F£6AV> SO
sur les volutes quatre figures à têtes de femme, corps emplum^^ ailes étendues , pattes armées de griffes. Un chapiteau pres<{ue semblable existe dans T église de Notre-Dame, et, comme à Saint-Julien , il surmonte une colonne dans la partie méridionale du rond-point (x).
(i) Description archéologique des Monuments de Paris^ par M. F. de Guilberiny.
(1226-1270) LIVRE VI. CHiJ'lTAE III. 5o3
Ea i65j le prieuré fut réuni à rilùtel-Dieu par un traité passé entre les administrateurs de cette maison et les religieux de Longpont. Le roi n*accorda ses lettres patentes qu'en 1697 ; ia chapelle fut alors desservie par un chapelain à la nomination de la paroisse Saint-Sé vérin.
A coté de Saint- Julien le Pauvre était située la chapelle de Saint'Blaise et de Saint'Louis^ qui en dépendait. Les maçons et les charpentiers établirent leur confrérie , en 1476, dans cette petite église. Elle fut rebâtie en 1684» cependant, comme elle menaçait ruine, on la démolit vers la fin du siècle dernier et le service en fut transféré dans la chapelle Saint- Yves.
Outi^ la confrérie établie dans cette chapelle l'église de Saint-Julien le Pauvre était le lieu de rassemblement de celles de Kotre-Dame des Vertus y des couvreurs, des marchands papetiers, des fondeurs, et l'on y faisait les catéchismes et retraites des Savoyards , en exécution d'une fondation faite par Tabbé de Pontbriand.
La partie du portail de Saint-Julien le Pauvre qui existe encore parait se rapporter, par les caractères de son architecture, à la fin du treizième siècle.
Ij'église sert aujourd'hui de chapelle à THotel-Dieu.
APPENDICE
Armoiries de la ville de Paris,
M. liCroax de Lincy aftirme qu'à partir du règne de Philippe-Auguste les bourgeois marchands de l'eau de Paris ont joui du droit de revêtir les actes qu*lk passaient d'un sceau particulier. ■ Le plus andeo que j*ai trouvé, ajoute-t-il , est appendu à un chirographe en latin , qui se rapporte aux dernières années du douzième siècle; la forme en est ovale et le ( liamp rempli par une barque au milieu de laquelle on voit un màt soutenu par trois cordages de chaque côté, qui dounent parlaitement ridée des bâtioients ou navires que Pou employait à cette époque pour lairele commerce. ■
Ainsi nous pouvons donc tenir pour certain que i dès le règne de Pbilippe-Anguste, les bourgeois de Fàrîs avalent un sceau particulier qu'ils apposaient à leurs actes, et, d'après la description que nous en donnons, on doit voir que Paris avait pris pour emblème de ses armes un navire avec des cordages.
Les armoiries de la ville de Paris ont toujours conservé cet emblème.
Autour du premier sceau dont nous avons connaissance se trouve une légende ainsi conçue : Sigillum mercatorum aqme Parisiis. Cette lé* fende ne fut pas dnuigée jusqu'aux premières années du quiniième siècle y comme on peut le voir sur un sceau de 1412» où elle existe dans tonte son intégrité.
Après avoir subi plusieurs légères modifications la légende du sceau de Paris était ainsi conçue (1773) : Scel de la prévôté et cchevinage de la ville de Paris.
Nous n'entrerons pas dans les détail, soit arides, soit minutieux , sur les armoiries de Paris ; d'autres avant nous se sont livrés à ce sujet à des dissertations savantes qui ne peuvent plus avoir une grande utilité ; nous y renvoyons nos lecteurs si nous ne leur paraissons pas suffisamment explicite. Ce qu'il y a de certain , c'est que de toute anciennelé la nef, telle
5oG
APPENDICE
qu'où la voit aujourd'hui sur le sceau de la fin du douzième siècle » servit d'armes à la ville de Paris. Dans les armoiries de la ville» la oef > comme sur le soeaa , s*est changée peu à peu en on vaisseau surmonté d*an chef de fleurs de lis sans nombre; c'est ainsi qu'elles ont été blason» nées à la fin do dix-septième sîède , d'après le témoignage de lettres patentes délivrées par Louis XVIIT en 1817.
Voici ce que nou<^ trouvons dan^ ces lettres patentes ; « ISolre a me le comte Chabrol, pretet du département de la Setue, autorisé par le conseil général dudit département » s'est retiré par-devant notre garde des sceaux, ministre seorétaire d'État de la justice , lequd a fiiit vérifier en sa présence , par notre commission du sceau» que ledit conseil gé- ' nénd a émis le vœu d'obtenir de notre grâce des lettres patentes portant confirmation des armoiries suivantes : De gueules un vaisseau équipé d'ar* gent, soutenu d'une mer de même, un chief d'azur semé de fleurs de 1rs d*or sans nombre^ ainsi réglées et lixées en faveur de notre bonne ville de Paris, par ordonnance du 2 février 1x69» rendue par les commissaires généraux du conseil à ce députés, et accompagnées de deux iiges de fys, Iiesdites armoiries^ surmontées d'une couronne murale de quatre iours, et accompagnées de deux tiges de lys formant supports, ornements extérieurs déterminés par notre ordonnance spéciale dû to décembre présent mois. Et sur la présentation qui nous a été faite de Tavis de notre commissaire du sceau et des conclusions de notre commissaire £ûsant près d^elle fonctions du ministère public , nous avons par cp<; présentes, signées de notre main, autorisé et autorisons notre bonne ville de Paris à porter les annoiries ci-dessus énoncées, telles qu'elles sont figurées et coloriées aux présentes ; mandons à nos amés et féaux conseillers en notre Cour royale à Paris de publier et enregbtrer les présentes ; car tel est notre bon plaisir,
« Donné à Paris, le TÎngtlème jour de décembre de Fan de gr&os 1817, et de notre règne le vingl-troisième.
« Signé: Louis.
« PasQUiuti DupUx^ •
APPEHDICE. 307
Détails complémentaires sur l'organisation municipale et sur Vt/dminiS' tratum. de la police de Pans, au moyeu é§e,
A aucune époque la ville n'a été compietemcut admiaistrée par le conseil ou l'autorité de ses habitants ; il a toujours existé» à côté da gcmverneœent municipal» et pour l'intérêt même de l'ordre, une autorité émanée directement du trône» qui avait une action soit supérieure, •oit au moins peraDèle à Tintervention de la communauté. L'ad* ministration de la justice Pexîgeait , ainsi que la perception des droits acquis ou concédés aux souverains, et la liberté des villes consistaiL à maint* riii cette autorité directe dans des bornes raisoyuables, et même à reprendre sur elle avec le temps ce qu'avec le temps l'autre cherchait à usurper. Cette double action se remarque constamment et existait même dans les villes entièrement romaines; ie préfet de la ville , pirœfeetus whiSf était indépendant des décurionsy des édiles et des autres offiders municipaux.
L'occupation des Gaules par les Francs ne changea rien à ce mode
d'administration t labli Je tcni])-. iimiiémorial ; les Barljai e^ t rmi vairut plus sage et plus commode de suivre, d'imiter des institution» bupeilcaïus aux leurs, et qui leur pwmeltaieot d'asseoir avec plus de sûreté , moius d'embarras, leur puissance. Les dilTérentes fonctions ne dilTéraient que par le vêlement et le langage. Nous voyons le même titre de préfet de la ville, en usage chez les Romains, porté sous le règne de Qiilpéric, en 588, par Montmol, et sous Glotaire ILI, en 665, par Erœmbald* A. la même époque , et jusqu'en 700, les défenseurs et les curions exercent leurs emplois ; niais bientôt les uns et les autres prennent d'autres noms sans changer d'attributions.
Ërcembald prend le titre de comte de Paris , et les scabins, dont se forma le nom d'échtvins, succèdent aux défenseurs. Us sont également nommés par le peuple et ne sont point» comme l'ont cru quelques historiens, de simples assesseurs des comtes. Us exerçaient la justice direc* tement , sans avoir besoin de la sanction du comte , tandis que oelui-ci avait toujours besoin de leur concours.
Cest ainsi que, de temps iminéinorial , on voit les magistrats de Tautorîté préposés par le prince pour rendre la justice , et les magistrats populaires nommés par la communauté chargés seuk de surveiller les intérêts privés et industriels.
APPEHBICE
Odon ou Eudes, dernier comte de Pftris » éUDt mort sans enfants. Tan lOSa, cette charge et celle de vicomte , «pil pendaDt quelque temps lui succéda, furent réunies Pune et Pautre a la couronue, et alors le magistrat qui fut préposé par le roi pour rendre la justice et maintenir Pordre prit le titre de prévôt {fjuasi a rege prapositus ) et réunit tous les droits et U s prérogatives des vicomtes. Ces driix. aulK s autorités se soutinrent ainsi parallèlement, sans se nuire, jusqu'au règne de Philippe-Auguste. Le prévôt de Paris tenait ses séances au grand Châtelet , ancienne demeure du gouverneur romain , et le syndic ou juré des marchandises , qui prit, peu de temps après, le titi« de prévôt des marchands, siégeait an IMoir-aux-Boorgeois , sur le quai.
Pfailippe-Augusteaffectionnait cette dernière autorité ; il abandonna aux syndics de la marchandise , ou autrement prévôts des marchands , dîfTérents droits pour être employés à rembelli5s( nient delà ville et surtour au pavagje des principales rues, et à la construction d'une nouvelle enceinte beaucoup plus étendue. Cest sous son règne que le prévôt des marchands acquît une partie des droits qu'avait la prévôté, qui, jusque-là, remplissait véritablement les fonctions municipales, comprenant la police, la sûreté, la salubrité de la capitale; les règlements de voirie, la réparation des édifices publics ; Padministratlon même des domaines de|la ville, qui ne lut divisée que dans le quatur/ième siècle. La confiance de ce prince et son afteclîon étaient telles pour les habitants de la capitale qu'en parlant pour la Terre Sainte il institua six bourgeois , désignés par les lettres initiales de leur nom , les gérants desa fortune et de ses domaines, et ses exécuteurs testamentaires en cas de mort. Il les rend dépositaires de ses biens, leur en prescrit Tusage, et stipule qu*iis en garderont une partie pour Péducationde son fils, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de gouverner par lui> même. Philippe- Auguste fut le prince populaire de ce temps, inYÎtant son armée à disposer de sa couronne si elle ne l'en croit pas digne , et remettant le sort de ses enfants entre les mains des babitaufô de sa capitale.
n ne faut pas cependant confondre ces nouveaux mandataires avec les échevins ordinaires qui géraient les affaires municipales , et qui étaient choisis également dans la classe moyenne des habitants.
Cette classe moyenne, (jui n'a jamais cessé d*exeroer une utile influence
dans la capitale, avait déjà acquis, à cette épocjue, la fortune et les lumières qui ont, dans tous les temps, justifié Pestime qu'on lui portait. Un financier, Gérard de Poissy, se trouve en état et eu volonté de iournir, pour le pavage de la ville, la somme, énorme pour le temps, de i4t000 livres. Bientôt le corps municipal s'organise; ses privilèges, acquis pen*
APPENDICE. 509
cUnt la première el la seconde race, s'étendent. Ce n'est plas une seule association ou hanse, remplaçant Tanden eons&riUtm, maïs une immense oorporatioa ledérative des diflerents métiers» ayant chacun leurs statuts , leurs lois, et présentant réunis Télite de la population organisée civlle<» ment et militairement. Le chef de cette association industrieuse prend et ik; (]uitteplus le titre de prévôt des marchands, et, quoique sa juridirliou soit souvent cnulrarue par l'exercice du droit des seigneurs et des évéques possesseurs des terres voisines, elle étead son action sur tout le cours de la rivière. Elle a seule |e droit de ùàre remonter les hateaux depuis Mantes jusqu'à Paris » et aucun étranger ne peut le ^re sHl n*est associé d'un bourgeois de Paris. Elle obtint de construire un port destiné au débarquement et au dépôt de ses marchandises, moyennant un octroi sur la consommation de la ville. Elle achète en 1220, par une rente annuelle au lise, le cria^c de Paris, ou autrement le droit de lots et ventes, et remplacement ciui leur éuit destine, et le roi dépose en ses mains Pétalon des poids et mesures et Tattribution si importante de les régler.
Pendant que 1 action municipale se développait ainsi, la justice administrative et urbaine se perfectionnait au même degré. Cette police fut longtemps eiercée par des hommes aussi distingués par leurs lumières que par leur naissance. On voit parmi eux, en i>02, un seigneur de Garlaude, dUle a la maison de Monlmorenry. Mais les trouilles el les besoins de l'État, pendant la inujoriîéde saint I.iiui>, nyanl obligé les conseils de ce prince à recourir à toutes sortes de moyens pour faire l'ace aux dépenses publiques, la prévôté de Paris fut comprise dans les fermes du roi et adjttgéeauplus offirant. Les magistrats qui jusque-là avaient rempli les fonctionsdece tribunal n'en voulurentplnsà cette condition, etcettecharge si importante fut livrée à des gens sans notabilité, et. quelquefois même sans fortune. On en vit plusieurs s'associer pour Pexercer et retrouver par les concussions la finance «lu'ils déboursaient. « Voyant, dit rhistorien « de saint Louis, les mauvaises coutumes dout le povre peuple étoit ainsi « grevé, le saiot roi fit enquérir par tout le pays où il trouveroit quelque « grand sage homme qui lust bon justicier, et qui punist étroitement m les malfaiteurs, sans égard au riche plus qu'au povre ; et il lui fut amené
• un qu'on appeloit Estlenne Boisleau, auquel il donna l'office de prévôt ■ de Paris, lequel fit merveille de soi tellement que désormais n'y avoit
• larron, meurtrier, ou autre, qui osast demeurer à Paris, qui ne fust « pendu ou puni à rigueur de justice ; et alloit souvent le roi uu Chas- « telet se seoir près ledit Boisleau, pour Tencourager à donner l'exemple « aux autres juges du royaume. »
Cet homme estimable joignait beaucoup de lumières à beaucoup de
5io
âPPEirDicas.
fermeté; c'est lui qui roniju sa un code tout entier pour les corps des métien^ tdkinept approprie à leurs intérêts et à leur discipliDe qu'ail se cooicra presque intact peodaDt diiq tiècles, jusqu'au moment où les liimièKS el la di?îsk» da timvaO pmnireat de laisser à l'induslrie une cdtiera liberlé. Ces statats fiiraitaoïunisà une sorte d'enquête « devant grand
• planté, dit la chronique, des plus sa^ et des plus anciens bommes
• de Paris , et de ceux qui plus derdent savoir de «s choses, lesqplds
• tous ensemble louèrent mouU cet œuvre. »
La prévôté de Paris, ainsi rétablie^ devint an cuiploi honoraljle que des hommes distingués ne dedaigiièreut plus d^occuper. On voit parmi eux les noms des Han^n de Goui^, des Grèvecoeur; ik étaient aidés dans leurs fimotions par nn lieutenant dvii et plusieurs greffiers.
A Tabri de cette donble protection jodldaire et nmnicîpaley k popnktion indostriease de Paris put s*élefer bient^ à un haut degré de richesse et de prospérité. Sa bourgeoisie. Tonnant, comme nous Pavons dit, de temps immémorial un tforps indépendant, n'eut point besoin de pisser par ces chartes d'affranchissement, divisées en plusieurs cat^ories, qui eurent lieu pour les autres viUes du royaume. £Ue occupait une place entre la noblesse et le peuple, conune ce qa'on appelle en Allemagne ht seconde noblesse» produite par le travail , ainsi que k première par les armes.
C'est elle qui ÊMide les premiers établissements de bien&isance, qui développe le commerce, entretient le [>euple et les universités, qui assiste aux doelcs levons de.s Charapeau, des Abelard, des Ambroîse Paré, et invite les étrangers à venir partager ses travaux et proiitcr de ses lumières. Le sentiment que donne k liberté, le jugement que produit l'étude » distinguent de tout tempe ces kmtUes curiaks de Paris, qui sont, comme celles de Rome» les emtrttiiks des viiies et k meilleur appui des souverains. Déjà nous avons vu Pbilippe»Auguste confier à rix bourgeon de Paris , pendant son absence, la gestion de ses biens et l'entrée au conseil de la reine ; des notaljles de Paris sont également désignés par Charles V pour avoir part à la régence du royaume, etc.
APP£;ii>lC£.
Su
Organisation du cry à Paris durant le moyen âge, — Détails sur l exer» cice de la profession de crieur public à cette épofue,
Philippe-Auguste accorda aux bourgeois de Paris le droit de faire eriet dana les rues lorsqu'il s'agissait de la vente de certaines deorées, de certains immeiiblesy etc., ou lorsqu'il s'agissait de porter un avis îinpor- . tant à la comiaissaiioe du public.
Le ci^ott criage fut organisé sous saint Louis, et £. Boileau en fait mention dans ses règlements.
Le cry de Paris tenait lieu c(e nos affiches et placards, de nos pompeuses annonce dans les journaux et des prospectus. Le cri de Paris, avant rimprimerie et avant l'usage des annonces et placard s» était la voix de la publicité; Toix discordante» tumultueuse souvent, toujours bruyanle, mais qui avait une immense utilité* On ne conçoit pas plus une grande ville sans cri public , avant l'usage des annonces et affiches, qu'on ne la conçoit sans une administration municipale. Il faut bien que l'autorité communique ses actes d'une manière saisissable , ostensible pour tous ; il faut Ijien que cette communication soit prompte et rapide. Que pouvait-on faire de mieux que d'avoir des crieurs jurés, pour faire part au public avec certaine solennité de tous les arrêtés et édita qui le concernaient?
Le cri public pour ks aedamations privées, et pour les avis des particuliers, avait un certain avantage sur les réclames et annonces ; mainte* mut vous vous ingénies pour faire une affiche pUtoresque, singulière, ayant un titre pompeux ; jamais votre affiche ne frappera le public aussi vivement que le faisait la sonnette du crieur de ville; jamais le caractère d'imprimerie ne produira le même cflët que le coup de voix du crieur, et nous pensons bien que le prévôt des marchands ne confiait les fonçtions de crieur }uréqu'à des hommes bien choisb. Ce fut le roi Philippe-» Auguste, comme k prouve une charte de l'année laao , qui , moyennant une somme de trois cents livres par an, concéda aux marchands de l'eau liansés de Paris la police des crieurs et Pinspection des poids et mesures. Il est dit cLuis celte charte que les bourgeois ha/isés tiendront le mage et les poids et mesures aux mêmes conditions que les tenait autrefois Simon de Poissy. Les redevances attachées aux criages de Paris, du temps de Philippe- Auguste, consistaient d'abord en ûzdenien qui devaient être acquittés en deoi termes, le premier à l'oclave de k Nativité,
APPENDICE
le second à l'ocîave de la Sainl-Jeao, par les mégissiers faiseui^ de bourses. Six autres deniers devaient être encore acquittés aux mêmes termes par ceax i|ui disaient îles souliers de vache ou qui les réparaieot avec du cuir oeuf, et douxe deniers par tous ceux qui apportaient au marché du cuir nouveUement tanné.
Mais, pour pouvoir se rendre un compte exact de ce qu'était le <:riage de Paris , il est bon de savoir la signification de ce mot : criafiie de Paris. L'on cuni|i»iuaiL sous ce mot la faculté de faire annoncer tians toutes les rues de la capitale le prix des marchandises de différentes natures, la vente et le loyer des maisons, la perte des objets perdus et ani* maux de toutes sortes. On pense bien qu^on n'oubliait pas le criage dans le cis où un pauvre enfant disparaissait, ou même tonte personne dont on ne savait plus de nouvelles et de laquelle on avait perdu la trace.
Ceux qui avaient intérêt à fiiire foire chacun de ces cris payaient uu droit fixé par Tiisa^e, et l'on voit, par 1rs sommes qu'exigeaient les communautés religieuses dans ieurs lieis respectifs, que ce di'oit devait produire un assez bon revenu.
Les Statuts d'Étienne Boileau ( titre Y, livre V) nous apprennentque les crieurs étaient soumis à la juridiction de la prév6té des marcbaiids et obligés de fournir un cautionnement de soixante sous en deniers pa* risis. En 1297, nous dit M. Leroux de lÀncy, le Parloir-aux-Bourgeois avait choisi six maîtres des crieurs, qui recevaient par année vingt-quatie sous parisis.
Chacun de ces six maîtres devait faire venir devant lui, au moins une fois tous les quinze jours, les crieurs qu^il était chargé de surveiller, et, l*un d'eux manquait à son devoir ou était privé de son emploi, le maître poursuivait l'exécution de la peine prononcée contre lui. « A la ûn du quatorzième siècle le eriage dans Paris parait avoir été réduit à Tannonce des marchandises et des décès ; au moins les crieurs de cette espèce sontils les seuls qui figurent dans la grande ordonnance de i4ij. Les crieurs jures n'allaient pas faire leurs annonces et proclamations au delà de la clôture de la ville. Autrefois, dit Sauvai, les crieurs jurés , faisant leurs proclamations, peu de jours après la mort de nos ix>is, ne passaient point plus loin , tant parce qu'il y avait peu de maisons au delà qu'à cause que tels cris n^ont jamais été faits dans les faubourgs. » %
Les crieurs, dît l'ordonnance de i4iS» étaient chai^gés de crier les choses étranges qui se trouvaient égarées, eomme enfants, mules, chevaux et autres. Ils annonçaient encore les événements qui avaient lieu dans chacune des confréries nombreuses existant alors à Paris, et même peo*
^ d by GoogI
àPPEJSJDlCt.
daot la nuH ib anoonçaieot la mort de chaque babitani, le lieu et Ifieare
de ses funérailles , et engageaient tous les chrétiens à prier Dieu |iour lui. Le nombre des cricurs, qui ne se composait <raL{)id que de six crieurs jurés, fut par la suite porte à vingt-quatre ; le commerce en détail des vins et des autres boissons leur appartenait presque tout entier. Us étaient charf^des détails relatifs aux fboéraiiies ; l'article 19 du cha* pitre sur les crieurs de la graode ordoonanoe de 141 5, sur les crieurs, nous en fournit la preuve; il est ainsi con^ : « Us fourniront les robes, manteaux, chaperons nécessaires aux funérailles, et recevront pour les louer deux sous pnrisis par jour; ils auront sei/e deniers pour les tentures et deux sous pour chaque torrhe , payal)les à eeux qui les porteront. » Les crieurs, quand les faubourgs de Paris curent plus dUmpor* laooe» furent admis à crier dans ses &ubour||;s. Quand un crieur venait a mourir tous ses confrères raccompagnaient à sa dernière demeure, vétos derkur dalmatique de crieurs de mort et faisant sonner leurs do* chettes. L'un d'entre eux tenait un pot de vin, un autre une coupe ou hanap* et ils offraient à boire, dans chaque carrefour oiî le cortège s'arrêtait, non-seulement à ceux des confrères qui portaient le trépassé , mais encore à toutes les personnes qui se trcnivaienf sur leur passag^e.
Le costume singulier qu'ils portaient, compose d'une dalmatique blanche parsemée de lames noires et de têtes de mort, la clochette quUls agitaient la nuit et leur refrain lugubre : « Réveillei-vous, g^s qui dormesr; pries Dieu pour, les trépassés, > tout concourait à leur donner uo appareil sinistre. On les surnommait les Gocheieurs des trépassés» Le poète Saint-Amand, dans une pièce de vers Intitulée la Nuit, en parle en ces termes :
Le elocbeliur des tiépsssés,
Sonnant de rue en rue, De frayeur rrnd leurs cœurs glacés.
Bien que leur corps en sue ,
Et mille chiens, oynnt sa triste voix, Lui répondent en longs abois.
Une pièce de vers Intitulée les CrierUs de Paris , composée par GuîU laume de la Villeneuve, contient sur les mœurs et usages des habitants
de Paris quelques traits bons à recueillir. - C^li i(|iic jour, dit-il, depuis le malin jus(|u'au soir, les rues de Paris ne cessaient de htairc. De grand matin on entendait ceux qui venaient inviter les Parisiens à se baigner; ils annonçaient que le L^in était chaud, quHl fallait se hâter. »
Quelques personnes étaient*elles décédées : un homme vêtu de noir, armé de sa sonnette» faisait retentir les rues de ses sons lugubres et criait :
llItT. DE PARIS. T. I. 33
5 1 4 APPENDICE
Prie» Dieu pour in trépassés. Quelquefois on criait le ban du loi; c'était on ordre donné ans FirisienB de se préparer à marcher à la guorre. Leecrieura de eoupestiliks, volailles» légumes» firuits, étaient les plus
nombreux. « On criait , nous apprend encore Gnillaume de la Villeneuve, toute espèce de poisson. « On vendait dans Icr^ mes de la chair fraîche on de la chair salée y des œufs et du nùvi ; on criait aussi toutes sortes de légumes et de fruits. Nous avons déjà vu qu'on n'oubliait pas de crier les boissons» et notamment les vins, dont le plus cher s^élevait à trente -deuE deniers la pinte ou plutôt la quarte» environ trois sous» et le moins cher valait six deniers.
Des aliments préparés , des pâtisseries se criaient dans les mes » et des roinsolcs ou couennes de cochon grillées.
De«i partie uliers panouraient les rues, offrant en criant leurs services pour raccommoder, recoudre les vêtements déchirés, tels que la cotte, la chiqie^ le surcot , le mantel, le pelisson ; d'autres achetaient de» vieilles bottes» de vieux souliers, ou les réparaient ; d'autres criaient : Cht^teaiucp chapeaux ! Les crieries de P^s s'étendaient donc à une infinité d'objets ; dks'ont bien diminué d'importance en ces temp6-ci« mais elles ne sont pas eneore tellement déhissées que nous ne puissions nous fiiire une idée de ce qu'elles étaient aluis (lu'elles s'élciiciaicnt à presque tous les aliments, comestibles, vêlements et buissons. S'il arrivait quelque malheur à des habitants on les entendait à leur porte crier ;
AldeOieade Mabt,
Oons de maie heure |e sois on, ste.
Cooe pars sois mol assenés.
APPENDICE
SiS
OrganUaiUm du iravaUà Paris m moyen ége» Détails campUmen»
tains.
On a]>pelaît Heur privilégies certains qtiartîprs rie Paris où les ouvriers pouvaient Uavailier, s'éUblir librement et fabriquer à leur compte, sans avoir été reçus maîtres dans les communauté». Là poîal de cattlioimenient à donner, pas de chef-d'cnivre à produire. Les maîtres œ pouvaient pas fiiire visite dans ces lieux» à Teioeption de œrtaines occasions , et alors ib étaient tenus d'obtenir sentence du prévôt de Paris.
lieux privilégiés de la ville de Paris était nt , vers la hn du dixhuitième siècle, le faut)Ourg Saint-Aotomc, le cioitrc et le parvis Notre- Dame, la cour Saint-Benoît , Tenclos cle Saint-Denis la Ghartre, celui de Saint>Germain des Prés , celui de Saint-Jean de Latran, la rue de POnrsine, Pendos de Saint-Martin des Champs , la cour de la Trinité» celle du Temple » la galerie du Louvre» Phèlel des Gobelins» les maisons des peiiitres et sculpteurs de I^Académîe, les palais et hôtels des princes du sangi et enfin les collèges des universités.
Les lieux privilégiés servirent oi tlui lirement à tempéiw le?* trop grandes prétentions des corporations ouvrières, à donner aux compagnons qui n'avaient pas de patrimoine ou d'avenir les moyens de s'ouvrir une carrière.
Les ouvriers des lieux privilégiés étaient des personnes libres; il en était de même des varkts gagnants ou compagnons et des apprenlb de tous les corps de métiers. L'apprentissage ne constituait pas plus en œ temps-là une position servîle que de nos jours.
APPENDICE
Liste chronologique des piéinks des marchands de Paris,
Jcao AugicTt 1268.
Guillaume Piidoê, 127^.
Goillauine Bourdon, laSo.
Jean Arrode, 1^*89.
Jean pHpin, i9.o3, Guillanine Bourtlon, I9cjf».
Kstieune Bai-beltc, 1998.
Guillaume Pi/dot", i3oil.
Estlenue Barbette, i3i4.
Jeao Gentien, t3ai.
EstieDneMarc«U
Gcnlien Tristan, i358.
Jraii Dcsmaic'ls, iSag.
Jean Fleury, iJji.
Jean Culdoê, i38i.
Andouiii Cliaiiveron, i38i.
Jean dcFoUeviUe, i388.
le«u JouTénel ou Juvénal des Ur-
sins, i388« Charies Culdoê, i4o4- Jean Culdoë, 1409.
Charles Cnldoê , i A 1 1 • Pierre Geiitien, .
André d'Espernon , i /|i3.
Pierre Genticn, i4i3* PbiBppe de Biébant, 1 4 î 3 • Tanneguy du Chasiel, i4t^* Guillaume Ciriasse, i4t7* Noël Prévost, i4i8.
Hugues Le Cocq, 1 4 19.
(juillaume Sanguin, i47o.
Hugues BajtiouU, 1421.
Guillaume Sanguin, 1 43 1 .
Michel LaiUier, i430.
Pien e des Landes^ i438.
Jean Bailiet, i444« Jean Bureau, 14S0.
Dreux Budé, i452.
Jean deNanterre, 14 56.
Henri de Livres, i4'io.
ISjichel de la di.mge, l!\^^y\, Nicolas de Louviers, 1468.
Denis Hessclin, 1470.
Guillaume Le Comte, i474« Henri de Livres, 1476.
Guillaume de la Haie, i484 .
Jean du Drac, i48fi.
Pierre Poignant, 1490.
Jacques Piedefer, i493. Nicole Viole, 14 94* Jean de Montmîrail, 1496.
Jacques Piedefer, 1498.
Nicolas Potier, iSoo.
Dreux Raguier, i5oo«
Germain de Marfe, iSoft.
Eustache Lulllicr, iSoG.
Pierre Legendre, i5o8»
R oger Barme , iSii.
Robert Turquaot, i5i4.
Jean Boularl, i5i4*
Pierre Chitin, i5i6.
Pierre Lescot, i5i8.
Antoine Leviste, i52o.
Guillaume Budé, i522.
JeanMorin, i524.
Germain de Marie, i5a6.
Gaillard Pifiime, iSaS.
Jean LuiUier, i53o.
Pîerrc Violle, i 53'^ .
Jeao TkroaçoD, â534« Augustin deTboa, i538.
ÉtieiraedeMoDtiiiiniU, i54o.
André Gaillard, i5/|!i.
Jean Morin, î 3q4.
Louis r.ayant, l54^.
Claude Gu} ot , 1 548.
Christophe de Thou , 1 552.
Nieole de Livres, i554. Nicolas Perrot» i556.
Martin de Bragelogoe, i558.
Gnillaunie de Marie, i5^.
Guillaume Guyot, i5r)4.
Nicolas Legciidre, i566, Claude Marcel, 1570.
Jean Le CI n rro n , 1 5 79..
Nicolas LttiUier, 1576.
Claude Daubray, 1678.
Augustin deThoa, iS8o.
Éttenoe de Neiiilly, tS82« Nicolas Heclor, i58fS.
Charles Boucher d'Orsay, 1690, Jean Luillier, iSga.
Martin Langlois, 1594.
Jacques Danès, 1598.
Antoine Guyot, 1600.
Martin de Bragelogoe , i6o3* François Miron, t6o4.
Jacques Sanguin, ifiort, Gaston de G Heu, i6iîà.
Rohert Miron, i6i4> Antoine Bouchet, 1616.
DICE. Siy
Henri de Mesmcs, t6l8,
Nicolas de Bailleui,
Christophe Sanguin, 1628*
Michel Maureau, i63a.
Oudart Le Feron, 1638.
Christophe Pen ot, if>/ji.
Macé Le Boulanger. i64l,
Jean Scarroii, 1^44 •
Jérôme Le Feron, 1646.
Antoine Le Febvve, 16S0.
Alexandre de Seve, i654.
Daniel Voisins, 1661.
Chude Le Pelletier, 1668.
Auguste-Robert de Ponicreu, 1676.
Henri de Fourci, 1684.
Claude Buse, itig'i.
Charies Boucher d'Orsay, 1700.
Jérôme Bignon, 1708,
Chartes T^udaine, 1716.
Pierre- Antoine de Gastagnière de Châtcauneuf, 1720.
Nicolas Lambert, 1725.
Michcl-Étienne Turgot, 1729.
Félix Aubery de Yastao, 1740.
Louis-Basile de Bernage, 1743.
Jean-Baptiste-Élie-Camus de Pontcarré , 1758.
Armand-Jérôme Bignon, 1764.
Jean-Baptiste-Frau^ois de la Miciiodière, 1772.
Le Pelletier de Morfontaine , 1789.
De Flesselles , massacré parle peufiie àChéieldtvUkk ik juillet 1^9.
FI J>f DU PREMIER VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES