UE «'AR LS
une seule parole... Ses grenadiers frcmisscni dç rage à hi porte, qu'ils ne peuvent franchir... Leur chef , par un geste impératif , s'oppose à ce quMs dépassent cette limite. Il se retire suivi des vociférations de ses nombreux adversaires ; mais il demeurera trop peu. prouve que le poignard d'un nouveau Cassius se soit levé alors sur cet aulre César.
Bonaparte va pf;ut-6ire s'éloigner; déjà même il s'est élancé eu selle, et s'avance vers le pont de Saint^iloud. Un guerrier intrépide, Muiat, le ram^ne , et lui fait sentir la nécessité de marcher sur le conseil des cinq-cents,... « Il n'y a plus de t< composition possible avec ces forcenés ^ lui dit- « il d'un accent méridional animé; si vous ncu sacrifiez pas cette tourbe d'avocats criards , « vous serez leur victime. Cénéral, donnez-moi M Tordre de les chasser, et j'en fais mon affaire, n Cependant le tumulte est à son comble dans l'O- «•angerîe : Lucien Bonaparte ne peut contenir la fougue des adversaires acharnés de son frère; ils ' demandent à grands cris qu'un décret , rendu à l'instant, le déclare hors la loi. Ce président s'écrie : a Malheureux ! b^quel d'eaîfe vous oserait laisser « tomber dans l'urne un vote de proscription « contre le sait^eur de la pairie?... Avez-vous ou- « blié ses brillans services?... — Il en a perdu tout « le prix , répondent h ht fois cent voix. A. bas le « tYfan! — Eh bien, vous, c[ui n'avez rien su M faire pour la république , vous . qui la laissiez
'Xffi HlSTOIKIi ^
« pdi'ir au milieu de vos verbeuses et inutiles dis- ^ ce eussions, réunissez donc vos cflbris sacrilè^jes }$ « contre celui qui venait vous sauver, avec elle,, '< du joug honteux de votre vieille et încorriirîble « dynastie.... Tendez , tendez , hommes stupides , « vos bras sans vigueur aux fers de l'étranger , « en proscrivant un autre Aristide.... Citoyens « obscurs , vous êtes las de Tentendre appeler « le Grand.... Proscrivez -le; ce n'est pas sous « ma présidence qu'une telle profanation s'ac- '< complira. w A ces mots, jetant avec colère son manteau sur le bureau , il s'élance hors de la salle , et s'échappe par un couloir de dégagement. Les grenadiers conduisent le président auprès de son frère. Pour la première fois retenlit en public un prénom singulier, qui parviendra aux générations les plus reculées.... « Napoléon, s'écrie « liucien en s'adressant augénéial, tu os perdu c< si tu ne fais li l'instant évacuer la salle du con- H seil... » Bonaparte articule à moitié Tordre que sollicite l'œil enflammé de Murât, et soudain ce bouillant officier prononce d'une voix éclatante le fatal en aidant qui va renverser la constitution de Tan III. Il entre -dans l'Oraugorie à la tète d'une compagnie de grenadiers : elle s'avance , comme un mur mobile, en occupant toute la largeur de la salle, et force à la retraite les fougueux représcntans. Refoulés, et* bientôt pressés au fond du local , ■' se décident t\ fuir en franchissant les croîsée>* ^ ^^^^ s'évader à travers le parc.
donl ils jonchcni les gazons et les loulïes d'arbustes , (le io({iies, de ceintures et de manteaux... Les bosqueis sont emaillés de ces attribufs représentatifs, que la brise du soir fait voltiger à son gré. A cinq lieures t*i demie, l'Oranf^erieest silencieusï^ et close.
Quel([ues beures plus tard , [jucien et Sieyès parviennent à réunir les membres du corps lé{^islaiif voués à la révolution qui s'opère. Dans une séance de nuit , les deux conseils votent , sans dé bals,' l'abcHit ion du directoire exécutif , et l'exclusion de soixante-deux députés du parti appelé jacobin : le général Jourdan est (bi nombre. Diu'aut cette séance nocturne est décrétée Tinsiitution d'un gouvernement provisoire , composé de irais consuls. Ces fonctionnaires su prcmes sont Sieyès , Roj^er-Ducos et Bonaparte... Bonaparte, dont le nom s'inscrit modestement 11 bi suite des deux autres, mais dont l'autorité n'en sera pas nu>ins domin.i Irice et même exclusive. Aj^rès celte gran<le in^ ]H'Ovisation , les conseils s'ajournent au :u) février; seulement une commission législative de cinquaiitt* dé[)ulés restera en permanence, et s'occupera de .jeter les bases d'une ([uairiéme constitution. Parmi \i)^ nuMubrcs influcîus île t:ette coinmissioil, ou comptera Cabanis, lîoulay (de la Meurtbe) , ^iU-^ lieu Bonaparte, Ch(»nier, Daunou, Lebrun, Por-4 «:ber, lle^nier et (Jarat. Avant de clore lu séance, où , dans l'cftpacede ([uebjues beures, vient d'être édifié un nouvel état politique, Lncien, doîit le -
soleil levant du 1 1 novembre , éclaire obliqufe-^ * ment lei traits animés, prononce cette allocfutioik: « DaiA trois mois, yos consuls et vos corn- « missioqi» tous rendront compte de leurs opéra- « (( tions. Ils vont travailler pour le bonheur de <c leurs contemporains et pour la postérité. Ils ce sont investis de tous les pouvoirs nécessaires u pour faire le bien : le peuple français et vous, H jugerez s*ils ont rempli leur mandat. Plus d'aca tes oppressifs , plus de titres , plus de listes de ce proscription, plus d'immoralité, plfis de bas - « culc ! Liberté , sûreté pour tous les citoyens ! >k Lucien Bonaparte prouvera plus tard qu'il était sincère dans sa profession de foi républicaine : lambilîon de soa frère n'obtiendra point son assentiment; mais, dans sa gestion de ministre, ses actions répondront mal h la virulente sortie qu^il aura faite h Saint-Cloud contre f immoralité.
A huit heures du matin , le Journal de Paris , tttte feuille qui ne fera , dans quelques circonstaxices fugitives, que de l'opposition commerciale, etl^'on verra, sous tous les régimes , s'attacher au pouvoir triomphant , le Journal de Paris proclame Ttnthousiasmc avec lequel les voians de Ç Saini-Cloud ont procédé à la reconslruclion de * i'édifice^ouveruemeiiial. C'est une déceplion préj^waréo aux Iccleurs ^o]>es-ni(>uehcs. Mais lorsque les faits vieiidronl s'cprouvn- à la pierre de touche iiirailUhlc des r(i>uUals ; lorsque , sortir d'une « rcvojulic.n illOyalc, audacicusomcnt illé;^alonieme.
la France se verra purgée des partie qui la déchiraient , des exacteurs qui la ruinaient , des guerres intestines qui la minaient ; lorsque les ennemis du dehors , repoussés par un bras toujours viciorieux , s'éloigneront de ses belles provinces , et concluront des traités honorables pour elle; quand la législation sera refondue, l'administration réorganisée, les tribunaux épurés des réputations flétries; quand le gouvernement sera confié , dans toutes ses subdivisions y à des mains habiles , et qu'une renaissante prospérité pourra poindre enfin parmi les ruines fumantes accumulées sur le sol de notre malheureuse patrie ; alors, qui osera parler encore d'illégalité, de liboric violée, de
droits imprescriptibles trahis Vaines paroles !
récriminations redondantes...» Bonaparte a trouvé la république expirante au milieu de ses incapables y de ses malintentionnés représentans
Que regrettent-ils? l'occasion perdue de livrer le pay^, d'anéantir la gloire nationale, de ruiner les citoyens... Jusqu'au consulat h vie, le grand homme méritera toute la reconnaissance de ses concitoyens*, mais alors, alors seulement, il encourra le blâme, il montrera l'usurpateur.. ..Nous ferons nombie avec les dcsa|)probateur.s judicieux de sa conduite publique , cjui aura cessé d'frtn> non-senl<Mneni régulière, mais loyale; et les flf»is • dc^gloire dont il inondera In France n'elTaceronl jki pcrint les traces aicusauiccf d'un despotisme coupal||e ^
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Par uue combinaison adroite^ les co/isuls font publier, avec éclat , une loi du t5 novembre, qui rapporte celle des otages; tandis que, le même jour, ils ordonnent l'arrestation de Santerre et do plusieurs hommes de main , promoteurs d'émeutes populaires. Le 16 du même mois est fixé , par une loi , la formule du serment à prêter aux fonctionnaires publics; il est ainsi conçu : « Je jure d'être a fidèle à la république, une et indivisible, fon- « dée sur la liberté , l'égalité et le système repré- « sentatif. » Une loi , thoins terrible en apparence que celle des otages, mais dont les effets s'étaient fait sentir davantage, celle de l'emprunt forcé, est rapportée le 1 8 novembre. En ce moment , le tiers consolidé, qu'on appellera plus tard le cinq pour cent, coté, avant le 18 brumaire, 5 1 1 fr. , monte h vingt-deux francs... Mon tgail lard, dans son Histoire de France , fait apprécier à cette occasion, d'une manière démonstrative, le mouvem.ent de ce ibermomèlre infaillible de la confiance publique, qu'on nomme la rente : le directoire, • à l'agonie , l'avait fait descendre à huit pour cent , le consulat naissant le fait monter à vingt-deux: la plus haute prospérité impériale l'élèvera à quatre-vingt-dix ; le reflet des baïonnettes étrangères le fera redescendre le ?.c) mars iSi/^à^warante-cincf ; il ne s'élèvera pas à la première apparition de Louis XV III au-delà de soixante. Le 5 . mars 181 5 la nouvelle du débarquemen^c Napo- , léon au golfe Juan le fera monter à ^la^re- ^
ïg-"^ • Hisroir.E
vingi-hi^it... Devant ce témoignage irrccusablo . viennent s*aiiëantir toutes les subtilités de l'esprit de parti.
La constitution y qu'on va nommer l'an VIII , est terminée; une loi du i5 septembre porte qu'elle sera présentée à l'approbation du peuple français; les citoyens devront voter son acceptation ou son rejet dans le délai de quinze jours , à dater de celui où le projet d'acte constitutionnel sera parvenu à l'administration de chaque département, yne proclaïAation des consuls provisoires, annexée à cet acte fondamental , contieut cette phrase remarquable , qui prononce sur une question encore indécise : « La révolution est a fixée aux vrais principes ; elle est pnie...» En effet, la constitution de l'an VIII est solennpUement proclamée : on annonce qu'elle est généralement adoptée. L'expression est absolue; mais l'acceptation par une grande majorité de la nation n'a rien de surprenant à cette' époque. Ou espère que le nouvel état politique rassurera tous les intérêts, en garantissant le pays et de l'anarehic populaire , et de la tyrannie du vieux régime. On n'a pas eu le temps de songer encore à l'usurpation d*un despotisme nouveau. Voici les principales dispositions de la consliluiion dr l'an Vlir.
11 y i|J|.n sénat consavaleur, ([ui a(Ti'j)lc t<ius les lllffes^^ui lui sont dcrérés |>;u' le. j^ouvorapmenl ou 1^ ttff^}Uuat ou c|ui l<\s annullo ]M)ur cause d'iuconsi^^JjiionnaUic ; ses stances ne som pas publi-
\ A du; faris. ^99'^^
q#4yQiAJbl eomjapsë de quî^trc-vingls niembrcs ina> jj^^ moTibloj^; IcunSbionMlioii se fait au moyen c1ii,fP^ choix, entre jjQoii^iraffdiiluls désignés : t» par corps législatif 20 par le tribunal; ^^ par Ic'p] mier consul. J^e gouvernement, qui a toiêy rinitiative ^epa loi , en présente le projet au tri' bunat; ce corpsle discute, puis le fait porter et soutenir au corps législatif. Cetlc dernière assemblée Yôte au scrutin secret, sans aucune discussion, de la part de'scs membres, sur les projets débattus detmnt elle par les orateurs du tribunat et du gouvernement. <ielui-ci peut retirer un projet et le reproduire modifié. Le tribunat se compose do cent membres, âgés de vingt-cinq ans au moins; ils sont renouvelés par cinquième, et peuvent élre réélus indétinitueiit. Ils doivent élrc choisis sur une liste nationale , dressée dans chaque département , en assemblée électorale. Le tribunat s'ajourne et s'assemble lui-même. Le corps législatif se forme de trois cents membres , âgés de Irenlc aus, au moins; il se renouvelle par cinquième. Un député sortant uo peut y rentrer qu'après un an d'intervalle. Tout décret du corps l^islatif est .*^i#* I>romulgué dans le délai de dix jours, sai|#lc caàXj^^ d'incunsUtutionnalitc. Les séances du tribunat el du corps législatif sont publiques; maïs le nombiv des assistans uc peut dépasser deux cents ^lersonnes. Le tiviitcmeut d'un tribun est de^ qidfizf^ niillo froucs ; relui d'un membre du ^oruÉ^P^IaûCosi de di\ uiiHe. \ jf
•^9oo HISTOIRE . . l
Le gouvernemciu est confié ikÂ^'oie (^uJMtu à omiucs pour dix ans , et (|Éû"pèwll^ut êOtm réélui|^
Indéfiniment, av«c la qualitié diJtÎMlc de premiory' ond ou troisième consul. Ges filets dif;nitaÎFcp t choisis par le sénat y sur la iistq^atioiialc. de < ''premier consul promulgue les lois^i^ommc aux emplois publics , révoque les fonctionnaires. Dan» les autres actes du gouvernement, les second #t troisième consuls ont voix consultative. Le traitée ment du premier consul esl de cinq cent mille fr. ; celui de ses deux collègues est de cent cîoquanie ihille fr. Le gouvernement propose les lois, et lait les règlemcus d'ext^cution. Les déclarations de guerre y ainsi que les traités de paix, d'alliance, de commerce , sont préparés , discutés et promulgués comme les lois. Il y a un conseil d*état ; on choisit oaus son sejn les orateurs chargés de poi-lcr la parole, au nom du gouvernement, devant le corps législatif. La justice est rendue par des juges de paix de canton, des tribunaux civils d'arrondissement^ un tribunal criminel par. département , des tribunaux d'appel , en niatière civile, dont le ressort s'étend à i)lusieurs dépar- -#' temeiy , enfin un tribunal de cassation , siégeant à Paris. Les juges de paix sont nommés par les citoyens; ceux de cassation par le s.^nat, sur des candidats de la liste nationale. Les juges civils et d'appels);60ut à la nomination du premier consul« l/ad^ij||stration civile est confiée h des préfets , les sous-prr'fets et aux maires des communes. -Il
«is-préfet krrondiiisementcoiSniuiiy. Le premier consul
Ric CCS deux classe» de Jmictiondaircs , anv-
E^:^iui)s' obéissent les administra(ioiu t^mmunalcs. ■<î«h dernières sont élues par les citoyens. -Xa constitution de l'an VJIl est une "^1000 de - munjueterie , asser, habilement combince pour (|«*An en puisse enlever des parcelles sans nuii*<> * h ^ensemble , au moins dans l'exécution du svstèfllc qu'on se propose. Cet acte fond anieatal d'une république C8r«onçu de telle manière qu'il pourra devenir la charte d'une monarchie , et même d'une ntomrchie despotique, sans paraître avoir subi d'infractions notables : c'est un ckef-d'œuvrc.d'élasticité Icj^islative.
Là se révèle à l'esprit observatcup- le pion de domination du dictateur de Snint-(Çloud : la lettre de cet acte constitulionnel offre le principe de l'i m popularité progressive qu'on va tcmarquor dans les actions du magistrat suprême de la repu- -blique : ce sera le point de de'part d'une legiliiue déconsidérai ion. Jusqu'alors on eut tort d'accuser d'illégalité les mesures iiiiiiérieuscs qu'invoquait la patrie en péril ; on aura raison désormais d'atteindre de réprobation le despotisme, qui ne répondra plus qu'aux inlimalions d'une ambition personnelle. Lorsque le salut d'un pays est compromis , tout ce nui peut le sauver devient légal ; mais dès^que cet état de choses a cessé, la légalïle reprend le caractère d'une loi inflexible.
invcsii (Iefinii?NnïoiJ
DoiiiipaWe <m. inv.
ûde |)rcf^er consul ;'<:aii)hacerèv^cij
il, fil i[Àbr^,.cx-cjjn5tittiant J 9 ^
i troiai^me'coiisiifi. Les ennelbU d^ M>iit plus il dire qu'il ne s'empAra pai d'aborM^l de Tau ton lé , parce qii*il sentait mmi ignorance dan« lei niatièr«»v'.d'élat et d'atïmihùtratà^ publique. Une telle considération *ût M trop niaise dans un tel homme ; il savait kuc les liènièi-C5 ne manquent jamais au /ègne du ibaveraia le plus ignare : elles n'avri^it pas uunqné k celif de Louis XV. Cette suppotfilon t'évanouit d'aillMrt devant une vérité inëfragable : '^est qùcNapolécQ &it l'auie de toutes le* institutions du ccABulat et de Fcmpire , et souvent méme-l'idée crA^ice venait' de lui.
Lcsgi^dfs autorités entrent en fonctions le.ati (.1cci.'mbre : le^énat conservalcur est installé au Luxembourg , le tribunal au Palais-Roya) , le corps législatif au palais de Bourbon , qu'occupait le conseil des d^q-ccnts. Les Tuileries deviennent rÂpidence consulaire ; mais Napoléon habitera seul ce p)dais.Son installation dans cette demeure royale offre tout le faste d'une intronisation... Les Parisiens, qu'jl est si facile de fasciner, s'enivrent d'une pompe militair..^ , qui séduit par l'éclat des uniformes , et excite l'enlhousiasiuo par le son des trompettes.. Républicains oublieux (^s vertus civiques, ils ne s'apcrt^uivcnt ^tas que déjk les prétentions de In royauté se glissent dans l'étiquinle
DE PARIS. 3u3
ilu consulat. Ou i'oinnr4|ue au sénal les généraux Kclleraian et Serrurier ; Bougainvillc , Lagrange , L&placcy BcrihoUct, Daubeuion , Laccpède^ savans; Volncy, homme de lettres; Vieu, peintre , restaurateur de Técole moderue. Le tribunal s*hongr^ de Bérenger, Cliauvelin , Benjamin Constant^ Daru ^ J.-D. Say, Stanislas Girardin, Dauuou el Cbénior. Le corps législatif , m.oins heureux, n'offre de réputations faites quodans les seuls Grégoire et Ramond. Au conseil d'état vont apparaître avec éclat des hommes déjà renommés dans plusieurs carrières : Fetiet, administrateur mili- * taire;- Dejcan, officier du génie distingué; Dufresne , financier habile ; Emmery, légiste profond; Fleuricu, navigateiu* cxpériuienté; Chaptal et Fourcroy, cliimistes du premier ordre. Un arrêté des consuls, en date du aS décembre , prescrit un serment à tou8 les fonctionnaires religieux, civils, militaires cl de judicature. Ce serment est simple : « Je jure fidélité h la constitution. » Or, comme la constitution est fort élastique, la fidélité doit s'appliquer à une légalité indéfiniment extenftible.Dausle même mois, le libre exercice des cultes est autorisé par un acte du gouvernement.
L'année 1 800 s'ouvre par la restauration du titre de madame : la politesse consulaire , qui vise déjà à l'imitation des coutumes de l'œil de bœuf, trouve le nom de citoyenne trop rude pour l'idiome d'une cour renaissante ; bientôt le nom de citoyen, devenu peu compatibb* avec Tctai de choses cxis-
3o4 HISTOIRE
tant, s'épanouira dans les nouveaux protocoles. H nous est impossible de suivre pas à pas un gouvernement qui sème à pleines mains les institutions dans la carrière qu'il parcourt : nous presserons la nomenclature des plus importantes. Le régime transitoire du consulat donne naissance a Vecole polytechnique , formée du noyau de l'école centrale des travaux publics; à la banque de France^; au concordat de 1S02 , qui, peut-être, acheté par trop de droits concédés au clergé , les libertés de l'église gallicane ; à la société de charité mater- . jielle y dont la bienfaisante Joséphine se déclare protectrice; à un nouveau système d'instruction publique et aux lycées ; à la noble création de la légion d'honneur , qui dégénérera, plus tard, eu prenant le caractère et les insignes des ordres de chevalerie , dès long-temps tombés dans le mépris. Dans le môme temps commence l'élaboration du Code civil cl du Code de C^ommcrcc; Tadrainistralion acquiert une supériorité de gestion qu'elle n'eut dans aucun temps; des canaux et des ports se creusent, des roules s'ouvrent, des ponts s'élèvent ; Tagriculture est favorisée , l'industrie encouragée, les sciences lionorécs , l'élan des arts
secondé la littérature seule manque d'essor,
parce qu'elle manque de liberté. Ces fondations, ces améliorations , ces encouragemeiis ont été médités et accomplis au milieu des hostilités, des traités diplomatiques , des soins d'administration di- 1 Igcanlequ'a nécessités la marche, nécessairement
DE PARIS. 3o5
laborieuse^ d'un gouvernement dont le mëcaniame est entièrement nouveau. Bonaparte, fondateur universel , n'a pas cessé d'être général : aidé par Caruot, il a forgé des armes , levé et équipé des bataillons j improvise des ressources de toute nature pour soutenir la guerre. En Allemagne , Moreau^ que secondent Dessoles , Gouvion Saint- Gyr , Sainte-Suzanne et Lecourbe, passe le Rbin et triomphe à Engén , à SockaL , à Moeskirck , à Biberach, à Memmingen. Ces victoires préparent le passage du Danube : Moreau le franchit , et renouvelle, dans les plaines d'Hochsett et de Nord- Isngiie les trophées de Condé , de Turenne , de .Villars : suite d'exploits héroïques qui coûtent à la France son premier grenadier , l'intrépide Latour (T^ui^rgne , et que clora Téclataute victoire de HohenUnden , que pourront à peine flétrir les trahisons précédentes et ultérieures du savant Moreau.
Au midi , Bonaparte franchit^ après Annibal, mais plus rapidement que lui , le Saint-Bernard à la ctme neigeuse , et son armée inonde comme un torrent les plaines d'Italie. Tandis que Masséna et Soult s'immortalisent par la défense de Gènes « dont le siège occupe une partie des forces autrichiennes , et que Suchet en contient vaillamment une autre portion au Col de Tende ^ Lannes culbute Tavant-garde de Mêlas à Montcbello; bientôt Napoléon , qui rencontre les Impériaux sur la Bormida^ recueille à Marengo ( 1 4 juin v. 20
I ijoo) la vicloîi'c c[ue vient ile-lui donner ]
c son dcrn
G le"s d'un hér(
r soupir ,
n'eut ijuc des veiius. Le lendemain , des plénlpoleniiaircs autrichiens signent les préliminaires de la paix ; elle sera confirmée i Lun^rille le 9 février li^oi.
Les travaux politiques de Napoléon ne sigoaleni pas moins de génie et d'babilelé que Icsam», vres de son adiniuistration et les exploits de soit épée. Il fait clore, dès l'année iSoo, la fatale liste dus émigrés. Dans la même année tombe, pour ne plus se relever , l'hydre de la Vendée iJn service funèbre, fait à Saint-Sulpice, puis un deuil public ordonné en l'honneur de Washington , qur vient de fin"' sa vertueuse carrière , colorent d'un vernis de popularité décevante l'ambition dominairicc du consul, et consolident du moins \ei liens d'amitié renoués par lui avec la république américaine. La politique adroile de Napoléon lui suggère hieniAl une autre idée : il fait habiller à neuf, avec l'uniforme de leurs corps respectifs, les prisonniers russes qui se trouvent en France, [ et les renvoie, sans échange, à Paul I'^, leur soU" L veraiu. Un tel procédé charme co prince; il ou- ; l'oreille à des projets d'alliance avec le prelicr consul : les haïmes d'une invasion de llnde » cabiu^u de Péierihour{f r^déralion dn ie«onc\ut con^
DE PARIS. 3t>7
le Dànemarck. Cet accord des légitimes du nord avec une puissance née delà révolution française déplaît h Tabsolutisme européen; Paul mourra étranglé par des courtisans , qui jouiront de la faveur de son (ils.
Ces travaux intérieurs, ces alliances politiques et Tanéantissement de la Vendée, portent au plus haut point. d'exaltation la fureur du parti royaliste , qui voit disparaître chaque jour une de ses ressources , s'évanouir une de ses espérances. En effet , la pacification des puissances avec le cabinet des Tuileries devient bientôt générale : il a traité le i8 février i8oi avec le roi de Naples; le 29 septembre avec le Portugal ; avec la Russie, le 8 octobre 1801 ; avec la Porte-Otlomane, le q du même mois; enfin, avec l'Angleterre, le 25 mars i8o2.... Ce dernier traité, conclu à la suite d'un congrès tenu à Amiens, sanctionne toutes les acquisitions continentales de la république française, reconnaît les républiques secondaires créées sou» sa protection , et restitue les colonies enlevées h la France.
Mais cette politique féconde en résultats, et dont nous remonlons un instant le cours , ne les produit pas sans être violemment entravée par lourcs les intrigues , par tous les attentats que IjOuis XVTII a pu concevoir et faire exécuter : celui qui soudoya Favras sous Louis XVI, Robespierre pendant la terreur, Danican à la fin du régime conventionné^, Pichegru sous le directoire;
3io IliSTOlRE
une foule tie royalistes sont enfermés , par mesure de haute police^ au Temple , à Haui , à Yincennes. Un tribunal d'exception , plus illégal encore <|ue la disposition arbitraire appUquée aux proscrits , condamne à mort deux chouans obscurs , qui ont mérité leur sort, mais auxquels on devait un jugement rendu par des magistrats constitutionnellement investis. Les tribunaux exceptionnels , établis par une loi du 7 février 1801 , ne deviennent pas plus légaux pour avoir obtenu Tassentiment des trois corps délibérans ou votans : on ne dispose pas de la vie des citoyens par une législation de circonstance : il faut que la loi fondamentale leur ait donné des juges.
Tout n a pas été heureux dans les efforts du premier consul : si le traité d'Amiens^ signé le ^5 mars itîon, le mit en paix avec le continent européen, l'Egypte est reperdue : le brave Klébcr,, assassiné au (^aire par un miisulman soudoyé , avait- commencé une négociation honorable avec les Anglais; à sa mon, le commandement est tombé aux mains inhabiles du général Menou , et la capiculaiion de r.ivmée est devenue ce que TAngleterre a voulu. La campagne d'Orient a coûté au pays une partie de son armée d'élite, et ne lui a donné qu'une savante description de V Egypte , monument précieux sans doulc , mais trop chèrerement payé!... Un peu plus tard , le général Leclcrc, beau-frère du premier consul,, est forcé d'abandonner Saint-Domingue aux noirs révoltés
par Toussaint Loaverture. Le capitaine français meurt lui-même sui cetie terre inhospitalière^ qui ëdbappe à la domination française , noyëe dans des flots de sang.
Mms la France continentale saura bien se dédommager de ^^ pertes coloniales : le Piémont lui sera définitivement réuni le 1 1 septembre i8o4; là consulta de Lyon^ dès le mois de janvier de ia Aiéme année, a placé la république cisalpine sons sa protection, c'est-à-dire sous l'autorité du premier consul. C'est dans cette circonstance où Napoléon a fait beaucoup pour la France; en ce moment où il sent tout ce qu'il peut faire pour luimême y que le tribunat , sur la proposition de Gha- }>ot (de l'Allier) émet le vœu qu'il soit donné au général Bonaparte /premier consul , un gage éclatant de la reconnaissance nationale. Un séualusconsulte, en date du 8 mai, répondant à ce voeu des jpremiers organes du peuple français , réélit Napoléon Bonaparte à la suprême magistrature pour jdiK années, après les dix fixées par l'acte constitutionnel. IVIalgré quelques actes violens d'auloritc inconstitutionnelle^ le premier consul a pu obtenir du peuple ce gage spontané de gratitude : ses ser^ vices et leurs résultats sont en effet immenses ; vouloir les nier, c'est opposer une controverse «fnvenimée et de mauvaise foi , à l'évidence généralement reconime. Il est donc d'une malveillance ridicule d'insinuer que le sénatus-consulic du 8 mai ait été mendié secrètement par celui qui
3i:i HISTOIRE
dey ait en profiter : ces petites menées sonrdcs ne sont point dans ses allnres; L'esprit du premier consul se révèle mieux dès le lendemain du jour où l'acte rémunérateur des pères conscrits a paru : sans doute le premier consul est peu satisfait d'une réélel:;tion de dix années; car le g mai, les second et troisième consuls , sans préambule, sans formalités préalables , rendent un arrêté portant : ,« Le peuple français sera consulté sur cette ques- M tion : Napoléon Bonaparte sera-t-il premier « consul k vie? Un registre sera ouvert dans « diaque commune , à l'effet de recueillir les votes « sur cette question. » Cette io\i Ton ne saurait douter de la provocation du personnage intéressé , qui a jugé, par ce qu'on a fait, ce qu'il peut exiger de plus. Trois mois à peine se sont écoules , lorsque le dépouillement des registres ouverts dans la capitale et dans les départemens constate que 5,368,259 votans ont demandé le consulat à vie, et que 209,506 seulement Font refusé. En conséquence, un second sénatus-consulte, rendu le 2 août , porte : « Article i «'. Le peuple français « nomme et le sénat proclame Napoléon Bona- « parte , premier consul , à vie. » — Article 2. a Une statue de la Paix, tenant d'une main les « lauriers de la victoire , et de l'autre le décret du « sénat , attestera à la postérité la reconnaissance (c delà nation.» Barthélémy, président du sénat; apporte ce décret aux Tuileries , et dit : « S'il exisu tait encore des semences de discorde , la procla*
DE PAHIS. 3i3
. ce jQ[|aljku> du consulat perpétuel de Bjona parte les . fc,,fera difsparaitre* Tout est maintenant rallié au- , , <i tour de lui; son puissant génie saura tout mainte- 'cc^nir et tout conserver : il ne respire que pour la et prospérité et le bonheur des Français !!! » Le cOfisul reprend : « La vie d'un citoyen est à sa paie trie; le peuple français veut que la mienne , tf jtout entière , lui soit consacrée* J'obéis à sa voce lontéj la liberté, V égalité , la prospérité do la . « France^ seront assurés... (Grande immolation ec de modestie.) Le meilleur des peuples sera le ^ plus heureux. Content alors d'avoir été appelé ^ ^ ^ par l'ordre de celui de qui tout émane, à ramener << sur la terre l'ordre par l'égalité, j'entendrai son- « ner la dernière heure sans regret... comme sans << inquiétude^ sur ^opinion des générations fuie tures. » ....
Dès-lors l'œiL le moinft attentif voit poindre une nouvelle monarchie ; elle est préparée déjà par l'humble sénat^ par les muets législateurs : un mot de changé et une toute petite pièce ajoutée, à la marqueterie constitutionnelle de l'an Vlil , et nous aurons une royauté. La mot , c'est le npm de roi ou d'empereur^ substitué à celui de consul ; l'addition , c'est celle d'une clause d'hérédité. Il y aplus^ l'ordre de celui de gui tout émane vous an- ];ionce déjà la renaissantetg^race de Dieu, qui décerne les couronnes. Du reste , Napoléon s'est bien tu sur le second article du sénatus-consulte, : la statue de la Paiz^ tenant en main le décret du se-
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nat qui le nomme consul k vie , n*esi point de son goût : rambiiieuK ma^strat ne .vent pas que cette allégorie de brcmze assigne une limite lëgale à sa fortune, peu disposée h s*ar« réter...
Ce qui manque à la conslîtntion de l'an VIII pour préparer le retour de la monarchie , ne se fera pas attendre : un sénatusrconsulte du 4 ^ont comble cette lacune et au-del^. Un système électoral nouveau rend le pouvoir maître de toutes les nominations jusqu'alors laissées an peuple, et les électeui^s sont à vie. Les deuxième et troi«* siètae consuls deviennent égalemeht inamovibles; ils sont nommés par le sénat , sur la présentation du premier consul... Ce magistrat suprême peut également présenter à ce corps délibérant un citoyen pour lui succéder après ia mort : voilà Tliérédité. Ce premier oonsul-coadjuteur prend séance parmi les sénateurs, immédiatement au-dessous du trosième consul. Enfin le sénat acquière motuproprioj le droit de changer diverses institutions fondamentales; de dissoudre même le corps législatif et le tribunat. Par provision , le nombre des tribuns est réduit de cent à cinquante. En un mot » grâce au sénaïus-consulte du 4 août, il n'y a plus de représentation nationale , que sous le bon plaisir du sénats c'est-à-dire du premier consul. On s'exprime avec trop peu d'énergie en disant que jamais on ne vit organiser le despotisme avec tant d'audace et d'effronterie, Adievons Ténuméra-
DE PARIS. 3if»
ùon des pahcelles constitutives arrachées au jjrand fantôme appelé république française :i\ y a un grand juge^ auquel vient alK>utir, par une échelle ascendante de hiérarchie^ toute puissance ju* diciaîre : ia cour de cassation , investie d'une sorte d'action administrative , peut appeler à sa barre et censurer les juges de tous los degrés; et, comme cette cour elle-même est soumise à la police du grand ju^e, la justice, ce sera la volonté du premier consul. Ce magistrat a le droit de faire grâce... Après l'émission de cette cinquième constitution^ il ne «nanque plus au sénat servile que de se mutiler lui-même : il le fait par un sénattisconsulte du 3G août, portant qu'il ne pourra s'assembler qu'en vertu d'une communication des consuls.
On voit qu'au comixiencement de Tannée i8o5 , il reste à Napoléon, un espace bien court à franchir pour arriver au rang suprême; il a déjà le pouvoir d'une tête couronnée ; il ne lui manque plus que la couronne... La longanimité des Français , les entreprises nouvelles des ennemis, la nécessité de leur opposer an 'bras habitué à vaincre permettent à Bonaparte de consommer enlln le meurtre de la république. Achevons de peindre son agonie.
La paix avec l'Angleterre ne pouvait être durable : NapolA>n menaçait de faire la France trop grande , sous le sceptre qu'il forgeait avec rapidité ; pour qu'une puissance^ depuis si long- temps
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rivale de notre gloire et de nos prospérités, le« souffrit patiemment. Les richesses industrielles, exposées à Paris en 1802, avaient suffi pour exciter le mécontentement de nos voisins; dès^ lors, le cabinet de Saint -James chercha, dans les replis de sa politique , des prétextes de rupture : il en trouva. L'incorporation ou la disposition du Piémont , de la Toscane , de Parme , de Tîle d'Elbe, étaient en effet des griefs assez plausibles, auxquels ajoutaient encore la véritable su7.eraineté de la France sur les républiques ligurienne , helvétique , batave , et la dominatiMi plus précise exercée sur la Cisalpine. De plus , le cabinet britannique ne trouvait pas que le projet d'une nouvelle expédition à Saint-Domingue justifiât suffisamment la présence d'une flotte considérable sur les côtes de la Bretagne... A tontes ces dispositions, excédant les stipulations d'Amiens, la France ne peut opposer que la détention de Malte par la Grande-Bretagne. Cette puissance prétend , à cet égard , que le traité ayant été conclu avant les importâmes acquisitions de territoire que le premier consul a faites , le roi d'Angleterre, par suite de ces acquisitions , a droit à des compensations....
Les négociations en sont là , lorsque , sans autre manifeste et selon son usage , le gouvernement anglais fait courir sur les vaisseaux français de toute nature. Par réciprocité , un arrêté des consuls , en date du 22 mai , prescrit d'arrêter tous
les ÂQglais commerçant ou voyageant en France , et de les const i tiler prisonniers de guerre. Beaucoup de ces insulaires sont saisis à Paris dans les hôtels gairnis j aux tripots du Palais-Royal , dans l'alcoye des dames d'Opéra. Cet attentat au droit des gens excède l'autre ; mais Napoléon a pour principe de ne jamais demeurer en deçà des mesures rigoureuses de ses ennemis.
La carrière delà guerre est. donc rouverte... •Tout aussitôt Louis XVIII et . ses satellites ordinaires s'y lancent , à la suite des Anglais . On re- Toit parmi nous les serviteurs fidèles de la légitimité : les traîtres , les assassins y les promoteurs de troubles cfvils. Dès le mois de février 1804, ces agens renouent leur trame dans le sein même de la France ; et des noms illustres se joignent *de nouveau aux noms obscurs ou flétris de ces conspirateurs. Pichegru^ échappé de Sinamary , a reparu en Europe ; il préside à IiOndi*es à l'arrangement d'une nouvelle conspiration , que le cabinet de Saint-James adopte avec empressement... Moreau y qui depuis sa /lernière trahison , a joint à ses trophées les lauriers d'Hohenlinden , Moreau accède à cette nouvelle trame , à laquelle sourit la déplorable jalousie que lui inspirent les grandeurs de Bonaparte. On l'a vu , dans son dépit d'enfant, se jouer de l'institution de la légion d'honneur y qui l'admit lui-même y à tort il est yrai , dans ses rangs.... Qu'il se montre petit ce général qui , pour tourner en ridicule une des belles con-
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oeptioiii du premier ootMal, déeeme h un bttiânier vne canerrie dlioflEiieitr... Il est > digne d*un hém à ce point diéekn: de l'associer' à tM gnet'-epent de ouwfimr ; «tec Georges GâdcNt^ ûal, qui a du moins- le meute de servir par é|â!^ nion une cause qjoe Bibreau~ne sert que par hàor^ derie.
Cependant des trOnpes nombreuses filent sur fes' côtes de TOcëan , pour fermer le camp de Beu^ logne ; douse cenu bateaux plats se réunisseiir ou se construisent dans ce port, pour porter en Ang^rterre une formidable nrniée... Chaque matittrlé* soldat français, à son réireil, menace de ses joyeuses saSli^ la vieille tour de Douvres , eu attendant quHl menace sa garnison du plomjb de son mousqutt>«.b Les Anglais' aussi s*eÂbrcent de plaisanter de nos préparatifs hostiles ; plus tard, ils avouèrent la terreur qu'ils leur auront causée ; maintenant ils se hâtent de préparer une diversion honteusc. Pichegru et Georges Cadoudal sont débarqués en France, aveciin émigré obscur , nommé GucreL Pichegru se rend directement à Paris; Georges s*arréte à Saint-Leu , dans la vallée de Monmorency, où le général Sol de Grisolles , Tun des chefs amnistiés de l'insurrection bretonne, va le trouver. Tous trois viennent ensuite dans la ca^ pitale , pendant une nuit des premiers jours de février. Ils sont entassés dans un cabriolet, que le comte d*Hoziér , déguisé y conduit par des chemins détournés. Rien de plus ordinaire qu'tuic
double trahison dans un traître : Guerel découvre scis, complices^ et signale Sol comme l'un des promoteurs de la conspiration. II est arrêté sur le boulevard des Italiens^ et traduit devant une cornmi^îon. Mais aucune charge positive n'inculpant ce prévenu y il est acquitté : ou l'envoie toutefois à Bicétre par niesure de haute police.
Nonobstant ce pi*enLier échec , Georges ^ Picbegru et Morieau ont plusieurs entrevues pour fixer les bases de la conspiration ^ sans que le pré « fet de police puisse découvrir^ ni le lieu ni Theure de, leurs réunions, qui d'ailleurs varient chaque jour. La dernière a lieu dans Vcnclos de la Madeleine , où reposent les cendres de Louis XVI. Ce$tdans ce champ funèbre qu'on mcdite la resùiuration de cette vieille dynasticy qu'ébrancha la hache révolutionnaire... Sa restauration au profit d'un prince qui , peut-être y s'inscrivit parmi les premiers ennemis de la grande victime endormie éternellement sous les gazons, du cimetière de la Madeleine. Le premier consul est en ce moment à Saint-Cloud , entouré dt»s grenadiers de la garde consulaire , élite dévouéiî des vieilles colonnes d'Italie et d'Egypte. Or on est parvenu à faire habiller comme ces braves, environ douze cent» vendéens ou chouans. Un officier de la garde des c<»isuls, qu'on a su gagner, est de service à Saint- Cloud : il a livré le mot d'ordre , et doit se laisser relever le lendemain à la pointe du jour. Ainsi Napoléon , à son réveil , se tro^ivora au milieu
d*uiie troupe ennemie , subsiitoéei ses fidèle» pté* toriens. Les ayenneâ de SaimrCloiid seront soîipeâsement interceptées-; pecsonne ne .pourra parrenir à Paris. Dans le même moment» Georges et Pichegm , ayant entre eox Morcan, parooorront les rues de la capitale: le Tainquenr d'Hoben-linden përorera les soldats, qni^sont, dit-il, bien disposés en sa faveur ; et Ton se flatte de proclamer les Bourbons sans trop de résistance. Les cboses étant ainsi disposées , le duc d'Engfaien , qui se lient aux portes de la France , arrive à Paris » et la restauration acbéve de s'accomplir.
Tel est le plan arrangé dans, la pensée des conjurés; mais un point délicat n*est pas fixé «ntre eux : on est peu d'aocord sur le parti que chacun prétend tirer de la révolution projetée.... On est si lolu de s'entendre à cet égard , et la cause des Bourbons parait si étrangère aux vues de Moreau, quil aspire à la dignité de premier consul ; Pichegru semble vouloir se contenter du rang de second consul. Mais Georges n'accepte point la troisième place consulaire qu'on lui offre : il songe à servir loyalement les Bourbons et s'écrie : a Ma foi , bleu pour bleu, autant vaut ce- « lui qui s'y trouve qu'un autre.... » La dispute se mêle aux confërences; Texécution est remise à quatre jours , et dans Tintervalle Moréau est arrêté , le 1 5 février 1804. On se saisit- de Picbegru ' le 28 ; le 9 mars Georges , reconnu dans un cabriolet de place parle commissaire de police Gom-
Dis PARIS. yii
iBûinfB» ^ ^t ^ai^i y^i^s 1^ butte Saint-Rûch , iaal^ gvé^â' défense furieuse qu'il essaie d'opposer à la iorce^afinéerMM. de Polignac , de Rivière et plùsieim autres conjurée sont arrêtés aussi.
fAii moment où ces ëvènemens se passaient à Paris > le duc d'Eughein , fils du duc de Bourbon al' de mademoiselle d'Orïéans , sœur de feu VEga- Uêé^ vivait dans le duché de Bade^ au château d'fiiteinheim , situé à quatre lieues de Strasbourg / 9» la rive droite du Rhin. On a parlé d'intrigue galante, d'amour de la chasse , d'un goût décidé pour la vie champêtre , et d'une multitude d'au- ' trta a£Eections y variées comme les récits qui les ont alléguées, et qui avaient déterminé le duc d'JSnghien à fixer sa demeure à quelques lieues du territoire français; Les détails , puisés à bonne source, que nous venons de rapporter sur la conspiration de Moreau-, démentent assez clairement ces causes, réputées si innocentes, du séjour de Son Altesse dans le grand duché de Bade : et Ton sait que le petit-fils du prince de Gondé n'avait cessé qfjik la paix de porter les armes dans les rangs étrangers. Du reste , il est constant pour nous que le général Bcrnadotte , étant ministre de la guerre,fut pressenti par d'Enghien sur sa prochaine et clandestine arrivée à Paris i qu'alors, ce patriote loyal s'empressa de répondre à la personne chargée de cette singulière communication , que , ' le projet du prince se réalisant , il se verrait forcé de révéler son séjour dans la capitale au ministre V. 21