M80-1228) LIVRE V. CHAPITRE II
le fief de ia Ferté de Âalès et le monceau SaintHGevvàiSf
que l'ëvcque et le chapitre de Paris nous cèdent. — L'évéque, pour recevoir les rentes de sa banlieue^ :âtirâ ses boîtes dans nos grand et petit-Ghâldet , ôàrnos rentes
sont reçues.
a Pour dédommager l'ëvêque et le chapitre des perles qu'ils ont ëproiitëes par rétablissement de l'encemte dli
château du Louf^reel de ses dépendances, de l'enceinte du chateaudu Petit-Pont et de ses dépendances j et par ia sîon des halles et du fief de k Fertë de Aalès, nous leur assignons vingt livres à prendre chaque année sur notre prévolé, sans préjudice des vingt-cinq livres dont l'évéque jouissoil auparavant et des cent sous de rente dont nous avons fait don au chapitre de Paris pour la cëlëbraLion annuelle de notre anniversaire. <
« Nous avons tonte la voirie et la justice dans la terre de l'Évêque, depuis la maison que Henri , archevêque de Reims, fit construire près du Louvre, jusqu'au petit pont de ChtÊrellej c'est-à-dire à partir de la voie royale de dixhuit pieds. Nous Tavons également dans la voie publique , depuis l'église Saint-Honoré , sur tout Tespace oii s'étend la terre de PÉvéque, jusqu'au pM du Rouie^ Dans tontes lesaiitres parties de la terre deTEvëque, hors de ces limites et en de^ du Marais, Tevêqucaura la voirie et toute ia justice^ excepté le rapt et le meurtre*
• « Enfin, si l'évêque fait construire un village ou un bourg nouveau dans sa terre , il y aura toute justice ^ excepté le rapt et le meurtre » que nous, nous réservons tou<> jours, et les antrespriviléges dontnousjouisaons dai^laCuiture>-i'£vëque (i). » ... . .
(i) RetaéUdes tHitmritHi'ii Friaœe, f. XV0I, pb 789.
34o HISTOIRE DE PARIS. (11M122S)
Par les soins de Férêque Eudes de Sully, et avec le consentement de Philippe-Auguste, l'ordre des Mathurins ou Tnnitaires s'établit pour la première fois à Paris. La mission principale des religieux de la Sainte-Trinité était de racheter les esclaves chrétiens qui se trouvaient au pou^ voir des infidèles, ainsi que les captifs infidèles qui se > trouvaient au pouvoir des chrétiens, afin de pouvoir échaiiger ces derniers contre les esclaves chrétiens. Le genre de vie des premiers Tnnitaires était d'une grande austérité, et conforme d'ailleurs à la règle qui avait été donnée par Tévêque de Paris et l'abbé de Saint-Victor à leur fondateur, saint Jean de Matha. Ils jeûnaient une partie de l'année ; au lieu de chevaux ils se servaient d'ânes pour leurs courses nombreuses. Une grande partie de leurs biens était consacrée à la rédemption des captifr. On leur concéda en propriété l'ancienne église de Saint- Mathurin, ainsi que l'hôpital et aumônerie de Saint-Ben<^t. Ces deux monuments se trouvaient placés près de l'antique palais des Thermes, sur la rive gauche du fleuve. LesTrinitaires établirent leurcouvent dansl'hôpital même et eurent l'église pour chapelle ; de là le nom de Ma^ thurins qu'on leur donna. Cet ordre lit en peu de temps de si grands progrès dans toute la chrétienté que, qual aiiLe ans après son établissement à Paris, Albéric disait qu'il avait déjà six cents maisons.
Ce fut aussi du temps d'Eudes de Sully que Tordre, devenu bientôt illustre^ des Frères prêcheurs, insliluc par saint Dominique pour travailler à la conversion des hérétiques par le moyen de la prédication et approuvé par le pape Honorius III en 121 6, vint s'établir à Paris. De là il devait se répandre sur l'Europe eutièro. En effet de-
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puis longtemps déjà cette ville était regardée comme le point central et uniqiie où chaque talent, chaque institua tien nouvelle venait recevoir sa consécration définitive, et d'où partait toute renommée pour rayonner partout avec édat. Les Frères prêcheurs y vinrent en 1217, con* duits par le saint fondateur lui-même, et se logèrent d'abord dans une maison située près du parvis de la cathédrale, entre le palais épiscopal et THotel-Dîeu. L*année suivante ils passèrent la Seine et allèrent s'établir dans une autre maison que leur donna rUniversité, vis4*vis de l'église Saiiit-Etieime des Grès. Cette maison, consacrée jusqu'alors à loger les pèlerins, s'appelait hôtel ou hospice SaintrJacques. Le théologien-médecin Jean de Saint-Quentin leur céda gratuitement certains droits qu'il avait sur cet édifice. Ainsi les premiers rapports de Tordre des Frères prêcheurs avec TUniversité, studiwn Pari' siense^ furent des rapports de bienveillance. La missiou magnifique de ces religieux, d'amener les hommes à la foi et à la pratique de la religion par la seule puissance de la parole, attira la faveur générale sur leur ordre et leur fit fiiire d'admirables progrès. Les écoles de la capitale leur fournissaient de nombreuses recrues. Le P. Jourdain reçut un jour soixante novices à la fois ; aussi les voit-on arriver rapidement à une grande prospérité. Bientôt ils devinrent fort nombreux, à Paris et se répandirent dans tout le nord de la France. Dès 12^0 ils eurent dans la rue Saint-Jacques une église consacrée à saint Jacques le Majeur, leur patron. C'est de la que leur vint le nom de Jacobins, sous lequel furent généralement connus^ dès lors, les Dominicains de Paris.