U80-IAM) LIVR£ X. CHAPITRE III
les dispositions de leur statut, créèrent, dans l£^ faculté des arts, la nouvelle charge de censeur y qu'on appela d'abord réformateur perpétuel.
Le prévôt de Paris faisait fréquemment emprisonner des écoliers y sans égard pour leur qualité. Le Chatelet en renfermait plus de quarante, en i453, quand le recteur, sur l'ordre de l'Université, se présenta chez le prévôt pour les réclamer ; ils lui furent rendus. Il revenait avec un cortège nombreux dans la rue Saint-Antoine quand il fut rencontré par un commissaire accompagné de huit archers. Une rixe s'élève; un bachelier en droit, Raimond de Mauregard , est tué , vingt écoliers blessés \ le recteur luimême eût péri sans le secours d'un bourgeois qui arrêta, le bras d'un arbalétrier prêt à le percer d'une flèche. Les bourgeois qui s'étaient armés avaient tendu des chaînes dans les rues. L'Université fît célébrer, le lendemain , le convoi du malheureux écolier. Toutes les leçons, toutes les prédications cessèrent , et une députation fut envoyée' au Parlement pour demander le châtiment des coupables et la mise en cause du prévôt de Paris. Un arrêt du Parlement, du 21 juin 1453, condamna les archers à faire amende honorable à l'Univerdté, nus en chemise, une torche à la main^ et celui qui avait voulu tuer le recteur eut le poing coupé; mais le prévôt fut renvoyé de la plainte. Cette décision parut si peu satisfaisante à l'Université qu'elle déclina la juridiction du Parlement, continua de suspendre tous les cours, et se montra très-hostile à l'évêque, parce qu'il avait refusé de mettre la ville en interdit. L'année suivante les classes furent enfin ouvertes et les sermons autorisés, excepté toutefois dans les paroisses de Saint-Paul , Saiut-Gervaîs et Saint-Jean en
488 HISTOIRE DE PARIS. (taSâ-U»)
Grève, sur le territoire desquelles Tattentat avait été commis, et dont la population, à ce qu'il paraît, avait pris parti pour les archers. Un arrêt du Parlement ordonna qu'une colonne serait élevée sur le lieu du crime, avec une inscription destinée h en perpétuer le souvenir ; mais cet arrêt ne fut jamais exécuté (i).
Vers la même époque le roi songea enfin à la révision du procès de Jeanne d'Arc, et l'Université, revenant à des sentiments plus français, réhabilita la mémoire de l'héroïne d'Orléans. Ce fut maître Robert CiboUe, docteur en théologie et chancelier de l'Université, qui le premier écrivit pour sa justification (2).
La compagnie eut bientôt à combattre de nouveau les prétentions des ordres mendiants, réveillées par une bulle de Caiixte III, qui leur accordait le pouvoir de confesser. La querelle fut vive; le recteur décida, à l'assemblée générale, que les mendiants étaient exclus^ de l'Université, et cette sentence fiit affichée dans tout Paris. Il fallut que le connétable de Richemond vînt interposer son autorité et qu'il présentât les religieux aux députés des facultés, en disant: « Messieurs, je vous ramène ces bons religieux, qui n'étaient pas bien avisés, et je vous prie, mes bons seigneurs^ que, en faveur de moi et pour le bien du pays, il vous plaise de les recevoir comme vos suppôts, et de les traiter amiablement comme devant (3). » Mais, cetaccord ayant été désapprouvé par le général des Dominicains, un nouveau décret d'exclusion fut prononcé contre les reli-
(1) M. Dubarle, Hisi, de V Université, 1. 1, p. a68 et suiv. (a) « J'en ay veu autrefois le livre es mains de Feron, ce grand rechercheur d'armoiries. » Pasquicr, I. VI, ch. 5. (3) Crévier, t. IV, p. a33, — Félibien, t. II, p. 8a.
(tsniftoe) LIVRE X. chapitre m. 489
gieux; il ne fat rapporté qu'en i458, après pleine et en* ti^*e satisfaction^ et malgré les menaces du pape, qui avait écrit au roi pour se plaindre de la présomption criminelle de sai fille aînée.
La prise de Constantinople par Mahomet II eut une grande influence sur l'Université; ce fut, pour elle aussi, Tépoque d'une renaissance. Les savants échappés aux désastres de l'empire grec, et fuyant la (k>mination des Turcs, vinrent en Europe chercher une nouvelle patrie, et payèrent l'hospitalité qu'on leur accordait en donnant aux études un nouvel essor. L'un d'eux, Grégoire Tifernas, élève de l'illustre Chrysolore, le maître du Pogge et de l'Arétin, vint offrir ses services à l'université de Paris ; elle les accueillit avec empressement, lui assigna 100 écus de gages par an , et il ouvrit alors deux cours publics de grec et de rhétorique (1) qui furent suivis par un grand nombre d'étudiants (2).
Louis XI, après s'être longtemps montré sévère envers l'Université, rendit à Arras une ordonnance qui confirmait les privilèges de cette corporation. En i479 il ordonna qu'on célébrerait la fête de Charlemagne par une cessation générale de tous les travaux universitaires. Charles VIII , dont l'éducation avait été si négligée, protégea cependant l'Université autant qu'il lui fut possible. 11 assistait souvent aux leçons et ne dédaignait pas d'accepter les cadeaux d'usage, qui étaient un bonnet d'écarlate et des gants violets, que la compagnie avait coutume d'offrir
(i) Du Boalay, l. V, p. 6a i. Parmi tes professeurs grecs de FUniversité on cite encore Hermonyme de Sparte et Tranquillus Andronicus.
\%) M, de GaoUe, Histoire de Pa/is^ tome ^,
490 HISTOJLRB DE PARIS. (19804489)
aux prioces qui la visitaient (i). EnBn^ après avmr confirme ses privilèges, il rendit, le 20. mars 14^9, une célèbre ordonnance qui fit cesser lés contestations, sans cesse renaissantes, entre la cour des aides et l'Université, en déterminant quels seraient les suppôts qui devaient être associés à ses imoHinités et franchises. Ge furent, outre les maîtres et les éoJiers, quatorze bedeaux, quatre avocats et deux procureurs au Parlement, deux avocats et un procureur au Châtelet, vingt-quatre libraires, quatre marchands de papier, sept fabricants de papier ( trois à Troyes, quatre à Corbeil), deux enlumineurs, deux relieurs, deux écrivains et un messager pour chaque diocèse (3).
Nous verrons plus tard quelles furent, sous les autres règnes, les grandeurs et les vicissitudes de l'université de Paris.
(1) Dabttie, t. I^ p. 3a4.
(a) Ordonnance du ao mars 1489., — Crévier, t. IV, p. 447.
Les mous tiers de Paris,
(Les documents poétiques que nous donnons ci^après à nos leHeurs sont extraits d'une très-remarquable publication de M. H.-L. Bordier, membre de la Société impériale des Antiquaires de France; l'éditeur est M. Aug. Aubry, i856. )
Hé, Nostre Dame de Paris, Aidiez-moi qui sui esmaris (i) 1 Et vous Nostre Dame des cbans (a) Et Saint Marcel (3) li bien quéranz (4) » £t Saint yi<tor (5) U Dieu amis y Et Saint Nicholas li petis (6), Et vous Saint Estiene des Grés (7) Et Sainte Geneviève (8) après.
Aidiez-moi Saint Syphoriena (9),
(1) Affligé.
(2) Prieuré de Perdre de Saint-Benoit, fondé an dixième siède et où farent établies, an dix-septième, les religieuses carmélites. L'église , en partie dn dootième siècle, fut démolie à la Révolution.
(3) L'évèque de Paris, saint Marcel, mourut en 436 et fut enterré à l'endroit où plus tard 8*éleva une obapelle portant son nom; mais le premier titre certain où il en soit question est une charte de Tan 811.
(4) Cherchant le bien.
(6) Célèbre abbaye de chanoines réguliers fondée par le roi Louis le Gros, vers II13; Pégllse fat dénaolie en 1813 pour agrandir la halle aux vins.
* (6) Saint-Nicolas du Chardonnet , fondé en 1243*
(7) Ëglise qui existait avant 867 et dans laquelle on trouva, en 1640, des sépulitirss gallo-romaines. Démolle au commencement de la Révolution.
(9) Fondée par Clovis !•', vers &08, sous l'invocation de saint Pierre et saint PboI. On y déposa le corps de la patronne de Paris, sainte Geneviève, morte en 612 et dont le toml>eau est encore visité aujourd'hui. Son nom de Saint-Pierre et SalDt-Panl, ou des Sainls-Apètres, persista Jusqu'à la tin do dixième siècle.
(9) Il y avait à Paris, au treizième siècle, deux chapelles de Sdat-Symphorteo,
Saint G>sme et Saint Dominiens (i).
Saint Ylaire (a), Saint Juliens Qui herberge les crestiens (3).
Saint Beuéois H bestornez (4) Aidies a toz mal atornez.
Saint Jaques aus preescbeors (5), Saint François aus frères menors (6) Et Saint Jehan a POspital (7)»
Et Saint Germain des prez l'aval (8)
toutes deux remontant aux temps méroiringiens et détraites maintenant depuii longtemps : Saint-Symphorlen de la Chartre, appelé au dix-bailième siècle chapelle Saint-Luc, situé dans la Cité ( quai Napoléon ), et Saint-Sympliorien en faot duquel s'élet a plus tard le collège des Cholets ( quartier Saint-Ëtienne des Grés > On voit par la pièce suivante que c*est la cbapelle de la rue des Cbolets qa*oa appelait Saint-Sympborien-/«-Pe<i<.
(1) Saint-Cosme et Salnt-Damlen , église bâtie en 1212 et où s'établit en 1255 la confrérie des chlrarglens, dont saint Cosme et saint Damien sont les patrons. Elle fut démolie en 1835, sauf quelques parties dans lesquelles on a établi le masée Dapuytren ( rae de l*£oole-de-Médecine ).
(2) Salnt-Hilaire da Mont, mentionné pour la première fois en II5 8, démolien I7t5 ( rae du Mont-Saint-Hilaire, n*" 2 ).
(3) Saint-Julien le Pauvre, on THospitalier, existait avant Tan 580. Déjà ruiastrs Grégoire de Toors nous apprend qu'il y était bébergé vers cette époque. Cette église , qui sert encore de cbapelle à l*Hôtel-DI<A ( rae 8aint-Julien-le^Pau?rp, n* Il ), a été rebâtie plusieurs fols et a conservé un portail du treizième siècle.
(4) C'était primitivement une chapelle dédiée a saint Baccbe et saint Serge, martyrs syriens, et fondée dés le sixième siècle, à ce que l'on croit. Elle est encore appelée Saint-Bacche en 1050. Le l)étourné, c'est-à-dire mal orienté, est une location sur laquelle on a t>eaucoup disserté et qui n'est pas encore résolue. L'église di Saint-Benoit ( rue Saint-Jacques, vis-à-vis le collège de France ), fermée eu i8is et convertie plus tard en un théâtre, a été définitivement rasée en 1855.
(5) Les Frères prêcheurs ou dominicains furent établis à Paris, en 1318, dans uoe maboo dont faisait partie une ancienne chapelle de Saint-Jacques située sur la tU de ce nom. C'est de là qu'ils ont pris, non-seulement à Paris, mais partout, le nom de JaooMns.
(0) Les Frères mineurs ou Cordeliers. Ëtablis à Paris en 1217 ( place de l'Ecole-de- Médecine ).
(7) Commanderie de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, établii à Paris en 1130 ( place Cambrai }. Une vaste tour carrée, dernier reste des aadeoi bâtiments, et qui Jadis avait été l'hôpital, a été rasée au mois de novembre 18U*
(8) L'aval, c'est-à-dire placé dans le vallon au pied de la montaj$ne Sainte•Gen^ viève. Abbaye célèbre fondée par le roi Cbildebert K , en 643. Elle fut d'slwrd placée sous l'invocation de saint Vincent ou Sainte-Croix-et-saint- Vincent, polf sous celle de saint Germain, évèque de Paris, lorsqu'on y eut transporté, en 714, le tombeau de ce prélat. Dans son diplôme de fondation Cbildebert nomme tooi les saints dont elle avait des reliques, et rappelle : Saint-Yinoent-SainteCroix- Saint- Êtienne-Saiot- Ferréol-Saiot* Julien* Saiot-Georges-Saints-Gervala-et-ProUif $aiats*Nazaire-et-Celse.
APPEUDICE. . 49^
Saint Biaives (i) et Saint Matbelin (a)
Et Saint Andrieu (3), et Saint Sevrîn (4). .
Aidiez-moi Saint Germain li viex (5).
Et Saint Saaveres (6) qui vaut miex,
Saint Gristofle (7), Saint Bertremîex (8)
Et vous, biaus sire Saint Matbiex (9) ,
Sainte Jenevieve ans coulons (10),
Et vous Saint Jeban li roons (11).
Sainte Marine l'abeesse (la),
Li saint de la cbapele Evesqae (i3)
(1) Petite chapelle ( rue Galande) qui servait à la confrérie des charpeDtieri. Elle fot déoBolie vers I7S0.
(2) Les Mathurins ou religieux de la Sainto-Trinlté-de-la-Rédemption-des-captils vinrent à Paris au commencement du treizième siècle. L^église et le eouvent ont été démolis peu de temps après 1790.
(3) Saint- André des Arc8( de arcibus ), constralt de I2I0 à 1212, démoli en 1790.
(4) Satnt-Séverin et Saint-Clément. L*origine de cette église est fort obscure. On croit qu'elle remonte au sixième siècle.
(5) Saint-Germain le Vieux ( dans la Cité, rue du Marché-Neuf, n** 6 et 8). On ne sait d*où lui vient son surnom. Ce fut d*abord le baptistère de Notre-Dame , dédié à saint Jean-Baptiste et remontant au cinquième siècle. Cette église fut démolie en 1802.
(6) Mentionnée pour la première fois en 1216, sous le nom de chapelle de la Tour, à cause d'une tour qui s'élevait dans le voisinage. Démolie en 1787* Elle était silQée rue Saint-Denis, n* 277.
(7) Saint Christophe, petite paroisse située jadis devant Notre-Dame et qui existait dès le septième siècle. Elle a été rasée en 1745 pour l'agrandissement de la place du Parvis.
(8) Sainl-Barthélemi , appelé Jusqu'en 1138 Saint-Barthélemi et SaintMagloIre. Elle remontait aux temps mérovingiens. Située rue de la Barillerie, en face du Palais, elle fut l'église ou la paroisse de celui-ci jusqu'à l'érection de la Sainte- Chapelle. Elle s'écroula en 1787 et n'a pas été relevée.
(9) D'après Méon, ce serait l'église de Sain te -Croix en la Cité, mise plus tard sous rinvocation de saint Matthieu . Nous en douions fort et ne voyons pas d'église Saint- Matthieu à Paris. Sainte-Croix en la Cité est mentionnée plus haut ( v. 35 ).
(10) Aux coulons, c'est-à-dire aux pigeons ; celle expression ne se trouve pas ailleurs. C'était une petite église située en face de la cathédrale et appartenant, au douzième siècle, à l'abbaye de Sainte-Geneviève; on l'appelait Sainte-Geneviève la Petite. Depuis le commencement du seizième siècle, elle prit le nom de Sainte- Geneviève des Ardents, par suite d'une pieuse fraude du curé, qui répandit une tradition suivant laquelle une foule de personnes y auraient trouvé, en II 30, la guérison d'une sorte de peste nommée mal des ardents. Origine inconnue.
(11) Saint-Jean le Rond, baptistère de forme circulaire dépendant de Noire- Dame et adossé à la tour méridionale de celte église ; il fnt démoli en 1748 *
(12) Sainte-Marine ( impasse Sainte-Marine, n"* 6 ) était la plus petite paroisse de Paris ; cette paroisse ne s'étendait que sur treize malsons du la Cité. Elle est devenue propriété privée depuis la Révolution.
(13) Chapelle de l'archevêché.
494 APPEJCBICÊ.
Et FÛHd^IMea (i) i TOefl-je mètre;
Je ne m^en vœil mie demetre.
Saiot Pierre aus bues (a) et Saint Landris (3]
Et Saint Denis du Pas (4) ausis
Et de la Ghartre Saint Denis (9),
Saint Macias (6) et Saint Liefroîs (7),
La Magdeleine et Sainte Crois
Et Saint Midriel et Sainte Crois
Li saint de la chapele au rois (8)
Et Saint Germain li auçoirrois (9)
Et Saint Thomas de Lovre (10) ausi
(I) On ttAi remonter U fondation de l'Hôtel-Diea à saint Landri, évéque de Paris, et aa déTonement dont ce prélat fat animé pendant une famine qui désolait la ville en l'année 661.
(a) Saint-Pierre aux Bœufs, très-pelite église construite entre 110? et use (rae d*Aroole, n* »). Ce fiit, pendant un temps, la paroisse de la confrérie des boacbers^ et l'on temarquait deux têtes de bosufs sculptées sur son portail. Elle a été démolie en 1837 , sauf le portail, que l'on a transporté à l'entrée prlndpato de Salnt-Sérerln.
(3) Avant le dixième siècle c'était une chapelle de Sidnt-Nicolas, dont l'origine est tncoonoe; Elle a été détmlte en 1830, et on a découvert alors dans ses fondations des sculptures gallo-romaines.
(4) Saint-Denys et Saint-Jean-Bapllste, petite église bâtie contre le cbevet de Notre-Dame à ans époque incertaine, nais avant le neuvième siècle. Les mots du pat viennent probablement de sa situation à Tendroil où les deux bras de la Seioe se Joignent par un étroit passage. Démolle pendant la Révolution.
(5) De la cbartre , c'est-à-dire de la prisOn. Sous la première race fi y avait une prison dans le voisinage, et l'on croit que cette église remonte jusque-là. Oo ra rasée pour faire le quai aux Fleurs, en I8I0.
(6) Probablement Saint-Martial , église et primitivement monastère fondé par saint Ëloi en 632 on 635 ( rue Saint-Élof, dans la Cité } ; supprimée et détralle en 1716. Gniltebert de Metz écrit Saiot-Massias.
(7) La chapelle Saint-Leufroy existait probablement dès la fin du neuvième siècle, mais on ne la trouve citée dans les documents qu'an douzième ; elle fut détruite en 1684 pour l'agrandissement des prisons du grand Chàtelet, auquel elle était contigué.
(8) La Sainte-Chapelle, construite par saint Louis, de 1240 à 1248, sur l'emplacement de la chapelle du Palais, fondée, vers Tan I030, par le roi Robert, et dédiéi à saint Nicolas.
(9) L'origine de Saint-Germain l'Auxerrois. remonte à la première moitié da septième siècle.
(10) Collégiale fondée près du Louvre par Robert de Dreux, frère de Louis YII, vers II80. On reconstruisait l'éditice, qui menaçait ruine, lorsqu'il s'écroula, eo 1739, causant la mort de plusieurs personnes. On le reconstruisit, de 1740 à 1744, sous le titre de Saint-Louis du Louvre. Cette église fut affectée pendant la Révoitttion an culte protestant, puis démolie à moitié. Ces ruines fraîches, qui ne nuD* quaient pas d'élégance, viennent de faire place aux grandes coastructiona da Loane actnet
àppeudicë. 49S
Et Saint Nioholai (i) de fez li^ £t Saint HoiiDré ans porciaua (a) Et Saint Huiataœ de Ghàmplaus (S) Et Saint Ladre li bons mesiaua (4), Saint Lea Saint Giles li noviaus (5), Et li bon saint des .Filles Dieu (6) Et Saint Ma£;loire (7) n'en esdiieo* Et la Trinité ans asmers (8) Li saint du moustier aus Templiers (9) Et dl du Yal des Escoliers (lo).
Et Saint Lorens (11) qui fu rostis, Saint Salerne (la) qui fu trahis^
(1) Chapelle fondée en I2I7, entre Saint-Thomas du Louvre et la'Sefae ; o'est d'elle que cette partie de la rivière a pris le nom de port Saint-Nioolai. Supprimée en 1740, elle fut détruite avant la Révolution.
(2) En ia04, an boulanger et sa femme donnèrent quelques arpents de terre, en on endroit appelé la Place aux Pourceaux, pour la construction d*one chapelle « Au dix-huitième siècle c'était, gr&ce à sa position dans on quartier populeux ( rua Saint-Honoré, n«* 198-206 ), la plus riche collégiale de Paris. Détruite en I70S. -^ Saint Honoré est le patron des boulangers.
(3) Une chapelle de Sainte- Agnès, fondée en 1200, fut remplacée, vers f292, par Téglise paroissiale de Saint-Eostache, qui fut reconstruite ent 1532. Les Cbaiii* peaux sont les terrains des Halles.
(4) Saint-Lazare le Bon Lépreux (rue du Faubourg-Saint-Denis, 107). Le plus ancien titre qui fasse mention de Thôpital de Saint-Lazare ou Saint-Ladre est de H 10. L'église a été démolie vers 1823.
(5) Saint-Leu-et-Saint-GilIes ( rue Saint-Denis, 182-184 ), fondé en 1236. Nouveau, par opposition au Saint-Leu du v. 60»
(6) Couvent de filles repenties, fondé en 1226. On a b&ti sur son emplacement^ en 1798, la rue et le passage du Caire.
(7) Primitivement chapelle dédiée à saint Georges ( h raogle des rues Saint-Deais et Saint-Magloire ). Elle existait au dixième siècle; on y apporta, en 965» des reliques de saint Magloire. En II 38 elle fut reb&tie par des religieux de Saint-Barthélemi et Saint-Magloire, qui s*étabIireot auprès, et elle garda ce dernier nom» Ces religieux forent transférés, en I68O, à rhdpital Saint-Jacques do Haut-Pas, et remplacés à Saint-Magloire par les Filles pénitentes. L*église Salnt-Maglolre a été démolie pendant la Révolution.
(8) Hôpital fondé en 1202 ( rue Grenetat, 38-40 ]. Les religieux hospitaliers de la Trinité étaient appelés Frères-aux-Anes, à cause de leor osage de ne voyager ni à cheval ni à molet, par homilité. L'église a été démolle en 1817.
(9) Dès le commencement do dix-boitième siècle le Temple subit des démolitions et des reconstroctioos partielles qui aboutirent, en 1848, à une destruction complète. L'église était sous l'invocation de saint Jean.
(tu) Ou prieoré de Saint -Catherine de la Culture (me Saint- Antoine), fondé en 1229. Démoli, ainsi que l'église, en 1793, pour foire place à un marché.
(il) Église menUonnée dans les textes dès les années 7 10 et 683; elle a été entièrement rebâtie au quinzième siècle ( rue du Fauboorg-Saint-MarUn , 123 }.
(12) On ne peut dire au Juste quelle était cette église; on présume que c'était celle de la y mette (Méon).
SaÎDt Martin des diaiis (i) ni oofaii Ne Saint Nicbolas (a) ddez li.
Saint Pol (3) et Saint Antoine. (4) i met Et toz les bons aainU de N«niet (5).
Saint Jehan (6), Saint Gervab en Grève (7) Et Saint Bon (8) ouTen fiert en clère. El si i sera Saint Bemars (9), Le moustier des Frères ans sas ( 10) ; ' Et si i sera saint Remis (i 1),
Le moustier. aux Quinze \ïop, (1%)
(I) Prieuré célèbre qal existait (^à an septième siècle. L'église, plasiean foii rebâtie, a été supprimée en 1790, et ce bâtiment sert aqjourd'hui comme salle d>xpteltlon pour les machines au Conservatoire des Arts et Métiers.
(3) figllse fondée vers llio (rue Saint-Martin, 200-202), reconsirnite en 1420, puis
en 1635 et 1675.
<3) Cette égiise, fondée an septième siècle (quai Saint- Paul), mais qui avait été rebâtie plusieurs fols, a été démolle au commencement de notre siècle. Son titre a été transporté à Téglise Saint-Louls (rue Saint- Antoine ), appelée depuis Saint- Louis et Saint-Paul.
(4) Abbaye de Saint-Antoine des Champs (aujourd'hui hôpital Saint-AntolDe), fondée à la fin du douzième siècle pour des pécheresses repenties. L'église a été reeoDstrnite en 1770.
(5) On ne sait point ce que signifie ce vers.
(6) Saint-Jean en Grève , baptistère de Saint-fîervals, érigé en paroisse en 1212. Elle touchait Phôtel de ville* Détruite pendant la Révolution, ses derniers vestiges ont disparu dans Tagrandissement de Thôtel de ville, en 1838.
(7) il y avait une chapelle de SaInt-iGervais et Saint-Protals, dès le sixième siècle, à Paris. On croit que c'est la même que l'église actuelle de Saint-Gervab, qui n'est connue par les titres qu'aux dixième et onzième siècles.
(8) Chapelle ( rue Saint- Bon, 8 ) mentionnée pour la première fois en U36ei détruite pendant la Révolution. Il parait qu'on y entendait battre l'enclume, c'està-dire qu'il y avait des maréchaux dans le voisinage (Méon }.
(9) Le collège des Bernardins, fondé en 1244 (quai Saint-Bernard), détruit pendant la Révolution.
(fO) Les Frères mendiants de la Pénitence de Jésus-Christ, appelés par le peuple Sachets ou Frères-aux-Sacs, à cause de la forme de leur grossier vêtement, farent Institués à Paris en 128 1 , au lieu où ils furent remplacés, en 1293, par les Grands- Angnstins. Cette substitution donna lieu à un procès entre les Sachets, dont Tordre avait été supprimé en 1274 , et les Augustins, qui voulaient s'emparer de lear habitation. La manière dont l'auteur s'exprime à ce sujet donne lieu de croire qu'il écrivait à une époque où les Sachets n'étalent pas encore menacés.
(11) Saint Remy était le patron de la chapelle des Quinze- Vingts. Voir la note suivante.
(12) Hôpital fondé par saint Louis, en 1254 ( à l'angle des mes Saint-Honoré et Saint-Nicaise, pour recueillir trois cents pauvres aveugles, d'où leur est venu le nom des Quinze-vingts. Le manuscrit porte distinctement : Dix-sept vingts (TXina)i ce qui parait être une erreur de copiste. En 1779 les Quinze- Vingts , alors aa nombre de huit oent% furent transférés rue Charenton, 38. Les anciens bâtiments,
Et Saint Leu (i) que je n'oubli mîe, La Dovele ordre de la Pie Qui soDl en la BreConerie (a), Saint Giosses (3) et Saint Merri (4) £t Sainte Katherine (5) ausi.
Saint Innocent aus bons martirs (6), Saint Jacque de la boucherie (7), Sainte Oportune (8) bone amie.
Aidiez de bon cuer et d'entier A toz cels qui en ont mestier.
Amen.
( Les vers qui suivent ne doivent pas être confondus avec la pièce qv^on vient de lire; ils ne furent composes quen i3a5 ).
Pour ce que j'ai fet mencion Des églises, où dévocîon Est plus monstrée qu'en autre lieu, Quar la repose H cors Dieu, Des monstiers qui à Paris sont Et de quiex sanis il feste font
y compris la chapelle, dédiée à saint Remy, et bâtie eo 12eo, furent démolis à cette époque.
(1) Petite cure, qui, en I6I8, fot réunie k Saint-Symphorien en la Cité.
(2) Les frères de Tordre de la Sainte-Croix, établis par saint Louis à Paris ( rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, 39 et 41 ), vers 1250-1200. L'église , qu*on attribuait à l'arcliitecte de la Sainte-Chapelle, et le couvent ont été démolis en 1790.
(3) Saint-Josse. Cétait une chapelle dont on ignore I^origlne, mais qui existait sous Philippe-Auguste , et fat érigée en paroisse en i2eo. Démolie en I79i. Elle était située à Tangle des rues Aubry-le- Boucher et Quincampoix.
(4) Église déjà célèbre à la fin du neuvième siècle, et mentionnée dans un acte dès l'an 820. Celait , originairement, une chapelle dédiée à saint Pierre, qui existait dès le'septième siècle, et où saint Merry avait été enterré, vers l*an 700. Elle a été leb&tie au commencement du treizième siècle, puis de 1530 à I612.
(5) Asile de pèlerins, fondé d'alwrd sous le titre d'Hôpital des Pauvres de Sainte-Opportune. On le trouve cité, pour la première fois, dans un acte de 1 188. Démoli pendant la Révolution (rue Saint-Denis, 53 55).
(6) Ëglise fondée vers le milieu du douzième siècle ( à l'angle des rues aux Fers et Saint-Denis ) ; elle fut démolie en 1786.
(7) On ne connaît pas son origine; on sait seulement qu'elle existait en 1119 et qu'elle était, au quatorzième siècle, la paroisse des bouchers de Paris. Elle fut démolie pendant la Révolution, sauf la tour, qui, adhetée en 1838 par la ville de Paris, vient d'être complètement restaurée.
(8) Cétait une chapelle qu'on croit fondée au neuvième siècle, et qui devint paroisse vers la fin du douzième. Elle fut démolie en 1797. La maison située place Sainte-Opportune, 10, occupe une partie de son emplacement.
ni8T. DE PARIS. — T. IL 32
Le& biens tous dirai et le oonbre S'a nombrer Sathan ne in*emooabre« Un gentil homme m'otrioa — Quidam (sk) Son bo6tel et si me proia .
Que je pour s'amour tant féisse Que trestous les monstiers méisse De Paris, en rime et en dit, I Isnelement, sans contredit.
Pour l'amour de lui m'entremis»
, Si les ai tous en rime mis.
Pay commencié a Nostre-Dame Qui nous sauve et gart cors et ame, Pour ce que c'est la mère esglise De Paris ; après, de ma guise.
Près le monstier Saint-Johan le ront :
Entre euz deuz n'a ne val ne mont.
Et après Saînt-Denîs-du-Pas, Ne Saint- AigDÎen (i) n'oubli-je pas, Et puis la chapele as noctaires Ou il repaire mains vicaires, Et puis après la Maison- Dieu De Paris, ou a digne lieu.
En rue noive pas ne grieve Le monstier Sainte-Geneviève La Petite, que je ne faille :
Devant celle esglise sans faille Yent-on chapons , gelines, cos, Perdris, plouviers et widecos.
Apres, le monstier Saint-Christofle Qui de l'amour Dieu fist son coffre, Quant le porta outre la mer; Servir le devons et amer :
Entour vent-on fourmages, oefs.
Près d'ilec siet Saint-Pierre-as-Buefz Et le monstier Sainte-Marine Qui ne siet pas sur la marine, Cest verilez que je vous dî.
(I) Fondée en lifs. Elle était entourée de b&tlments qai la cachaient aux yeux. Démolie vers 1705 , et remplacée par une maison particulière ( rae Chanelnesse, 22). — La Chapelle-aux-Notaires, consacrée à saint Didiefise trouvait aa Cbâtelet.
Et pais après la Magdalainne (i)
Qui vers Dieu ne fu pas vilainne
De ses larmes ses piez lava.
De ses péchiez Dieu la lava :
Aussi nous veille il pardonner
Les uos^ et sa grâce donner !
. Folz est qui sa grâce n'achate.
Apres, Saint-Denis-de-Ia-Chartre,
Apres est Saint-Symphorien,
En une place séant, bien
Ou bout de la Peleterie.
Devant fait-on boulengerie.
Et ou bout de la rue aus Fevres,
Ou il demeure pou d'orfèvres Qui facent calices ne crois, La siet le monstier Sainte-Crois (2).
Apres, Saint-Pierre-des-Arsis (3), Entre les drapiers est assiz ; Et Saint-Mathyas ^siet après Qui des savetiers est bien près :
Plusieurs sont si paroissien Que c'est un monstier ancien.
Et Saint-Germain, que nus die, Le-Viel, siet près de l'Orberie (4).
Et puis le monstier Saint-Michel (5) Qui nous conduise tous ou ciel !
Puis le monstier a un cors sain Saint Eloy (6), ou malade et sain
(1) Fondée en II40 et, jusque vers le treizième siècle, à ce que l'on croit, placée sous l'invocation de saint Nicolas. On croit aussi qu'avant luo c'était ane synagogue. Elle a été détruite en 1789 ( située rue de la Juiverie, 5 ).
(2) Sainte-Croix en la Cité. On ignore son origine ; mais elle existait, comme chapelle, dès le commencement du douzième siècle. Elle a été démolie en 1797 • son emplacement était rue de la Veille-Draperie, 6.
(3) On conjecture que celte église ( rue de la Vieille-Draperie ) fut fondée, en 926, par Théodore, vicomte de Paris, sur les ruines d'une chapelle placée sous la même invocation. On n'a rien trouvé de satisfaisant pour expliquer son nom d'Arcis ( de AtcesiU, Asiisiis, Arsiciis, Jrsis ). Incendiée et rebâtie en 1034- puis lebâtie en 1424; démolie enlin en I8u0. *
(4) L'Herberie, qui devint en 1657 le Marché-Neuf.
(ô) Guillebert de Metz (p. 63) cite l'église Saint-Michel de la Cité. Elle faisait partie du Palais.
(6) Abbaye de- femmes, fondée vers 632-635, par saint Éloi, sous l'iu vocation de wint Martial, qui fut changée, après lui , en Saint-Marlial etSaint-Éloi. Elle paraît
Voot souvent nus piez et deschaus.
Qu'il est mires et mareschaus De mainte cruel maladie :
Ne croy que nul nus mal en die.
Près d'ilec siet une chapelle Qui moult est digne et riche et bêle ; Cest la Chapele nostre roy.
Ou de biauté a grant arroy Et de richesse; y a grant masse De reliques en une chasse, As quiex Ton doit porter honneur Pour l'amour de Nostre Seignieur ; Sa crois, sa coronne et li cleu Laiens sont mis en noble lieu , Et si i sert-on noblement Dieu.
[ Après est Saint-Bartholomieu ] (i) Qui siet devant le grant palais, Mes chéus (7) est, donc est plus lais : Cest veritez que vous despont.
Or m'en iray outre le pont Pour des autres monstiers trouver, Que l'en ne puisse réprouver, Quar s'en mon dit faille de rien, Premiers trouverez Saint-Julien * Le Povre, et bien ai regardé
Que maint compagnon a gardé De mort ( ce n'est pas mesprispn ) Et d'estre en vilainne prison :
Il les herberge et si les tence, De herbergier a la poissance.
Et puis la chapele Saint-Blaive Qui pour Dieu morut a grant glaive.
Apres oublier ne doy mie Saint-Sevrin, pour la ferperie Qui est achetée et vendue
avoir aussi porté les noms de Saint-Martial et de Sainte-Aare, Saint-Martial d Sainte-Valére ; mais dès 871 elle n'était connue que sous le nom de Saint- Éloi. L'abt)aye fut supprimée en 1530, et son église transformée en une é«Iise paroissiale ( rue Salnt-Ëloi ) qui devint, en I629> Téglise des Barnabites. Ceux-ci la reconitroisirent en 1640. Démolie.
(1) Ce vers manque. Les détails fournis par les vers suivants et le besoin de la rime nous permettent celte restitution.
(2) Elle était donc écroulée vers 1325; on Tignorait.
A.PPEND1CE. 5oi
En son quarrefour ; est tenue
Qui s'en chevissent bel et gent
De plusieurs manières de gent
Apres est Saint-Andrieu-des-ArSy
Ou mainte dame de leur ars
Ont maintes fois lancié et trait,
Et maint homme à leuz atrait.
Apres i r'est Saint-Augustin
Ou l'en parole bien latin.
A Saint-Germain-des-Prés m'en vois
Ou l'en sert Dieu a haute vois.
Apres est Saint-Martin-des-Orges (i),
Et puis après i est Saint-Georges ;
Apres, Saint«Pere-du-Sablon (^)
Et. Saint-Soupplis (3) y asamblon,
Et puis après Jes Gordeliers :
De bon vin boivent volentiers.
Saint-Cosme et Saint-Damien,
Cy duy furent sirurgien
Et mires a Dieu nostre Père ;
Qui ce ne croit il le compère.
Et puis après Saint-Matelin ;
Sus coûtes et en draps de lin
Chainoigne nuit (4) maint povre couche.
De Dieu soient tel gent benoit. Apres, le monstier Saint-Benoit C'on apele le Bettourné; D'ilec tantost m'en retourné Au monstier des Hospitaliers Que n'oublie pas volentiers.
(1) Il 8*agit probablement de la petite église de Saint- Martin ( rue des Fraoci- Bourgeois ), près Saint-Marcel, dont elle dépendait. Elle est mentionnée dans an chroniqueur dès II39. On la reconstruisit en 1544, et elle a élé démolie en 1808. Son surnom des Orges n'était pas connu, croyons-nous, JusquMci.
(2) Vraisemblablement la petile église de Saint-Pierre ou Saint-Père, qui passe pour avoir été fondée par saint Germain lui-même ( septième siècle }, auprès de l'abt>aye de Saint-Germain des Prés, et pour avoir été transportée , au treizième siècle , à la place occupée maintenant par la chapelle de Thôpital de la Charité. Cest d'elle que la rue des Saints-Pères, par corruption de Saint-Père, a pris son nom.
(3) Saint-Sulpice était déjà paroisse en 12I0.
(4) lÀsez chacune l chaiscoigne ) nuit.
SainUHylaire est ud pou avant :
Sainte-Genevieve*la-GraDt Y est, ou a riche abbaye.
Puis ay ma voie ^nvaîe, S'ay trouvé un monstier noblet Que fist le cardoonar Qiolet (i) ; Saint-Symphorien le Petit Si siet au dessous un petit.
Eu la terre Saint-Pierre ou Mont Li Navarrois (a) nuef monstier ont ; Carmélite logié se sont Un pou aval ; la monstier font.
Apres, Saint-Estienne-des-Grez I Qui de Dieu servir fu engrez.
Devant siéent li Jacobin Qui par paîs vont bin et bin :
Chapele y a de Saint** Andrieu Qui fil moult grant ami de Dieu.
D'ikc alay a Nostre-Dame Des-Ghamps; moignes, par mame! D'ilec au monstier Saint-Marciau , Qui siet près d'un petit ruissiau^ Saint-Martin et Saint- Ypolite (3) :
Cens ai-je bien pris a eslite.
D'ilec ving au monstier Saint-Marc (4) ; ^ Puis a la traitie d'un arc
Est Saint-Victor moult bien séans ; Puis li moDstiers des Bons-Enfans (5) ;
(1) Ce collège fut oonstmiten 1291-1206. Sa chapelle fat celle de Saint-Sympborieo, située eu face, Jusqu'en IS04» où Ton construisit, dans le collège même, anecbspelle de Sainte-Cécile. Les bAUments du collège fondé par le cardinal Cbolet étaient situés sur le terrain qu'occupe aujourd'hui le Jardin du lycée Louis le Grand. On a achevé de les raser en 1823.
(2) Le collège de Navarre, fondé par Jeanne, femme de Philippe le Bel, et bAti ^e 1309 à I3I6. Sur son emplacement sont situés les bâtiments de PËoole polytechnique.
(3) Son origine est inconnue, mais elle existait en 11 58. On ne lui connaissait pas, jusqu'à présent, l'invocation de Salnt-Martin.fElle a été démolie pendant la Ré?olution, et son emplacement a été occupé ensuite par la maison rue Saint-Hippolyle, 8.
(4) Probablement Saint-Médard.
(6) Ëtablissement dont l'origine est inconnue. Il parait remonter à la première moitié du treizième siècle; sa chapelle était sous l'invocation de saint ^^ min. Il fut donné, en I6?6, h la congrégation de la Mission ( rue Saint- Victor, «)•
APPENDICE. 5o3
Puis la chapele au» Moinnios :
Demourer la plus je n'i os.
Saint-Bernart oublier ne doy»
Saint-Nicholas-du-ChardoDiioyy Puis après la Sourbonoerie (i) Que je ne doy oublier mie* Puis m'en reving tout sans effroy Droit au monstier de Saint-Lieffroy (a), Et a Saint-Germain-l'Auoerrois.
D'ileques a Saint-Nicholas Du-Louvre, et a Saint-Tbomas, Et puis après je m'en revins Par le monstier des Quinze-Vins Et au monstier Saint-Honnouré, Ou dé bon cuer Dieu ai ouré D'ilec m'en ving a Saint-Huitasse , Près des haies, en digne place.
Et d'ilec a Saint-Innocent, Ou gist maint cors d'omme innocent, Et après a Sainte-Oportune :
De clous guérit et d'apostume; Et puis a Sainte-Katherine Qui vierge fu pure entérine; Puis le monstier de Saint -Magloîre Qui ama Dieu le Roy de gloire Et assez près de icel lieu Est le sépulcre Dame Dieu (3).
Puis a Saint-Leu et a Saint-Gile Aussi voîrs est comm'Euvangile, Et si vous di qu'a l'oposite L'esglise de Saint-Jaques est ditte (4) Que les confrères ont fondée
(1) La Soriwniie» fondée vers 1256 par Robert de Sorboo. L'église aetaelle de Sorbonne fût bâtie de 1633 à 1653.
(2) Id l'auteur passe de la rive gaucbe à la rive droite de la Seioe.
(3) L'église et la confrérie du Saiat-Sépalcre. La première pierre de Téglise fut posée le I8 mai 1326. Ces bâtiments, qui avaient été refaits de 1526 à 1655, ont fait place, durant la Révolution, à la cour Batave ( rue Saint-Denis, 124 ).
14) Ëglise commencée en isi7 et dédiée en 1327. Elle fut d'abord particulière tux membres de la confrérie des pèlerins revenus de Saint-Jacqaes de Compostelle. Cest ce que disent les historiens de Paris, et ce qui se trouve répété dans les derniers vers de notre pièce* Sitaée à l'angle des rues Sainl-Denis etMaaconseit.
5o4 APPENDICE.
Par grant devocion jurée Sus la graot rue fondé Pont ; Certes moult biau séant resont (i).
Li monstiers de la Trinité Ou le Seignieur de majesté Est bien servi a grant honneur.
Devant lui r'est Saint-Sauveur Et les Filles -Dieu sont après.
Saint-Ladres en est assez près.
Puis m'en rçving a. Saint? Lorens 4 De cheminer ne fui pas kns ; Puis a Saint-Nicholas-des-Chans Puis a Saint-Martin où de chans Servent li moigne Jhesucris.
Au Temple ving , pas ne mespris.
Et puis après as Blans-Mantiaus (a) Ou l'en essuie a'grans monciaux Laine, et en la Bretonnerie, A une petite abbaîe Que l'en apele Sainte*Crois Dont les fibres metent les crois Partie a blanc et a vermeil :
De ce pas moult ne me merveîl.
Puis siet après une chapele (3) Dédiée par miracle bêle D'un Juif qui en son ostel Boulli le Sacrement d'autel
(1) On voit qu*il s'agit, dans ce passage, d'an édiOce qui n*est que juré e( fondée mab qai n*est pas enoore oonstrait; ce que confirment eoeore les ven 289 et 290 ci-après. Au lieu de nsonl peut-être feat-il lire seront : « Dans leur nouvelle église les confrères seront très-bellement assis. •
(2) Les Serfs de la Vierge Marie, appelés Blanes-Manteanx à cause de lear entame, s'établirent à Paris en 1258 ( rue des Blancs-Manteaux, 12-I6, et rue de Paradis). Ils furent remplacés, en 1297, par les GaiUemites, et oeax-cl, en I6I8, par les Bénédictins, sans que le nom populaire de Blancs-Manteaax pût s'efTaoer. ie monastère a été supprimé en 1790, mais l'église est restée. Elle avait été reconstruite en 1685.
(s) Celte chapelle est anjourd'hal Téglise des Billettes. Le sacrilège commis pir un Juif de la rue des Jardins (plus tard des Billettes) eut lieu en 1291. Lantison du coupable fit place, en 1294, à une Chapelle-des-Miracles, et peu d'auoéef après il s'y établit un monastère d'Hospitaliers de la Charité de Notre-Dame. Cet derniers, fort appauvris, cédèrent leur établissement aux. Carmes de Rennes, en 1631. Depuis 1812 régUse est convertie en on temple et le couvent en uneéooii pour les protestants iQlhérieqs. .1,
APPENDICE. 5o5
Dont trouvez fu vermaus entiers (i).
Puis est li Vaus-des-EscoUerSy
Puis est Saint-Pol , puis Nostre-Dame (a)
Du carme ; bien scevent leur game :
Il ont pris leur lieu et leur estre
Ou li Barré souloient estre.
Et d'ileques r'aler s'en sont
Sous Sainte-Genevieve-ou-Mont.
Apres, a joingnant de la porte
De fiarbel, a une grant porte, •
A uo ostel de bonne gent,
Ou il a monstier bel et gent,
Béguines (3) et preudefames,
Le los eschivent des diffames
£tles péchiez ors et mauves,
D'ileuc m'en ving a Saint-Gervès
Ou il a gracîeus monstier
Près de la porte Baudoier.
Dessous est Saint-Jehan-de-Greve,
Li UDS a l'autre rien ne grève.
Un pou après icelle esglise
Une chapele y est assize
Que fist faire uns riches hom ;
Estienne Baudris (4) ot a non.
Prestres et ders il y a mis
Qui pour lui et pour ses amis
Sont ordenez a Dieu servir
Qu'il puissent s'amour desservir
Preudons fu cil, avoir ot bon.
D'ileuc ving au monstier Saint-Bon
(f) L*ho8tie fut trouvée entière, mais vermeillei c'est-à-ilire ensanglantée.
(2) Notre-Dame du Mont-Carmel fat d'abord une chapelle établie en 1239, sar le bord de la Seine, au lien où furent depuis les Gélestins, par six religieux carmes ramenés de Palestine par saint liOais. En 1309 les Carmes se transportèrent rue de la Montagne Sainte-Geneviève et réédilièrent d*une manière splendide leur église; elle a été démolie en 1812. Les Carmes portaient primitivement le nom populaire de Barrés ( resté à une rue du Marais ), à cause de leurs manteaux rayés ; mais notre auteur les distingue très^nettement.
(3) Communauté fondée par saint Louis, en 1264 ( rue des Barrés , 24 ), près la porte Barl)ette. En 1480 Louis XI donna cette maison aux sœurs du tiers-ordre de Saint-François et lui donna le nom û^Ave-Maria^ en Thonneur de la Vierge. Le monastère, supprimé en 1790, est depuis lors une caserne.
(4) Il veut dire Etienne Haudri, qui fonda, en 1306 , la chapelle et l'hôpital dont les sœurs forent, plus tard, appelées Haqdrieltes.
5o6 APPEKDICE.
Et de Saint-Bon a Saint-Marri, La n'ol je pas le cuer marri :
Saint Père et saint Lenart ensemble Y sont aonréy ce me samble.
En la rue Anbri-le-Bouchîer A nn monstier que moult ai chier :
Saint-Josse oublier ne voeil.
.... nommer tous Yoék Avant ce que ma bouche lie Saint-Jaqnes-de-la-Boucherie.
Tous les monstiers tous ai nommé De Paris, sans nul mesnonmé.
Plus n'en y say, ce m'est avis Que bien y ay mis mon avis.
Je ne voeil pas mettre en mon conte Chapeles aus dus et ans contes.
Ne a bourgois ne aus evesques, N'a abbez, ne a archevesques.
Je n'i mes que ceus proprement j Ou toute gent communément Puet le digne service oîr.
Dieu, dont on se doit esjoîr Et Dieu et sa mère proier Chascun pour son cuer supptoîer Vers Jhesuscrist de leur tors fiûs Et des péchiez que il ont fais.
Touz les autres ai arrière mis.
Mais ceuls ci ai je en rime mis ; Donc tous ensamble les vous nonme, Quatre vins et huit par droit nonbre ; Il n'en y a ne mains ne plus, Se ce ne sont monstiers repus.
Fors le Saint-Jaques monstier Qui de nouvel fu fait i'austrier (i) Ou nul ne va ne ne repaire Fore que cîlz qui lez ont fait faire.
Mes il autre sont de autre guise Qui sont commun au Dieu servise.
De grand leur vint devocion D'amour et de dilection
(I) L'autre-bier, tout récanmentt Vo^tt oi-^sas, vers its.
APPENDICE. 5o7
Qu'a Dieu et a sa mère avoient Quant tant montiers ediffioient.
Il amoient Dieu de cuerfin Et pour ce en ont louîer sans fin ; C'est la joie qui tous jours dure A li desirrer met ta cure. Jhesus nous en doint le vouloir Qui du donner a le povoir ; A ce nous aist dame Marie Qui tous nous gart de vilennîe.