PRÉFACE. VII
Paris. Nom devons donc comerver avec respect, 9UT les rayons des grandes bibliothèques, les ouvrages de ces érudits estimables, et savoir les conadtor dans les occasions^ de jour en jour plus rares, où il est indispensable de remonter à Torigine d'une institution, d'expliquer la raison d'être d'un usage municipal, de restituer à un monnnient sa forme première. Ce sont des matériaux amassés au profit des écrivains^ ce ne sont plus des livres d'histoire.
Le dix- neuvième siècle a eu ses historiens de Paris, et nous nous garderons d'omettre le nom de Saint-Victor, qui écrivait en 4808. 11 serait de mauvais goût de faire ici le procès à leurs œuvres^ et de dire en quoi elles nous ont paru trop imparfaites, trop au-dessous de leur destination. Il en est dont la conception est louable; il en est qui portent l'empreinte d'une érudition honnête et qui renferment des parties remarquables, au point de vue de l'art ou de la peinture morale ; mais il n'en est aucune qui satisfasse réellement le lecteur, et qui ait résolu le difficile problème d'instruire en même temps que de plaire; les unes sont tropsouvent de pures compilations, dépourvues de clarté, de méthode et d'intérêt; les autres sont trop négli* gées ou trop restreintes. Aucune (nous parlons de celles qui ont une certaine étendue) n'est suffisamr
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raent inspirée de llutelligence chrétienne^ et ne met convenablement én relief les grandes annales du catholicisme parisien^ les magnificences que la foi a produites dans Paris et qui sont le juste orgueil de la France. C'est une regrettable lacune qu'il importe de combler.
Il est temps qu'à l'odieux pamphlet de Dulaure, qu'à ce lourd recueil d'impiétés et d'obscénités prétendues historiques, on fasse succéder l'histoire vraie et sérieuse de Paris. Le malheureux écrivain dont nous venons de prononcer le nom a usurpé une autorité et une confiance dont il ne fut jamais digne; lâ science qu'il avait laborieusement acquise, et que nous ne contestons pas absolument, a été par lui mise au service de tous les honteux intérêts de l'anarchie et du scepticisme. Aujour«d'hui repoussée par les gens instruits, redoutée de tous ceux qui ont charge de veiller sur les âmes, l'histoire de Dulaure exerce encore une détestable influence sur une immense classe de lecteurs peu éclairés, sur le peuple des ateliers, sur la petite bourgeoisie façonnée aux traditions voltairiennes.
L'auteur du livre que nous offrons aujourd'hui au public a profité des découvertes de ses devanciers et mis à contribution leurs efforts, en gardant la pleine indépendance de sa pensée et de ses jugements historiques et artistiques. Plus heureux
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que la plupart d'entre eux, il lui est donné d'assister à la nouvelle transformation de Paris et de pouvoir en rendre compte, tandis qu'eux n'ont pu que la souhaiter ou la pressentir. Il reste encore assez de l'ancien Paris pour qu'il soit possible de retracer son caractère et son originalité passés; ou entrevoit assez du Paris futur pour en prévoir la grandeur un peu monotone et en mesurer la gloire, dont le reste de la France commence à se montrer jaloux et inquiet. Le moment est donc bien choisi pour entreprendre une pareille publication, et nous espérons que les sympathies de nos concitoyens ne nous feront pas défaut puisqu'il s'agit, ici encore, d'une œuvre de réparation et de vérité.