HÎSTOIRE DE PAKIS. , (Av.J.-CW
Pierre de Chasius, abbë de Cluny, se rendit acquéreur de ce qui subsistait encore. Deux autres abbés de Cluay, Jean de Boarbon et Jacques d^Amboise, ëleyèrenc pour eux-mêmes et pour leurs successeurs, sur une partie de remplacement des Thermes; le somptueux hôtel de Cluny, qui contient aujourd'hui des collections si précieuses pour Tétude des arts.
La renaissance des lettres, le retour au\ auteurs classiques n*amenèrent pas de meilleurs jours pour la grande . salle des Thermes; personne n'y songeait plus. En 1787, pour qui voulait la visiter, il fallait s*en aller frapper rue de la Harpe , à la porte d'une vieille et laide maison qui avait pour enseigne la Croix de Fer, eia âicede Thotel du Bœuf couronné. Au fond d'une cour étroite se trouvait rentrée de la salle principale , qui servait de magasin à un tonnelier. La voûte 'romaine portait sur sa croupe un jardin divise en parterre et eu potager, où les pommiers venaient à merveille dans une couche de terre haute de c inq ou six. pieds. On arrivait à ce jardin suspendu de la Babylone moderne par une des salles du second étage de riiotel de Cluny.
Le camp romain, dont nous avons déjà parlé, était situé auprès du palais des Thermes, sur un emplacement occupé plus tard par quelques maisons de la i*ue de Vaugirard et de la rue d*Enfer et par le parterre du Luxembourg. Quant au cimetière, il s'étendait dans le vaste espace compris entre les hauteurs de la rue et du faubourg Samt-Jacques , depuis la rue d'Enfer jusqu'au bas du revers du plateau de Sainte-Geneviève. On y a déterré, à divei^s époques, un si grand nombre de tombeaux romains qu'on ne peut contester à cet immense
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emplacemeiit le titre de champ des Sépultures que lui attribuent nos annalistes.
Corrozet , qui rédigeait ses Antiquités de Paris vers le milieu du seizième siècle, dit : a De nostre temps avons trouvé des sépulcres au long des vignes, hors la ville Saint* Mai*ceau, et n y a longtemps qu'eu une rue, vis-à-vis de Saint- Victor, en pavant icelle rue, qui ne Tavoit oncesté, nous fut monstre , au milieu d'icelle, un sépulcre de pierre long de cinq pieds ou environ , au chef et aux pieds duquel furent tiouvées deux médailles antiques de bronze. » [Antiquités de Paris ^ par Corrozet , seconde édition, p. 10, verso. )
L'abbé Lebeuf nous apprend qu'en janvier i656, dans un'jardin formé sur l'ancien cimetière de Saint-Marcel, presque derrière l'église de Saint-Martin, un jardinier, en remuant la terre, trouva soixante-quatre cercueils de pierre, qui paraissaient appartenir à des personnes des premiers temps du christianisme. Un seul de ces tombeaux avait sur son couvercle une inscription portant : Vilatis à Barbara, son épouse très*aimable, âgée de vingt-trois mis ci/uj mois et vingt- huit jours. Sur ce tombeau étaient gravées deux colombes, emblème de l'amour conjugal, ainsi que le nionograninie du Christ, placé dans un cartel, entre V alpha et Voméga^ signes fort en usage parmi les chrétiens du quatrième siècle. {Histoire de lu ville et du dioc\ de Paris, t, 1, p. aoS. )
Dans le même lieu fut placé le tombeau de saint Marcel, qui donna son nom à un mémorial, puis à une église, et enfin à un faubourg de Paris.
De ces découvertes on peut hardiment tirer cette conjecture : que les alentours de Téglise de Saint-Marcel
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étaient, sous ia domination romaine, consacrés spéciale* ment à la sépulture des chrétiens.
Au nuiieu d'une population encore Inculte et sauvage les lettres et les arts né durent avoir aucun développement sensible; Julien , qui aimait à poser eu piulosophe et à faire admirer sa fiiconde, avait rassemblé autour ^ lui une espèee d'acadéinie , exclusivement eoniposée de savants venus de divers pays étrangers à la Gaule ; cette . institution, qui n'avait pas de caractère fixe et définitif, dut disparaître après le départ du prince qui Tavait éta* blie. Quant aux monuments dont les débris ont été retrouvés en fouillant le sol, ils présentent beaucoup plus d'intérêt au point de vue historique que sous le rapport de la forme et du travail. Ou retrouve d'aucieimes tombes, renfermant des armes, des poteries, quelques ornenemeiits. Vers la Un du dix-septiènie siècle, clans le lieu , où était situé Tenclos des Carmélites, précédemment appelé Notre-Dame des Champs, on découvrit , à quinze j pieds au-dessous du pavé, un groupe de figures assez j remarquable et cfui pai^aissait appartenir au deuxième ! siècle. « La principale tigure, dit Sauvai, représentait uu homme à cheval, suivi de trois autres .figures à pied, ; parmi lesquelles était un jeune eniant. Chacune d'elles avait à la bouche une médaille de grand bronze de Faustine ou d'Antoniu le Pieux. Un des piétons tenait de la main gauche une lampe qui avait la forme d'un soulier garni de clous.
« La même figure avait à la main droite une tasse contenant trois dés et trois jetons d'ivoire, qui se trouvèrent presque pétrifies, »
L'enfant avait à la main droite uneçuiller d'ivoire dont
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le manche avait trente*deux centimètres de long; il dirigeait cette cuiiler vers ua vase qui contenait encore uu liquide parfiimé; cette liqueur y s'échappant du vase rompu yar accident , répandit une odeur délicieuse.
Sauvai parle en outre d*un tombeau situé près du même enclos; on y remarquait sur des bas-reliefs un licteur vetu à ia romaine; on trouva à l'intérieur une agrafe, une boule et un cornet de bronase d'une habile exécution, qui portait ces mots gravés ; Fibius Hernies ex volo, i^i i63o, lorsque Ton construisait la fontaine du couvent des Carmélites, on exhuma les débris d'un cercueil et un basrelief de deux pieds de liaut représentant Mit/ira triomphant du taureau ëquuioxial ; cette figure est remblènie du jour qui, à lapproche du printemps, se dérobe victorieusement aux ténèbres de l iiiver. Ce monument, d'ailleurs fort curieux et très-rare en France y du culte de Mithra, que les anciens Perses adoraient comme le soleil, doit ctre postérieur aux Antonins; c'est sous Ja dynastie de ces empereurs que ce culte passa de l'Italie dans la Gaule. Les Romains Tavaient admis vers la fui de la république; ils représentaient cette divinité asiatique sous la figure d'un jeune homme coiffé du bonnet phrygien, et armé d'un poignard dont il va percer un taureau abattu devant lui.
Les historiens, les archéologues ont minutieusement décrit les inscriptions, les pierres tumulaires , les pierres votives, les médailles, les elhgiesy les statues plus ou moins mutilées par les âges qui ont été découvertes dans la Cité ou sur les rives de la Seine, à mesure que l'on creusait la terre pour entreprendre des constructions particulières ou des travaux d'édihté publique. On rencontre de
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pareils vestiges partout oh së sont fixës les Romains, partout où la civilisation a été introduite à la suite des Césars et des préteurs de Rome païenne* On nous pardonnera de ne point insister sur des découvertes qui apprennent peu de chose à l'histoire et n'offrent aux curieux qu'un intérêt a:>i>ez restreint; tout le monde pourra s*en faire une idée en parcourant dans nos musées les salles destinées à renfermer les antiquiLéb gauloises et romaines.