LIVRE VI. CHAPITRE III
L'église Notre-Dame des Champs, très-riche en moim*
meuts artistiques, était l'une de celles qui attiraient à Paris une plus grande afûuence de visiteurs. La clôture qui sé-* parait la nef du chœur était formée de quatre grandes colonnes de marbre chargées de flammes de bronze. Le grand autel, magnifiquement décoré par la libéralité dei Marie de Médicisy s'élevait au-dessus de douze marches de marbre entourées d'une splendide balustrade. Sur Tattique de l'autel était un bas-relief de bronze , œuvre d'Anselme Fiamen et représentant l'Annonciation • Le tabernacle, en forme d'arche d'alliance , qui surmontait l'autel , était d'argent ciselé et chargé de bas- reliefs. A de rares intervalles, et lors des plus grandes solennités , on exposait sur cet autel un ostensoir d'or, enrichi de pierreries. Phisieurs tableaux de grands maîtres ornaient cette église, qui pour la plupart sont aujourd'hui dans la galerie du Louvre. Sur les lambris avaient été représentés différents traits de la vie de sainte Geneviève, par Verdier. Les voûtes étaient décorées de pdntures à ficesque de Philippe de Champagne ; on y remarquait le merveilleux effet d*un Christ sur la croix qui paraissait être sur un plan vertical bien qu'il fût horizontal. C'est dans cette église que fut déposé le cœtir deTurenne. Dans l'une des chapelles était le tombeau du cardinal de BéruUe ; les bas-reliefs du piédestal étaient de Lestocard; la statue représentait le cardinal à genoux , les mains croisées sur la poitrine; elle était de Sarrazin. Cette ceuvre d'art éminemment remarquable n'a pas été détruite; nous Pavons vue nous-même, il y a peu d*années , alors que, dans une humble chapelle fondée sur les débris de ce couvent, commençait à se réunir l'œuvre de l'Adoration réparatrice dont il a été ci-dessus question.
Durant la Révolution, et après la destruction de l'église et
du monastère des Carmélites, le tombeau du cardinal avait été déposé au musée des Petits-Augustins. Ijorsque, plus tard, quelques Carmélites se réunirent à Paris et s'établirent dans la rue d'Enfer, on leur restitua le monument auquel elles attachent un juste prix.
Au temps où l'église et le couvent de Notre-Dame des Champs dépendaient encore de l'abbaye de Marmoutiers, le roi Hobert avait fait construire , à peu de distance, et sur la gaudie ^ en regardant la Seine, une maison de plaisance située au milieu des prairies. On l'appelait le Yal-Yert {^Fallis viridis)y et, pai' contraction, Vaai>ert, Elle était séparée du monastère et de l'enclos de Notre-Dame des Champs par la voie inférieure, via inferior (la rue Basse), dont le nom inférieure^ après avoir subi diverses altérations, se trouva insensiblement transformé en celui
Enfer ^ d'où vient que, de nos jours , cette même route s'appelle du nom étrange de rue d'Enfer.
Au récit de quelques ardiéologues, un peu dupes, suivant nous, des légendes populaires , ce nom d'Enfer fut donné au château de Valvert et à ses dépendances parce qu'on y étendait, la nuit, au treizième siècle, des bruits mystérieux et terribles qui épouvantaient le peuple et qu'on attribuait à l'apparition des esprits et des revenants.
Quoi qu'il en soit, vers Tan 1 267, saint LQuis résolut de sanctifier cette demeure si redoutée. Ayant entendu parler du monastère de la Grande-Chartreuse fondé autrefois par saint Bruno ^ près de Grenoble, il manda à Dom fiernard de la Tour, général de cet ordre, de vouloir bien lui envoyer quelques-uns de ses frères, qu'il établirait aux environs de Paris. Cinq ou six Chartreux ayant répondu à
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l'appel du roi y ce prince ne tarda pas à leur concéder, à titre de demeure, le château de Yauvert et les jardins qui
l'environnaient. Le nouveau monastère occupait des terrains qui font aujourd'hui partie de Timmense jardin du Luxembourg , s'étendent de la rue de TEst à la rue de l'Ouest, et comprennent l'allée de TObservatoire, ses abords et une partie des pépinières.
Dès que les Chartreux furent en possession de Thotel de Vauvert ils bâtirent à la hate quelques cellules, lis n y trouvèrent qu'une chapelle fort délabrée et fort nue qui ne put servir longtemps à leurs pieux exercices. Quelques années après il fallut fonder un nouveau temple, dont saint Louis posa la première pierre. Le célèbre Eudes de Montreuil en fut le premier architecte, mais ce ne fut point lui qui l'acheva. La mort de saint T^ouis, en i 2^0, interrompit les travaux; les libéralités de différentes personnesy et surtout de Jean de Gérées, permirent aux Char* treux de les faiie reprendre. Jean de Gérées était trésorier de l'église de Lisieux et clerc de Philippe le Long; il consacra sa grande fortune à Tachèvement de Tédifioe ; il avait même un si grand zèle pour cette œuvre pieuse qu'il lit lui-même l'office de maçou et de manœuvre (i). L'église terminée et l'argent manquant pour la &ire couvrir, Jean obtint du roi l'autorisation de faire une coupe de bois dans ses forets. « L'on mit tant d'arbres par terre, dit Félibien y que Von se plaignit que les Chartreux dégradaient les forêts du roi. » Mais sans doute les plaintes étaient mal fondées , car le roi accorda aux religieux une permission plus ample. L'église fut achevée entièrement en i334
(i) M. Cayla. Voir également les travaux 5â goddus de Delamarrc, de MM. Frégier, Depping, Mooteiif eCc«
478 HISTOnS OE PARIS. (liaB-llN)
dédiée en i SsS, sous l'iavocatioa de Salut-Jean-Baptiste et de la sainte Vierg[e.
Le grand portail d'entrée était situé rue d'Enfer ; une avenue assez longue et plantée d'arbres conduisait à la porte intérieure de la maiscm. On entrait ainsi dans la pre* mière cour, et Ton remarquait à gauche une diapelle assez grande, qu'on appelait \dicliapelLe des femmes^ parce que c'était le seul endroit du couvent oîi il leur £àt permis d'entrer. Elle avait été consacrée en i46o, sous Tinvof»» tion de la Vierge Marie et de saint Biaise. Dans la seconde cour on voyait à droite un corps de logis bien bâti, qui avait servi autrefois à loger les hôtes; à gauche se présentait l'église dans toute sa longueur. Sur la porte de eette seconde cour était un bas-relief à fond orné de ûeurs de lis, représentant la sainte Vierge, au-dessous trob saints avec leurs attributs : saint Jean-Baptiste et l'agneau , saint Hugues et le cygne , saint Antoine et le porc. On y voyait aussi un roi offrant cinq ou six Chartreux à la sainte Vierge. Saint Louis n'avait feit bâtir que huit cellules pour les Cliartreux lorsqu'il mourut; il y en eut peu après deux nouvelles élevées par Marguerite d'Issoudun, comtesse d'Eu y femme d'Alphonse de Brienne , grand-chambellan de France , et par Thibaud II, roi de Navarre. En 1:191 Jeanne de Ghâtillon, comtesse d'Alençon, fonda quatorze cellules nouvelles. La mémoire de ce bienfiût fut perpétuée dans un grand bas-relief sculpté sur la muraille du cloître , du côté de Tégiise ^ représentant Jeanne de Ghâtillon offrant à la .sainte Vierge quatorze Chartreux à genoux. Le haut de cette scul[)ture était orné de treize écussons aux armes de France et de Ghâtillon alternativement.
IJVRi: VI. CHAPITRE 111.
48o HISTOIRE DE PARIS. (IHS-llII)
Dès le règne de saint Louis la cliapeile des Chartreux, Notre-Dame de Vauvert ^ ëtait en grande vénération. Le
sire (le Joinville raconte qu'en revenant de la Terre-Sainte un passager du vaisseau qui le précédait, étant tombé à la mer, s'écria : Notre-Dame de Faut^ert, sawfez-moil et qu'aussilùl la Heine du ciel vint à son secours, le soutenant sur Teau jusqu'à l'arrivée du navire suivant, qui le prit à bord. Le couvent des Chartreux était riche en monuments des arts. On y remarquait plusieurs tableaux de Philippe de Ciiampagne, de Bon Boulogne, d'Antoine et de Noël Coppel, d'Audran, de Corneille, de Jouvenet, de Boulogne jeune, de Duniont le Romain, de T^a Fosse, du Poussin , de Hestout et de Lagrenée. Le petit cloître du monastère était orné des magnifiques tableaux d'ËustacheLesueur, représentant la vie de saint Bruno et qui sont aujourd'hui au Musée impérial du Louvre.
Les révolutions ont passé; la tempête a renversé Tun après Pautre sur le sol ces édifices religieux qui faisaient la consolation de nos pères et que les générations s'étaient plu à enrichir de leui's offrandes. Il ne reste rien de Téglise et du monastère de Notre-Dame des Champs, et c'est à peine si leurs débris servent à abriter une communauté pieuse qui a voulu jusqu'au bout les disputer au siècle et vivre selon la règle du Carmel. Quant à Tendos des Charli*euK , les rues de l'Ëst et de l'Ouest et la vaste promenade du Luxembourg ont pris sa place, et les érudits sont peutêtre seuls à en garderie souvenir. Mais les âmes chrétiennes conservent mieux que la foule, mieux que les savants euxmâmes, la mémoire des choses qui se rattachent à l'action miséricordieuse de Dieu et aux miracles obtenus par Tinterçession de Marie. Le nom de Notre-Dame-des-(^liamp
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a été donné à une rue dont le vaste parcours semble indiquer jusqu'où s'étendait, du côté de TOuest, la limite de Fenclos des Chartreux. Aux abords de cette rue, dans la voie large , nouvellement ouverte , qui conduit à Temitarcadère des chemins de fer de l'Ouest et de la Bretagne , on a tout récemment élevé une église provisoire, entièrement construite en bois , et qui a été dédiée sous le vocable de Notre-Dame des Champs. On y remarque une grande affluence de personnes pieuses qui viennent solliciter l'intervention de Marie et s'en retournent raffermies dans la foi. Cette église, dont Faspect est assez étrange , et qui ne tardera pas sans doute à &ire place à un édifice de pierres , ne saurait être classée au nombre des monuments de Paris. Sa gloire est d'être un foyer de recueillem^t et de prières et d'être consacrée au service de Dieu.
Sous le règne de saint Louis fut fondé à Paris, en 126 1 , le couvent des Frères Sadiets ou Sachetins^ nommés aussi Frères-auS'Saz, Leur maison était âtuée sur le quai de la rive gauche et ne tarda pas d'ailleurs à être occupée par lesGrands-Augustins. LesFrèressachets^qui devaientleur nom à la forme de leur habillement, semblable à un sac, étaient ermites de Saint-Augustin; ils étaient quelquefois appelés les //crej^/e la Pénitence de Jésus-Christ, Us formaient l'une de ces petites congrégations qui s'érigèrent au douzième siècle, sous la règle de Saint-Françoisj on les vit assister en cette qualité à un chapitre général tenu en 1^56 ; mais ils refusèrent de se réunir avec les autres et de reconnaître l'autorité du général. La protection que saint Louis leur accorda empêcha leur corporation de se dissoudre. lie roi, pour les établir à Paris, acheta un emplacement sur le territoire de Laas^ dépendant de labbaye de Saint-Gei-
HI8T. DL i'AHJS. — T. I. 31
48^ HISTOIRE DE PARIS. (1226-127t)
main des Prés et de la cure de Saint-André des Arcs. Il augmenta bientôt leur territoire en achetant pour eux une maison et une tuilerie voisiues de leur monastère. Leur couvent ne fut pourtant jamais riche, et ils allaient le matin dans les nies de Parb quêter du pain comme les autres mendiants.
Les sœurs Sachettes, Sachetines, ou Sœurs aux sacs* avaient leur couvent dans la rue du Cimetière Saint-André •
des Arcs. Cette rue, dit uu ancien Iiistorien , s'appelait, sous le règne de saint Louis , rue des Sachettes , à cause de certaines femmes dévotes vivant ensemble proche le monastère de Saint-André. Leur vêtement était à peu près le même que celui des Frères sachets^ et comme eux elles allaient le matin quêter du pain dans les rues de Paris.
Ces religieuses étaient aussi appelées Pauvres Femmes des Sacs, pauperes mulieres desaccis. Leur congrégation, qui n'était pas autorisée,* fut supprimée vers la fin du règne lie saint Louis ou peu de temps après la mort du roi , et vers le même temps que celle des Frères sachets.
A son retour de la Palestine saint Louis amena avec lui six religieux de l'ordre des Carmes et les établit sur les bords de la Seine , près de Saint-Paul. Conune ils portaient un manteau bigarré, le peuple parisien ne tarda pas à les désigner sous le nom de Frères barrés^ et ce nom est resté à une rue de leur voisinage. Un demi-siècle plus tard , et sous Philippe le Long , ils s'établirent sur la rive gauche , au hasde la montagne Sainte-Geneviève, et sur l'emplacement qu'ils occupèrent dans ce quartier, jusqu'à la révolution française, on éleva, en 1812, le marché actuel qui
porte k'ur nom .
L'ordre des Carmes prétendit bien longtemps qu'il
dJMS») LIVBE VI. CHAPITRE III. 4^3
avût été fondé par le prophète Elle, sur le mont Girmel , et que depuis lors il n'avait cessé de se perpétuer. Cette traditioiiy sérieusement discutée par les érudits du seizième siècle , n'a de nos jours aucune autorité , et il paraît avéré que Tordre date du douzième siècle. Jean Phocas, dans la description de son voyage de 1 185, en Palestine, dit que, « Quelques années auparavant, un moine de Caiabre, respectable par sa vieillesse et ses cheveux blancs, ayant eu une apparition du prophète Élie, était venu dans cette grotte et avait entouré d'un petit retranchement la place où l'on trouve encore les traces d'un couvent; qu'il y avait bâti une tour, une petite église, et s*y était retiré avec dix moines. * Ce fondateur de l'ordre des Carmes était le croisé Berthold , de Calahrc. Au milieu d'une bataille engagée contre les infidèles il avait prié Dieu d'accorder la victoire aux chrétiens, v[ promis, s'il était exaucé, d'embrasser la vie religieuse. La victoire obtenue, il déposa son armure, et, entouré de quelques anciens compagnons d'armes , il hatit près de la grotte d'Élie une cabane qui devint bientôt un couvent (i j 56). Ce lieu ayant été habité depuis des siècles par desermites, en mémoire des propliètes Élie et Elisée, la foi opiniâtre des Carmes se rallaclia à Éiie comme au fondateur de leur ordre.
Avant la Révolution les Carmes dédiaussés possédaient, indépendamment de leur église et de leur monastère, de vastes jardins situés autour du cloître , et de grands espaces sur lesquels ils avaient ùlt bâtir des hôtels qui existent encore rue du Regard et rue Cassette. On n'a cpie trop souvent entendu le récit des attentats dont leur sainte demeure fut le théâtre durant les exécrables journées de septembre 1792; nous aurons à les raconter.
484 HISTOIRE D£ PAAIS. (UIB42
L'hos|3ice (les Quinze^Vingts eut saint Louis pour fondateur. Cette maison, destinée à loger et entretenir trois oents aveugles pauvres, fut élevée, vers Tan ia6o, sur une pièce de terre appelée 6!^ain/»iirrf\ située dans le voisinage du cloître Saint-Uonoré et appartenant à i'évéque de Paris; en 1 270 ce roi ajouta à ses bien&its envers cet établissement le don de trente livres de rente, destinées spécialement au potage de ces trois cents aveugles, et voici comment le confesseur de la rdne Marguerite rapporte l'historique de cette fondation : « Aussi li benoiez roys fîst « acheter une pièce de terre de lez Saiut-Ennourë, où il «c fist fere une grant maison porce que les poures aveugles a demorassent ilecques perpetuelement jusques à trois « cents ; et ont tous les anz, de la borse du roy, pour pott tages et poiu* aultres choses, rentes, lin laquelle mésoo « est une église que il fist fere ea Teneur de saint Bemi, « pour ce que lesditz aveugles oient ileques le service de a Dieu. Et phisieurs fois avint que li henoyez roys vint as a jours de la feste Saint-Remi, où lesdits aviigles fesoient « chanter soUempnement l'office en réglise, les avugles « présents entour le saint Roy. »
Clément IVy par une bulle de 1^65, recommanda cette institution aux évéques et prélats de France et les invita à fevoriser leurs quêteurs. On a vu plus haut que saint Land ri passe'pour avoir fondé, au septième siècle, le premier hôpital dont aient pu jouir les [)auvres de Paris. Cet hospice fut à plusieurs reprises amélioré et agrandi. Saint Louis le pritsousj^sa protection spéciale, lui concéda le droit que les rois exerçaient de prélever sur les marchés certaines denrées et d'en fixer eux-mêmes le prix; bientôt après ii déclara cetbopital exempt de toutescontributions, de droits
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d'entrée et de tout péage par teri*e et par eau ; ii eu aug* nenta les bâtimeiits, les étendit jusqu'au Petit-Pont. A diverses reprises il lui assigna des rentes considérables pour le temps. U fut le premier roi qui se signala par des bien-, ftûts envers cette maison, et lui donna une consistance dont ellen*avait pas encore joui. Ce furent sans doute les améliorations qu'elle éprouva sous ce règne qui la firent renoncer à sa dénomination de Saint-^ristophe pour prendre celle XHopUal ék Ndre-'Dame ou de Maison de Dieu,
Les successeurs de saint Liouîs imitèrent quelquefois son exemple. Il serait trop long de rapporter tous les bien- &it$ que cet hôpital reçut à diverses époques, de la part des rois, et surtout des particuliers.
L'Hotel-Dieu est composé d'une réunion de bâtiments irrégulièrement disposés, construits et ajoutés les uns aux autres en différents temps. Il ne présente point, comme plusieurs établissements de ce genre, un ensemble régulier, ni des parties symétriques. Ce n'est que sur la place du parvk de Notre-Dame qu'on a cherché à donner à cet amas de bâtiments qudque régularité.
La chapelle de cet hôpital fut bâtie, vers Tan 1 38o, aux frais d'Oudart de Maucreux, çhangeur et bour*. geois de Paris, comme le portait une inscription gravée sur une table de bronze placée dans le sanctuaire de cette chapelle.
Le chapitre de Notre-Dame avait depuis les temps anciens l'administration de l'Hôtel-Dieu. Il nommait deux chanoines proviseurs de cet hôpital ; des frères le desservaient. En 1 217 il ftit réglé qu'il y aurait trente frère»
laïques, quatre prêtres, quatre clercs et vingt-cinq sœurs
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On voit, par ce règiemeut , qu'alors les bâtiments de cet hôpital étaient de deux espèces : VUotel^Dieu oa Maison-Dieu^ proprement dit, et les Granges ; que ces granges étaient, coinine l'hôpital , peuplées de malades, puisqu'on y dit que les frères et les sœurs serviront tant à rH6teI-Dieu que dans les Granges.
L'un des établissements les plus célèbr es qui datent du règne de saint Louis est sans contredit iaSorbonne, Dam l'origine, et selon la pensée de son fondateur, Robert Sorbon , chapelain de saint Louis et l'un des conseillei^ du roi , ce n'était qu'une maison destinée à servir d'a^e aux écoliers pauvres, et on l'appelait la communauté des Pauvres-Maîtres étudiant en théologie, « Lebenoict roy, dit le confesseur de la reine Marguerite ^ dans sa Vie de sainct Ijojs^ fit acheter mesons qui sont en deux rues assises à Paris devant le paies des Thermes, esquelles il fit faire maisons bonnes et grandes,- p^r ceque escolierscatudiants à Paris demorrassent là à toujours ; et y dmeurent les escoliers qui à ce sont reçus par ceux qui ont l'autorité de les recevoir ; et en outre de ces mesons quelques-unes * sont louées à d'autres escoliers; le prix du louage est converti aux profits des pauvres escoliers devant dits. Ces mesons coustèrent au roy cpiatre mille livres de tomois. » L'une de ces maisons était située rue Coupe-Gueule (me des Deux-Portes) et l'autre rue des Maçous. Outre le prix de location destiné à l'entretien des pauvres écolim^ le rcn donna aux uns un sou, aux autres deux sous par semaine, pour les aider à vivre. Le nombre des pauvres clercs admis au collège fondé par Robert Sorbon s'élevait à cent. Les bâtiments de la communauté des Pauvres* Maîtres occupaient le terrain compris entre Thotel de