Î<K3 HISTOIRE
s^réganiste expédie , par ballots , à ses comiiieUans Tojageurs I Du moment qu*iine mission arrÎTc dans une tîIIc, Texercicr (le rautorité légale y cesse; la paix des familles est troublée; le clergé gallican, seul vénérable, seul doné de l'espric patriarcal, est entravé dans son ministère , sinon penëcaté et proscrit. Les missionnaires portent avec eux tnxe rivalité hostile , une superstition cruelle , et le genne de tous le» genres de trouble... C'est la terreur exercée sur la terre , au nom du ciel.
Paris même a dû subir ces processions officielles pendant la durée du jubilé, et ses fonctionnaires de tons les étages s*y associer; cela avec une circonstance qui ajoutait llnuniliation au ridicule'de cette solennité digne du dotudéme siècle. Louis XVIII, au commencement de son règne, avait ordonne qu'il iût érigé, sur la place Louis XV, un monument expiatnirr en rhonneur du roi martyr ; mais, bientôt frappé du mauvais effet que cette érection allait produire sur le peuple , il s*était secrètement opposé à ce qu'on la commençât. Charles X, incapable de calculer la portée d'une disposition, décida , par une nouvelle ordonnance, que les travaux seraient coniiuenci^ immédiatement : monarque stupide dans sa malveillance, nui ne voyait pas que cette mesure faiïuiit ressortir sa liainc pour les Français, non son respect pour la mémoire d*un frèrt* que, le premier parmi Icsprinccs, il avait lâchement abandoumcn 1790. Combinant une solennité insolemment authentique avec Tune des dernières processions du jubilé , le roi decicb que toutes les autorités y assisteraient. Ainsi Ton vit Char]e> \. ia famille royale, les grands olGciers de la couronne, les pairs, les députes, les cours de justice, suivre humblement une fouir innombrable de prêtres congrégaiiistes, de Notic-Daiiic à Ki place Louis W, où la première pierre du monument expi.\toirc fut i)é]iite et posée. Paris dévora son ressentiment ; maiil garda le souvenir de ce nouvel outrage.
En 187.7, plusieurs causes contribuèrent à faire sortir enfin l 'esprit public de la stupeur où les attentats multipliés du pouv ' "'"vaient plongé. Il s'était réveillé \ la voix des cufans dr ^ e Grèce, expirant pour la liberté, sous les déconi-
m. PAKIS.
bvM anl)auni<!s de Missolongtii. Les Fiançau, Itunteux d'être esclamd'un roi-jésuile, eux naguère si grands , secouaient violemment leurs chaînes; liste r^jouÏBsaieDt publiquement d» discussions vraiment nationaleg de U chambre de> pain louteslf^ fois qu'un projet liberdctde y paraissait^etlatintioiiaiit^, vivement excite'c, se débattait avec indignation au milieu des bandes tonsurées qui couvraient la France. L'écrit du Mondosier s la main, les patriotes, en dépit d'une police active, attaquaient , corps îi corps, le jésuitisme; partout les souscriplious pour les Hellénefi croisaient celles ouvertes pour les petits séminaires et les missions. De la dràaiFection du sptème on passa k l'attaque des hommes : Lyon, Rouen , Brest, une multitude de communes rurales , repouiséreni les comédiens ambulaus. Mais cl- qui surtout porta au plus liaut point l'exaltation nationale contre Charles X,S3Couret son ministère , ce fut de voir humilier la France , et datusts illustrations, dijbris cousolans de sa gloire évanouie , et dans l'intégrité du territoire que la ^înte-alliance a mesuré A son grf! aux Bourbons. L'ambassadeur d'Autriche , un comte d'Aponi.rort obscur malgré ses parchemins, refuse à deux de nos grands capitaines, les àuct de Dalmatiect dr Regio, ces litres qu'ils ont retus au baptême de U victoire ; le valet de ce diplomate à l'nrdre <te notnoier simplement \k* deux pri'wniiages MM. les maréchaux Soult et Oudinot. Cbailes ,\, qui reçut jadis dc Catherine II une épée rest^ vierge, ne sait pa» ce qu'une telle arme péie dans la babnce An honneurs i il L-^uvc l'injure faîte âges généraux toute naturelle; pciM- ^Hhre en est-il le complke...; car il n'en demande wu, ta ^Hliparaiion. Les ministres, le langage des courtisans k l.i bou- ^^♦te, le «ourire sur les lèvres. assistent au bal de l'insolunt Autrichien; ils ypresscntia main de l'ambassadeur de Pnuse.,. Ils la iiicssent , et pourtant aucun d'eux n'i^ure que Im gar- ^iDisons prussicnuci viennent d'envahir trois de nos villages ^■wntiéres , par le droit dc la guerre en pldne poU, et de lia!- ^■(r leurs oificiers municipaux dans Icti priiions de Uaycnu'- ^Hr-L'exallatiundesainisdela patrie est a son comble ,etpoui ^MIM les ageo^ du roi-prëlre, aveugles auiaul que rriminelii ,
4;;H HliTOlKE
|ioursuivcntaudacieuseiiieiU leurs atlentats : ibne sarentfias, les tnscnscs, mesurer la force du colosse aux millions de têtes qu*iisoutrageiit. Le 1 3 février 1837 reparaît un projet de Ici sur 1.1 police de la presse ,'Yaineineiit Téiiergique opposition s'ëlève-t-elle avec transport contre ce projet ; vainement le léc;îtimiste La Rourdoi)n£rve lui-même , pénétré des dangers que la monarcliie attire sur elle, s*ccrie-t*il d*une voix prophétique, dans la chambre élecli?e : <( C'est la charte, i\ toute la charte que la France vous demande^ si vous ta lui *t refusez , telle qu elle la désire , craignons qu elle ne Tac- I' ccpte , en désespoir de cause , d'une autre main que de Ja if vôtre , et avec moins de garanties pour la tranquillité pu- <f hlique et la monarchie Icgilimc... » Charles X, sourd à ce langage 9 incapable de Tcntendre , et ne perdant plus de vae irs intcndancvsj les gcnémlitvs^ les parletnens^QhdiAes X hausse les épaules, et traite de jacobin Tuii des fidèles champions de sa dynastie décrépite... La lot vcndale de la presse est votée ^ elle ne suffit pas encore.... il faut que la tribune elle-même soit censurée : une commission est formée dans le sein de la chambre des députés pour s'assurer de là Jîritlité des journaux, quant h Ui rédaction des dél^ats. Le sieur Laboissière , qui a propose ce moyen , attache à son front une secoinle ('liqucltc de lioiitc, en acceptant la présidence de ce comité infâme... Ainsi Tcsclavage de la tribune et celui de la pi'csse viennent d'ôtrc décrétés en même temps.
Cependant les hommes du pouvoir ont évité jusqu'ici d'irritt^r cette puissante capitale , qui sait renverser les monarrhies-, mais ils se croient maintenant assez forts pour braver la reine de nos cités. Un vieillard vénérable , le patriarche <le rindiislrie et de la bienfaisance . le Yincent-dc-PauIe des hommes laborieux, Larochefaucauld-Liancourt , est mort; i! est mort dépouillé des nombreux emplois gratuits qu'il exerça toute sa vie : nu ministère biutal l'en a dessaisi, en puiiition dos plus nobles scntimcns. Une réunion d'élèves de Châlons, (|iii vénéraient un père comnmn dans le fondateur, le protecleur <le leurécolr, veulent honorer la dépouille de Larochelourauld en la transportant à bras. Les sbires de la policé leur
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ai radient le cercueil; il tombe et s*entr'ouvrc sur le pavé avm: un lugubre retentissement... Le sang d'une jeunesse ilesarmée mouille les restes du vertueujc pair... Un si hideux attentat, commis à Toccasion d'une illustration véue'rée, retentit dans toute la France , dans toute l'Europe. Ainsi s*accomp1it le second outrage sanglant fait , par les instrumcns du tràne , à la population de Paris ; voici le troisième. Un ordre du. jour du 17 avril 1827 annonce à la g^rde nationale que le roi y satisfait de son zèle, de son dévoûment, se propose d'en passer la revue au Champs-de-Mars« dans la journée du dimanche 29; on fait coïncider avec cet avis la proinulgation d'une ordonnance annonçant le retrait du projet de loi sur la police de la presse... L'opinion publique se méprend a ces démonstrations d'un retour du pouvoir sur les actes de son despotisme : les Parisiens se réjouissent, illuminent ; de toutes parts on euteiui' crier: « Vive le roi î vive la liberté de la presse! vive la (( chambre des pairs! vive la charte!... » Dans cet élan d'enthousiasme, dansxet jet de lumières joyenses, lescongrcgani^tes seuls se taisent ; leurs maisoiis restent soinbrcs , comme leur ame... Mais, le soir même, l'illusion s'cvauouit, l'illumination éclaire des charges de cavalerie , lancées contre des citoyens qui ne manifestaient que de l'allégresse : les feux allumés par la joie se reflètent sur les sabres tirés par laliaine souveraine.
Cependant, la journée du ^29 avril a lut : trente mille hommes armés sont réunis au Chainp-de-Mars; deux cent mille citoyens les ceignent d'une écliarpe de curieux. Charles X paraît avec les princes de sa maison ; il parcourt les rangs de la garde nationale. Cette milice urbaine , cette élite de la p^pu;lation, accueille avec un certain enthousiasme le souverain ; mais, se flattant de le trouver dans des sentimens populaires, elle ne craint point de lui faire connaître ses affections et ses répugnances : u Des cris de vive la prcssel vive le roi I à bas u les ministres ! se mêlent dans les airs.... )) Le roi, nonobstant cette manifestatîou énergique , se retire , en déclarant , avec son sourire prodigue do dents, qu'il est on ne peut jdus sntisfait de la garde nationale. En se retirant, uuc légiuu; ou
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peut-être ane partie de lëgioiiy passant rue de Rivoli , crie sous les fenêtres du ministère : A bas Villèlel à bas Peyron^ Atf/!. ..Le lendemain, les Parisiensapprennent, aTecunesCopeiir égale à leur surprise , le licenciement de la garde nationale... An moment, de ce coup-d'état, imposé au roi par son ministre, d^antres disent par Mettemich, prévôt de la sainte-alliance , Ja garnison de Paris est consignée dans ses quartiers; Fartillerie est attelée à Yincennes j une batterie est même stationnée devant l'hôtel des Invalides. Ainsi, la gnarre civOe entre déslors dans les mojens de gouvernement : la longanimité senle
du peuple arrête Feffusion du sang L'un des ministres ,
M. de Larochefoucaud-Doudeauville , honteux de compter parmi des hommes prêts à massacrer les citoyens , dépose le portefeuille de la maison du roi.
Dès ce moment il n'y a plus de transaction possible entre Charles X et la France, à moins qu'il n'expulse des ministres qiû ne reculent pas devant l'idée d'une nouvefle Saint-Barthélemi... Dans l'assemblée élective, M. Laffitte, tribun courageux , s'élance à la tribune et s'écrie : u Si j'étais député de te Paris , je proposerais la mise en accusation des ministres ; u que quatre députés se présentent , je signerai le premier. . . » Elan sublime d'un vrai patriotisme, auquel répond, en se levant, tout le côté gauche de la chambre. Bientôt la session finie au milieu du tumulte qu'ont excité les fraudes , les dilapidations du ministère , le [mépris de la représentation nationale , les violations journalières faites à la charte, les droits du peuple méconnus , les citoyens outragés , et la fortune publique compromise... Villèle ferme brusquement les chambres, et, décidé à renvoyer les députés actuels par une dissolution, il rétablit la censure pour faire taire l'opinion libérale, dans le temps qu'il prépare ses honteuses séductions ; puis il la supprime pour obtenir Tappui des journaux congréganistes au monieot des élections... Les collèges électoraux se réunissent : la fraude , la corruption , la menace, ont préparé les voiesj on compte sur une majorité légitimiste , et surtout sur la disparition de ces maudaUires libéraux, environnés de l'admiration et de l'estime de la France... On se
U'ompe : IjBs inojcos infâmes que le ministère vient d*employer gnt acbeyé d'ouvrir les yeux aux plus timoré : la majorité des députa sera nationale... Paris donne le signal d'une élection populaire : Dupont-de-l'Ëure, Laffitte, Casimir Périer, Benjamin- Constant, Schonen, Ternaux, Royer-CoU lard, liouis, sont nommés dans les collèges d'arrondissement ^ d'autres corps électoraux nonunent La Fayette, Bignon, Labey-de-Pompière , Alexandre de Laborde. La fureur de Villéle est au comble... Naguère l'allégresse manifestée à l'occasion du retrait de la loi sur la presse lui paraissait sédiditieuse } l'illumination improvisée le 18 novembre à Pans , en réjouissance de l'élection libérale, lui semUe criminelle... Des troupes marchent au pas de charge vers'Ia rue St. -Denis, où la population se réjouit à la lueur des lampions : on l'écharpe à coups de sabre 5 on ajuste les citoyens aux croisées ; on massacre, en un mot.... On égorge encore le lendemain à la place Vendôme. ... Aux mouchards de Delaveauet Franchet se joignent à regret les corps de la ligne, que Clermont-Tonnerre envoie, dit-il, donner un coup de toUier, pom* en finir avec le libéralisme.... Mais le libéralisme note les fusillades de la rue St.-Denis à côté des brutalités du convoi de Larochefoulcaud, renouvelées au convoi de Manuel ; et ce sera lui, \% libéralisme, qui bientôt en finira avec la tyrannie idiote, obéissant aux jésuites et consorts.
Cependant la session s'ouvre ) la majorité royaliste se disloque, une partie du centre droit de la chambre élective se réunit au centre gauche : une majorité anti-ministérielle naît de cette combinaison ) et ce sera vainement pour la congrégation qu'elle aura jeté dans la chambre haute soixante-seize pairs nouveaux. Alors le [ministère Yillèle tombe ^ il tombe accablé de l'indignation publique ; les fusillades des iB et 19 novembre sont ses adienx^ à la France. Un ministère, dit de transition , remplace celui qui a reçu et si bien acquis le titre de déplorable ) le roi, auquel la majorité constitutionnelle de la chambre impose, en quelque sorte, un changement de système, agit dans cette circonstance en digne disciple de Loyola : en donnant à la chambre un président choisi dans ropfHûisi-
HbPjIRE
tioii «k- ;:iu«.lic, il coiist-i vc il pca près tous les préfeBcon^c ujnistes, ceux qui vicunent d'être les vils iDstrumeni de 1j fraude électorale. Ou ]>eut, d'après cette réserve, ju^er de la «jouae foi de ce priuce. Cependant M. deMartignac, appelé à dirifçer le nouveau conseil , essaie franc beiuent de conciIi«?r k% intérêts de la France et les prétentions du trône : tâche iinpojtsiblc soas un de ces souverains appelés légilimes, qui ne « oiiçoivent, qui ne concerront jamais qu'une aacîoa puisse avoir des droits. Quelques projets populaires, paniculiêrement sur Torganisation municipale, la révision des listes elector.-des, et la liberté de la presse sont produits par le nouveau conseil. A celte époque, le roî-prêire , préoccupé tiu salut de son amCj consent à diriger vers la Moréc une cipédîtiou française, pour délivrer les chrétiens de l'Orient : d ailleursla Ru>bic et FAu^eterrc le veulent ainsi.... CLarles s'exécute en i^ouiiirant : il va consacrer une de ces nationalités qu'il nie olistinénicnt ; mais , s*enip ressaut de iMlancer cette octioii {^^néreusc obligée, par unirait naturel de son caraciêi-e . Charles, le téç;uitne Charles, approuve liautemcnt Tasurpatcur doni Mi;;ucl , qui vient d*oci*upeF de vive force le trône de l'ortugil.
Ci'peudanl la majorité di* U chambre élective , con<liui tiouiiellcM'n iS^S, lit* l'est plus eu 1839 : la corruption hlm: - |j;r«'^iniste a fait rlc L'iands progrès. Le niiuistérc Marti ^ini- I e>t>i sans d*appui \ il cha!icclle, il tombe enti'c la chambre, (ini ne le soutient plus, et le trône, qui ne l'a janiiiis soutenu l'ont a coup U con;^ relation anaclie clle-niénie son inasqnr: le ministère du 8 août est proclame.... ce ministère, où l'oii « onqitera Jules de Tolignac , Bourinont et Pevromiet... e*esi le manifeste île la contre-révolution, que la feuille du Mnmtriir^ où ces nominations Sf^nl consignées. In cri de repri»h.ition s'élève de toute la France j une foule i\r fonction n.jirrs publics ([uittenl Unis emplois : Alexandre Dclaltoràt Salvandy, lîcr(in-J)evju\ , At^loi' , s'éioiqnciil lîu con>eil d , . lai ; plu^iruis ])iéfetssr ilroietleMildL Kuis font, (ions ; Cî;.ai\u; l)iiand iiMnlIui-nicme lo l'niicf.-nilte (liplomatiijne d<' PtiiiiK )h\ lonîjs jnils on j'u.' d' nv j..>p.'V' 1 1 in^jM'it. . I^csassocia
fîons se formcBt dans plusieurs dëpartemens pour soutenir, s'il le faut, h force ouverte, ce refus énergique; Paris s'inscrit au nombre des premiers opposans. Que deviendra la France enlre une monarchie qui s*écrie plus de concessions! et une nation qui repond plus d'argent? Les chambres se réunissent le i mars; le 17, deux cent vingt-un députés signent une adresse au roi , énergique , mais respectueuse , où le mécontentement de la nation , qui toujours signale le danger du trAne , est exprimé en termes positifs , quoique mesurés.. • L*avenglé monarque , cpL^QniidXne t esprit de vertige et d'erreur y répond à cet avis , si loyal , si salutaire , par une bratale prorogation de la chambre , que suit bientôt sa dissolution. Dès^Iors la conspiration royale marche droit à son bat. La Bourdonnaye a quitté le conseil , qu*il n'a pu présider, en déclarant que u lorsqu*il jouait sa tête, il voulait tenir les cartes , » Chabrol et Courvoisier, royalistes consciencieux , se sont également éloignés du cabinet. Ces trois hommes supérieurs cessent de croire à la possibilité tiu gouvernement calme, avec des hommes aussi antipathiques à la France que MM. Mangin , Dudon, de Berthier, Balainvilliers et de Renneville , que le roi vient d'appeler au 1 encours des affaires pubHques. On a dit que l'expc^ition d'Alger, entreprise, en apparence, dans un but noble et dignt.' d'une gi'ande nation, ne fut, en eflct, dans les vues secrètes de la cour, qu'un préalable à des hostilités contre la France , ainsi qu il en avait été de la guerre d'Espagne en 1823. Le ilioix du général en chef pouvait appuyer celte présomption; mais assurément la conduite de notre loyale armée ne Teut jamais confirmée. Quoi qu'il en soit, le télégraphe , en annonçant la victoire de nos armes sur le littoral africain , donne le signal d'un coup d'état , dopt l'audace n*est surpassée que par la stupidité de son auteur. Le Moniteur du '}J\ juillet oftre aux Parisiens stupéfiés cette infâme trinité d'ordonnances , qui va renverser, d'un seid coup , tout Tédiitce constitutionnel , et détruire ai^ lui tontes nos Iiber> tôs... D'un trait de plume sacrilège ic régime électoral est détniit , la presse enchaînée et la chambro noiynée par les
.•*.•• Lv:ti> ^ -i^^ LiiT^itkL.' i»ix£ o± » cixe remue. JAAiy l*
\^-U' 1 z uiK ^uitUi lÂict'.u. Zit «mT*.; pcrir tant que l«f
'^•:i..ixn:aà -^ :tr% ^•"'•jiaiiiîSic!!»: OT^r oins le coeur des ci-
;i:-w.. '. =rc c 1 i4ic r: T .c«î . à ùa L& t'oudre inonar-
^iÂ'Ur =». Jax";.-. :i. ~i • r.r:*i*ifr «cas i^ Uuiiers dont no>
. àJTTtîT '•■jim^-sr le . :rat:r.
.' i:-U: --i-: -rrr'.:"? !c ?*-""^r''= ^*^ debottl : humilir pai
^- I- j -^-^ :!?• «-.ne»:. î«*f-^ de se soiuuettK au împé-
. ^^ : -Tt---- >:? i -i^ ^'«-'^'é^ ^agat>oud , nÛM par les in-
. .^..> ^'-.w i»^*^ < ^'^ îibeur, pour enrichir seg ennemis .
% r^'^-n :^i^ a: rt!uple.ce dernier outrage... Dès le 26 «
.- ^ *:ï^*i^Lcmen5 tumultueux se fomient â Paris,
«.; *^ :> rii* . vurtout ils ont pour uojaa une portiou
.v^ .;r&^* i;^.v .luprimeuTS que les ordonnances Toueoi
.. :if>. n:. .:.iJL< c'cst particulièrement au Palais- Ro val .
.;>!> ' j"t '.' yiUrù' que vient de faii-e terminer le dut
. *;i-t^.:*r> . c -;;: Jes groupes se montrent irrites et hostiles...
Uv itvui. ;«A.;vi> sont reconnus , attaques , bAtonnés, les gt:ij-
;.->it.x .•. L-s patrouilles de la garde royale dissipent âvcu
^,.iv. t,-« ::u55cs furieuses. Pendant ces (jraves evène:iieu> .
.•.•..>.ation contre les ordonnances , preiaier uianife^ii-
. ^^ fti. .'11 , e^t signée par cinquante journaliste^ libéraux...
«...10 coté , la b:!nque , le commerce , l'industrie , jmcxt
I. , .».'i tout escompte , d inieriompre tout négoce, de ici-
....• '..His les ateliers... C'est iaire comprendieà la classe ou-
. '.^v que son salut n'est plus que dans Tins urrection, l'i u-
«..v\\\tiou devenue le plus («aint des devoirs. Cette classe !.«-
;xMu-use et brave comprend cet avis. L'aurore du 2^; la
ii\nn c iigglomérée pour conquérir des armes. Elle sera digne-
iiu'iiC hecondée par Jesécolcs^ que garrotte le despotisme ton
iiiii'i p'tL' 1^'^ débris de la vieille armée, que la restauration
(ibiruva d'humiliations et de misère ; parles soldats-citoyens.
,iii«f ]i: brutal licenciement de 18^7 outragea. Les premiers
ui^ittih d'une révolution , connue ceux de l'orage , se res-
»iiuill|i^ s: titi i83o, comme en 1789, les faubourg>
iJll ^ U!nt vers le centre : le quartier Saint-Houoré ,
I, sont inondes par une fotdc innombrable, au
ut KAKIS. 4?5
tdessnstle laquelle groude 1^ voix de l'ingurMction. Dans le
Mardin du Palais, le» cliaiKf» «ont redevenues des tribunes, le*
jeunes patriotes des orateurs , la population un club : ici les
vét<!raD5 de b vieille révolution excitent les ji^unes t£tcs i|iii
doivent acconiplir la nouvelle; là des lecteurs improvisa
I déclament , d'une voix relentissanie , les articles saturés d'in-
■ à'gualion des journaux t- National cl le Temps , qui D'il
V|iaru , malgré' l'assaut nocturne donne il leurs presses.
Cependant de gros ddtacliemens (ie gendarmerie , de troupes de ligne , et surtout de gordc rnyaln , cireiiknt «u divers sens j il est »!vident qu'ils prennent de» pontiotu.. ■ Un
I général paraît... C'est le litrvitetirpaijtire dcNftpoli^a; c'nt ffaonune de la trnhison. . . Ragunc , dont l'iiahit , ainsi qu'il le iâîra Uientât lui-mèine , est empreint de l'infamie di- iKi4- Xe choix seul du chef de la force arm^c fait pressentir l'u- Uge qu'on en prétend faire. En effet, Jules de Polignac arrive h trois bcures de Saint-Cloud , où le roi cl son dis se disposent il prendre le plaisir de la cliassc ; le ministre- chouan rapporte l'ordre de massacier le.s Pariï^iens. Le faubourg Saint-Antoine, le faubourg Sainl-Jacque» et le Pslais-1\oyal sont attaquessimultattcmcnt... Le peuple, massé sur ces divers points, le peuple, saus ormes, est sabré, fusilli! , traqué, lorsqu'il fuit... Rue Saînt-llonoré , le cadavre d'une femme, ti«?e à sa porte , csl le premier étendard élevé nul^dessns de l'amice populaire : étendard sanglant qui reçoit un Ifennent de vengeance, prononcé avec rage... On crie auj ' n ia lilitrté]... C'est le cri de 1789... On s'arme Me tout ce qui tombe sous la main : bâtons, outils, barres :i)e fer, balcons brisés, ferrures enlevées aux boutiques, lulils , instrumens domestiques , pierres de taille liroyées, pavés brisés , servent d'abord la vengeance du jKuple-, mai» bientât des coups de pistolet et de funl partent ' is masses parisiennes; d'intrépides élèves, enfin pouiTusde ~MbreB, d'épées, de baïonnettes, se précipitent t£te baissée dans les rangs de leurs ennemis. Les a leurs magasins au.t soldats de la 11 l trouvé daimes : *. ISi
« soiit-iis ccrics ; iioiu vous les rendroiis, après vous avoit u vengés. 1) La nuit étend ses voiles entre les combat taiis ; mais le lendemain ils se trouveront , et la population n*ol- Irira plus aux sicaires de la couronne des victimes à immoler, mais des guerriers , les guerriers du désespoir h combattre...
Tandis que ces scènes tragiques ensanglintent la rue, ui Ton délibère , là on conspire dans les salons. Une assemblée de député» est réunie chez M. Casimir Perrier , et , le 27 encore , on ny agite que le retrait des ordonnances et le renvoi des ininîttres. Chex Jaleii de Polignac , on distribue à dt*s sbires quarante mandats d'arrestation, décernés contre les députés et les publicistes les plus influens, et Tenfant des orgies de Trianon iléclare à son entourage aristocratique que Paris est en état de siège. Maïs , le !i8 au matin , entre ces ordres et Texécutiofl , il y a des milliers de citovens en armes.... Ce n'est plus le retour sur un acte arbitraire et Tex pulsion d*mi conseil abhorré que demande la capitale : sa popidatiou s*es( lovée au cri de : Haine ft lu royantr! Mort à Chtult*s XI Av»iit <ravoir joint les soldats du roi parjure , on pulvérise partout li'S insij;nes de sa roviulé , les amies de sa maison. Pendant CCS préliminaires, on achève (renie ver les fusils laissés à la gardr nationale , ou fond en balles los gouttières des maisons , on élève des b.irricadcs formées de pavés, de charrettes, de diligences rcnvei-sées, de tonneaux superposés; quelques-unes , dont Kl coiistriKlion est dirii^ée par dos olUcicrs du génio, présentent drs redoutes rrgulièros... Le nombre de ces retranchemcns improvisés s'cîève à près de quatitî mille. Du reste, des pavés, des moellons, des briques, <les tuiles so:it amoncelés sur le» toits , dans les greniers , d.uis les appartonien>. Les portes Saint-Denis et iSaint-Marlin , eharijées de projectiles et de citoyens , sont devenues diîs forteresso.> ; il en e^i ainsi de l'édiliee inachevé de l'éK'i^.inte ^ladehine , illa Bourse, du IhéAtre - lran«;ais , du nouveau théâtre lî ■ rOpéra-Coniiquo ^ etr. A dix heuies . l'eii;;aj»onient ciiiie hsuppôts du rlespotisnic tt les toiujuér.uis de î.i IîImu.^ ,• r
inmeneé sui vingt pomt^ di(féieii> : un se bat à la pîao: A- ^
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Victoires , d*iui bout à l'autre du boulcTard , aux balles , rue Saint-Honorë , sur les quais , aux prisons , aux arsenaux ; mais on se COI1I bal surtout à l'Hôtel -de- Ville : c'est là , c'est vers ce vieux édifice municipal , où le peuple ressaisit ses droits en 1789, qu'il s'efTorcc aujourd'bui de les reconquérir.. « Là , comme sur les vingt champs de bataille où la lutte est iengagée , le patriotisme ne reconnaît pitis d*âge , plus de sexe : on compte des vieillards, des femmes, des enfatis panni les héros... Dans la nuit du 28 au ^9, la victoire du peuple n*cst déjà plus douteuse ^ le duc de Raguse s*est concentré à la place A endôine , aux Tuileries , ^a Louvre , au Palais-Royal , et (Icja les dispositions sont faites pour une retraite par les routes de Saint-Cloud et de Neuillj. Cependant dix*huit millfr hommes: Suisses, garde française, cuirasssiers , lanciers, gendarmerie , ont épuisé leurs efloils sacrilèges ^ une formidable artillerYC a tonné sur des masses à peine armées ^ la ligne incmc a secondé , dans le premier moment , mais sans persistance , les troupes royales : ils se sont rappelés , les soldats (le la ligne , qu'ils sont citoyens et membres de la grande fa- 4uiile , avant d*etre les instrumens d^ pouvoir.
Tandis quon se bat avec acharnement, des députés véuiiis, ce jour-là, chez M. Audry de Puyraveau, songent encore k réconciUer le peuple et la monarchie. Une députation se rend au Carrousel auprès du maréchal Marmont : elle est composée de MM. Lafiitte, Casimir Pcrrier, Mauguln, Gélard et Lobau. M. Laffitte porte la parole. L'entrevue est courte : le commandant de la garde répond à rhtMiorable ^léputé, qui l'adjure de faire cesser l'eifasion du sang , que u I honneur miUtaire est l'obéissance. -—L'honneur civil, ré- (( pliquc vivement M. Laffitte , est de ne point ^[orger les <( citoyens. » Puis il invite le maréchal à rendre compte au ro'\ de la démarche faite par la dépiitation... Le général promet de le faire 3 mais il demande aux députés d'user de leur influence pour faire rentier la peuple dans la soumission. <( Oui , maréchal , répond Toratcur ^ mais , avant tout , les or- (( donnances doivent être rapportées et le ministère changé. . . a Si cette satisfaction n'est pat donnée ;4ous les députés pi*é-
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M sensà Paris se jetteront dans le mouvement. » Mannont promet défaire paryenir la réponse du roi à M. Laffîtte... Cette réponse la Toici : Charles X £ût dire au maréchal u qu'il ait <c à bien se tenir ; qu'il faut désormais réunir toutes les trou- (( pes sur le Carrousel, sur la place Louis XV, et ne plus (c agir qu'avec des masses. •• On ne sera tranquille , a dit, la u veille , le pieux monarque , en faisant sa partie de wisth , u au bruit de lapremi&re fusillade, on ne sera tranquille que ic quand onaura jeté trente mille de cesgens-lk sur le carreau. . . u ParisienSi voilà le FntaçaU de plus auquel vous ouvriez les bras en 1814! On pense bien que la rcj>onsé sanguinaire du roi-jésuite n'est point transmise aux députés^ ils en attendent vainement une jusqu'à minuit... A cette heure , au bruit da tocsin , qui sonne toujours, la voix du vénérable La£a jette fait entendre ces mots : u Bonsoir, mes amis ) relevons demain le drapeau « tricolore, ou mourons glorieusement avec lepeu|de. »
Le vétéran de la liberté des deux mondes, franchissant sou.< le poids de l'âge les barricades parisiennes, se rend en effet à THôtel-de-Ville. Jusqu'alors un seul officier d'un grade élevé, le général Dubourg, a combattu à la tête des légions citoyennes... Les autres généraux furent des élèves de l'Ecole-Polvtechnique. Les vainqueurs du ^8 ont reparu, en armes , dos Taube dn 29; ils jurent d'en finir ce jour-là avec les satellites de la royauté. Les gendarmes de Paris ont été désarnics , la ligne s'est soumise au peuple , la cavalerie royale est presque toute exterminée } restent donc les Suisses et les débris du troisième régiment de la garde , qui se sont renfennés au Louvre , aux Tuileries , au Palais-Royal et dans quelques maisons particulières de ce quartier. Trois cents Suisses songent à se défendre à la caserne de Babylone. . . A. deux heures , toutes ces positions sont enlevées ; le peuple est vainqueur ; il est Tunique souverain de la capitale... Son drapeau chéri ilotte a FHoteUde- Ville et sur les tours de Notre-Dame.
A ce point , Charles X veut négocier : il consent au retrait
des 01 donnanccs , au renvoi des ministres y il a même donné
des portefeuilles à MM. Casimir Pcrrier, Dupin et Gérard...
* t>r)p tard^ répond la commission des députés , au nom