IV. — La crypte restaurée
Nous avons étudié dans notre premier chapitre la crypte admirable de Notre-Dame du Désert; depuis, la main des fées est passée par là. Désormais les archéologues n’auront plus à craindre de voir disparaître cette singulière construction, saisissant symbole de la Trinité, ainsi que l’a exprimé celle-là même qui a présidé avec tant de compétence à cette importante restauration.
Les pèlerins seront heureux de pouvoir arriver facilement dans la grotte de Sainte-Suzanne. Au dernier pèlerinage, quatorze cents personnes l’ont visitée et sont revenues émerveillées. Plus de flaques boueuses ; l’eau de la grotte est captée dans un bassin qui occupe le bras gauche de la
PAUL-LOUIS-FÉLIX LE VACHER D’üRGLÉ
grande croix ; plus d’obscurité : un merveilleux éclairage fait ressortir le curieux entre-croisement des voûtes de la croix et des croisillons. Un escalier de 39 marches conduit, comme dans les premiers siècles, le pèlerin jusque dans le fond plat de la crypte déblayée et mise pieusement à l’abri de toutes les causes de destruction. L’eau analysée au moment des travaux ne contenait pas de matières organiques. Elle laissait un résidu solide de 2,20 par litre et son degré hydrotimétrique était 35. Les savants et les pèlerins ne remercieront jamais assez celles qui ont rendu un si grand service à la piété et à l’art.