I. — Les slxcesselhs des ermites: Prieurs libres
IViIEURS BÉNËDICTLXS; pRIEURS SÉCULIERS;
Les successeurs des prieurs
Lorsque saint Martin eut introduit la \ie cénobitiqne en Occident, des ermitages, des prieurés, des abbayes s’élevèrent dans tonie la Gaule, précédés par la célèbre maison de Ligngé (dDO). An V® siècle deux cents fondations pieuses s’élevèrent dans le territoire correspondant à la France actuelle.
C’est dans ces époques reculées que quelques personnes pieuses désirant se livrer ensemble à la prière construisirent l’ermitage du Désert « dans un lien d’horreur et de solitude ». Plusieurs écrits du xf siècle contiennent ces mots ; (( il existe dans la forêt de Breteuil un ermitage très aiiclen ».
Les noms des premiers ermites attirés par la sauvage grandeur du site ne sont pas parvenus jusqu’à nous : nous avons vu déjà qu’une tradition, bien voisine de la certitude historique, admet qu’un des premiers ermites du Désert, sinon le premier, fut xl/é/umz/ux, ami et conseiller du roi Clovis.
Bien plus près de nous, Guillaume d’Evreux. fils de Gilliert d’Evreux, trésorier des finances du roi d’Angleterre
LES PRIEURS DU DESERT
Henri 1, était ermite au Désert quand on vint le chercher pour lui conher la charge de premier prieur claustral de Tahhaye de Sainte-Barbe en Auge. Ceci se passait à l’époque où Vital le dernier des ermites venait de laisser sa charge au bon serviteur de Dieu Hugues du Désert que nous avons déjà appris à connaître et à vénérer'.
Lorsque nous avons entrepris de donner une liste des prieurs de Aotre-Dame du Désert nous étions bien loin de prévoir les difficultés que nous allions rencontrer. Nous n’avons pas tardé à reconnaître que ceux-là seuls pourraient mener à bien un tel projet qui joindraient à une grande habitude des recherches historiques une connaissance approfondie des usages et des règlements de la vie monacale à toutes les époques.
' « J’ay longtemps créa que le bon Hugues serviteur de Dieu dont il est parlé dans les chartes du prieuré avoit donné commencement à nostre vénérable Désert d’eÜ'ect et de nom ; mais ayant veu un manuscrit de la vie admirable du bon Guillaume d’Évreux, premier prieur claustral de l'abbaye de Sainte-Barbe en Auge, et qui avoit été tiré du Désert pour cette charge, j’ay changé de sentiment ayant reconnu qu'un nommé Vital, vénérable ermite, l’avoit précédé dans ce lieu : car rautheur de ce manuscrit après avoir dit que ledit Guillaume avait pris naissance à Rouen d’un nommé Gilbert d’Evreux thrésaurier des finances de Henri 1®’’, roy d’Angleterre, duc de Normandie, qu'ayant succédé à son père en ladite charge il avoit obtenu un canonicat de l’église cathédrale de Rouen d’une manière assez inique, qu’enfm touché par une grâce particulière de Dieu s’estant réveillé du profond assoupissement dans lequel l’avoit jeté sa mauvaise conduite il s’estoit résolu de tromper le monde après avoir esté trompé en se retirant en quelque solitude, dit ce qui suit au chapitre ni. — H y avoit dans une forest près du chasteau de Bretheuil un ermitage habité par quelques personnes religieuses sous la conduite d'un supérieur nommé Hugues du Désert, homme de grande réputation parmi les gens de bien et qui avoit été disciple d'un vénérable ermite nommé Vital, dont la mémoire était alors en bénédiction : fodeur de sainteté du lieu et de ceux qui l’habitoient estant parvenu jusqu'à notre nouveau converty, ce fut là qu’il résolut de faire sa retraite. Voilà pourquoi estant seulement accompagné d’un de ses élèves ([ui lui servoit d'auniosnier, nommé Hubert, personnage vénérable et de mérite, sans lui rien dire de son dessein, il se rendit au plus tôt dans ce lieu d’horreur et de vaste solitude.
« Dans la suite, sur le désir du Roy, de i’évèque de Lisieux, des chanoines de Sainte-Barbe en Auge, Guillaume dut quitter le désert et, obéissant surtout à la volonté de Dieu, il s’achemina vers l’abbaye dudit lieu avec deux autres ermites du Désert qui estoient natifs de Rouen, Ernault et Hébert.
« Ils furent reçus par Jean, évêque de Lisieux, revêtu de l'habit de l'ordre et le dict Guillaume, estably prieur, ayant refusé dans sa très grande humilité la qualité d’abbé que le fondateur désiroit qu’il prist. » « In ; Mémoires instructifs du noble lief du prieuré de Notre-Dame du Désert, par A. -J. Avenelle. Archives de l'Eure, G. ISJ. o
Nous avons mis à contribution la liste absolument incomplète et très défectueuse d’Avenelle , le Poiiillé du Désert entre les années 1571) et 1670 et rinventaire des Chartres titres et autres actes de l’abbaye de Lyre. Il nous est arrivé de rencontrer assez fréquemment des noms de prieurs que Fou ne retrouvait plus par la suite et d’autres qui paraissaient corresjiondre à des personnages considérés ultérieurement comme n’ayant jamais existé. Cette façon énergique et assez romaine d’admettre la non-existence d’un « imposteur soi-disant prieur » n’aurait pas au poiul de vue qui nous intéresse un très grand inconvénient si la postérité s’était trouvée avoir toujours des avis identiques ; le contraire est la règle et nous pourrions citer tel prieur non existant, figurant à nouveau sur les listes, |)uis redevenu non existant. Ouand un homme est par trop discuté n’est-il pas prudent de lui éviter des décisions tranchantes? Entin ])endant certaines périodes il semble qu’il y a eu au Désert deux, trois, quatre cinq prieurs en même temps. Avenelle nous semble expliquer très judicieusement ce fait bizarre : « Je croy, dit-il, ces choses estre arrivées par la faute des procureurs et autres officiers de justice qui d’ordinaire sont assez libéraux de donner des qualités honorables à qui ne les a point. )>
En tête de notre liste nous placerons les noms de saint Mélaine, Guillaume d’Evreux, Ernault et llebert, puis l’ermite Vital. Au nombre des disciples de Vital figurait Hugues du Désert.
Le frère Henry, dit Avenelle, succéda à Hugues en L214. Or, Hugues, qualifié de vénérable en 11^5 lors de la dédicace du prieuré, avait au moins trente ans ; par suite, avant de laisser sa succession au frère Henry en 1214, il aurait encore administré le prieuré pendant quatre-vingt-neuf ans et il serait mort à l’âge de cent-dix-neuf ans au minimum!
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Cela esl possible niais nullement certain. Avenelle sans meme le remarquer donne à [lugues une longévité quelque peu suspecte. Nous pensons qu’il y a eu, entre Hugues et Henry, un ou plusieurs prieurs dont le nom est resté inconnu, ou encore, que la supérieure générale de Fontevrault exerça pendant cette période sur le Désert comme sur la Chaise-Dieu son autorité souveraine soit directement, soit par rintermédiaire des personnages qui ne prenaient pas le qualitîcatif de prieurs C
Nous savons qu’après deux tentatives d’union avec Fontevrault, tentatives suivies de courts succès, Lvre attira le Désert dans son orbite tout en lui laissant le choix de ses prieurs jusque vers rannée IdiO. En 1308 le frère Jean , ermite du Désert, était prieur. Il fut remplacé par Ernault. Nous lisons dans les notes posthumes de M. Henri Quevilly, notes provenant du manuscrit attribué à M'"*" du Bois de la Pierre, et conservé au chartrier de Chamhray-sur-lton : « Emilie de Bémécourt ht un don à la Chaise-Dieu en présence de Ernault prieur du Désert, 1330-1340 »
Après Ernault les abbés de Lyre usant de leur droit désignèrent eux-mêmes les prieurs. Les sept bénédictins dont les noms suivent inaugurent cette nouvelle période :
Doni Bobert du Bosc, 1371 ;
Doin Bobert de Mousseaux, 1395 ;
• « En 1214, sous le prieur Henry, donation l'ut laite à l’église du Désert de la cinquième partie du grand pré joignant l’écluse du moulin de ladite église. Ladite donation fut faite en présence de Girard d’Auvergny, seigneur du tief où était ledit pré, i[ui reçut soixante sous en agréant icelle en présence de la paroisse d’Ambenay. Cette donation fut faite par Dupont Jean et sa femme Gode qui reçurent sept francs pour s’acquitter des grandes dettes rpCils avoient contractées envers les Juifs. » Déjà! Voy. Inventaire de Lyre. Archives de l'Eure, H. .390.
- Le frère Jean se nommait en réalité Jean Mabille. .Mathieu . évêque d’Evreux. donne en emphytéose perpétuelle à Jean Mabille, prieur du Déserl, sous réserve du consentement de Lyre, une maison située à Condé au lieu dit les brosses la
Doni Jean de Bourguignon, 1405; Dom Michel Josse, 1444 ;
Dom Michel Bouchard, 1448 ; Dom François Gastine, 1452 ; Dom Jean de Cléry, 1 475.
Ce dernier avait été donné comme coadjuteur à dom GcoIlVoy Gastine âgé de quatre-vingts ans et incapable de continuer ses fonctions ; ceci, avec le consentement de Louis d’Harcourt, patriarche de Jérusalem, évêque de Bayeux et abbé commendataire de Lyre.
Vers Fan 1522 le prieuré du Désert tomba en main séculaire, mais « comment et de quelle manière, je le laisse à « penser à qui voudra examiner les choses de plus près*
Ce fut Etienne Batry, prêtre chanoine d’Evreux, qui reçut le prieuré en 1522 : son successeur fut Jean de Maynemare. Entre ces deux prieurs le Fouillé place Pierre Alespée, prêtre absent, membre de l’abbaye de Lyre, qui avait succédé à E. Patry en 1555.
Après de Maynemare nous trouvons Jean de l’Estandart, 1549, et Eustacbe Magdeleine, 15(34, qui, en réalité, succédait il Louis Bamonet et à Gaspard Moncel, lesquels, par suite d’irrégularité, d’incapacité, d’inhabilité et de simonie sont considérés comme imposteurs et usurpateurs ; le siège occupé par eux devant être considéré comme resté vacant. Par résignation d’Eustacbe Magdeleine du 15 septembre 15(38, le prieuré passe à Etienne Dagomert. Puis furent successivement prieurs, Gaspard Morisset, Jean Maslin 1575, Thomas delà Plesse 157(3^ Hernie de Bréaulté 157G, dom Matburin Duprey 1579.
Konce avec un jardin et nn bois joignant icelle... le tont pour huit sous de rente, Voy. Inventaire de Lyre. Archives de l'Eure, H. 590.
J.-A. A vend le.
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Dom Robert de Mallevoiie, religieux de Conciles, succéda au prieur lier me de Bréaulté ; le prieuré étant resta vacant par rindue possession de dom Matliurin Duprey « soy disant Moyne », 1580.
Messire Claude de Saintes, évêque d’Evreux, conféra le prieuré du Désert à Etienne le Velu , clerc chanoine d’Evreux, le 13 janvier 1581 .
Puis vint Jean Duprey le Jeune, Adrien Maillard 1587 et Antoine Morisset d’Angers, 1588.
Le successeur de Morisset fut vénérable et discrète personne, Jean Guesbert prêtre, docteur endroit, doyen et chanoine de la cathédrale d’Evreux, qui laissa sa charge à Pierre Mesnil, 1604.
Puis vinrent Jean Duprey, 1610 ;
Erançois de Moreau 16:28 ;
Georges d’Acon 1651 ;
Uoliert Campaii 1651.
En 1655-1660 le prieuré du Désert appartenait à Messire Jacques Le Doulx de Melleville lequel avait donné en échange son prieuré de Friardel près d’Orbec.
Il est très intéressant de remarquer ici que la famille du prieur Le Doulx de Melleville, 1655, est alliée à la famille Le Vacher d’Urclé qui possède actuellement le prieuré de Notre-Dame du Désert ! Claude Le Doulx de Melleville épousa demoiselle Anne -Julie- Augustine Le Vacher de Perla, fille de Messire Jean-Louis Le Vacher de Perla, écuver, conseiller secrétaire du roy, maison de France, seigneur patron de (^ontrehois, seigneur de Randonnay, de Belle Perclie, du Chesnay et autres lieux, et de Françoise Collomhel.
Le contrat de mariage a été passé à Breteuil le 8 pluviôse an \ 111.
A ce contrat assistaient Nicolas-Louis-Benjamin Le Vacher de la Véronnerie, Ih'osper-Isidore Le Vacher d’Urclé,
Kélix-Omer-Gratien Le Vacher du Soiizel, frères de la future.
Lemême Jean-Louis Le Vacher de Perla, lors de la réunion des trois ordres en 1789, comparut dans l’ordre de la noblesse pour le bailliage de Yerneuil. Les armes des Le Vacher sont de siwtple à loie lêle de vache d'or.
En 10r>8, le prieur Le Doulx de Melleville résigna le prieuré
Le prieur Le Doulx de Melleville.
en faveur du Révérend Père Eudes, premier supérieur et instituteur du séminaire d’Évreux. Nous devons nous arrêter un instant sur ce grand nom.
A cinq cents mètres de la vieille église de Ri, dans le canton de Ihitanges et non loin d’Argentan, on peut visiter de nos jours une antique et modeste maison qui, vers la fin du xvP siècle, abritait un médecin de campagne, marié depuis quelques années. Le médecin se nommait Isaac Eudes ; sa femme était née Marthe Corbin.
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Pour appeler la bénédiction de Dieu sur leur union, les époux Eudes décidèrent de se rendre en pèlerinage au Sanctuaire de Notre-Dame de llecouvrance dans le village des Tourailles. Ils parcoururent à pied les chemins qui reliaient leur village à l’autre extrémité du canton, par llabloville S (Ibampcerie, Bazoches, Uabodanges, la Forêt-Auvray et Sainte-Honorine-la-Guillaume et, arrivés au célèbre sanctuaire ils prièrent Notre-Dame avec toute la ferveur de leur àme.
Le ciel exauça largement leur désir, car nos jeunes époux eurent successivement trois fils sans préjudice de quatre filles. L’aîné des garçons reçut le nom de Jean, le second se nomma François ; le plus jeune, Charles.
Pour arriver à nourrir toute cette famille il fallut se priver et se fatiguer davantage, peut-être meme, aliéner une partie des quelques arpents de terre que le père Isaac possédait au Mézeray et au Val d' Douai.
Jean manisfesta dès l’enfance les sentiments de la piété la plus vive.
François, protégé par Vauquelin des Yveteaux vint à Paris, discuta beaucoup, travailla plus encore et finit par être protégé par Biclielieu. L’Académie l’admit dans son sein. Il remplaça Voiture et fut secrétaire de l’auguste assemblée. H est juste d’ajouter que ses boutades endiablées et son indépendance d’esprit lui firent quelques ennemis, à son très grand étonnement, car il lançait le trait pour le trait et nullement pour la blessure. L’histoire de France qu’il écrivit immortalisa son nom.
l n jour un ami vint dire à François que Jean blâmait une partie de ses écrits : a Mon frère, risposta François, dit la
' ili, Ronai. Habloville sont trois villages de l’Orne qui fournissent aux provinces du nord et de l’est de remarquables taupiers voyageurs.
messe le malin mais le reste du jour il ne sait pas ce qu’il dit, » et de rire aussitôt de sa plaisanterie dont il accentuait le caractère inoffensif.
Jean, le père Eudes, avait tout autant d’esprit que François dit le Mézeray, plus d’instruction première et beaucouj) plus de piété.
Le jeune Charles, qui avait pris le nom d’IIouai, embrassa simplement la carrière jiaternelle et exerça la médecine à Ri, puis à Argentan. En IbdS comme la peste désolait celle ville, il eut une conduite parfaite car nous lisons dans un chroniqueur du temps : Dans le faubourg Saint-Thomas tout le monde mourut ou abandonna. Dans la grand’rue, Llierbe y était à couvrir les pavés, n’y voyant allants ni venants, que le chirurgien de la santé, (diarles Eudes d’I louai, frère du Mézerai et du père Eudes. »
t^e Charles avait du caractère. Le comte de Cranccy, maréchal de France, gouverucur d’Argentau, faisait démolii* les murailles de la ville, les habitants murmuraient mais laissaient faire. Lorsque les ouvriers arrivèrent aux abords de l’antique horloge, ils reçurent l’ordre de la démolir. Le maréchal était là et il entendit une voix s’écrier : a Aon, cela ne se fera pas ! » « Oui es-tu donc, insolent, pour t’opposer à mes ordres, dit M. de Crancey, au comble de la fureur? »
« Nous sommes trois frères, adorateurs de la vérité, reprit sans s’émouvoir le médecin, l’aîné la prêche, le second l’écrit, et moi je la défendrai jusqu’à mon dernier soupir. » Pour cette fois la tour fut sauvée.
Revenons à Jean Eudes, prieur du Désert, Après de très brillantes études à Caen et à Paris, il entra dans l’ordre des Oratoriens que M. de Bérulle avait fondé en IGM. Mais dès qu’il s’aperçut que l’esprit janséniste envahissait l’oratoire, il quitta cet ordre et fonda la congrégation de Jésus et de
LES PRIEURS DU DESERT
Marie qui fut bientôt connue sous le nom de congrégration des Eudistes.
(( Les disciples du maître, dit llohrbacher, gardèrent tidèlement l’esprit qui l’avait animé tandis que l’oratoire alla de mal en pis. Lors de la terrible épreuve de la révolution, les oratoriens fournirent un des plus célèbres meurtriers
Le vénérable Jean Eudes.
de Louis XVI, Eouclié, et quelques théologiens qui aidèrent les ennemis de l’I^giisc à lui faire la guerre L »
Lors de la grande peste, pendant que Charles d’ilouai accomplissait rigoureusement son devoir professionnel à Argentan, le père Eudes vint spontanément s’établir sur les
' Rolirljaclier ne serail-il jvas Irop sévère ? Il nous souvicni d'avoir lu qiieb|nc ])art (|ue les Oralorien's ne mérileni nnllemenl d'êlre traités de si cruelle l'nron. Us ont nourri le hideux Fouché, c'est vrai, mais les apôtres ont-ils été déshonorés parce (|iril y a eu un Judas?
points les plus éprouvés. Il ne put trouver un lit ni chez les seigneurs, ni chez les curés et fut obligé de se loger dans un tonneau où il se reposait pendant à peine quelques lieures des soins incessants qu’il donnait aux pestiférés. Comme on lui reprochait de chercher la mort : « Je ne crains pas la peste, disait-il avec son doux sourire, je suis plus méchant qu’elle ! »
Le Père laides prêcha des missions qui sont restées célèbres, puis il se consacra à l’onivre des séminaires portant
Le tombeau de Jean Eudes.
toujours dans son cœur cette grande dévotion à Jésus et à Marie, dont tout enfant il avait appris à bégayer les noms avec amour h
Coïncidence vraiment prodigieuse ! en lG7i sur le lieu
> Le P. Eudes par le K. P. Pinas. Eudiste. Voir aussi Larousse, et Pohrbacher, Histoire universelle de VÉçjHse, vol. XXVI, p. 148.
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même où deux cents ans plus tard devait s’élever la basilique du Sacré-Cœur, il faisait chanter à ses prêtres :
Gaiideami /.s exu l tan tes CorcUs Jesu personantes D'wina præconia...
Lorsque M"" de Maupas, évêque d’Evreux, recevait une lettre du Père Éudes, il la baisait et se mettait à genoux pour la lire ; c’est assez dire de quelle considération jouissait dans le monde chrétien ce saint remarquable qui eut l’iionneur de remplir d’admiration un autre saint parti de l’extrême midi de la France, que l’on nommait alors Vincent de Paul !
Le petit aîné du médecin de campagne dont la maison est (oujours là, perdue dans le feuillage dans ce bocage normand où tant de braves gens ne séparent jamais l’amour de Lieu de celui de la France, dort son dernier sommeil dans l’église de Notre-Dame de Caen. Son tombeau fait l’admiration des visiteurs.
Messire de Saint-Alicbel, de son vrai nom Léonor de Bethon succéda au père Eudes et conserva le Désert de 1668 à 1670, époque de sa mort.
Lu bref de Rome désigna alors Julien Francliomme, prêtre économe du séminaire de Caen qui resta prieur jusqu’en 1674, époque où il se démit du prieuré en faveur du séminaire d’Fvreux (( pour luy estre uny et incorporé » ainsi que cela eut lieu avec l’assentiment péniblement obtenu de l’abbaye de Lyre.
Il . — Abbés du Bfx. Abbés de Lyre. Prieurs du Désert
Nous donnons ici la liste des prieurs du Désert telle que nous avons pu l’établir. Il nous a paru intéressant de placer
en regard la liste des abbés de Lyre d’après la GalUa Chruliana el celle des abbés de la glorieuse abbave du Bec d’après M. Le Prévost
Mélaine, 51 l-53:2-49ïi.
(tuillaume d'Evreux, 1 1:^7.
Ernault Hébert, i\'ll .
Vital.
Hugues, ! Ia>0-!I:L2-1J46.
Henry, 1^08-1214.
Durand, \rloo.
Jean Mabille, ioOïi.
Ernaut, 1 ooO.
1). Koldert du Buse, 1371.
D. Robert de Mousseau, 1395.
D. Jean le Bourguignon, 1405.
D. Michel Josse, 1444.
D. xMichel Bouchard, 1448.
D. GeolTrov Gastine, 145:2.
D. Jean de Glérv, 1475.
IRienne Patrv, 15:2i.
Pierre Alespée, 1535.
J. de Mayneniare, 1535.
J. de l’Estandart, 1549.
Gaspard de Moncel.
E. Magdeleine, 1564.
E. Dagoinert, 1 564.
Gaspard Morisset.
Jean Maslin, 1573.
Hernie de Bréaulté, 1574.
Thomas de la Plesse, 1576.
D. Malhurin Duprey, 1579.
D. Robert de Mallevoue, 1580.
Etienne Le Velu, 1581.
Jean Duprey, 1581 .
Maillard Andrieu, 1587.
Etienne Morisset, 1588.
Jean Guesbert, 1604.
Pierre Mesnil, 1604.
Jean Duprey, 1610.
François de Moreau, 16^8.
Georges d’Acon, [651.
Robert Gain pan, 1651.
Ledoulx de Melleville, 1655.
Jean Eudes, 1668.
Léonor de Bethor, 1670.
Julien Franchomine, 1674.
(Supérieurs du Séminaire d’Évreux.).
Simon Manoury, 1679.
François Moget, 1688.
Gédéon de Mauny, 1690.
Charles Bence, 1714.
Thomas de Creuillv, 1704.
Leziart, 17ï^8.
Julien Martines. 1737.
Bornai n ville, 1740.
J. -A. Frolard, 1746.
Jean Tessé, 1753,
Thomas Drouet, 1758.
B. Besselièvre, 1768.
Jean Quesnel, 1780.
(Chapelains.)
Louvet, 1780 à 1815.
(Curés des Baux, chapelains.)
Les chiüTes placés à droite des noms des prieurs signifient seulement que tel prieur était vivant à cette date.
Les Fi'ùrcs l>uiles.
JC
LES PRIEURS DU DESERT
ABBAYI-:
Robert du Chalet, lOoO.
Bernoii.
Erfast.
Arnaud, 1070.
Ilildebert, 1116.
Gilbert de Glos.
Guillaume I.
Raoul I, H30.
Paul.
llildier, 1142.
Guillaume II, 1 148.
Osbert, T16G.
Geoffroy I, 1179.
Guillaume III, 1206.
Robert de Lisle, 1216.
Richard de Leycester, 1221.
J. d’Almenesche, 1226.
Geoffroy de Lavallée, 1244.
Raoul II, 1246.
Gilbert II, 1248.
Robert de Gauville, 1262.
Raoul III, 1282.
Guillaume IV, 1297.
llildier II, 1330.
Guillaume V, 1331 .
Robert III, 1330.
Jean II, 1359.
Guillaume VI, 1362.
Guillaume Vil, 1367.