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bières, de la«oumi»ion avec lés ciseaux de ses censeurs, «t do calme intérieur avec les jugemen» iniques quedicta un Pcjron<» net, ou les coups de plat de sabre correctionnels que faisait ad-^ ministrer- un Delà veau. Passant rapidement sur les cttospirationsde Bëfort et du général Berton , où d'infâmes agens provocateurs-livrent encore des têtes au terrorisme royal , nous arrivonsàla plus grande démonstration du régne dcLouisXYIII , c'est-à-dire Ja guerre d'Espagne, qui doit , à toute force ^ faire nn Lérosde Tinepte duc d'Angoulême. Le motif de cetteguerre , permise au roi de France par la sainte alliance, est de rétablir tout d'un coup Tabsolutisme dans la Péninsule révolutionnée, et de préluder ainsi à nos portes au coup de grâce que Ton se dispose h porter aux libertés fratiçaises. Ce grand projet a été précédé par une nouvelle émission d'entraves aux trois bases fondamentales des ce» libertés : la presse^ le 1^giine électoral , le droit des gens. Les Français n'ont pas ou-« blié les désastres que nos armées impériales , malgré l'expérience de leui*s cbefs et leur bravoure éclatante, ont éprouvés au-delà des Pyrénées de 1808 à 181 4* L'expédition projetée, indépendamment même de l'arrièrc-pénsée contre-révolutionnaire qu'on y attadie , préoccupe tristement la nation.... On chercbe d'abord à l'en distraire par la fable niaise d'une liaie de baïonnettes opposée aux miasmes de la fièvre jaune y puis on oflre une diversion plus réelle à Topinion publique-, en puisant dans l'arsenal, déjà tant de fois fouillé , des conjurations armées ou écrites... Alors naît la brillante idée des procès de tendance y due au fécond Peyronnet , dont le nionarcbisme inventera bientôt d'autres ressorts d'oppression. Une foule d'hommes de lettres reconimandables sont enlacés, presque simultanément, dans ce filet nouvellement tissu... Béranger, le poète de la patrie^ Jouy, moraliste distingué^ Jay, connu par d'estimables compositions historiques^ Cauchois Lemaire, publiciste patriote et nerveux^ Magallon, jeune légiste déjà célèbre par ses écrits indépendans , sont traînés tour k ^our devant des tribunaux vendus au pouvoir... Le dernier de ces écrivains, et plus tard un littérateur non
lins courageux, Fou ta», sont accouplés, dans les prisons , avec des criminels infe«té« de maladies contagieuses.. . TcUm^ " •ont les dcstine'es que Louii^lc Désiré réservait à ce boD peuple dont il était venu consolider la liberté , et combler de> trésors de la paix et de l'abondance. Tandi.s que ces rigueun s'exercent à Faris , la lêle du n>si*écIial-des-lDgis Sîrejean tombe à Toars; celle du copiiaioe Vallé à Marseille... Ce sont encore des conspirateurs. Cependant , ni les procès de tendance , ni les exécutions , ni même des troubles graves qui éclatent à Lyon en mai io2> , ne détoorncnt l'allention d'une nation inquiète de la guerre d'Espagne j guerre que l'oppontion tribnnitieDne et le ministre Tallj'erand lui-même déclarent ttnpolitique , mineuse et sans utilité'. Personne n'ignore que Louis XVIU songe à frapper, au-delà des Pyrénées, la révolution française. Des troubles récens ont éclaté à Toulon , à Nantes, à Béfort, à Sauinur , à La Ro- (helle , non parce qu'on veut , ainsi que le disent les réqtusiloîres banaux , attenter à la sûreté de l'Etat , et changer te f;i>u<iernement , mais parce que de justes craintes , du légitimes mécoutentemens sont excités. Or, ces seu^mens ont tics or- {janes dans l'assembli'C rcpiéstniaiiïe : Foj , LaFaielle, Benjamin-Constant , La6tte , Voyer-d'Ar^nson , portent le fiambleau d'une franche discussion dans cet anlre lénébretu d'intrigues contre-révolutionnaires.... Comment arrêter cet jets de pensée patriotique ! Bellart le tentera , en tâchant d'inciîminer les ïn^yntions de ces cbeA de l'opposition libérale...
C'est dans une circonstance oit la tjrraonie se signale par ces rigueurs arbitraires, que l'on réédifie ion image personnifiée : lastatue équestre de LouisXiV est iiMaguréesQrla|rface des Victoires le 35 août iSsa. Le moment est mal chtâsi pour cette restauration : elle est accueillie avec une extrême froideur par les Parisiens.
Enfin le belliqueux Louis XVIll a obtenu ) au congrès de Vérone, par l'organe de M. de Chateaubriand , la liberté de se ruer mr les constitutionnels Mpapioli. . . Ainsi se trouve con-
sacré ce fameux droit ti'ùttervention , qui ne permet ni aux peuples y ni aux rois, d'être les maîtres chez eux , et livre leurs destinées à des étrangers , qui en jugeront selon leurs intérêts. Cent mille Français , commandés par le duc d'Angoulême , se disposent à franchir les Pyrénées.
Dans ce temps il se passe à la chambre des députés une scène d'un genre encore neuf dans les annales de l'arbitraire. M. Manuel , député de la Vendée y orateur rempli d'une soudaineté nerveu^ , d'une chaleur d'improvisation contre laquelle la majorité servile ne lutte qu'avec désavantage, M. Manuel n'a'été admis à la chambre qu'après une foule de difficultés tendantes à faire annuler son élection. Or, dans un discours de ce mandataire patriote, les absolutistes, interprétant une phrase inachevée , déclarent que la majesté royale est insultée^ et, sur la proposition de M. Hyde de Neuville , la droite et le centre droit font décider l'expulsion de Manuel du corps représentatif, pour le reste de la présente session... Le côté et le centre gauches se sont abstenus de-TOter : ce fait seul devrait infirmer la décision; mais l'irascible majorité, qui tient à éloigner de la tribune nationale unadversaire aussi redoutable que Manuel, déclare qUe, s'ilnes'abstieitt pas de paraître a la chambre, ilsera enlevé parla force armée. L'honorable tribun , peu intimidé par cette menace , vient le 4 mars prendre sa place accoutumée. Alors des vociférations , des hurlemens s'élèvent de la droite... Le président appelle un poftte de garde nationale pour exécuter l'indigne arrêté de la veille. Le détachement qui paraît est commandé par le sergent Mercier, passementier, rue Aux Fers. Cet honnête citoyen, mieux pénétré de ses devoirs que ceux qui l'appellent des leurs , refuse de porter la main sv un député , qu'il considère comme inyiolable. Survient le colonel de gendarmerie Foucault , avec ses soldats de police : Eupoigitez-moi M. Manuel, s'écrie-t-il en style de patrouille grise ; et le mandataire du peuple est entraîné hors de l'enceinte... soixante-un députés de l'opposition le suivent... Le triomphe des légitimistes est donc plus complet encore qu'ils n'avaient
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osé l'espérer. Mais non, uoe proCeitation signée par.'cifCK: minorité delà chambre , couTiira dlnAunie les auteurs d'Wit' violation sans exemple. Le 19 du même mois, on lit dan^ le Moniteur, qui a dénaturé les événemeas du 4 1 ^^ ordonnance portant r « Le neur Mierder, sergent dans la quA- <i trîéme légion de la garde nationale de Paris , sora rajé' tf imniédîatement des contrAles de laditegarde; • • nLoubXVIII,. en se montrant jaloux , sans doute y de partager l'infamie de la chambre, vient d'expédier un brevet d'illustration aa citoyen qu'il croit dégrader.
Cependant le duc d'Angoulftme , généralissime de Yanaé^ dite des Pyrénées , parti de Paris le i5 mars, arrive à Baronne lé 3o ; et le 7 avril, après avoir fait câébrer la messe sur toute la ligne de ses troupes , réunies sur la Bidassoa , iait commencer le passage de cette rivière. La guerre dfEspagne , inique dans son motif, sera féconde en immortalités de toute uatures on'y verra stutout ressortir les infidélité d!une administration militaire avide autant qu'iiMspte , et dont le$ membres n'en seront pas moins cbamairés de croix au retour de cette glorieuse campagne. Plus tard la liquidation du fournisseur général Ouvrard Té vêlera de nouvelles turpitudes ) elles demeureront impunies) mais dumoins^ Topinioa publique les flétrira du mépris qu'elles méritent En définitive^ le peuple français paiera quatre cent millions de francs l'essai que Louis>le-Desiré a envoyé faire contre les dernières libertés de la France. En novembre, les opérations de la Péninsule sont terminées : le duc d'Angoulême , ainsi qu'Achille , a vaincu. en courant. Une ordonnance royale prescrit de terminer l'arc triomphal de l'Etoile , pour perpétuer la gloire du prince magnanime qui vient de replacer le roi d'Espagne sur le trône de ses pères. Le vainqueur des cousUtutionnels espagnols, fait son entrée à Paris le :2 décembre ^ il traverse 1 arc de l'Etoile , figuré en toile peinte à la détrempe. La ^arde nationale, les troupes de la garnison, les autorités diverses se portent au-devant de son altesse jusqu'à l'extrémité ries Chauip-Elysées. Monseigneur reçoit avec modestie les fé-«
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licitations qu^on lui adresse } on ^aît que le géoéralissime est honteux de sa gloire : cette honte serait équitable.
Le ^4 du même mois de décembre , Louis XYIII commencé à exploiter Tabsolutisme, dont lesarmes françaises viennent de consacrer Jeprîncipe en Espagne : la chambre des députés est dissoute, on attend du système électoral, combiné dans l'intérêt exclusif de la couronne y une représentation docile , franche«nient ennemie des prérogatives de la nation, et disposée enfin à laisser rouler librement le char de la contre-révOlution. Mais le monarque régnant n'est point destiné à lui voir at* teindre le terme de sa course , cet ancien régime si fervem* ment invoqué par les absolutistes et les apostoliques. Depuis quelques mois , la santé du roi busse sensiblement 1 ce n'est qu'avec une peine extrême que les médecins ont pu arrêter , jusqu'à cette époque , l'invasion ascendante de l'humeur qui dévore les jambes de Sa Majesté. Le moral même du prince est aigri en voyant résumer son règne glorieux par la tristp infirmité qui l'oblige à se faire voiturer dans sesappartttnens, sur un fauteuil roulant , et hisser en voiture par des moyens mécaniques. Malgré l'affaiblissement rapide de la santé du roi > il est probable que ce prince médite des mesiures vio> lemment arbitraires, puisque , le i3 août , neuf jours après la clôture de la session législative , ce monarque rétablit , par une ordonnance , l'ignoble exercice de la censure. Le 26 du même mois, le roi achève d'abandonner l'instruction publique au pouvoir ecclasiastique , en la réunissant aux attributions d'un nouveau ministre des affaires ecclésiastiques y et en donnant au titidaire de ce département (le comte de Freyssinous)le titre de grand-maître de l'Université. Par ordonnance du même joiu*^ Louis XVIII rétablit, comme corporation politique , le conseil-d'état , qui tout à la fois autorité judiciaire et administrative , sans être assujetti à aucim contrôle , doit nécessairement exercer une action contraire à la charte, car elle n'a point prévu l'existence de cette institution.
La marche du système contre-révolutionnaire en était à ce point, lorsque le nrial de Sa Majesté commença à faire craincL e
ponr tes joan ^ Louis s'accoatumait depois loiig-4emps à l'idée destifin prochaine : aussi , lorsqu'il lisait dans les jonraaux j qu'il reccTait tous , quelques plaintes des amis de k liberté 9 il (fisait avec un accent anufdt o Us seplaignent^les * (c libéraux, ils en Tcrront bien d'autres quand ik seronit sous « le surplis de mon frère! » Enfin l'auteur delà charte cessa de yiyre le i6 septembre 1824 9 à quatre heures du oùatm , * après Tingt-neuf ans de règne sur le papier , mais seulement (Ux ans de règne e£feçtif •
Ce prince à suffisamment dessiné son caractère politique par les actes de son gouvernement que nous avons rappoi^ tés : l'homme pô^é est moins connu. Louis 'XVIII était doué d'un esprit brillant , mais peu solide ; d'une instruction qui paraissait vaste, parce qu'elle était habilement prodiûte s il j avait surtout dans sa conversation un étalage afiectë d'érudition latine^ Horace était son auteur favori; il le citait à tout propos... Louis XYIU , quoique dépourvu de cette far« meté^iui natt d'une heureuse combinaison du courage mo^ rai et du courage physique ^ montrait en toute chose une'vo* lonté opiniâtre. Du reste , jamais monarque ne fut plot personnel ^ tout dans le gouvernement devait se rapporter à sa personne : il avait trop d'esprit pour dire l'Etat , c'est moi } mais il le pensait et agissait en conséquence. Dans la vie privée , ce penchant prenait le caractère hideux de Tégoïsme et de Tinsensibilité. Louis répétait souvenl^u'il avait dormi huit heures le jour où il apprit le supplice de son frère; ajoutant qu'aucune circonstance , aucun événement n'avait pu ni troubler sou sonuneii , ni diminuer son appétit. On a prêté de tendres faiblesses à ce prince , dans un âge et dans une situa* tion maladive y où Famour conserve peu d* empire sur les hommes : il est plus naturel de penser que sa munificence j si libéralement exercée envers mesdames de Serres , Prinsteau et Ducayla , tint k une pure galanterie d'esprit et de procédés... Nous ne pouvons nous décider à flétrir la réputation de ces dames de Tidée que d'intimes complaisances' de leur part, envers un prince affligé d'une gangrène dévorante.
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aient pu mériter les magnifiques cadeaux' qu'il leur fit *^ Le 1?^ septembre , après avoir été exposés plusieurs jours dans u^K* chapelle ardente aux Tuileries , les restes de Louis XVIII sont transportés à Saint-Denis an milieu d'un cortège pompeux , ou le chergé seul ne paraît point.... Quel est donc le motif de ce délaissement étrange des ministres de la religion?.... L*obseryateur ne le cherche pas long- temps : le feu roi accorda au pouvoir ecclésiastique une grande prépondérance 'y mais s'il fkvorisa les jésuites comme prêtres , il les surveilla et trompa leurs espérances comme sectaires, comme dominateurs de la puissance suprême.... Qr les jésuites sont tout-puissans aujourd'hui ; ils se vengent.
Cependant Charles X donne, à. Saint-Clond, sa première audience royale aux grands corps de l'Etat , et leur dit , entre autres belles choses, que feu son frère savait le latin et qu'il ne le sait pas. Sa majesté parle beaucoup de son cœur, et de tout ce qu'il lui inspire de bienveillant en faveur de la nation française. Le 27 septembre , Charles fait son entrée à Paris , à cheval ; il se rend d'abord à Notre-Dame , puis au château des Tuileries : il s'y établit dans les appartemens royaux.
Les Parisiens ont vu mourir Louis XYIII sans regrets^ ils accueillent son successeur sans la nraindre démonstration de joie. U règne même dans le peuple une prévention défavorable au nouveau souverain. On connaît son inflexible penchant vers les institutions de l'ancien régime } on sait qu'il accéda pleinement aux menées ténébreuses^u pavillon Marsan. . . Il n'est donc que trop naturel de penser que Charles X courra à la réalisation de ses espérances , au rétablissement de la monarcliie purenoient et simplement absolue... absolue, entendonsnous toutefois^ car il est avéré que le monarque, récenmnent intronisé^ a juré de rétablir Tordre de Loyola , et partout où les jésuites existent , ils régnent. Il paraît donc évident que le joug ultramontain va peser sur la France , sur le monarque même , en laissant à sa couronne le vain éclat dont il
* Vo rez pour des détails sur le favoritisme de madame Ducayla , Tarticl^ SAUfT-OuEir, dans notre Histoire des EirviROvs db Paris.
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peut $e contenler. D*après cietle joste appi^édation des* prëcédens de Cliaries X , la partie sensée da peonle ne se lalsie pas séduire par l'aboUdon ^ ia ccasnvv j qw^PliiioiBse rordomiaiice da ag septembre ; h eonfitim poUiqoe n'est pasmâmeconquise^à la séance d'oii?ermre des chanibres, par cette promesse da roi : v Prosterné aa mèmt aotd'où G6y& a reçQt Foncfion sainte, et en j^résence de cdai qai joge kt « peuples et les rois , je renouvellerai le serment de mûnte- « nir et de faire observer les lois de FEtat çt les- institutions « octrojées par le roi mou frère» » Dans ces paroles, on trouTe. déjà une subtilité jésuitique : le mot charte est esqoité et remplacé par l'expression Tague à^msiiiuHoiu ; le m£B|f| subterfuge s'est rencontré dansForaison funèbre deLouisX'VIII, prononcée par H. de Freysnnous.... Hais le discours du trône £ût naître une inquiétude plus réelle : on comprend trop ce que Charles X entend par u les moyens de fermer ks « dernières plaies de la révolution. » On frânit en lui entendant dire: «Le moment est venu d'exécuter les sages desseins « que le feu roi avait conçus* La situation de nos finances u permettra d'accomplir ce grand acte de justice et de poU^' tt tique y sans augmenter les impôts , sans nuire au crédit , sans « retrancher aucune partie des fonds destinés aux divers sertt vices publics...» Cest un immense banquet de millions qu'il faut servir à Fémigration : ce sont les coups portés pendant vingt-cinq i|ns à la patrie qu*it est juste et politique de récompenser.
Le règne de Charles X, c*est la succession des attentats du parti coDgréganiste contre tous les droits , contre toutes les gloires de la nation : nous n'avons donc que cela à décrire en parcourant cette période de cinq ans. Dans Fénumération pressée des crimes d'une faction ambitieuse , agissant au nom d*un monarque stupide , nous verrons clairement une 4ji^^* tie courir à sa ruine ^ chacun des évcnemens sera prophétique, et le prince seul u frappé de cet esprit de vertige et d'erreur, « de la chute des rois^ funeste avant-coureur n , méconnaîtsa son propre danger, etsoturira au bord du goufhre entr*ouvert sous
ses pas. Mais 11 est temps de soul^rer h voile qui ^ durant le régne précédent , couvrit sans le cacher ce conciliabule oc* culte^ cette CamariUa qui n*eut jusqu'à ce jour qu*un crédit limité par le pouvoir jaloux et exclusif de Louis XYIII , mais dont Tautorité sera désormais sans bornes. L'irascible duchesse d'AngouIême en estl'ame^ son époux l'agent passif, le drapeau. Autour d'eux se groupent le jésuite Tharin , qui j dans réducation du jeune duc de Bordeaux , forme un esclave de sa compagnie , et ménage à la France un mannequin couronné^ le cardinal de Latil, fondé de pouvoirs du pape, chargé par ce pontife de soumettre la France au saint-siège^ le cardinal-prince de Croï-Solre , autre ultrampntain ardent, qui, dans ses prétentions de grand aumônier, opposées à celles de Farchevéque de Paris , donna récenunent , non loin du lit ou s'éteignait Louis XYIII , le spectacle scandaleux d'une dispute ecclésiastique pour la confession d'un prince comédien de piété , alliée par conviction , et qui repoussait les deux concurrens. Pour trompette , la CamariUa s'est associé Freyssinous, évêque in partibus d'Hermopolis , qui proclame ses doctrines en chaire , comme l'empyrique proclame, sur les trétaux, Fefficacité de son baunie^ puis Lamenais , écrivain habile, dont la morale, formée d'élëmens disparates eniprtmtés à la philosophie et aux principes de la Sorbonne , caresse Toreille du siècle à la manière des syrènes , pour l'entraîner et le jeter, désarmé de raison et de patriotisme , sous le vaste éteignoir de la congrégation. En première réserve , viennent Montrouge et Saint- Acheul ^ double sanctuaire où le jésuitisme se propage et se perpétue. Paraît ensuite une troupe de chapelains, d'aumôniers , de missionnaires, éclaireurs alertes, qui voltigent sans cesse d'un lieu à un autre ; liant les opérations du château à la gestion des évêques , et colportant les instructions du comité central dans les* séminaires , dans les missions voyageuses et jusque dans les prétendus couvens , ou quelques coquettes surannées croient expier les dérèglcmens de leur jeunesse^ Tel est le gouvernement réel de la France : roi , ministres ,
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partie terfile de la chàmbve haute, portmi Tendtté de la repréMotation nationale , tout Ta recercrir FinfliieBee-de ce partiy écho de Rome et de la saiiite-alHaBce' : qu'il réiii* siase , et les Toileries ne iont plos qa'nne anneie da Vatican... Vaine déclamation! yont s'écrier les partisans éo ttmÊ^etdm trômcj les mbnin^temrs dm bon.vieiue temjptj dont Chatlet X promettait l'heurenz retour; Tojons donc les iiBdis. Le premier acte de ce gouTemement le peint d'an seul trah t û hd tarde de flétrir lé corps reprësenutif , et de lé flétrir avec l'appareil )e plus imposant de la l^islation : le garde-dessceanz , Peyronnet , pràente it la chambrci la loi da samiègt^ frafpodent de tiarbanë du moyen - âge j devant lequel eût reculé le quinnéme siècle.... Et les mendataires d^e «ation florissant au dix-neariéme siècle, osent consacrer le carcan, la peine de mort, la punition des parricides pour l'insidte fidte, nonàdes hommes, mais aux objets inanimés serrant a des rites, à des représentations théâtralâ, dont l'indication ne setrouye nulle part dans la charte sublime des chrétiens, dans l'Evangile. A cette occasion, une majorité de trois cents députés se range sons les bannières de Yillèle : Spartiates de la servilité , qui , secondés par des pairs non moins serviles , livrent la dignité représentative au ministél^e.... L'adoption de la loi du sacrilège forme le plus honteux contraste avec h conduite même du roi catholique , qui , ressaisi de son sceptre absolu , n'osa pas rétablir d'abord l'inquisition..
La loi du sacrilège a été votée le 20 avril par la chambre des députés, et, dès le S17, ViUèle apporte à cette chambre, déjà vouée à la plus honteuse infamie , un projet par lequel la couronne demande un milliardpour les émigrés ou leurs ajans cause... Ce salaire de la trahison , ce prix des coups portés à la patrie et du sang de ses enfans, versé par un fer sacrilège, eh bien! il est voté, dans une seule séance, par une sorte d'acdamatioD qui fait fuir épouvantée la vertueuse opposition , dont les efforts viennent de se briser contre un roc d'impudeur et d'immoralité... Pauvres Français ! vous venaa de payer quatre cents millions pour rétablir le despotisme en Espagne^ payez
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donc maintenant un million pour récompenser les meurtriers de vos pares ! . .. Lfi convention nationale aussi vota un milliard en faveur des braves api 'opposèrent une digue d'héroïque dévoûment à TinvasioAtrangére } mais ce sacrifice y motivé sur des droits sacrés , ne se consomma point : le soldat répu-^ blicain trouva tout simple qu'on ne lui payât point la défense du pays... les émigrés sont médiocrement satisfaits de la somme énorme qu'on leur donna pour Tavoir attaqué. Nous aurons peine maintenant à suivre les progrès r^ides de la contre-révolution : au splendide banquet de millions servis à rémigration , succède la loi sur la datte publique et l'amortissement } loi tout à la fois frauduleuse et immorale : frau* duleuse, parce qu'elle atteint la prospérité nationale et le crédit public en réduisant l'intérêt à trois pour cent; inunorale, parce qu'elle tend à diminuer le nombre des électeurs , et à concentrer de plus en plus le droit électoral dans l'aristocratie... L'indignation publique sera tenue en baleine durant toute la durée de ce funeste règne : elle est encore stupéfiée de la loi du trois pour cent , lorsqu'on lui office pour aliment une loi accordant des pensions aux sous-officiers et soldats qui, en 1792 , faisaient partie des gardes suisses : voilà donc le peuple français traîneau tribunal impie de la restauration , pour être puni de tous le» actes de liberté et d'indépendance dont il fut coupable. Un peu plus tard une souscription est ouverte pour l'érection d'une statue au général Picbegru , à cet homme qui se vendit aux Bourbons , qui leur eût livré la patrie sans le coup d'Etat du 18 fructidor, etdontla trahison eût peut-être fait alors égorger une moitié de la France par l'autre moitié. Cependant Charles X , sacré à Reims le 29 mai, Châles X , oint de cette sainte ampoule miraculeusement produite sous Clo vis , miraculeusement retrouvée en 1825, après avoir été répandue en 1793^ Charles X , disons-nous, a Juré fie rendre bonne justice à tous ses sujets y et de gouverner conformément aux lois du royaume et a la chakte coHÉriTUTiOFr— NELLE... Ainsi , le 29 mai , fut écrite au ciel la date d'un parjure.
L'absolutisme ahramontain , s'il était moins ayengle , roceyrait un utile atls de deux grands spectacles qui yienn^t de lui être offerts : le monde retentit^encpre de Faccueil Compilai fait aux Etats-Unis à Tillastre Unyette , k cette sublime popularité qui baptisa la liberté des deux mondes ; tandis que Paris même offre le touchant aspect d'une population tout entière en deuil, suivant le corbillard qui porte Foy dans le monde des souvenirs , monde qui j pour lui , n'aura pas de bornes. «^ Là, point de députations symétriquement rangées, point de cortège en armes et précédé de musiques retentissantes. ». mais cent cinquante mille citoyens , tête nue , sous les torrens d'tme pluie d'orage , suivant le char funéraire du grand homme j ce char d'immortalité qu'pment assez l'épée et la couronne civique désignant la double illustration de Foy. Mais ces imposantes démonstrations du respect populaire pour des honuncs voués aux intérêts nationaux, glissent sans être appréciés sur l'attention du roi et de ses ministres. Bien plus , l'honmiage rendu à deux bienfaiteurs de l'état social , à deux renommées du bien public , loin de paraître légitime aux hommes du pouvoir , leur semble Texpression audacieuse d*nn parti. Ce sera aussi unacte séditieux que radoption des cnfans de l'immortel orateur par la reconnaissance nationale. Dès ce moment s'est dessiné tout entier le système gouvernemental de Charles X : demander des souscriptions aux Français pour la statue d'un Pichegru , et incriminer les honneurs rendus à la mémoire de Foy î toute la pensée de ce prince se résume dans ces deux circonstances. Mais poursuivons l'énumération des actes de la conspiration permanente qui doit constituer le règne , sinon le plus dur , du moins le plus déplorable , le plus infâme qui ait pesé sur la France. Une grande iniquité manque à ce règne de boue : c'est l'inégalité des successions 5 elle ne se fera pas attendi-e. Pcyronnet , au sein d'un siècle qui linondc de lumière , ose, sous un titre spécieux , présenter un projet de loi consacrant rimmoral droit d'aînesse j el la cliambre dégradée que les élections frauduleuses ont donnée au paj^s, vole ce prétendu
ut l'Attb. ijCS
il toWrairL' aux tiiUnutioiis de la uaiurc vl du la raixin. ^olc aussi, If troiipMu d'esclav^'N le prtseniutirit , une loi Ktic^vrrait d'eleîuiire l'accunt de la giccwc , c( (|uc l'iin- Idcnt Pejrounct , piu- une lijpcrbolL' auiércincnt dcrixoii'c , wéappclei' une loi il'- j/uiirc et d'amnur... SlaUuue coniiciciii.'C iKitioiialc s'est enlevée Aa ccati-« uiciiie de l'aiisiocratie i hi liis ont seiili qu'il ne pouvait rcMcr rkn de noble ibei un :upl« avili ; ils tmignciU que la home De les alleignc dan* m-eînte Ileurcltlisce...
s tes temps où lucoiiyTégaiIoiiCJifiajaîl de couvrir nolic ) de ion vaste <!lcignoir, la Uhe|'(^ déployait ses ailn r b patrie de Thi^uiistoelc vl sur culle de Camoens ; cun— ? oDrcux pour nous, les fil* aiiu^ de cette itiËmclibcrii!; non qui l'aviom Icgurc , toute couronnée de lauric», aux pfiipics de l'Europe... Les Grec» et les l'ortu^ai» cs{>éi(i»l l'iii- ■ li'pendance; et ooiu, Français , qui Unies Napoli5on immoiicl, uiMi; laiisou» envelopper uotrc dctliuée avec la soutane 4'I()>i»i'e : Vaiucmeiil Uouilosicr a-l-il lui» a iiu le jésui- [ promotW ic scalpel d'iuic saine logique sur ce ïrps impur. ï... Uc» croix d'uuc iliincnsion colossale siukut, ilanK tous les il(!parteui«ns, le passage des niissioGs ^ngt'cganistcs : ce teigne seiulik meuacer d'une vcn^caiiee , ■^(itAt que rappeler le sacrifice liiiioïque A'udc vie re'iiiunii- . Mallieur au foiirtionnaire qui rcftLsa de particiiici ■M ulantatiou , on aux parade» lirpocritcs qui la suivirent; iaéraX , pit^fei , président , oETicicr , fonctionnaire quelnuque , dut s'attendre à perdre son emploi , si le.s j'eus Inisp , la cierge h la main , et docile aux ititiuUttiou» , souvent asques et insoleutes d'un missionnaire , il n'a pas iiurdie Kessibimellemuit avec les piâlres, prestolels, «éniin.iristcs L Jiutrcs ecclésiastiques , rrottéi de jcfsuîtïfliue , qui pullulent e toute» paris! MaÛieui à ecs titulaires s'ils ne favorisent, dans leur ressort, le ddbit des inarcliandîfcs, prétendaes ancrées, que CCS inendbus awbulaus colportent k leur suite; car c'est mi commerce fort proiluctîfquc la vente, à l'exclu- Ion de tout débat sur le prix, des cantiques, guiput.iire«. iiapelels , reliques, effigies miraculeuses, que le comité cou- V. S»