mis au grant autel de ladite Eglise, aux jours de la glorieuse Vierge Marie , et aux autres jours solennels : sçavoir faisons, que nous avons promis et promettons , et avons entonvenu loyaument et sous le vœu de nostre religion , audit Monseigneur le Comte ; du drap dessus-dit , garder bien et dévotement à nos pouvoirs, el.que par nous ne nos successeurs il ne sera aliéné , vendu, ou transporté hors de nostre-dile Eglise , en quelque manière que ce soit, mais demoura en icelle, pour estre mis aux jours , et parla maniéré que dessus est dit , tt non autre part. En témoin de ce , nous

(1) Loti» 111, du nom dit dd Mâle , e6in!e de Flandre! tt d'Artoil.

PREUVES

avons fait mettre noj »ccb en ces présentes. Faites et données à Boulogne, le 1*. jour de décembre, l’an de grâce

Extrait d un autre registre de»>chartcs dé la mesmes Chambre des Comptes de Lille , commençant en 1451 et finissant en 1460, fol. 14.

Amortissement de certain droit de dixme acquise des deniers de’ Philippe s duc de Bourgogne . pour la fondation de l’ huile nécessaire pour allumer une Lampe d'or par luy donnée à N. Dame de Boulogne. - - ,

("fmupPFS par la grâce de Dieu, -duc de Bourgogne, de Lotliier „ de Brabant et de Lembourg , comte de Flandres , d’Artois, de Bourgogne , palatin de Ilaynau , de Hollande , de Zelande et de Nannjr ; marquis du Saint Empirej seigneur de frise , de Salins et de Maliaes , sçavoir faisons à tous presens et avenir, Nous, depuis. aucun temps en ça* avoir donné et fait mettre en l’Eglise -de -Noslre-Darae de nostre ville de Boulogne sur Ja mer , une- lampe d’or -; et afin qu’elle soi! fournie d'huile continuellement, pour rendre clarté el lumière jour et nuit perpétuellement et à toujours en ladite Eglise, à l’honneur, service et reverence de Dieu nostre Créateur, eLde la glorieuse ^ ierge Marie sa Benoiste More , Nous avons fait délivrer à nos bierramez en Dieu les religieux, abbé et convenl dejadite Eglise, certaine somme de deniers, pour employer en rente, dont ladite lampe puisse estre suffisamment administrée et fournie d’huille , au loug de l’an, et par chacunan perpétuellement. Lesquels religieux, des deniers dessus dits, ont acquis nouvellement pour la tondation de 1 huile de ladite lampe d'un nommé Jehan de Londefort , cent sols Parisis de rente hcritable par an , qui se comprent en certain droit de dtxmc , qu’iceluy d<*

PREUVE*

Londefort a eclichié d'un Fief qu'il lient de nous en foy et hommage , à cause de iioslre comté de Boulogne . et lequel droit de dixme ainsi acquis , lesdits religieux lie pourraient tenir ne posséder sans admortisscment , mais pourroicnt estre contraints à le mcstre hors de leurs mains , dont s’ensuivroit que la fondation de l'huile de ladite lampe seroit nulle qui seroit contre nostre volonté , ferme propos , et vraye entention ; pourquoy , Nous désirant ladite allumée , et servir à Dieu et à sa glorieuse Mere , et que soyons participans au service de Dieu , prières , oraisous et bienfaits qui sont et seront faits en ladite Eglise à toujours mais ; Avons de nostre certaine science , volonté et propre mouvement, ledit droit de dixme en ladite valeur de cent sols Parisis de rente et revenu par an pour la fondation de l'huile necessaire pour allumer ladite lampe , et donner clarté et lumière pour le service de Dieu et de sa glorieuse Mere , perpétuellement jour et nuit en ladite Eglise , admorti et admortissons franchement par ces présentés , voulons et octroyans , que pour employer et convertir à l’teuvrc et usage dessus-dit, et non ailleurs, lesdits religieux de ladite Eglise , qui sont à présent , et ceux qui y seront pour lo temps à venir , puissent avoir , tenir et posséder ladite rente de cent sols Parisis, et droit de dixme dessus-dit, comme chose morte par Nous donnée et dédiée à Dieu et à l’Eglise , et en jouir et user , pour la cause dessusdite , perpétuellement et à toujours, sans ce qu'ils soieol, puissent, ou doivent estres contraints , ores et pour le teins à venir à icelle rente et droit de dixme vendre, transporter et aliéner, ou autrement mettre hors de leurs mains , en quelque maniéré que ce soit , pourveu tüutesfois que lesdits religieux bailleront par écrit la déclaration dudit droit de dixme en la valeur dessus-dite en l'expediliou de celte présente , en nostre Chambre des Comptes, en cette nostre Ville de Lille* Si donnons en mandement à nos amez et féaux les gens de

prtEcvr.s.

nostre-dite Chambre des Comptes , à nos senecbalct thresoriér du Boulenois , et à fous nos autres officiers , ou à leurs lieulenans, et à chacun d'eux , si comme à Iuy appartiendra , que lesdils religieux de ladite Eglise , presens et à venir’, fassent , souffrent et laissent de cet noslre présent admortisseroen! , volonté , et octroyé , jouir et user pleinement et paisiblement et à toùjours , sans leur mettre, faire, ou donner , ores et pour le temps à venir, aucun empeschement au contraire. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours , Nous avons fait mettre nostre scel à ces présentes , sauf en autres choses nostre droit , et l’autruy en toutes. Donné en nostre-dite ville , le 14. jour do février l’an de grâce 1452. Ainsi signé, par Monseigneur le Duc, Nous et le Sire de Cbarny presens , J. Milët. Yita.

Extrait des annales et chroniques de France jusques au temps du Roy Louis XI , composées par Nicole Gilles , secrétaire indiciaire du Roy , et controlleur de son thresor , mort en 1503.

priais là composition faite , le Roy Lotiis XI. entra en icelle ville de Boulogne , qui appartenait à Messire Bertrand de la'Tour , comte d’Auvergne , et déclara que pour le bien et seuretc de la chose publique de son royaume , il voulait mettre ladite place en ses mains, moyennant recompensation suffisante qu'il en baillerait audit comte , ainsi qu’il a depuis fait : et combien que ladite comté et seigneurie de Boulogne fust paravant tenue en feagc de la comté d’Artois , le Roy , qui à celle heure en devint nouveau seigneur, en fit hommage, déceint et ù genoux, à la glorieuse Vierge Marie révérée en l’Eglise et l’abbave dudit lieu , présent l’abbé d'icelle abbaye , et pour droit' et devoir donna et fit mettre devant ladite image un Coeur d'or fin , pesant deux mille écusd'or, et ordonna que dès-lor*

PREUVES

en avant , lu* et scs successeurs roiB de France tiendraient ladiie comté de Boulogne de la glorieuse Vierge Marie , ,et en faisant hommage devant son image en icelle Eglise , et d chacune mutation de vassal, payeraient un Cœur d'or fin du poids de deux mille écus d'or. Puis fonda une Messe perpétuelle à ladite Eglise , et une autre en l’Eglise. Saint Martin hors les murs d'icelle ville , pour reconnaissance de la victoire que Dieu luy avait donnée.

Extrait des mémo'ret de F. de Tillet en l’inventaire det comtes de Boulogne.

Roy Louis XI , tenant le comté d’Artois , mouvant de sa couronne , reconnut de Nostre-Dame de Boulogue , lo comté dudit Boulogne , qui fut devote reconnaissance de la grâce de Dieu, comme celle de la couronne , sans l’advoüer d’aucune domination temporelle.

Extrait de l’histoire de Loûit XI, par P. Mathieu. Liv. 8 .

,Tt|v R 0 y entra dans Boulogne , et trouvant cette ville commode pour la fortification de sa frontière comme elle a toujours été fort renommée en l’une et l’autre coste de celle mer , en composa avec le Seigneur propriétaire Bertrand de la Tour , et comme nouveau Seigneur, en fit hommage, déceint et dépronné , teste nuë et à genoux, à la Vierge Marie , donnant pour droit et devoir à son image un Cœur d’or massif pesant deux mille écus , à telle condition , que dès-lors en avant luy et ses successeurs Rois tiendraient le comté de Boulogne delà Vierge, lui en feraient hommage, et à chacune mutation de vassal , payeraient un Cœur d’or fin de ce poids. Ce que les anciens appeloient Gessoriacum, se nomme aujourd'hui par les François Boulogne, par les

PREUVES

Anglais Boulen , par les Flainans Beunon. Beatu* Rhonatus dit avoir veu une vieille inscription , où estaient ces mots : Getsoriacum, quod nunc Bononia. •

Ex Gallia Christiana Sammarthanorum in Epise. Bolon.

(Î^bservare hic lubet Ludovicum XI regeni, cum Boloniam orationis causa devenisset, meraor Deiparæ Yirginis in ea urbe variis signis ac miraculis conspicuæ , uti et beneficiorum , quæ ipsius patrocinio sese palam obtinuissa profitebatur , speciali Dominant suam honoris prærogativa . cohonestare cupiens , eidem Virgini in tçinplo Boloniensi cultæ, cessit perpetuo jus feodi comitatus Boloniensis, adeo ut in postorum ipse ac successores reges , vel qui comitatu fruerenlur ipsi , sanctissimæ Virgini coram effigie cjus , in manu abbalis loci, Sacramentura hominii profiterentur , solvendo eliam débita feudataria, prout constat es diplomate originali dato apud Hesdinium mense Apriii 1478, quod in acta parlementi et regiæ cameræ rationum Parisiis relaturà fuit 18 et 19 Augusti ejusdem anni.

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