‹ Histoire de NotreDame de BoulogneChapitre 1 sur 45 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Une nouvelle édition de l'Histoire de Notre-Dame de Boulogne était nécessaire pour répondre à la pieuse curiosité du pèlerin , qui , chaque année, visite notre cathédrale. Nous avions cru d'abord n'avoir - j- rien de mieux à faire que de reproduire le livre de if.. ':' l'archidiacre Antoine Le Roy, écrit, au XVII e siècle, jj v avec une bonne simplicité de style et une grande ■!j . y érudition ; mais, le développement immense que HB notre siècle a donné aux éludes historiques nous \j* ayant mis à même d'ajouter beaucoup de faits nouveaux à ceux qui ont été publiés par Le Roy, il nous eut été impossible de le faire, sans bouleverser le rplan de l'auteur et sans compromettre l'économie entière de son ouvrage. D'un autre côté, la révision

^^ que nous avons faile des lexles sur ,es Q ue, s il s'est appuyé, nous donnait en plusieurs endroits l'occa-

sion de rectifier, d'éclaircir ou de commenter divers

points de sa narration. Les retouches que nous

aurions été obligé de faire ça et là, auraient encore

altéré davantage Je caractère de l'œuvre primitive.

Ne pouvant dont la respecter en tout, nous avons dû

faire un travail nouveau.

Cependant, pour conserver, autant que possible,

les exigences de l'histoire elles droits. acquis par un

auteur qui est en quelque sorte classique sur celle

matière, et qui est entre les mains ou dans la mémoire

de tous, nous l avons cité textuellement autant de

fois que cela nous a élé possible. Delà ce grand nombre de pages, distinguées par des guillemets que nos lecteurs nous reprocheront peut-êire d'avoir prodigués. La probité littéraire nous y obligeait ; et d'ailleurs, « Notre époque a la curiosité des textes » anciens. Toute histoire a un double prix, quand » elle nous est racontée par un écrivain d'autrefois, » ou quand on peut retrouver, dans les documents » qui en subsistent, l'impression que nos ancêtres » en ont reçue , ou le jugement qu'ils en ont porté K »

Un reproche plus grave, qu'on pourra nous faire, c'est d'être entré dans de bien petits détails et d'avoir recueilli, dans cet ouvrage, beaucoup de notes et de faits peu attrayants pour le lecteur. Fénelon signale quelque part cet homme, qui, « plus savant qu'his- » torien, dit-il, n'épargne à son lecteur aucune date, » aucune circonstance superflue, aucun fait sec et » détaché ; il suit son goût, sans consulte? celui du » public ; il veut que tout le monde soit aussi curieux i> que lui des minuties vers lesquelles il tourne son » insatiable curiosité.» Nous croyons que c'est là un défaut inévitable dans l'histoire particulière d'une église et même d'une province. Ceux qui écrivent l'histoire générale des peuples n'ont point ces soucis et ces scrupules ; leur édifice se développe et se construit à Taise au milieu des matériaux qui abondent de toutes parts. Quant à nous, collecteurs de pierres éparses et rongées par le temps, à grand peine pouvons-nous reconstituer quelques assises de nos vieux temples écroulés sans retour. Si nous négligions les faits secs et détachés, de quoi se composerait notre histoire?

Persuadé que les faits historiques ne sauraient êlre

(1) Léon Aubineau , Univers du 44 juin 4Sa7.

TU

appuyés de trop de preuves, et voulant meure les hommes sérieux 5 même de contrôler sur tous les points nos assertions, nous avons pris soin d'indiquer au bas des pages les autorités que nous avons consultées. De cette manière, si quelque jour on vient à refaire Thisioire de Notre-Dame de Boulogne, il sera possible de remonter aux sources et de s'entourer des documents qui nous ont servi pour ce travail.

Dans les ouvrages de ce genre , personne n'ignore qu'il est impossible d'être complet. Aussi appelonsnous à notre aide tous ceux de nos confrères des sociétés historiques , qui pourraient rencontrer, dans leurs lectures, des faits inédits, relatifs à notre ancien pèlerinage. Nous accepterons avec la plus grande reconnaissance toutes les communications qu'on aura la bonté de nous faire à cet égard.

Pour arriver à populariser davantage l'histoire de Noire-Dame de Boulogne, nous avons extrait de ces pages un Abrégé dans lequel nous avons lâché de ne conserver que les détails les plus intéressants, débarrassés de ce qui pourrait paraître ne pas être à la portée de toutes les classes de lecteurs.

Puissions-nous, en faisant connaître les merveilles que la Vierge de Boulogne a opérées dans son sanctuaire, obtenir aussi pour nous-même quelquesunes des grâces dont elle s'est toujours montrée si prodigue envers ses enfants.

Pour se conformer, aux décrets d'Urbain VIII et des autres Souverains -Pontifes en matière de miracles , l'auteur déclare qu'en parlant de grâces miraculeuses, de faveurs célestes, de révclatious , d'apparitions , et en générai ■ de tous les faits de ce genre qui pourraient se rencontrer 3i£ dans son ouvrage , il n'a prétendu donner à ces faits qu'une valeur purement hun aine, sans vouloir devancer le juge- ■ ment du Saint-Siège Apostolique, auquel il soumet hum-" blement sa personne et tous ses écrits.

DE

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