CHAPITRE XX
Bienfaits dans l'ordre temporel et dans
l'ordre spirituel dus à Notre-Dame de France.
« Ma Mère apparaîtra au monde sur un piédestal j» solide et qu'aucune force ne pourra renverser.
I* Ses pieds seront de l'or le plus pur, ses mains » seront comme de la cire blanche en fusion, son o visage comme le soleil, son cœur comme une » i'ouruaise ardente; une épée sortira de sa bouche «.* et renversera ses ennemis et les ennemis de » ceux (^ui l'aiment et qui Tont proclamée sans • tache. »
Ainsi parlait Notre-Seigneur lui*m6me, bien avant Télection de Pie IX, à celle humble villageoise des Liandes, dont la vie et les œuvres ont été publiées récemment avec l'apijrol^ation de l'autorité ecclésiastique. Le Sauveur disait encore à Marie Lataste : « Le jour va venir où le Ciel et la » terre se concerteront pour donner à ma Mère » ce qui lui est dû dans la plus grande de ses préro- » gatives. Le péché n*a Jamais souillé son âme, et
» sa Conception a été pure, sans tache, immaculée
» comme le reste de sa vie. Je veux que sur la
• terre cette vérité soit proclamée et reconnue par » tous les chrétiens. Je nie suis élu un Pape, et j*ai » souillé dans son àme celle résolution. Tant que » durera son pontificat, il aura cette pensée dans j) son esprit et dans son cœur. Il réunira les Ev6- » ques du monde pour les entendre proclamer » Marie Immaculée dans sa conception, et toutes » les voix se réuniront dans la sienne, et sa voix » proclamera la croyance des autres voix et reten-
• tira dans le monde entier. Alors rien ne man- » quera à Tiionneur de ma Mére. Les puissances » infernales et leurs suppôts s*éléveront contre p cette gloire de iMarie, mais Dieu la soutiendra 1» de sa force, et les puissances infernales rentrej> ront dans leur abîme avec leurs suppôts. »
.La proclamation du dogme de Tlmmaculée-Conception par Pie IX, au milieu d'une si grande multitude d*£véques réunis autour de sa Chaire et de son trône, ne pouvait être prophétisée en termes plus clairs, et la Vierge Immaculée élevée sur tant d*autels, exaltée dans tant de cantiques et de pieux discours, couronnée de tant de gloire dans toute la chrétienté, mais surtout sur notre rocher de Corneille, ne pouvait pas être représentée sous une image plus ressemblante. N'est-elle pas là comme une statue ^or, dont le visage, irradié par la beauté céleste de son Fils, a Téclat du soleil I
Les bienfaits ne conlent-ils pas de ses mains comme
une cire blamiie en fusion? Le piédestal qui la porte n*est-il pas solide comme le granit) et Noire-Dame de France n'a-t-elle pas manifesté sa puissance en renversant seseimemis el les ennemis de ceux qui Tont proclamée sans tache? Pie IX, fugitif à Gaéte, remet sa cause entre les mains de iMarie, dans la célèbre Ëncyciique du 2 février 1849, et le 2 juillet, fête de la Visitation, Marie replaçait Pie IX sur sou irône par les mains de la France... Et, plus récemment, au mois de novembre 1867, c'était encore répée de la France et de ces zouaves pontificaux, formés par un enlaat de Notre-Dame du Puy, qui sauvait, à Mentana et à Monte^Rotondo, Pie IX, Rome et la civilisation chrétienne.
L'Evôque de Poitiers, décrivant Ténergie sublime que nos soldats catholiques puisent dans leur confiance en Marie, s'écriait naguère : i Voyez-vous ces » enfants de la France qui s*élancent pour rcpous- » ser riiéritier couronné de Photius? Regardez sous » (acuirasse de ces braves : l'image de Marie iinmak cnlée y repose. C't'St leur plus puissant bouclier. » Le soldat baise chaque malin, avec nnepiélé à la » fois religieuse el liiialc, celte médaille sacrée, cette » figure de la Vierge sans tache que sa vieille mère » lui a suspendue au cou avant son départ, comme > un gage de sa protection, et le général en chef, » épargné par le projectile qui s'est émoussé sur le » métal bénit, témoigne se gratitude respectueuse
» aux mains aagastes qui Font couvert de cette
• armure. »
Or les faits auxquels Téloquent Ëvèque fait allusion appartiennent à notre histoire : le vainqueur de bébaslo[)()l écrivait à la Su|)érieure des religieuses de notre hôpital , qui Favait soigné malade en Afrique et avait fait faire par ses sœurs une communion pour le succès de ses armes :
« Vous aurez dû le remarquer, vos vœux ont été » exaucés : c'est le lendemain de rAssomptiou que » j'ai battu les Russes à Trakiir, et c'est le jour de » la Nativité que j*ai pris Malakoff. Ainsi ce sont les » bonnes prières à la Vierge et la foi que nous y » avons, plus que le vulgaire ne pense, qui nous » ont él6 d'un ^^and secours dans ces deux glo- » rieuses journées. » Qe témoignage, ainsi que celui de Pie IX élevant à un rite supérieur la fête de la Visitation, afin de témoigner sa reconnaissance à Celle qui est forte comme une arméerangée en bataille, nous dit assez quelle est la puissance de la Vierge Immaculée» qui, de son pied vainqueur, écrase rinfemal serpent.
Mais entrons dans plus de détails. Essayons de dire quelques-uns des bienfaits temporels, présents et tangibles que nous devons à Notre-Dame de France*
L^érection de notre statue, par l'émulation qu'elle a provoquée, surtout en France, en Savoie, en Belgique, a fidi surgir une foule de monuments
semblables, dont rénumération serait très4ongue«
Coiitentons-Tious de mentionner Notre-Dame d'Aquitaine à Bordeaux, Notre-Dame de Bonne-iiencontre près d'Agen, Notre-Dame de Flandre l\ Gand, Notre-Dame de Savoie à iMyans, Notre-Dame d'Afrique À Alger ; puis les statues de la Vierge élevées sur le clocher de la métropole d'Avignon, sur les rocliers qui dominent Orange, Aubin, Saiiit-Ëspritt sur le timnel qui traverse la voie ferrée à Tarrivée de Biarritz, sur le clocher de Notre-Dame de Bennes, de Nolre-Dame-de-la-Garde, sur la coupole- de Notre-Damc de Boulogne, etc., etc. A Tlieure qu'il est, une église, destinée surtout aux catholiques de langue française résidant à Londres, s'élève SOUS le vocable de Noire- Dame de France.
U Histoire de Notre-Dame de France, par M. Hamon, a consigné, dans un impérissable recueil, une foule de précieux souvenirs qui commençaient à se perdre; elle a mis en relief la vérité de l'adage : Regnuin GalUœ regnwn Mariœ; elle a dit aux rois el aux sujets, aux magistrats et aux cités, aux prêtres, aux religieux et aux laïques, ce que Marie a fait pour leurs ancêtres et ce que leurs ancêtres ont fait pour Marie; elle a constaté l'origine apostolique de nos Eglises et fancienneté du culte de Marie contemporain du Christianisme.
La Collection des documents lelatifs à la défini'' iion de (Hmmaculée-Conceplion, commencée au séminaire de Notre-Dame du Puy, est le plus digne
hommage qui pût être offert à notre Basilique et à Pie IX. £Ue amènera, nous Tespérons» le rétablissement de l'ancienne bibliothèque, autrefois si renommée, de notre cathédrale. Des fonds ont été demandés au Gouvernement pour cet objet, et promis.
Noire-Dame de France n*a pas inspiré seulement le génie d'un grand sculpteur, mais encore le talent des poètes, et nous avons pu rappeler à la mémoire de beaux vers qui ont répandu quelque agrément sur les détails souvent arides qu'exigeait de nous la fidélité de l'histoire. Nous avons cité quelques fragments, en regrettant de ne pouvoir citer les pièces entières.
Les fonds provenant de la souscription nationale ont été placés de la manière la plus proiitable aux intérêts de la religion. En même temps qu'ils . ont produit un revenu nécessaire à l'achèvement de notre (Huvre, ils sont venus en aide à plusieurs institutions qui, pour s'établir ou grandir, avaient besoin d'un emprunt. Nous avons remarqué que le Noviciat des Frères des Ëcoles chrétiennes date des premiers travaux faits pour l'établissement de notre monument, et quei'éreclion de notre Carmel est contemporaine de Tinauguration Notre-Dame de France,
Depuis ce jour béni ( 12 septembre 1860) jusqu'au jour où cet écrit sera publié, le nombre des pèlerins qui viennent visiter et prier Noire-Ûa^ne de France va croissant toujours. On est certain d'être
au-dessous de la Térité en affirmant que pins de
300,000 visiteurs sont venus lui offrir leur hommage (1). Ëovironl2>000 ont inscrit leur nom sur son portefeuille. Que sera-ce, quand les voies ferrées de Clermont et d'Alais aboutiront au Puyl
Presque tous nos pèlerins tiennent à conserver un souvenir de leur ascension à Corneille, ils emportent rimage de la grande Madone dessinée par le soleil lui-même, ou bien une réduction de la statue faite sous la direction et portant reslampilie de Bonnassieux. Ce sont autant d'images correctes et pieuses qui servent à stimuler la prière et à nourrir la piété (2).
Or il n'est pas nn pèlerin qui, avant ou après son
ascension, ne fasse une station dans la Basilique de Notre-Dame. Loin de s*évaporer en plein air, le culte que reçoit Marie dans son sanctuaire privilégié fait des progrès consolants, appelés à devenir tous les jours plus sensibles. Sur la plate-forme du
(1) Nombre approximatif des personnes qui ont visité la statue de Notre- Dame de Prtnee pendant le temps d-epiès désigné (durant le jubilé de 1864):
Lundi
mars,
de 10 heures du matin à 7 h. 1/-2.
Mardi
id.
de 6
heures et deaiie à 7 h. 1/2.
Ifeicredi
HO
id.
de 6
id.
Jeudi
id.
de 6
id.
îi 7 h. 1/3.
Vendredi
1» avril,
de 6
id.
Samedi
id.
de 6
id.
à 8 tieures.
Dimaiicbe
id.
de 6
id.
à 8 heures.
Lundi
id.
de 6
id.
h 1 beore..
(2) Pendant les deux jours qui ont suivi la bénédiction de la Vierge, il s'est vendu pour 4,000 franci de statuettes. Plus tard, année moyenne, la vente a été de 1^00 francs.
rocher, les beautés si variées du site favorisent la curiosité, rendent le recueillement diCUcile, ileat vrai; mais dans le sanctuaire ang clique il en est autrement. Là, tout porte à la prière, à la méditation, à la réception des sacrements, à mie. communica** tion intime avec Dîeu. C'est là ce qu'ont observé avec boniieur et saint Dominique, et saint Antoine de Padoue, et saint Vincent-Ferrier, et saint François-Régis, et sainte Colette, et la Mère Agnès, et le vénérable M. Olier qui disait : « Je ne connais point de lien où Dieu se communique si intimement et où il répande ses grâces avec plus de libéralité. Tout y porte à lui, tout y est saint; en sorte que, pour en sortir tout pénétré de son amour et de son esprit, on n'a qu'à se laisser aller au mouvement intérieur qu'on y éprouve dès qu'on s'y présente avec foi... » Il ('Cl ivait [)lus lard : « Je suis dans un lieu où je iinirais ma vie avec joie aux pieds de Notre- Dame du Puy, à laquelle je suis redevable, par sœur Agnès, de toutes sortes de grâces. » (Vie de M. Olier, t. n, p. 469. )
Depuis l'érection delà statue, il n'est pas de jour, durant la belle saison, où quelque prèlre pèlerin ne soit venu célébrer les divins mystères à l'autel de Notre-Dame ; pas de jour où les i)ieux fidèles n'aient fait brûler des ciergesen son honneur, tandis que d'autres ont demandé que le saint sacrifice fût offert à leur intention ( 1 ); pas de jour où plusieurs ae
(1) Depuis 1864, riionoraire de la messe a pu être ati£,'uu'rué de moitié, sans qae le nombre îles honoraires offerts ail dimuiiG &ei\>iïilemenU
se soient empressés de s'asseoir à ia Table eucharistique. Que sera-ce quand les voies montueuses qui
conduisent à Ja Basilique seront élargies, les pentes adoucies 1 quand les largesses du clergé et du gouvernement auront relevé les ruines accumulées par la Révolution, et rendu à notre Basilique tous ces secours religieux qui font la renommée et le succès d*un pèlerinage 1
Des faits nombreux, certains, concordants, démontrent donc que Térection de Notre-Dame de • France^ OËuvred'un Evéque aussi prudent que zélé, entreprise avec le concours de plusieurs Cardinaux français et italiens, de tout ré()iscopat, de tout le clergé français et des fidèles les plus ])ieux, avec rai)lH obalion, la recommandation, les éloges et li'S indulgences du Souverain Ponlifc, n'a pii Qt ne pourra jamais nuire au concours qni,dp[)uis tant de siècles, attire les [populations chrétiennes à notre sanctuaire. Notre-Dame de, France a valu à Notre- Dame du Puy le titre d'Eglise Uasilwale ou Royale, et t<*nd à lui rendre son ancien lustre, que les dévastations révolutionnaires avaient obscurci. Toutes les Eglises de France, en rendant leur hommage, en payant leur généreux tribut à Notre-Dame du Puy, ont reconnu son antique prééminence, proclamée par saint Léon IX et oubliée en divers lieux. Quand Mgr de Morlhon écrivait : Nous avons voulu itous aussif à ^exemple de nos vénérables collègues, rendre à mtne Eglise tout C éclat de ses plus beaux
jours, il signalait le but qu'il poursuivait par les voies les meilleures; quand Son* Eminence le Cardinal de Lyon plaçait une statue de 7 mètres sur le clocher de Fourvières; quand, à 100 mètres devant Sainte-Marie-Majeure, les Papes dressaient, au sommet d'une colonne, uue statue de la xMère de Dieu;
et Pie IX lui-même, quand il élevait sa gracieuse
image de Marie immaculée au pied de l'église de la Trinité-du-Mont, craignaient-ils que Fhonneur * rendu au signe extérieur nuisît jamais au culte à exercer dans l'intérieur du temple... ? Non certes... et ce serait prendre une peine superflue que de le démontrer longuement. Ce qui lait la fortune d*un pèlerinage, c'est avant tout l'abondance des grâces répandues; c'est ensuite la multitude des secours offerts comme stimulants à la piété, tels que prédications, bénédictions, indulgences, reliques ou images saintes vénérées, processions, fêles, cérémonies : voilà ce qu'on a compris à Rome, à Jérusalem, à Fourvières, à Roc-Amadour, au Puy anciennement et de nos jours, et partout ailleurs en tout temps. Ët c'est pourquoi l'Eglise du Puy ne cessera de réclamer la sainte Epine que saint Louis lui a donnée, que la Révolution lui a dérobée et qu'un prêtre mourant a laissée en dépôt dans une église de Saint-Etienne; c'est pourquoi nous ne cesserons de demander que la cbapelie aérienne de Saint-Micbei soit rendue au culte du patron de la France, et que les intentions généreuses de nos Evôques pour
l'entière restauration du culte, surtout dans la Basilique de Notre-Dame 9 soient comprises euùa et exécutées. Croirait-on Notre-Dame de France rivale de Notre-Dame du Puy? Oh! non. A genoux devant la grande et belle image de la Vierge->!ère conçue sans péché, et la main sur le cœur, nous ne craignons pas de dire.... non. £n aidant, dans la mesure de nos forces, TEvèque de la grande Madone k ériger ce monument, nous n'avons pas porté préjudice au sanctuaire de Notre-Dame du Puy, où nous avons reçu tant de grâces.... Non... nous n'avons pas détourné la dévotion des peuples. Non... nous n'avons pas fait tarir la source des bienfaits que Notre-Dame répand depuis quinze siècles sur la France et sur le monde. La pusillanimité se trompe ; elle nous calomnie.
£t Notre-Dame de France s'empresse de nous justifier avec éclat. Combien de pèlerins viennent la remercier chaque jour des faveurs miraculeuses ' obtenues par son intercession ! Combien, en témoignngc de leur reconnaissance, suspendent des exvoto aux pieds de son image! et, sur ces cx-voto, les noms les plus honorables se lisent aux lieux les plus apparents. Combien d'infirmes y ont laissé leurs béquilles, qui les avaient aidés à marcher jusque-là et dont, après leur prière, Ils n'avaient plus besoin! On ferait encore un volume, si Ton voulait seulement énumérer les malades guéris, les indigents secourus, les pécheurs convertis par Notre-
Dame de France. Par obéissance aux sages règlements qui défendent de devancer le jugement de r^^iise, je iifabslieus de ciler des fails particuliers. Ils sont déjà nombreux.
V'oici en quels termes Marie décrit elle-même les merveilles qui s^opèreul en son nom : « Je guéris les » corps infirmes, dit-elle à Marie Lataste; voyez » daus le monde, depuis dix-huit sièclos, combien » d'iniirmes désespérant du salut de leur vie ont » recouvré la santé en recourant à moi! U n*est pas » de jour où ma boulé pour les Uomuies n'opère » ainsi parmi eux des prodiges sur leur corps. Mais » j*aime surtout à faire éclater ma puissance sur » Tàme. Combien de jeuues gens et de je' mes Ulles, » combien d*hommes mûrs et avancés en âge sen- » tent en eux i'inlinnilé deleurànie et l'inclinaliou » qui les porte au mal! Ils implorent mon secours... » et, brisant cette inclination perverse, je les incline » au bien. Au lieu de re^ardei' la teri e, ils regardent. » le Ciel ; au lieu d*écouter Satan, ils écoutent Jésus ; » au lieu de prêter Toreilie au monde, ils la prèteut » à ma voix, ils marchent dans la voie droite.
» Je suis le refuge des pécheurs. Les hommes » avaient établi aulrelbis des ville? où les criminels » pouvaient se retirer, et rentrée dans ces villes les » rendait inviolables. Je suis aussi une cité de re- . » luge. Tous les pécheurs, même les [lius^randspé- » cheurs, peuvent venir à moi. Je n*en rejette au- » cun; je permets à tous d'habiter daus celte cité
» qui est moi-même. Là, ma fille, ilssont tous abri-
JD tés, non pas contrôles hommes, maisconlte Dieu ; » là ils peuvent se dépouiller, et ils se dépouillent » complètement de leurs vices, de leurs crimes, de « tout ce qu'il y a de souillé en eux. Aussi ûieu^ » qui ne veut pas la mort des pécheurs, mais leur » vie, les épargne parce qu'ils sont sous ma pro- » tection. Sa justice ne les frappe pas; au contraire, 0 il abaisse sur eux des regards de miséri<'orde, 1» ci, voyant qu ils viennent à lui dans la sincérité
V de leur àine, il les aime de nouveau comme ses » enfanls et les comble de ses bénédictions.
» Ohl venez tous à moi, vous qui êtes alûigés, je » vous consolerai! Venez à moi, vous tous qui êtes » iniinues, je vous guérirai! Venez à moi, vous tous
V qui êtes pécheurs, et je vous justifierai. »
Ces fiiveurs se réparulroiit avec plus d'abondance à mesure que Notre-Dame de Fraiwe sera Tobjet d*UD culte plus intelligent, plus pur, plus généreux. La iète du 12 septeuibrc sera célébrée avec un concours toujours plus nombreux et une solennité croissante; elle aura son Octave, peut être même un jour recevra-t-elle du Saint-Siège une messe et un office propre. Au lieu de s'inscrire, comme des toi^iistes vulgaires, sur le portefeuille dont nous avons parlé, les pieux pèlerins voudront, en donnant leur nom, s'associer dans une commune pensée de piété iiliale envers Marie, de dévouement à la cause pontificale et aux intérêts
religieux de la patrie. Ils formeront comme VAf'cMconfrérie de Notre-Dame de Franec^ émule de Notre-Darae-des-Vicloires, A mesure que le commerce , rindustrie , la facilîié des comiEunicatioDS éloignent les habitants des hauteurs du mont Anis et les poussent à se loger Jans la plaine, ne faut-il pas que Notre Dame ouvre tous les trésors de son amour pour les relever jusqu*à elle? N*esl-ce pas sur la montagne que le Sauveur se retirait pour prier? Et le Psalmiste ne disait-il pas : J'ai élevé mes yeux vers les montagnes d'où f attends tout mon secours ? Toutes les coDgrégalionSy toutes ' les paroisses de la ville et de la banlieue auront leur jour pour faire en procession leur visite à Idarie; et, avant comme après leur ascension, certains exercices déterminés les réuniront dans la Basilique, but nécessaire, centre oijligé du pèlerinage. Un Manuel conduira les pieux pèlerins d'abord à Notre-Dame, puis à Corneille; de là aux Pénitents, à Saint-Georges, à Saint- Valère, au tombeau de Du Guesclin, à Saint-Michel, à l'autel de saint François-Hégis, à Saint-Joseph d*Espaly, au sanctuaire élevé à Vais en rhonneiir du Cœur priant de Jésus, cheMleu de 1*^4 postolat de la Pfîère ; et plus CCS pieux asiles seront multipliés, plus les pèlerins seront édifiés, plus ils accourront empressés et nomhreux.
Terminons. En l'an de grAce mil huit cent soixante, près du sanctuaire Angélique où le moyen-
âge a Ténéré Notre-Dame âe France et que les
Souverains Ponlifes, les empereurs, les rois, mais surfont les Saints ont entouré de leurs hommages constanis, au Puy-Notre-Dame , sur un piédestal aussi élevé que la plus haute des pyramides, placé au centre de la France par les mains du Créateur, avec le fer meurtrier enlevé par nos braves soldais aux sectateurs armés du schisme, une grande, belle et noble image de la Vierge Mère conçue sans péché a été élevée par les mains de la France entière et baptisée par la voix de TEpiscopat du nom de Notre-Dame de France, ainsi que Tanlienne du Puy, adoptée par la liturgie cathoUque, avait ap* pelé Marie du nom de Reiw (Salve Regina), ainsi que Louis XIll, en 1638, Pavait proclamée Souveraine de la France; et cependant cette auguste Reine s*est empressée de remplir ces fonctions royales ; ainsi qu elle avait député nos braves chevaliers sous la conduite d'Âdhémar de Monteil revendiquer le tombeau du Christ, elle envoyait les armées de la France, deux fois en vingt ans^ défendre et sauver le trône du Pontife-Roi qui définit sa Conception-Immaculée. Tel est le fait à jamais mémorable au point de vue historique, religieux et artistique que j'ai cru devoir raconter dans ses déla is intimes, d'où ressort avec évidence la vérité de ces paroles de Tabbé Sire : Cest la Vierge elle-même qui a conçu, béni et fait réussir ce grand dessein!
Salut donc à Notre-Dame de France! Salut à la
Vierge très-pure, acclamée dans le monde entier, mais surtout en France, conçue sans pèche! .^alut à la Mère de Dieu, qui nous apporte et nous montre l(î IVuit (livia tic ses eiilrailh^s , rKinnianuel plein de grâce qui nous bénili Salut à la Ueiac du Ciel, couronnée de ses douze étoiles qui écartent la foudre! Salut à i'euueuiie irréconciliable du serpent qii*elle écrase de son pied vainqueur I Salut à la Messagère des bénédictions divines, dont la démarche est aussi gracieuse que ferme et sûre. Quam pulohre graiilur Filia Principis! Salut à l'Arbitre de la paix, qui transforme en signes de vie, en org.iues de salut, des instruments de moril Svilut à Tauguste Souveraine dont le manteau pai*semé de lleurs et de diainanls symbolise les vertus! Salut ù la. Fille de David, qui a pour voile .son abondante chevelure, emblème de sa virginité! Salut à cet Astre toujours radieux qui brille d'une douce lumière sur le cratère éteint de nos volcans 1 Salut à celte Maîtresse ou plutôt à celte Wère qui, par sa physionomie et son attitude, inspire à tous ses enfants la pureté, la piété, le plus tendre amour pour Jésus, la cbarilé lu plus conipalissaiitc i)our les hommes, vers lesquels elle semble descendre du haut des deux !
0 Marie ! bienlicureux ceux qui travaillent à votre gloire et qui, dociles aux inspirations de votre cœur, s'emploient et se dévouent tout entiers au
culte de votre très-digne Epoux et au service de
vos enfants! Pusssé-je voir tous mes compatriotes n*avoir qu'an cœur pour vous aimer, qu'une voix pour vous bénir!... Je mourrais alors content.
Mais jusqu'à mon dernier soupir, je ne cesserai de dire à mes chers concitoyens : <r Quand une contrée a été clioisie par le Seigneur pour être le théâtre de ses merveilks, la source de ses gr&ces, le terme d'un pèlerinage au loin et toujours renommé, elle doit savoir laire des eiïorts et des sacrifices pour conserver entière cette glorieuse influence, fille mériterait d'être déshéritée si elle laissait ses sanctuaires en ruine, ses autels sans sacrifice, ses chœurs et ses chaires sans voix.
» Autrefois nos Evéques, seigneurs temporels, ouvraient des routes, construisaient des ponts, bâtissaient des églises, organisaient des fêtes dans rinlérêt du pèlerinage ou du grand Jubilé. Aujourd'hui ce sont nos édiles et nos Préfets qui doivent se concerter avec nos Evéques, alin de pourvoir à cet intérêt religieux qui est et sera toujours rinléi êt capital du Puij-Notre-Dame,
9 Que Nimes et Arles conservent leurs arènes, et Bordeaux son grand commerce, et Lyon son industrie, et Saint-I]lienne ses manufactures d*armes et de rubans... Mais nous, sous peine de rentrer dans le néant d'où le Christianisme nous a tirés nous devons rester fidèles au culte traditionnel de • Notre-Dame, et travailler de concert à relever les ruines amoncelée^ par le protestaatisme et la Ué-
volution. C'est là ce que demandent et l'esprit de foi et Tamour éclairé du pays !
)» En un jour de vertige, la statue noire de Notre- Dame du Puy, vénérée depuis tant de siècles, fut jetée aux Hammes, comme le vain jouet de la superstition. Dans les cendres fut trouvée une pierre recouverte de figures et dlnscriplions indéchiffrables. Celte image, d*une origine douteuse, mais figurant d'une manière quelconque une mère qui nous présente son enfant, avait fidèlement reçu, pour les transmettre à Marie, les honneurs qui lui étaient dus. Mais, à dater du 12 septembre 1860, nous avons à présenter à nos amis et à nos ennemis un signe dont Forigine est à jamais bien connue, un signe dont le symbolisme est aussi pur qu'éclairé, un signe qui est un chef-d'œuvre de l'art chrétien, béni en plein soleil par un Cardinal et douze Ëvèques ; un signe dont notre armée victorieuse a fourni la matière et dont la France a fait les frais ; un signe dont les bénédictions et les indulgences d'un grand Pape ont enrichi l'érection; un signe qui a démontré déjà l'efficacité de notre foi et de notre confiance par une foule de faveurs répandues; un signe enfin qui ne périra pas; et si jamais le fanatisme anticbrétien voulait savoir ce qu'il y a d^ caché dans les replis intérieurs du colosse, il y trouverait inscrits dans le portefeuille de Notre-Dame plus de 100,000 noms : les noms les plus honorables de l'Ëghse et du monde 1
» 0 Souveraine de la France et de rooivers, nous
vous avons faite grande et belle, non sans votre secours. Aidez-nous à faire grandir au sein de celte cité qui vous est chère le cuite de votre digne Epoux, dont le nom signifie Accrescem : oelai qui grandit toujours. Aidez-nous à grandir nous-mêmes en , grâce et en sainteté 1 ËmLellissez-nous de vos vertus! et si nous vous avons préparé un trône sublime au-dessus des monts, préparez-nous un trône plus sublime encore et plus durable aux Gieux !
» Et vous, 6 glorieux Archange ! protecteur de
ITglise et de la France, vous qui depuis dix siècles recevez un culte au sommet de ce monolithe qui se dresse au pied de Corneille comme un serviteur auprès de son maître, soyez constitué à jamais le gardien et le défenseur de NoPre Dame; et si jamais, ce qu*à Dieu ne plaise ! dans des jours d'anarchie et de délire, quelques barbares osaient porter sur Elle une main sacrilège, qu*on vous voie, 6 Michel! exterminer ces vandales, ainsi que vous chassâtes du Ciel les mauvais Anges... Mais repoussons d*inutiles pressentiments; et, pour un avenir prochain, espérons tout de la protection de Notre- Dame de France : »
Oui : bientôt ! que sous ton empire Entre les peuples ralliés Toute haine à jamais expire Gomme le dragon sous tes pieds I
Bannis les iléaux de la guerre ; Et que désormais sur la terre,
AWn de te chanter en chœur, Oubliant leur luUe éternelle Tous les mortels n*aient sous ton aile Qu'une croyance et qu'un seul cœur.
Valéry.
PIKCËS JUSTIFICATIVES
Programme d'un concours pour le modèle du monument colossal qui doit être érigé à Notre-Dame de France sur le rocher de Gorueille*
■ La Commission, nommée par Mgr l'Evêque du Puy pour réaliser les vœux ardents de la pieuse j.opulation de celte ville et diriger l'exécution du monument qu'elle veut élever à la Très-Sainte Yierge, son auguste Patronne, s'est réunie déjà plusieurs fois sous la présidence du vénéré Prélat, aiin de délibérer sur ce noble et important projet.
Pour ne rien négliger de ce qui pouvait Taider à conduire cette entreprise à sa perfection, la Commission a interrogé l'opinion publique, consulté les hom* mes les plus compétents de la capitale, étudié les types anciens et modernes suivis gén étalement dans les diverses contrées de l'univers catholique pour représenter la Mèro de Dieu. Elle a voulu avoir égard non-seulement à la tra<lition générale, -mais encore aux souvenirs particuliers du sanctuaire du Puy, le plus ancien que la France paraisse avoir érigé à Marie. Elle a voulu ' aussi marquer son œuvre du sceau de Tépoque, en 8*associant volontiers à Télan unanime et sans doute surhumain qui, de nos jours, entraîne la catholicité entière avec son Pasteur suprême, à exalter d'une iàçon spéciale et à proclamer solennellement l'un des plus glorieux privilèges de la Reine des Vierges, son Immaculée-Conception.
La Commission espère que tons les amis de la religion et des arts Toudront bien s'intéresser et prendre une part active à cetie œuvre destinée à figurer en première ligne parmi les plus grands monumenis de la sculpture et de la piété cbrétieane. £de pense aussi que le meilleur moyen d'obtenir un bon cboix du modèle à reproduire en grand, comme aussi de favoriser le talent et de piquer l'émulation des artistes en écartant d'elle-même
' - ^ le soupçon de partialité, est de mettre au concours le
"""^v^ ^'rojet du monument.
En conséquence, la Commission a ouvert un concours pour l'exécution du petit modèle de ce monument, et en a réglé les conditions comme il suit :
Conditions du Concours.
10 Les projets ou modèles destinés au concours devront consister en statuettes de 50 centimètres au moins de hauteur, non compris le soubassement ou piédestal. La Sainte Vierge y sera figurée dans l'attitude à la fois noble, modeste et bienveillante d'une Mère de Dieu, montrant la ville du Puy à son divin Fils pour qu'il daigne la bénir. Ses deux autres prérogatives de Reine du Ciel et de Vierge Immaculée devront être exprimées clairement et nettement caractérisées par les attributs, marques et emblèmes qui leur sont propres, tels que la couronne, le serpent infernal, etc. La Commission n'exige pas que l'Enfant divin soit placé sur les bras de sa mère plutôt qu'à côté d'elle. Un nuage pourra servir d'intermédiaire entre la terre et ces per&onnages célestes en tenant lieu de soubassement; la Commission n'en fait pourtant pas une condition nécessaire du projet . — L'artiste devra s'inspirer des pensées et des sentiments exprimés dans le Sàlve Regina, prière dont la composition est attribuée à l'illustre légat des croisades Adhémar, Evéque du Puy.
Les projets devront s'harmoniser avec la topographie de la ville et de ses environs, notamment avec les formes si pittoresques du rocher de Corneille destiné à servir de premier piédestal au monument ; ces projets devront
aussi présenter des faces ou des profils nobles et gracieux à tous les aspects. Les dimensions du monument seront probablement de 15 à 17 mètres de hauteur sans
le pié^eiïtal.
2" Un prix de la valeur de 3,000 francs sera ofTert à Taa-
teur de IVsquisse qui en sera reconnue ili^e au jufrt?ment de la Commission, laquelle se fera un devoir, avant de prononcer, de consulter l'of inion publique au moyen d'une exposition préalab'.e des modèles reçus et de s'éclairer des lumières de qiiehjues artistes dé.-intéressés et d'un mérite reconnu. Ce prix toutefois ne sera remis au ^culpteur qu'après que celui-ci aura reproduit et livré son œuvre avec les mo lilicat'ons jugées convenables et dans les proj ortions de 2 à 3 mètres de haut, de façon à pouvoir servir immédiatement de type, sous la direction de l'auleur du grand modèle destiné à la fonderie.
Un second prix de 500 francs sera décerné à l'auteur du projet le plus approchant de la perfection du premier. Des indemnités de 100 francs chacune Feront en outre accordées pour les cinq meilleures esquisses qui Tiendront apiès dans Tordre de mérite.
S» Les projets destinés au concours devront être par<venùs francs de port à rEvèché du Puy avant le octobre de la présente année.
Fait au Pay, le 25 mars 1853.
Le Président de la Commission^ t AUGUSTE, Ev. du Puy.
Us Présidents des trois Sous-Commissions,
DE BRTVB, Président de Ja Société académique.
PËALÂ, Cnré de Notre-Dame.
Secrétaire de la Commissionf Abbé URBE.
is
Copie du traité fait entre la Commission de la statue à ériger sur le rocher de Corneille et M. £ustaclie Preuat, directeur des ateliers de fonderie
à Givors.
Entre les soussignés, Mj^t Auguste de Morlhon, Evêque da Puy, Président da Comité de souscription pour réfection d'une statae colossale de la Sainte Vierge sor le mont Corneille, MM. Pierre PéaU» archiprétredela cath^ dnde, Coumes (Antoine), ingénieur en cbef de la Haute- Loire, Albert de Briye, chevalier de la Légion-d'Honnenr, Pierre Ëynac, curé de 8t-Laurent, Tice-président, tous membrés dudit Comité, agissant au nom de la Commission, d'une part,
Et M. Eastache Prenat et C*», maître de forges à Givors (Rhône), d'autre part,
Oat élo faites les conventions suivantes :
Je, Eustache Prenat et C''', m'oblige à faire la statue colossale de la Sainte Vierge destinée à être placée sur le rocher Cornoilie ;
Cette statue sera faite avec le métal provenant de Sébastopol et donné par S. M. l'Empereur à cette fin;
Elle sera faite d'après le modèle de M. Bonnassieux, sculpteur à Paris ;
Elle aura seize mètres de hauteur, tout compris, la demi-sphère et les fleurons ;
Elle aura un escalier tournant intérieur tout en fer et fonte de soixante-quinze centimètres de largeur entre le noyau et le garde- corps;
Cet escalier aura, de quatre mètres en quatre mètres, un palier drcukiire qui servira de plancher, où les visiteurs pourront se reposer et d'où ils pourroht jouir de la yue du paysage au moyen de quatre fenêtres à chaque palier, qui s'ouvriront en dedans;
Elle sera broniée de la manière la plus solide. Avant
de donner la conlenr da bronze, on mettra deox conches de miniam première qualité. Les étoiles de la couronne seront seules dorées à Thuile, mais ayec or fin ;
Piiur donner toute la solidité possible à la statue, empècber qu'elle n'écrase la demi-spbère qui la supportera et la fixer puissamment sur son piédestal, il y aura des consoles intérieures sous la demi-sphère ;
Pour prévenir toute cassure par écrasement et rendre les joints plus parfaits, on mettra, en plaçant la statue, de petites lames de plomb entre les joints des pièces ;
L'épaisseur moyenne des pièces de la statue sera de trente-cinq millimètres environ, et elle pèsera, y com pris les accessoires, de quatre-vingts à cent mille kilogrammes. Mais comme il est à peu près impossible de calculer le poids au juste, il est formellement convenu que quelques milliers de kilog. en [jIus ou en moins ne feront aucune di:liculté et ne chan^xeront pas le [)rix.
Je me charpie de toute main d'œuvre, fournitures et outillage pour la confection du grand modèle, le coulage, le transport et la pose de la'lite statue sur son piédestal; seulement on mettra à ma disposition les bois et engins qui auront servi pour la confection du piédestal et qui pourront m'étre utiles pour l'érection de la statue.
Le grand modèle sera reçu et approuvé par M. Bonnassieux, ou, en cas d'em|)ècbement ou de refus de sa part, par un artiste qui sera désigné par Mgr l'Evéque. Cependant, comme il y aurait des inconvénients graves à ce que le grand modèle reslAt debout trop longtemps, il sera visité dans les quinze jours qui suivront Tavis que j'en donnerai à Monseigneur.
La statue sera placée dans deux ans à partir du jour où le modèle moyen de M. Bonnassieux m'aura été remis, sauf le cas de force majeure.
Enfin j^établirai au baut de la statue un paratonnerre dont la chaîne ira plonger dans un puits préparé ad hoe dans le bois du séminaire; la confection de ce puits sera entièrement à la charge de la Gommiosion.
Je prends tous les engagements ci-dessus aux conditions suivantes :
La statue me sera pay^e cent-quatre-vingt-dix mille francs, tout compris : acceî-soires, grand modèle, coulage, transport, écha au la^'e, pose, peinture et, en un mot, tout compris. Ces ceni-ijuatre-vinj^t-dix mille francs me seront payés en trois payt inenls é;^aux : le premier quand le grand modèle aura été reçu et apjirouvé; k' second quand la statue et les accessoires auront éié coulés, montés dans mes atHÎit'rs, visités et rpcus par celui que Monseigneur aura (ié.-i^né pour cela; et le troisième quand la statue sera en \dace sur son piédestal, et que tout sera terminé comme il est dit ci-dessus.
En outre, je m'engage à recevoir, à Marseille, muni de l'autorisation de Mgr l'Evèque du Puy, le métal que lui doime S. M. l Empereur, à le faire charger, transporter et décharger dans mon atelier à mes frais et dépens, et de le tenir en compte sur les cent quatre vingtdix mille francs stipulés ci-dessus, à raison de quatorze Irancs les cent kilograoïmes. Seulement cet à-compte ne sera attribué qu'au deuxième paiement.
La Commission se réserve la faculté de disposer du métal donné par 8 M. l'Empereur, qui restera après la confection de la statue et de ses accessoires, ou bien de me le laisser pour compte, à son choix, au prix convenu.
En cas de contestation, je consens à être traité comme entrepreneur de travaux publics.
Nous, Mgr Auguste de Murlhon, Evèqae du Pny, Pierre Péala, Antoine Goumps, Altiert de Bave et Pierre Eynac, acceptons les susdits «engagements et conditions, et nous obligeons, au nom du Comité de souscription, à payer les cent quatre-vingt-dix mille francs, comme il est dit ci-dessus.
Fait double au Puy, le dix septembre mil huit cent cin4|ua^te-^ix.
S gné> t Aug., Evèque du Poy: A. de Brîvp,P. Péala, Coumes, £ynac, curé; et East. Prenat et G^,
Pour copie conforme :
Au Puy, le 6 août 1859.
ALIROL, chan. secrétaire, Trésorier d« l'Œuvre de la statue.
Copie du traité entre H. Bomumieiiz et 1. Eynae.
BntrelessoiissigDés, Bonnassîenx, scalpteur domicilié à Paris et lauréat du concours ouvert au Pay, pour le modèle d*une statue co'osi»a1e à éri;;er sur le rocher de Corneille d*une part, et £ynac, curé de Saint-Laurent, agissant en vertu des pleins pouvoirs à lui donnés par la Commission de ladite statue dans sa réunion du 20 août courant, d'autre part, oat été arrêtées les conditions suivantes :
1** Je, Eynac, m'engage à renvoyer, aussitôt après mon retour au Puy, à M. Bonnassieux, son esçjuisse couronnée dans le susdit concours.
2" Je lui reconnais le droit d'auteur, le droit de reproduire sa statue de quelque manière que ce soit.
3*^ Je lui laisse copie certiûée de la partie le concernant dans le traité de la Commission avec MM. Prenat et Oie de Givors relativement à ladite statue colossale. Déplus, je promets de faire tout ce qui dépendra de moi pour obtenir de M. Prenat qu'il accepte la direction de M. Bonna88ieux dans là confection du grand modèle, en recevant mi praticien qui a toute la confiance de M. Bonnassieux et qui conduira l'ouvrage selon les conseils de celui-ci.
4^ Je reconnais que la Commission, tout en se réservant de s'entendre là-dessus avec M. Prenat, se charge seule envers M.. Bonnassieux de Tindemniser de ses voyages et de ses jours de présence à Givors.
Je, Bonnassieux, m'engage a prêter, pour tout le temps nécessaire, à la susdite Commission mon esquisse, qui doit m'èire renvoyée et dont je dois accuser réception, dans le cas 011, par quelque accident que ce soit, Ihs deux modèles moyens que j". vais faire partir pour Givors viendraient à périr, et que, né voulant pas ou ne pouvant pas les reproduire moi-même, la Commission se trouverait
dans rimpostibilité de continuer fon OBUiTre. Bien entendu que les deux modèles moyens vont partir pour Giyors, sans attendre le résultatdes démarches deM. £y« nac, pour que M. Prenat consente à suivre ma direction, en acceptant le praticien que j'ai choisi pour conduire la confection du grand modèle, vu que la Commission s*est engagée par un traité avec M. Prenat et qu'elle ne peut se dé^ger qu'en mettant M. Prenat à même de remplir ses propres engagements ou d'y renoncer. Je reconnais à la Commission seule le droit de reproduire les gravures que j*ai vues et corrigées et dont elle a accompagné ses prospectus tant au Puy qu'à Paris, de plus, le droit de faire frapper des médailles où se trouvera ma statue, et promets de ne faire sur ce modèle aucune statue de fxran lt'ur héroïque ou colossale pour servir de monument analou^ue à celui du Puy.
Ainti arrêté d'un commun accord et fait double à Paris, le 98 août 1856.
Lu et approuvé ci-dessus :
Signé EYNAC, curé.
Approuvé :
Signé BONNASSIEUX.
Pour copie conforme :
ALIROL, secrétaire.
Fragment du discours de TEvêque du Puy an Congrès
académique.
« Le moyen-ftge, obéissant à son esprit de foi, avait entouré la Beine dumont Ainis d'une ceinture d'églises, de chapelles, d'oratoires, et plus particulièrement de cou-
vents et de maigons religieuses. Presque toutes les congrégations approuvées par le 6aint-Si^j;ft avaient tenu à honneur d'avoir des représentants aupiès du sanctuaire béni.
» Mais à côté des monuments si nombreux et si divers élevés à la gloire de la Patronne du Velay, il manquait une statue colossale dominant et la ville et la pieuse basilique, et indiquant de loin aux voyageurs le temple de Marie. L'aspect seul des lieux devait en faire naître d'autant plus facilement l'idée, que le rocher de Corneille dresse à quelques pas delà sa crête ardue, et qu'ainsi le piédestal amble avoir été préparé par le Créateur. Néanmoins les Biècles passés ne paraissent pas y avoir jamais songé; d'où nous pencherions à croire que ce n'est pas sans un secret dessein de la Providence que l'érontion de cette statue a été rése^rvée à notre époque. Le Ciel a voulu sans doute que le Diocèse de Marie^ comme rappellent no>i anciens livres liturgiques et comme l'appelaient plusieurs de nos illustres prédécesseurs, que le diocèse de Marie pût répondre le premier, par un monument à jamais durable, à la voix de TEi^lisa qui vient de proclamer le dogme de l'Immaculée-Gon* ception. Et voyez combien le site se prête à notre dessein : c*est ici, au centre de notre patrie, au lieu même oti, dans les premiers siècles de l'Eglise, Mifirie daigna, suivant la tradition, se montrer en personne et demander qu'on lui élev&t un sanctuaire spécialement destiné à devenir le théâtre de ses miséricordes; en fiftcedes ruines du château d'Espaly, oiï quelques nobles preux, fidèles à l'honneur national et pleins de confiance, même au milieu des revers, dans les glorieuses destinées de la France, proclamèrent la royauté de Charles YII et levèrent la bannière que l'héroïne de Yaucouleurs, suscitée par le ciel, allait bientôt promener victorieuse à travers nos provinces, à quelques pas de l'élégant obélisque de Saint-Michel et de la chapelle aérienne qui le couronne si gracieusement.
» Mais quand on choisit pour piédestal un rocher de 132 mètres de hauteur, il faut nécessairement une sta-
tue colossale ; et comment, dans un département pauvre et montagneux, suflire à une si énorme dépense ? Je le sentais vivement, Messieurs, et cette consilération m'eût arrêté dans loui auin» llio^^se que celui-ci; mais, quoiq le pasteur (ra>i?ez fraîche date, je coniiais>ais déjà le troupeau si cher à mon cœur que le ciel avait placé sous ma houlette : un Jubilé récent venait de m'apprendre ijue, malgré les ressources bornées du pays, ici on ne regar iait pas aux dépen«eà quand j1 s'agiattait d'honorer la Vierge du mont Anis. Nous allions travailler pour Marie, ei Marie, dans le Velay, c'est le cri de ralliement et d'eiithuui^iasinf», le nom qu'on bénit également sons le chaume et les lambris somptueux, le ressort puissant qjû remue toutes les Ames et fait vibrer tous les cœurs...
» Nous nous conO&mes è ces sentiments et aussi à Marie elle-même et à la Providence. Dans peu de mois 420,000 francs, dont près de la moitié avait été fournie par notre clergé et nos communautés religieuses, avaient répondu à notre confiance et à notre appel.
• Cependant une Commission avait été formée et nous y avions appelé, avec plusieurs de nos prêtres, l'élite de notre cité, des notabilités scientifiques aj panenant à la capitale de rE.n[)ire et aux dilTérentes provinces, et en particulier l'illusire savant (M. de Gaumont) que nous sommes si heureux de posséder parmi nous. Permettezmoi d'ajouter en passant qu'un des ornements de la famille régnante, 8. A. sérénissime le prince-abbé Lucien Bonaparte, a bien voulu s'associer depuis peu à cette Commission et en accepter le titre de membre honoraire. Bientôt, ajjrès un brillant concours, seul mode possible en présence de l'immense responsabilité qui allait peser sur la Commission et sur nous, on arrêta définitivement le projet.
» Ce projet, communiqué d'abord au Chef de TEgUse qui le bénit et Tencouragea par un bref solennel, et porté ensuite au pied du trône, y a été accueilli avec une faveur marquée ; et une autorité que certes, nul parmi nous ne sera tenté de décliner quand il s'agit de décider ce qui est grand et noble, notre auguste Empereur Ta jugé digne de la France.
» Une approbation aussi flatteuse, tombée de si haut, levait toutes les ditTicultés et assurait le triomphe de notre cause. Dé-ormais la statue ainsi préconisée ne pouvait pas ne pas s'élever. Elle s'élèvera, Messieurs, })Our honorer Marie, pour honorer la France, pour honorer l'Einpire.
• Mais quel moyen adopter pour venir en aide à l'impuissance de notre département, et couvrir le chiil're élevé des dépenses futures? Deux se présentaient : une loterie sur une large échelle, — voie presque usée et qui, éveillant la cupidité et l'avarice, s'adaptait mal à un sujet religieux ; aussi ne Teussions-nous employée qu'à regret, et — une souscription nationale qui faisait appel à la bonne volonté publique , associait tous les départements à notre projet et donnait à l'univers chrétien un nouvel et incontestable gage des sentiments de notre . patrie pour la Reine du ciel.
» Gomme vous preniez le chemin du Puy, nous al* lions en toute hâte arrêter le choix, et solliciter de TEmpereur une audience qui nous fut aussitôt accordée. Accueillis, cette fois encore, avec une bienveillance que nous avions déjà éprouvée et dont nous serons à jamais reconnaissants, et avec ce noble abandon qui est le cachet de l'esprit supérieur dans le rang suprême, notre pensée fut vite comprise. 6a Majesté prit une plume et inscrivit, de ba main, son nom et le nom de l'Impératrice à la tête de là liste de souscription, en mous foisant espérer en même temps le don d'un fer qui, changeant de destination, transformerait des instruments de destraction et de mort en un monunipnt de salut, de bénédiction et de paix, et ferait servir les dépouilles du schisme et de la barbarie à un g urieu v trophée à la fois religieux, national et civili:5ateur.
» Ce IVr, il iailait, il est vrai, le conquérir auparavant sur l'eniieiui; mais que nous iinponait, puisque nous avions pour garants de sa prochaine possession Marie, l'hotmeur de la France et la bravoure de nos soldats. C'était le mercredi 5 septembre que Napoléon ouvrait la souscription nationale, et le 8, fête de la Nativité de la
Vierge, 8éba8topol, malgré ses formidableg moyens de I défense qui devaient, ce semble, prolonger la lutte bien longtemps encore, Sébastopol tombait sons nos armes ■ yictorieuses et laissait dans nos miins une immense quantité de fer et de canons. . . »
L'Evéqae du Pay terminait en ces termes : c Rois de la science, joignez-Toas an maître de l'Empire ; prenez, TOUS aussi, sous votre protection le projet de notre statue colossale. Croisés des arts, publiez-le dans vos départements, et soutenez-le de votre parole et de votre influence. Faites que votre passa<»e à travers le Velay soit marqué par une inscription digne de vous et d'une assemblée savante, par un monument qui, si nus pensées se réalisent, compiora parmi les plus grands et les plus beaux de notre jjatrie ; et notre reconnaissance associera, dans nos prières, votre nom au nom de l'Empereur, dont le noble front vient de recevoir, aux ap- ■ plaudissements du monde civilisé, le sacre de la vie- j toire. »
Extrait du Mandement de Son Eminence le Cardinal-
Archevêque de Bordeaux, daté du 25 janvier 1856. .|
Nous croyons devoir recommander à la générosité ' et à la piété du clergé et des fidèles de notre diocèse, le projet d'érection d'une statue colossale de la Sainte Vierge, sur le rocher de Corneille, au Puy-en- Velay, sous le nom de Notre-Dame de France. La souscription est de cinq centimes par personne, une fois payés. On ne prétend pas cependant lin^ter la générosité des âmes pieuses.
Une messe sera célébrée à perpétuité, le premier samedi de chaque mois, pour les souscripteurs; et le nom des diocèses sera inscrit sur le piédestal de cette statue ,
pour dire aux Ages fdtors leur dévoaement à Notre- Dame de France.
Il n'est pas un de nos diocésains qui ne veaille à ce prix graver sur ce bronze sacré le témoignage de ses sentiments pour la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, en rhonneur de laquelle ce monument sera érigé.
Notre Saint-Père le Pape et le Gouvernement français ont encourai<é par les dons les plus généreux Texécution de cette Œuvre éminemment pieuse.
Dispositions adoptées par Son Eminence, relativemmt
à VŒuvre susdite.
Une quête sera faite dans toutes les églises et chapelles de Bordeaux et des villes ci-dessous nommées (voir p. 100), le saint jour de Pà(^ues. Elle sera annoncée le dimanche précédent.
Le produit do ces diverses (juètes sera envoyé à quelques-uns des collecteurs dont les noms suivent. . . Ceux-ci pourront faire parvenir leur argent à Mgr l Evéque du Puy, par l'intermédiaire da R. P. Nampon, missionnaire du diocèse du Puy, résidant actuellement rue Margaux, 14.
Les souscripteurs sont engagés à faire de temps en temps cette prière : Notre-Damê de France^ priez pour nous!
Circulaire de Son Emînence Honseigneiir le Gardinal- Arohevêqne de Beaangon.
Besançon, l« 96 aTril 1868.
Monsieur bt TRàs-CHXR Curé,
Il se fait maintenant une bien belle Œuvre à la gloire de Marie au Pay-en-Velay, ville toujours très-dévouée
an culte de la Sainte Vierge. On doit y ériger sa statue tenant l'Eafant-Jésus dans ses bras. Cette statue colossale, et l'une des plus graniies cenainemt^ni que l'on connaisse, sera coulée avec les canons pris à St''basLO[)ol, que l'Etnporpur a lu'rn voulu donneur. Mais il y a l»ien des frais pour la jto>e et rarrangenienl cou ven.nlile de la statue, ei 1 Evoque du l'uy m'a [trié «le taire à cet é::ard un appel à la générosité de mes diocésains. Coiimie je suis sur qu'on les trouve toujours prêts à agir pour Tlionneur de Marie, je vous demande, en leur lisant cette lettre, de les inviter de ma pari à concourir à l'éreciioii de ce monument. Chacun voudra que son nom adle grossir celui de tous les pieux fidèles de la France (jui s'empressent de contribuer à ce religieux monument de la dévotion de la France envers l'auguste Reine des Cieux et la nôtre. Je vous serai obligé de me faire tenir le montant de la quête et des dons de votre paroisse, que je transmettrai à Mgr l'Evêque du Pay avec les noms des fidèles qui auront donné.
Recev^y etc.
VU
Extrait d'une circulaire de TEvêque de Rodez à MM« les Garés, en date du 30 janvier 1856.
Je veux signaler à votre attention et vous recommander un projet pieux dont les développements ont atteint Timportance d'une entreprise catholique et nationale. Je veux parler de l'érection d'une statue delà Sainte Vierge, sous le nom de Notre-Dame de France^ au sommet du rocher pyramidal qui domine la ville du Puy-en-Velay. Conçu par un vénérable Prélat auquel le diocèse de Rodez se glorifie d'avoir donné naissance, ce projet a été accueiUi avec un empressement tout-à-ûUt providentiel.
Nous vous envoyons ci-joint le programme général des deux CEiivres qui nous a été adressé par Mgr l'Evêque du Puy, en vous recommandant de le faire connaître à vos paroissiens et de recueillir le plus tôt possible leurs offrandes qui seront adressées au secrétariat de notre Evêché... Vous y mettrez d'autant plus d'empressement que l'idée première de celte lielle et sainte entrpprise peut être revendiquée [)ar le diocèse qui a donné à rE<i!:li&e du Puy son premier Pasteur. Du sommet de la tour de la cathédrale de Piodt^z, où sa statue plane dans les airs, la Vierge Inamaculée &emi)le couvrir d'une protection maternelle - le projet monumental de iVo^re-X^ame de France et sourire 4UX efforts que nous ferons pour seconder Tun de ses illustres entants.
vm
Extrait de la Lettre pastorale de Mgr l'Evêque de Mende, eu date du 14 mars 1856.
î^ous ne doutons pas que nos chers coopérateuri n^ se soient empressés de faire connaître à leurs paroisses respectives le grand et pieux projet d'élever dans la ville du Puy, au nom de la France, un monument à la Vierge Immaculée, à l'occasion de la délinition de ce dogme consolateur. Il n'est pas un cœur chrétien qui n'ait applaudi avec bonheur à cette religieuse ppnsée, et il n'en est pas un, non plus, qui ne soit heureux d'offrir son obole pour la statue monumentale, élevée, pour ainsi dire, par les mains de tout un peuple, d'une grande nation, à Celle qu'elle proclame amsi sa Reine, parce qu'elle a eu toujours en Elle une protectrice et une mère.
On voudra bien diUérer le moins possible d'envoyer, ainsi que nous l'avons recommandé au eommêneemerU du Carémê, les ofiCraades des ûdèles.
t JEÂM-A.-MARIE, Ev. de Mende.
Extrait du Mandement de M^r rËvêque de Lui^on, pour le Carême de Tannée 1858.
En ce moment même, toute la nation s'assoc
avec reconnaissance et enihoasiasme à Térection d'ui statae colossale et magnifique en l'honneur de Celle qi tous regardent comme la cause , après Dieu , de ne merveilleux succès en Orient. Un autre monument no moins agréable au cœur tendre de Marie se prépare e s'élève en regard de Notre-Dame de France y nous vou Ions dire rhistoire des rapports t^éculaires, intimes et pu blics, de grâces, de gratitude, d'hommages et d*araour qu n'ont cessé d'exister entre cette puis«sante Patronne el notre nation, qui s'est toujours fait gloire de lui être spécialement coiKsacrée.
Il nous est doux, bien-aimés Diocésains, de vous annoncer que notre excellent et reli-^ieux Diocèse ne sera pas un de ceux qui fourniront le moins de matériaux intéressants à ce monument historique et littéraire, plus durable que le marbre et l'airain, }»arce tju'il «er.i impérissable comme le nom béni de ceux <|ui en ont formé lo pieux projet et qui bientôt y auront mis le coarounement
Oiroolaire de Honseignenr l'Evêque d'Ajaœio, datée dn 16 aoflt 1856.
A l'occasion de la proclamation du doo^me delà Gonception-Iiiimaculée de la Mère de Dieu, proclamation qui a comblé de joie le monde catholique, et en particulier ^ la France, spécialement dévouée au culte de Marie, on i
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a conçu la pensée de consacrer la mémoire d'un si glorieux événement : premièrement, en érigeant à l'auguste Patronne de la nation très-chrétienne, sur l'un des points les plus culminants et les plus remarquables du territoire français, une statue monumentale, sous le titre de i\roir«- Dame de France ; secondement, en recueillant dans un livre les traits les plus saillants de l'histoire de son culte dans cette noble portion de la tshrétientô.
Pour l'exîkiution de ce double projet, une Gonmiission s'est établie, sous la présidence de liigr l'Evêque du Puy, dans le diocèse duquel la statue doit être élevée; il s*en est formé une autre à Paris , sous la présidence de Mgr le prince-abbé Lucien Bonaparte, à laqudie s'est adjoiat un Comité historique.
Il s'agit d'associer à cette Œuvre, éminemment religieuse et nationale, toutes les âmes catholiques de France, par une légère ollrande et une courte prière.
Un appel a été fait, dans ce but, à tous les Evôques de l'Empire, et, par eux, à tous leurs diocésains : les uns et les autres y ont répondu par une prompte et unanime adhésion.
Qjoique notre île n'appartienne à la France que depuis 88 ans, et que noire histoire ne se lie que pendant cette courte période à celle de la grande nation qui nous a adoptés, nous ne saurions refuser notre humble part de coopération à l'accomplissement d'une GËuyre si digne de nos sympathies, à laquelle nous convient les plus nobles exemples, non moins que les motifs les plus déterminants.
La Corse youée, elle aussi, de tout temps, à la Vierge Immaculée, dont le Mystère, naguère promulgué par les oracles du Vatican, a été salué au milieu de nous par des acclamations unanimes et des transports de la plus yiye allégresse ; la Corse que n'atteignit jamais le souffle impur de l'hérésie, et qui porta toujours sans tache le drapeau antique de la foi, mérite bien d'occuper une pai^e dans l'histoire religieuse de la nation très-chrétienne. Elle est digne de concourir, avec la mère-patrie, à l'éditication d'une Œuvre destinée à transmettre à nos arrière-neyeux
la pi^té de leurs pères, et à orner d'une gloire de plus le culte immortel de noire divine Mpre.
C'eèt pourquoi nous nous faisons un devoir de nous rendre, auprès de nos ouailles, par l'entremise de nos coopératpurs, l'interprète vœu qui nous a été communiqué, en vous priant, Monsieur le Curé, de voulôir bien solliciter et recuediir les souscriptions de vo« paroissiens et de nous les transmoitre, avec la vôtre, par un bon sur la poste, payable à Tordre du secrétaire de notre Evéché.
Nous vous invitons également à nous envoyer le plus tôt possible les documents que vous pourriez posséder ou vous procurer, concernant le culte de la Trè^-Sainte Vierge danslediocèse et dans votre paroisse en particulier.
Àfin de vous mieux fixer sur la matière qui (kit l'objet de cette circulaire, nous y joignons plus bas un extrait des programmes qui nous ont été alressés...
t X. T. RAPHAËL, Ev. d'Ajaccio.
Circulaire de Madame la Supérieure générale des Sœurs
de Saint-Joseph du Puy.
Le Puy, le lô fëtrier 1856.
Ma bien chèrb Mère,-
Je viens vous proposer une Œuvre qui ne manquera pas de. sourire à voire piéto et à votre zèle. Il s'aiîit, pour votre maison, comme pour toutes les maisons de notre Congréixation, de recueillir encore quelques secours pour rérection de la statue monumentale de la Très-Sainte Vierge .
Vous savez qu'à l'époque des premières souscriptions, nous avons eu le regret de ne pouvoir présenter coUcGii'
' vementrïùB différentes ofiûrandes; c'était pourtant un bon
exemple à ilom.cr. Or, nous pouvons encore suppléer à ce manque d'entente, en faisant un appel à la générosité (les entants (jui fréquentent nos classes, et on })résentant comme un seul don les mille petits dons de nus chères entantH.
Les Fr^^es des Ecoles chrétiennes viennent d'adopter une semblable niobuie, et la collede qui s'est etleciuée dans leurs ditlVrents établissements ne s'élève pas à moins de 15,000 francs. Les Fières du Sacré Coeur, les Sœurs de l'Instruction, les Re i^ieuses de la Visitation, etc., etc., s'occupent également de mettre en pratique ce moyen bien simpip. mais très-édiiiant.
Pour nous, ma chère Mère, et vous le sentez mieux que je ne pourrais vous le dire, il nous est permis, encore moins qa*à personne, de rester en arrière dans une QBdvre qui semble avoir les droits les plus légitimes à notre concours.
Gomment, en effet, ne nous montrerions-nous pas les plus empressées à coopérer à la gloire de Marie, nous qui, par saint Joseph, notre au^ste Père et Patron, ap parte- ' nons de si près à cette divine Mère \ Gomment ne travaillerions^ous pas de toutes nos forces et toutes à la fois à gloritier NOTRE-DAME du Puy, puis jue c'est au pied de son sanctuaire si vénéré et à deux pas du monument en projet, (jue la Providence plaça le berceau de notre ori^'iiie ! Oii ! non, il ne sera ]ias (lit (jue nos devoirs nous SOI ' moins chers que nos litres et nos privilégies.
Vous vou Irez donc bien, ma cbère Mè/e, tout en usant de la plus f^rande réserve, surtout à l'égard des enfants pauvres, ména-rer. par votre sage et pieuse in lustrie, le meilleur résultat possible. Nos enfants, d'ailleurs, aiment trop Marie pour n'être i as heureuses de lui oUrir une pait de ce qui leur est donné pour leurs menus plaisirs.
Je vous prie de nous envoyer bientôt le produit de votre coUeele,...
Veuillez agréer, etc.
b"^ Maiue-Léocadie broc, Safiérieore générale.
Extrait d'une circulaire de H. Bontan, président de$ Conférences de St-Vincent-de-Paol de Toulouse.
: C'est dans cette pensée que le Conseil de la Société a cra bon et convenable d'accueillir la proposition qui vous est faite île participer de vos dons à 1 CEavre de Notre-Dame de France.
Cette Œuvre, qu'un saint Evêque a fondée, que plusieurs Prélats favorisent, que le Souverain Puntifn encourai^o, consiste à élever à Marie, sur notre terre de France, avec la coopération de tous les Français, un double et grand monument historique et anisiique. La gravure que je vous fais remettre avec cette lettre est la représeniation de la statue projetée et du site merveilleusement beau, depuis longtemps préparé par l'auteur de la nature, d'où rimage bénie et glorieuse de Marie doit dominer notre pays. Les plus savants et les plus pieux hommes de lettres travaillent à l'histoire des sanctuaires que tous les âges ont élevés, dans notre patrie, à la Mère de Dieu. La matière de la statue est fo«irnie par les canons de Sébastopol. L'Empereur a souscrit, en outre, pour 10,000 francs. De leur côté, les enfants des Ecoles chrétiennes, au nombre de trois cent mille, ont donné un sou chacun, et réalisé une somme de 15,000 francs, qoi doit servir à édifier le piédestal. Ainsi, de la base an sommet, du degré le plus haut comme du degré le plus humble de Téchelle sociale, Tezemple nous est donné.
Nous TOUS proposons de le suivre, nos chers confrères, et nous vous ofifrons Tpccasion de témoigner une fois de plus de votre amour pour la Sainte Vierge, en prenant une digne part à cette OEavre relis^ieuse et nationale, pour laquelle une quête spéciale aura lieu, dans chaque conférence , à partir du hindi février. MM. les Prési* d«its sont priés d'organiser cette quête, qu*ils renou-
-velleront, s'ils le jugent opportun, pour la rendre accessible à tous sans exception.
Les fonds seront transmis au Pay, ou par les soins du secrétariat de TArchevèché de Toulouse, ou par ceux du
R. P. Nampon, jésuite, qui, avec un zèle admirable, s*est
Touc à l apubiolat de ce projet, et Ta prêché déjà dans près de trento caLhé.lrales, ainsi que dans beaucoup d'autres églises ou assemblées particulières.
Espérons que la Reine du Ciel protégera nos intentions, et nous rendra en grûces de salut ce que nous lui oiirons de tendres et respectueux hommages.
FiRMiN BOUT AN.
Circulaire de Madame la Supérieure générale des Religieuses Ursulines, dites de Chavaones, aux Supérieures des cinquante établissements qae cette Congrégation compte en France.
Il y a d^jà plusieurs mois que tous avez dû entendre parler d'un nouveau témoignage d*amour que la France veut donner à la Très-Sainie Vierge, en lui taisant élever, au Puy, une magnifique statue sous le titre de Notre'
Dame de France, Tous les Français sont invités à y
concourir.
Assurément, mes bonnes Mères, nous no resterons point en arrière quand il s'agit de donner à Marie, notre digne Mère, quelque preuve de notre tendre amour. Je vous en*<age dune à faire faire une collecte parmi vos enfants. Que toutes, sans exception, y roniril)uent. Les cin(| ceniime^ du pauvre seront aussi ai:çn\al)les à la Reine du Ciel (jue l'or du riche. Ce sont les seniiments du cœur qui donneront le prix à notre faible oll'rande. Marie verra bien nos déûrs ardents de faire tout ce qui dépend de
noos pour procarer sa gloire, et eUe se contenteia de ce que nous pourrons finire. Da haut du Ciel, cette Mère bien-aimée répandra sur nous ses bénédictions abondantes. Oh ! ne négligeons aucun des moyens que la piété nous suggère pour les attirer sur notre chère Congrégation et sur les âmes dont le salut nous est confié !
6i chacune de nos maisons nous envoyait ce qu'elle pourra offrir pour les Religieuses et ce qu'elle aura reçu des enfants, nous aurions une comme plus convenable à adresser à Mgr TEvèque du Puy , au nom de notre Société. 8i donc, mes bonnes Mères, vous n'avez pas devancé le vœu que je vous exprime et envoyé déjà votre don, je vous prie de iiuus le faire parvenir au plus tôt, afin que nous ne soyons pas des dernières à répondre à l'appel qui nous est fait et qui trouve tant d'écho dans tous les cœurs chrétiens.
Ghavagnes, 19 février 1858.
S' Marib St-HILARION, Sapérienro générale.