HISTOIRE DE PARIS. (IMMSM
vaient être à la nomination de Tabbé de Saint-Bertin, à Saint-Omer, et de celui de Saint-Éloi, dans le diocèse d'Arras. Le collège reçut le nom du fondateur, qui fiit depuis altéré et changé en celui de Beaucourd , Bécourt, et enfin Boncourt.
Le i8 novembre i357 deux abbés désignés par le seigneur de Fléchinel rédigèrent les statuts du collège de Boncourt. tf Us veulent que les boursiers estudient aux arts et en philosophie , et que pour estre admis ils n'aient pas plus de 5o livres parisis de rente en bénéfice ou de patrimoine. » Us leur assignent à cliacun 4 sous parisis par semaine et leur imposent l'obligation de dire le petit office de la Vierge. Us leur permettent a d'aller aux sermons qui se faisoienten latin en faveur des escoliers. » Us leur défendent d'avoir « ni colombier, ni escurie, et de nourrir des chiens ou des oiseaux sales , comme pigeons et tourterelles. Chacun, à son entrée, se fournira d'un lit garni et de vaisselle d'estain, qui demeureront au collège quand il en sortira. Après sept ans au plus les boursiers seront-congédiez, pour faire place à d'autres. Dans la suite, «i les revenus du collège venoient à s'àccroistre, on pour r oit y establiu un prestre chapelain , tiré du diocèse de Thérouanne (i). »
Le collège de Boncourt acquit^ au seizième siècle, une grande célébrité par ses récréations théâtrales. Etienne Jodelle, après avoir fait représenter sa tragédie de Cléo' pâtre captive à l'hôtel de Reims, la fit jouer de nouveau au collège de Boncourt (iSSa), en présence de Henri IL Jodelle lui-même remplissait le rplç de Cléopâtre;
(i) Félibien, tome P"*, p. 609.
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les autres rôles étaient attribués à des poêles de ses atnis.
Au mois de mars i638 Louis XIII unit ce collège et celui de Tournai au collège de Navarre, mais celui de Boncourt conserva son nom (i)* On communiquait de cet établissement au ooUé^ de Navarre par une galerie qui traversait la petite rue Glopin. La maison du seigneur de Fléchinel est occupée aujourd'hui par les bureaux de l'École polytechnique.
he collège de Justice^ situé rue de La Harpe, fut fondé en i354 par Jean de Justice, diantre de l'église de Bayeux, chanoine de Notre-Dame de Paris, etc., qui, par son testament, laissa plusieurs maisons et autres biens pour la fondation et l'entretien de ce collège. En 1764 il fut réuni à l'Université. Yers l'an 1367 existait* à Paris, rue de l'Éperon, entre les rues du Battoir et du Jardinet, le collège de Vendôme^ dont l'origine est incertaine.
Paris renfermait en outre, dès le même temps, un assez grand nombre de petites écoles. On ne sait à quelle époque elles furent établies , maïs on en comptait plusieurs en i357 ; elles se trouvaient alors réparties en divers quartiers de Paris, comme leprouveiin règlementqui, en cette année, fut fait pour ces écoles. Ce règlement porte que les maîtres ne pouvaient enseigner que les garçons et les maîtresses que les filles, à moins queie chantre de l'église Notre- Dame, souverain dominateur de ces écoles, n'en ordonnât autrement. Chaque année les maîtres et les maîtresses étaient tenus de faire renouveler, en payant, la permission d'enseigner, permission que le chantre seul avait le droit d'accorder.
(i) Piganiol, tome V, p. 198.
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En i38o il se tînt une assemblée générale de lous les maîtres et de toutes les maîtresses; ils s'y trouvèrent au nombre de soixante-trois, dont quarante et un maîtres (quelques-uns avaient le grade de bachelier et d'autre celui de maître es arts) et vingt-deux maîtresses.
Chaque écolier payait une rétribution à son maître ^ et chaque maître en payait une au diantre de Notre-Dame. Quelques maîtres, pour se soustraire aux droits de ce chantre, tenaient leur école dans des lieux écartés ; c'est ce qu'on nommait alors écoles buissonnières (i).
(i) L'autorité qu'exerçait le chantre sur les petites écoles lui avait été accordée par Févéque de Paris , parce que ce second dignitaire du cha* pitre exerçait déjà, en vertu de ses fonctions cantorales, un pouvoir absolu sur les ecclésiastiques et les enfiints qui prenaient des leçons de chant dans l'école étabUe près de l'église cathédrale. Lorsque la chantrerie venait à vaquer ou lorsquVUe était en litige, le chapitre de Notre* Dame entrait en possession du pouvoir exercé par le chantre, et il en rempBssait pendant ces vacances toutes les fonctions scolaires. Quelquefois même, et quoique la chantrerie fût pourvue d'un titulaire, le Parlement renvoyait au chapitre la connaissance des dénis de justice que le chantre pouvait faire aux maîtres ou maîtresses d'écoles et les affaires pour lesquelles ce dignitaire était récusé par les parties. Dans ces circonstances le chapitre rendait des décisions souveraines, auxquelles le chantre et les maîtres et maîtresses devaient également se soumettre. La juridiction du chef des petites écoles s'étendait dans toute la ville, Gté, Université et banlieue de Paris, à l'exception du quartier Saint-Germain, dont le seigneur temporel, l'abbé de Saint-Germain des Prés, ne dépendait que du Saint-Siège, exemption qui, du reste, fut abolie en 1669.
Les maîtres des petites écoles, soumis à une surveillance sévère, étaient obligés en outre d'acheter leurs lettres de maîtrise, qui cependant, selon les décrets de l'Église, devaient être délivrées gratuitement aux personnes capables d'enseigner. Une conclusion du diapitre , en date du 06 juin 14 la, fixe les droits de provision qui devaient lui être payés pour collation d'écoles pendant la vacance de la chantrerie. D*après cette décision le notaire écrivait et scellait les lettres de maîtrise moyennant une somme de deux sous, dont il rendait compte au chapitre après avoir, retenu huit
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Sous le règne de Charles V le collège de Dormans ou de BeauMois fut fondé à Paris par Jean de Dormans,
deniersy et quatre pour le sceau. Les maîtres étaient obligés de payer ensuite sept ou huit sous lorsqu'ils renouvelaient solennellement leurs permîssioos d'enseigner. Le nombre des écoles s*accrut rapidement, et les maîtres et maîtresses formèrent alors une confrérie sous l'invocation de saint Nicolas , présidée par le chantre.^ Ils payaient trente-deux sous lors de leur réception ; plus tard ce droit s'éleva à quinze et trente KvreSy mab on n'oubliait jamais, dans la perception de cette taxe, les ressources du récipiendaire, et on la réduisit souvent de moitié.
Le chapitre de Notre-Dame et l'autorité civile publièrent, à difjférentes époques , un grand nombre de règlements sur les petites écoles, surtout pendant les guerres de religion, au sujet des écoles secrètes qu'on nommait
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évêque de Beauvais, cardinal et chancelier de France^ pour douze, ensuite pour vingt-quatre boursiers, et en outre pour un maître et un sous-maître. La chapelle fut bâtie en i38o. En cette même année Michel de Dainville, archidiacre d'Ostrevant, dans le diocèse d'Arras, fonda à Paris le Cellége de Dainvfille , tant en son propre nom que comme exécuteur testamentaire de Gérard et de Jean de Dainville, ses frères, le premier évêque d'Arras, puis de I Thérouenile , et enfin de Cambrai , et le second maître , d'hôtel des rois Jean et Charles V. Cette fondation fut 1 faite pour douze boursiers, parmi lesquels on devait choisir le principal et le procureur, et dont six devaient être du diocèse d'Arras, six de celui de Noyon. Le nouveau collège était situé au coin de la rue de I^a Harpe et de la rue des Corde! iers (rue de l'Ecole-de-Médecine).
Le collège de Maître Ger^ais^ dont nous parlions tout . à l'heure, était situé rue du Foin Saint-Jacques et avait eu pour fondateur maître Gervais-Chrétien, chanoine des églises de Bayeux et de Paris , premier physicien^ c'est-àdire médecin de Charles V. Les libéralités de ce prince j l'avaient rendu propriétaire de trois maisons situées rue Érembourg-dè-Brie et de deux autres rue du Foin, qui étaient contiguës aux premières. Ce fut par leur réunion
buissonnières , Toutefois le gouvernement ne s'occupa guère de rînstruction primaire ; jusqu'à la Révolution notre législation est presque muette à cet égard. Les communautés religieuses , les écoles paroissiales suppléaient seules-, par leur zèle et leur dévouement, à cette lacune. Maïs après la suppression des Jésuites, en 176a, les parlements provoquèrent des réformes dans le système d'éducation élémentaire, et les philosophes les appuyaient en demandant que le clergé ne fût point seul chargé de renseignement de la jeunesse. La question était encore vivement discutée lorsque la Révolution éclata. (M. de Gaulle, tome II, p. 53o-53i. )
qu'il forma son collège, auquel il assigna des revenus pour l'entretien de vingt-quatre boursiers. Le contrat de fondation est, suivant Jaillot, du 20 février 1370. Charles V l'approuva par ses lettres, données en iS^S, augmenta la fondation de deux bourses destinées à des étudiants en mathématiques, y ajouta la concession des dîmes de Saineville et de Caenchy, etc., et voulut mettre le comble à ses bienfaits en honorant ce collège du titre à^ fondation royale. Ce prince , grand partisan de la médecine et de l'astronomie, donna aux écoliers les livres et les instruments nécessaires à l'étude de ces deux sciences, et fit lancer anathème par le pape contre ceux qui oseraient enlever de ce collège les livres et les instruments qu'il y avait placés (1). La chapelle de ce collège possédait un reliquaire de vermeil sur lequel était cette inscription : v Charles , par la grâce de Dieu roi de France, cinquième de ce nom, a donné ce joaux, avec la croix qui est dedans, aux écoliers du diocèse de Notre-Dame de Bayeux (2) . » La bibliothèque, suivant l'expression du Père Dubreuil, était belle ^ riche et magnifique.
(i) L'abbé Lebœaf. — M. de Gaulle.
(2) Félibien, t. F', p. 671.