CANTON DE BRETEUIL BAUX
No 385
Citoyen acquéreur Prosper-lsidore Le Vacher
« Nous, administrateurs du département de TEure, au nom de la République française , en vertu de la loi du 28 ventôse dernier, avons, par les présentes, vendu et délaissé au citoyen Prosper-lsidore Le Vacher, une maison et chapelle dite de Sainte-Suzanne avec jardin et petit terrain rempli d’arbres situé devant l’église, viron 36 perches.
(( Désignation de cette chapelle le 18 brumaire an IV de la République française.
(( Savoir :
« Une maison construite en matière étant de longueur de
60 pieds, de largeur de 21 pieds; la hauteur, 18 pieds du rezde-chaussée à la sablière, environ de 16 à 18 pieds, de la sablière au leste ; couvert de tuiles et bardeaux et composée d’une cuisine, un petit salon froid à costé, plus un cellier, le tout au rez-de-chaussée et Tétage supérieur composé de trois chambres et deux cabinets dont deux seulement à feu.
« Un jardin de vironSO perches.
(( La chapelle construite en muraille de pierre à grisons de 36;;^ec^sde longueur et 20 de large et 20 pieds de hauteur q\\ murailles et couverte en tuiles et un petit terrain en avant et à costé de ladite chapelle servant à y accéder, enclos de charmes contenant viron 5 à 6 perches. Lesdits bâtiments en mauimis état de couverture ainsi que la chapelle. Les murailles^ disjointes dans beaucoup de leurs parties fondamentales, étant dégradées. »
Nous reju'ocluisons ici riiiventaire du mobilier de la chapelle, laissé sous la garde de la municipalité et mis à la disposition de la nation. Le citoyen prêtre Louvet en acheta une partie avec promesse de le rendre à la chapelle à sa mort si on le laissait tranquille, il s’engagea même à laisser à ladite chapelle un ciboire en argent qu’il savait pouvoir acheter à ses frais sous peu.
«Nous, administrateurs révolutionnaires du district de Verneuil, après avoir inventorié aux Baux, nous sommes transportés à la succursale de Sainte-Suzanne où ont été trouvés :
« 1° Un calice, un soleil, un ciboire, deux petites custodes dont une sans que {sic), le tout en argent du poidsde deux livres trois onceset demi.
« 2° Huit chasubles, quatre étoles, un devant d’autel et deux couvertures d’autel, un missel, deux mauvais antiphonaires et un rituel.
« 3° Dix chandeliers en bois, un pupitre, un confessionnal, trois bancs à dossier, douze bancelles, un prie-Dieu, un tabernacle, trois autels, une tribune, une commode à deux battants, un lutrin et la balustrade du chœur, le tout en bois.
« 4® Un bénitier, une petite boîte à huile en étain, une burette, un encensoir, le tout en cuivre.
« 5° Quatre ceintures dites purificatoires, trois corporaux, deux aubes et trois amiets.
PENDANT LA TOURMENTE
« En foi de quoi nous avons laissé lesdits objets ventoriés sous la garde de la municipalité et nous sommes demeurés d’accord que nous avertirions du Jour où nous pourrons nous réunir pour la confection des comptes de la ci-devant fabrique de la commune des Baux.
« Collationné le présent écrit conforme à l’original,
« Par moi Jean-Baptiste Bonneval secrétaire de la municipalité des Baux de Breteuil.
(( Fait le 29 prairial l’an II delà République française une et indivisible. »
La chapelle et le prieuré étaient désormais sauvés, passés dans des mains chrétiennes, ils avaient échappé au marteau du démolisseur ; bien mieux encore, ils allaient peu à peu retrouver leur ancienne étendue et s’enrichir des gracieuses ornementalions de l’art moderne.