EMILE PAUL
L'expertise a coiitô 500 francs à la Commission et le poids du piédestal a été mis, par-dessus le marché... 1
Dans un rapport de M. de Gisors an Ministre, daté du 12 août 1859 et communiqué à TEvôque du Puy le 20 septembre, il est dit qu*au point de vue de la solidité, le piédestal ne doit point don^ fier de crainte, si les mortier s et les matériaux renfermés dans le parement de pierre sont de bonne • qualité. Or, on a pu s'assurer de la qualité parfaite des matériaux employés, quand on a dû changer la forme du piédestal.
On voit que le digne Curé de Saint-Laurent a bien mérité la récompense honorifique, doublement précieuse, que Pie IX lui a décernée à la demande de Mgr Le Breton. Le 2 décembre J864, le digne suc* cesseur de Mgr de Morllion avait invité à sa table M. Ëynac, ses grands-vicaires, les chanoines et les curés de la ville. Au dessert. Monseigneur annonce à ses convives qu'il a une communication à leur faire ; et, tirant de dessous sou assiette un parche^ min, il leur lit un rescrit de Rome conférant à M. Bynac, curé de Saint- Laurent, le titre de Chapelain honoraire de Sa Sai/nleté. Cette prélature, avec le titre de Monseigneur, lui sont donnés comme récompense des travaux intelligents, patiemment poursuivis et heureusement accomplis.sur le rocher de Corneille. Pendant que tous les convives félicitent le nouveau Prélat, Monseigneur va lui porter
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lui-même les insignes dé sa dignité qu*il avait fait
venir de Paris. La ville et le diocèse applaudirent à cet acte de libérale justice, qui interprétait si bien la pensée du pays et acquittait, au moins en partie, la dette delà reconnaissance publique.
Le dimanche suivant (deuxième dimanche de l'Avent) , les volées des cloches de Saint-Laurent avaient déjà Cèté à leur manière le nouveau Prélat. Après TEvangile de la messe, M. Montagnac, vicaire général, monte en chaire et annonce qu'il vient, au nom de Monseigneur, proclamer M. Ëynac Chapelain d'honneur de Sa Sainteté Pie IX, distinction ' qui lui confère, avec le titre de Prélat romain, le droit de porter le costume violet.
Après avoir raconté tout ce que le vénérable Curé avait fait pour les missions du diocèse, pour la consolidation et Tembellissement de son église, M. Montagnac racontait en ces termes la part qui lui revenait dans l'Œuvre de Notre-Dame de France :
« Heureux et fier de pouvoir seconder la généreuse tentative de son Evèque , M. Eynac se mit
entièrement à sa disposition, et tout le monde connaît le résultat de son concours aussi actif qu'intelligent. Non-seulement il rendit de grands pervices dans la Commission par ses conseils puisés dans ses connaissances archéologiques, mais encore il joignit la pratique à la théorie.
» Chargé en chef de 1 appropriation du rocher
qui y placé providenlielleiDent au centre de la
France, devait porter jusqu'aux nues la statue de la Protectrice de notre belle patrie, désigné comme architecte du piédestal de rimpérissable monument, il se dévoua à cette lâche et s*y dépensa tout entier.
» Donnant à cette GRuvre tout le temps libre que
lui laissait Tadministralion de sa paroisse, on le vit alors tous les jours» et plusieurs fois par jour, gra* vir péniblement les sentiers abruptes de la roche escarpée « sentiers rendus depuis, par ses soins, bien plus praticables; on le vit se tenir de longues heures sur la cime sourcilleuse, dirigeant, activant les travaux* Infatigable .pionnier de la Vierge Marie , il se tenait surabondamment dédommagé de ses peines, ainsi qu il le disait lui-même, par un doux sourire, par un simple regard de Celle pour laquelle il travaillait uniquement.
» Si donc il ne doit pas figurer au premier plan
dans l'ordre du mérite de l'OBuvre, il a du moins le droit d'occuper, au second plan, une place distinguée.
» Oui, M. l'abbé Ëynac a sa bonne part de gloire
dans Téreclion de cette statue, la merveille de notre cité et Tobjet de l'admiration universelle... Monument religieux incomparable, qui est aussi un monument de gloire pour notre nation, puisqu'il perpétuera à jamais le souvenir de la prise, par nos armées, de h forteresse de Sébastopol, dont lesca-
nous f transiurmés par Fart , représentent à nos
yeux notre céleste Mère. »
Hélas ! ce que Noire-Seigneur disait des parfums que Magdeleine répandait à ses pieds : PrmvenU ungère corpus meum in sepulturam, Mgr Eynac aurait pu le dire des faveui s de Pie IX et des bonnes et cordiales paroles de M. Montagnac, son vieil ami. Trois ans et trois mois s*étaient à peine écoulés qu'un autre grand-vicaire venait, à la place de M. Montagnac défunt, faire Téloge funèbre du bon pasteur enlevé à sa paroisse dans la quarante-deuxième année de son administration, la cinquantième de son sacerdoce, et la soixante-quinzième de son âge. En louant son esprit élevé , son grand cœur, son caractère ferme et énergique, M. Menard traçait le vrai portrait de Mgr fiynac. Il rendait justice à ses compatriotes et surtout à ses paroissiens, quand il ajoutait qu'il avait reçu pour récompense, aycc les faveurs du Pontife^Roi, l'estime etlailection de tous.