HISTOIRE DE PAAIS. (1326-12KI
et dont elle fid>rique ses armes. » Venant au sujet de la
bulle, le pape donne ces règlements :
«c Le chancelier de l'Église de Paris, entrant en charge, a jurera devant réréque, en présence de dewtdocteurs pour « rilnivcrsité, qu'il ne donnera la licence de régenter en « tiiéologie et en décret qu à des hommes dignes, sans acte ceptîon de personnes ni de nations, et, avant que de don» « ner la licence, il s'informera soigneusement des mœurs, « de la doctrine et du talent de celui qui la demande
ce L'évéque de Paris, en réprimant les désordres, aura « égard à l'honneur des écoliers, en sorte que les fautes « ne demeurent pas impunies et qu'on ne prenne pas les « innocents à l'occasion des coupables. IjCS écoliers ne se- « ront point emprisonnés pour dettes, et l*évêque n'exi-
a géra point d'amende pour lever les censures Nous
« défendons expressément aux écoliers de marcher armés a par la ville, et k TUniversité de soutenir ceux qui trou- « blent la paix et l'étude. »
Vers le même temps les habitants d*Orly et de Châtenay (banlieue de Paris), serfs du Chapitre de la cathédrale, n'ayant pu ou n'ayant pas voulu acquitter quelques tailles imposées par leurs seigneurs, les chanoines firent saisir tous les hommes adultes du pays par des archers et les jetèrent dans leur prison seigneuriale, située près du cloître Notre-Dame. Là ces malheureux prisonniers furent si durement traités qu'on les laissait même manquer de nouriture; au bout de quelques jours plusieurs d'entre eux étaient en danger d*y mourir de misère et de faim. On se plaignit à la reine, qui fut émue de pitié. Elle envoya en toute humilité, dit l'historien , prier les chanoines de vouloir bien , à sa considération , délivrer ces
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paysans sous caution , les assurant qu'elle aurait soin de s'informer de raffairc ot leur ferait raison de tout ce qu'ils demandaient. Les chanoines répondirent que la reine n'avait pointa s'occuper de leurs sujets, qu'ils pouvaient les châtier connue il leur plaisait. Poussant plus loin l'esprit de résistance et d'opposition, ils firent encore emprisonner les femmes et les enfants de ces mêmes villages, et ils les maltraitaient si fort que plusieurs en moururent, partie de chagrin , partie de la presse et de la chaleur qu'ils souffraient dans la prison.
La reine fut touchée d'une extrême compassion de voir le peuple traité avec tant d'inhumanité par ceux qui le de» vaient soulager et protéger. Elle manda la noblesse et les bourgeois de Paris, leur ordonna de prendre les armes y et les mena à la maison du Chapitre oîi était la prison. Elle leur commanda d'en enfoncer les portes, et, afin qu'ils n'appréhendassent point les censures eccl^iastiques, elle donna le premier coup avec un bâton qu'elle tenait à la main. Les autres continuèrent, et, la prison ayant aussitôt été ouverte, il en sortit un grand nombre d'hommes, de femmes et d'enfants , qui se jetèrent aux pieds de la reine et lui de* mandèrent sa protection.
Elle n'avait garde de la leur refuser, et, saisie d'indignation contre le Chapitre , elle fit saisir tous ses revenus jusqu'à ce qu'il lui eut fait satisfaction. Elle l'obligea aussi à al&ancliir ses paysans pour une somme d'argent qu'ils devaient payer tous les ans.
Peu de temps après que se fut apaisée l'émotion causée par cet incident, Regnauldou Renaud de Corbeil, récemment nommé évcqiie de Paris, fit son entrée dans cette ville, a 11 étoit porté, dit Félibieu, par quatre seigneurs
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feudataires de son église , savoir : le châtelain du Louvre^i Barthélémy de G>ndrey, Guy Le Loup, représentant le roi, et le seigneur de Chevreuse , représentant le comte de Bar, qui s'étoit excusé par lettre. Dam la sii^iijte les quatre barons de France destinés à cette fonction OQt eUté les barons deMacy, deMaugeron, de Chevreuse et de Luzarciies. Celui de Montmorency étoit l'un des quatre avant l'érection de sa terre en duché. Lorsque le no^vel évêque vouloit faire son entrée , il alloit la veille coucher à Saint- Victor et se rendoit le lendemain matin devant le ppi^ail de Sainte-Geneviève , où il étoit reçu par Tabbé et «se» religieux, qui Tintroduisoient dans leur église. Il prenoit là ses ornements pontificaux ; Tabbé pronon^oit une prière pour lui , on chantoit le Te Deum ; puis quatre religîe^ le transportoient dans sa chaise jusqu'aux portes df$ Téglise,où ils le remelt oient aux qua|^re barons. Ceux-ci, précédés de Tabbé et d^ se^ ii^ieiixr,: p^rtoient Tévêqiie jusque dans la rue Neuve-Notre-Daine, devant Sainte-Ge-^ neviève des Ardents , où se trouvoient le doyen et le Chapitre assemblés pour introduire le prélat dans la çatl^dral^^ après lui avoir fait, suivant la coutume, prêter sur les saints Evangiles le serment de conserver les privilèges , exemptions et immunités de T^gliso de Paris ^ et aussi les concordats faits entre ses prédécesseurs et le Chapitre* Le nouvel évêque étoit oblige de donne)- à chacun des quaJtre religieux de Sainte-Geneviève, 4{ui l'avoiei^ portée .une pièce ou jeton d'or à sa marque ou à ses firmes. Le prévôt des marchands et les échevins assistoient d'ordinaire à cette cérémonie, avec les comrs et les autres: principales compagnies de Paris, qui étoient ensuite régalées dans les salles de l'évêché. » •