‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 30 sur 82 · HISTOIRE DE PARIS* (1M*ISM · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS* (1M*ISM

et de Bourgogne, épouse de Philippe de Valois, donna , par son testament de Tan 1 33:si) son hôtel de Nede, pour que le prix provenant de sa vente fût employé à la fondation d'un collège destiné aux pauvres écoliers séculiers ou réguliers du comté de Bourgogne qui voudraient étudier à Paris. Les exëciiteurs testamentaires achetèrent une maison située vis-à-vis le couvent des Cordeliers, qu'ils, appelèrent la Maison des écoliers de madame Jeanne de Bourgogne, reine de Fratice. Suivant l'intention de la fondatrice on devait uniquement y professer la philosophie. Chaque écolier n'eut d'abord, pour sa nourriture et son entretien, que trois sous par semaine. En i536 le Parlement porta cette somme à cinq sous, et, en 1688, à trois livres dix sous.

Le collège des Lombards, situé rue des Carmes, fut, en i334, fondé par plusieurs Italiens qui voulurent que ce collège reçût le nom de Maison des panures escoliers italiens de la charité de Notre-Oame , et que oaîe boursiers y fussent enseignés et nourris. André Ghini, de Florence, évêque d'Arras, un des fondateurs, donna, pour établir ce collège, sa maison, située au mont Saint-Hilaire.

Le collège de Tours^ situé rue Serpente, fut également fondé, en i334, par Etienne de Bourgueil, ardievêque de Tours, pour un principal *et six écoliers, auxquels U assigna trois sous par semaine pour leur nourriture. U donna pour cette fondation, plusieurs biens, et notamment une maison et son verger, situés rue Serpente , ainsi qu'une chapelle qu'il avait fait bâtir dans une maison voisine. Dans la ^ite quelques nouvelles fondations procurèrent de l'accroissement au nombre des boursiers. En t54o, la somme de trois sous par semaine paraissant insuffisante pour

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chacun d'eux , on Tëleva jusqu'à sept sous , et on accorda au principal dix sous six deniers.

En i336 Guy de Harcourt, évêque de Lisieux, laissa par son testament mille livres pour l'entretien et l'enseignement de vingt-quatre boursiers élèves de la faculté des arts, et cent livres pour leur logement. Le nouvel établissement, qui reçut la dénomination de collège de Lisieux^ subsista d'abord rue Saint-Sé vérin, et fut, cent ans plus tard, transféré dans les bâtiments du collège de Torchi^ récemment élevé sur la montagne Sainte-Geneviève et rue SaintrÉtienne-des-Gres, en faveur des étudiants du diocèse de Lisieux. Dans les temps modernes ce collège eut pour élève l'abbé Delille.

Nous mentionnerons ensuite le collège qui fîit établi , en i348, dans une maison de la rue de Bièvre, par Guillaume de Ghanac, évêque de Paris et originaire du Limousin. Le collège de Chanac porta également les noms de Saint'Michel et de Pompadour; il servait à l'entretien et à l'éducation de douze écoliers du diocèse de Limoges, Citons en outre le collège de Hubant ou de VÂi>e Maria j fondé, en i336, par Jean deHubant, conseiller du roi, et le collège de Mignon ou de Grammont^ établi, en i343, par Jean Mignon, archidiacre de Blois et maître à la chambre des comptes. Ce collège fut ouvert pour douze écoliers à choisir de préférence dans la famille Mignon. La chapelle, construite par Michel Mignon, fils de Robert, fut dédiée en 'i474 sous l'invocation de saint Gilles et de saint Leu. Ce collège fut réformé en iSSg par Jean Le Veneur, évêque de Lisieux, grand-aumônier de France. De laïque qu'il était il devint régulier en i584(i).

(i) Henri III, voulant établir en France les Hiéronymites, qu'il avait

En i34i Pierre Bertrand, natif d'Annonay, évêque d'Autun, et depuis cardinal, donna une maison qu'il avait à Paris, rue Saint- André*des-Arcs, et quelques biens pour l'entretien et l'instruction de quinze jeunes gens des diocèses de Vienne, du Puy et de Glermont, qui devaient étudier en théologie, en droit ou en philosophie. Le nombre des bourses fut augmenté dans la suite pour les mêmes diocèses. En iSgS Oudart de Moulins, président en la chambre des comptes, légua une somme pour l'enseignement de trois pcoliers de la ville de Mouhns. Cette institution fut appelée collège d Auiun ou du Cardinal, .

Sous le règne de Philippe de Valois, et vers l'extrémité occidentale de la rue Saint-André-des- Arcs, existait déjà le collège d! Aubussoriy dont les annales sont demeurées fort obscures. Quant au collège de Cambrai ou des Trois-Éçé" ques, il dut son nom à trois prélats qui concoururent à sa fondation par des dispositions testamentaires. Guillaume d'Auxonne ou Guy d'Aussonne, évéque de .Cambrai, sentant sa fin approcher, chargea, en i344î P^ï* son testament, Hugues de Pomare, évêque de Langres, d'effectuer le projet qu'il avait eu d'établir un collège dans sa maison,

amenés de Pologne, leur donna le monastère des religieux de Grammont du bois de Vincennes , qui reçurent en échange le collège de Mignon . L'Université s^opposa à ce changement, qui paraissait devoir supprimer les bourses; mais le fameux avocat Chopin ayant montré qu'il s'agissait de changements cTe boursiers séculiers en boursiers réguliers, un arrél confirma l'échange et ordonna que ce collège , qui dorénavant s'appellerait collège de Grammont , renfermerait huit religieux étudiants et un prieur. Les Gram montais ont occupé cette maison jusqu'en 1769; à €;ette époque Louis XIV, ayant supprimé leur ordre, ce collège fut uni à celui de l'Université. Les bâtiments en avaient été entièrement rebâtis en 1749. Ils;furent occupés par l'imprimeur du Parlement; en i8ao par le dépôt desj Archives du trésor»

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vis-à-vis du cloître de Saint-Jean de Latran. Hugues, prévenu par la mort, laissa l'ouvrage imparfait. Dans le même temps mourut Hugues d'Arci, archevêque de Reims, dont le dessein avait été de faire construire aussi un collège. Les exécuteurs testamentaires des trois prélats se réunirent, et établirent le collège de Cambrai sur remplacement de la maison léguée par Guillaume d'Auxonne. L'acte qui contient cette fondation et les statuts est de l'an f348. Six boursiers élèves furent établis dans ce collège pour étudier, deux dans la faculté des arts, deux dans celle de droit et deux dans la faculté de théologie ; ils devaient être choisis dans les diocèses de chacun des fondateurs, et à défaut dans les diocèses voisins.

Vers la même époque subsistait, rue Hautefeuille, dans une maison autrefois nommée Pot-d^Étain , un collège qu'avait fondé Robert Clément, en i349, i^^oyennant un legs de dix-huit livres de rente. Ce pauvre collège de maître Clément fut , dans la suite, réuni à celui de maître Geri^ais. •

Cette nomenclature des collèges fondés à Paris sous les premiers Valois serait incomplète si nous ne parlions du collège des Allemands^ établi , à ce qu'il paraît , en 1 348, dans la rue du Mûrier, commeaussi du collège deBoncouvi^ fondé, huitansplus tard, par Pierre de Recourt, chevalier et seigneur de Flèchinel. Il était établi, dit l'acte de donation , « pour huit pauvres escoliers étudiants en logique et philosophie— lesquels doivent être pris et élus, toutes fois que le cas si offerra, en le évesquié de Thérouenne, excepté ce qu'il y a dudit évesquié au pays de Flandre (i ). » Ces bourses de-

(i) Félibîen, tome III, p. 44o.

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