partie du Palais
(6) Abbaye de femmes, fondée vers G32-635, par saint ÉM, sous l'invocation de saint Martial, qui lut changée, après lui , en Saint-Martial elSaint-Éloi. Elle parait
DOO APPENDICE.
Vont souvent nus piez et deschaus,
Qu'il est mires et mareschaus
De mainte cruel maladie :
Ne croy que nul nus mal en die.
Près d'ilec siet une chapelle
Qui moult est digne et riche et bêle ;
C'est la Chapele nostre roy,
Ou de biauté a grant arroy
Et de richesse; y a grant masse
De reliques en une chasse,
As quiex l'on doit porter honneur
Pour l'amour de Nostre Seignieur :
Sa crois, sa coronne et li cleu
Laiens sont mis en noble lieu ,
Et si i sert-on noblement Dieu.
[ Après est Saint-Bartholomieu ] (i)
Qui siet devant le grant palais,
Mes chéus (2) est, donc est plus lais :
C'est veritez que vous despont.
Or m'en iray outre le pont
Pour des autres monstiers trouver,
Que l'en ne puisse reprouver,
Quar s'en mon dit faille de rien,
Premiers trouverez Saint-Julien
Le Povre, et bien ai regardé
Que maint compagnon a gardé
De mort ( ce n'est pas mesprison )
Et d'estre en vilainne prison :
Il les herberge et si les tence,
De herbergier a la puissance.
Et puis la chapele Saint-Blaive
Qui pour Dieu morut a grant glaive.
Apres oublier ne doy mie
Saint-Sevrin, pour la ferperie
Qui est achetée et vendue
avoir aussi porté les noms de Saint-Martial et de Sainle-Aure, Saint-Martial et Sainte-Vatère ; mais dès 871 elle n'était connue que sous le nom de Saint-Éloi. L'abbaye fut supprimée en 1530, et son église transformée en une église paroissiale (rue Saint-Éloi ) qui devint, en 1629, l'église des Barnabites. Ceux-ci la reconstruisirent en 1640. Démolie.
(1) Ce vers manque. Les détails fournis par les vers suivants et le besoin de la rime nous permettent celte restitution.
(2) Elle était donc écroulée vers 1325; on l'ignorait.
APPENDICE. OOI
En son quarrefour ; est tenue
Qui s'en chevissent bel et gent
De plusieurs manières de gent
Apres est Saint-Andrieu-des-Ars,
Ou mainte dame de leur ars
Ont maintes fois lancié et trait,
Et maint homme à leuz atrait.
Apres i r'est Saint-Augustin
Ou l'en parole bien latin.
A Saint-Germain-des-Prés m'en vois
Ou l'en sert Dieu a haute vois.
Apres est Saint-Martin-des-Orges (i),
Et puis après i est Saint-Georges ;
Apres, Saint-Pere-du-Sablon (2)
Et Saint-Soupplis (3) y asamblon,
Et puis après ,les Cordeliers :
De bon vin boivent volentiers.
Saint-Cosme et Saint-Damien,
Cy duy furent sirurgien
Et mires a Dieu nostre Père ;
Qui ce ne croit il le compère.
Et puis après Saint-Matelin ;
Sus coûtes et en draps de lin
Chainoigne nuit (4) maint povre couche.
De Dieu soient tel gent benoît.
Apres, le monstier Saint-Benoit C'on apele le Bettourné ; D'ilec tantost m'en retourné Au monstier des Hospitaliers Que n'oublie pas volentiers.
(1) Il s'agit probablement de la petite église de Saint-Marlin ( rue des Francs- Bourgeois ), près Saint-Marcel, dont elle dépendait. Elle est mentionnée dans un chroniqueur dès 1 129. On la reconstruisit en 1544, et elle a été démolie en 1808. Son surnom des Orges n'était pas connu, croyons-nous, jusqu'ici.
(2) Vraisemblablement la petite église de Saint-Pierre ou Saint-Père, qui passe pour avoir élé fondée par saint Germain lui-même ( septième siècle ), auprès de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, et pour avoir été transportée , au treizième siècle, à la place occupée maintenant par la chapelle de l'hôpital de la Charité. C'est d'elle que la rue des Saints-Pères, par corruption de Saint-Père, a pris son nom.
(3) Saint-Sulpice était déjà paroisse en 1210.
(4) Lisez chacune ( chaiscoigne ) nuit.
Saint-Hylaire est an pou avant :
Sainte-Genevieve-la-Grant
Y est, ou a riche abbaye.
Puis ay ma voie envaïe,
S'ay trouvé un monstier noblet
Que fist le cardounar Cholet (i) ;
Saint-Symphorien le Petit
Si siet au dessous un petit.
En la terre Saint-Pierre ou Mont
Li Navarrois (2) nuef monstier ont ;
Carmélite logié se sont
Un pou aval; la monstier font.
Apres, Saint-Estienne-des-Grez ,
Qui de Dieu servir fu engrez.
Devant siéent li Jacobin
Qui par pais vont bin et bin :
Chapele y a de Saint- An drieu
Qui fu moult grant ami de Dieu.
D'ilec alay a Nostre-Dame
Des-Champs ; moignes , par m'ame !
D'ilec au monstier Saint-Marciau ,
Qui siet près d'un petit ruissiau,
Saint-Martin et Saint-Ypolite (3) :
Ceus ai-je bien pris a eslite.
D'ilec ving au monstier Saint-Marc (4) ;
Puis a la traitie d'un arc
Est Saint-Victor moult bien séans ;
Puis li monstiers des Bons-Enfans (5) ;
(l)Ce collège fut construitenI29l-i295. Sa chapelle fut celle de Saint-Symphorien, située en face, jusqu'en 1504, où l'on construisit, dans le collège même, une chapelle de Sainte-Cécile. Les hàtiments du collège fondé par le cardinal Cholet étaient situés sur le terrain qu'occupe aujourd'hui le jardin du lycée Louis le Grand. On a achevé de les raser en 1823.
(2) Le collège de Navarre, fondé par Jeanne, femme de Philippe le Bel, et bâti de 1309 à 1315. Sur son emplacement sont situés les bâtiments de l'École polytechnique.
(3) Son origine est inconnue, mais elle existait en 11 58. On ne lui connaissait pas, jusqu'à présent, l'invocation de Saint-Martin. Elle a été démolie pendant la Révolution, et son emplacement a été occupé ensuite par la maison rue Saint-Hippolyle, 8.
(4) Probablement Saint-Médard.
(5) Établissement dont l'origine est inconnue. 11 parait remonter à la première moitié du treizième siècle; sa chapelle était sous l'invocation de saint Firmin. Il fut donné, en IG25, à la congrégation de la Mission ( rue Sainl-Yictor, 68).
APPENDICE. 5o3
Puis la chapele aus Moinnios :
Demourer la plus je n'i os.
Saint-Bernart oublier ne doy,
Saint-Nicholas-du-Chardonnoy,
Puis après la Sourbonnerie (i)
Que je ne doy oublier mie.
Puis m'en reving tout sans effroy
Droit au monstier de Saint-Lieffroy ('2),
Et a Saint-Germain-l'Aucerrois.
D'ileques a Saint-Nicholas
Du-Louvre, et a Saint-Thomas,
Et puis après je m'en revins
Par le monstier des Quinze- Vins
Et au monstier Saint-Honnouré,
Ou de bon cuer Dieu ai ouré
D'ilec m'en ving a Saint-Huitasse ,
Près des haies, en digne place,
Et d'ilec a Saint-Innocent,
Ou gist maint cors d'omme innocent,
Et après a Sainte-Oportune :
De clous guérit et d'apostume ;
Et puis a Sainte-Katherine
Qui vierge fu pure entérine ;
Puis le monstier de Saint -Magloire
Qui ama Dieu le Roy de gloire
Et assez près de icel lieu
Est le sépulcre Dame Dieu (3).
Puis a Saint-Leu et a Saint-Gile
Aussi voirs est comm'Euvangile,
Et si vous di qu'a l'oposite
L'esglise de Saint- Jaques est ditte (4)
Que les confrères ont fondée
(1) La Sorbonne, fondée vers 1256 par Robert de Sorbon. L'église actuelle de Sorbonne fut bâtie de 1633 à 1653.
(2) Ici l'auteur passe de la rive gauche à la rive droite de la Seine.
(3) L'église et la confrérie du Saint-Sépulcre. La première pierre de l'église fut posée le 18 mai 1326. Ces bâtiments, qui avaient été refaits de 1526 à 1655, ont fait place, durant la Révolution, à la cour Batave ( rue Saint-Denis, 124).
(4) Église commencée en 1317 et dédiée en 1327. Elle fut d'abord particulière aux membres de la confrérie des pèlerins revenus de Saint-Jacques de Compostelle. C'est ce que disent les historiens de Paris, et ce qui se trouve répété dans les derniers vers de notre pièce. Située à l'angle des rues Saint-Denis et Mauconseil,
5o4 wi>i mhcl.
Par grant devocion jurée Sus la grant rue fondé Pont ; Certes moult biau séant resont (1).
Li monstiers de la Trinité Ou le Seignieur de majesté Est bien servi a grant honneur.
Devant lui r'est Saint-Sauveur Et les Filles -Dieu sont après.
Saint-Ladres en est assez près.
Puis m'en reving a Saint-Lorens ; De cheminer ne fui pas lens; Puis a Saint-Nicholas-des-Chans Puis a Saint-Martin où de chans Servent li moigne Jhesucris.
Au Temple ving , pas ne mespris, Et puis après as Blans-Mantiaus (2) Ou l'en essuie argrans monciaux Laine, et en la Bretonnerie, A une petite abbaïe Que l'en apele Sainte -Crois Dont les frères metent les crois Partie a blanc et a vermeil :
De ce pas moult ne me merveil.
Puis siet après une chapele (3) Dédiée par miracle bêle D'un Juif qui en son ostel Boulli le Sacrement d'autel
(1) On voit qu'il s'agit, dans ce passage, d'un édifice qui n'est que juré et fondé, mais qui n'est pas encore construit; ce que confirment encore les vers 289 et 290 ci-après. Au lieu de resont peut-être faut-il lire seront : « Dans leur nouvelle église les confrères seront très-bellement assis. »
(2) Les Serfs de la Vierge Marie, appelés Blancs-Manteaux à cause de leur costume, s'établirent à Paris en 1238 ( rue des Blancs Manteaux, 12-I6, et rue de Paradis). Ils furent remplacés, en 1297, par les Guillemites, et ceux-ci, en 1618, par les Bénédictins, sans que le nom populaire de Blancs-Manteaux pût s'effacer. Le monastère a été supprimé en 1790, mais l'église est restée. Elle avait été reconstruite en I6S5.
(:i) Cette chapelle est aujourd'hui l'église des Billeltes. Le sacrilège commis par un Juif de la rue des Jardins ( plus lard des Billettes ) eut lieu en 1291. La maison du coupable fit place, en 1294, à une Chapelle-des-Miracles, et peu d'années après il s'y établit un monastère d'Hospitaliers de la Charité de Notre-Dame. Ces derniers, fort appauvris, cédèrent leur établissement aux Carmes de Rennes, en 1631. Depuis 1812 l'église est convertie en un temple el le couveut en une école pour les protestants luthériens.
APPENDICE 5o5
Dont trouvez fu vermaus entiers (i).
Puis est li Vaus-des-Escoliers,
Puis est Saint-Pol , puis Nostre-Dame (2)
Du earme ; bien scevent leur game :
Il ont pris leur lieu et leur estre
Ou li Barré souloient estre,
Et d'ileques r'aler s'en sont
Sous Sainte-Genevieve-ou-Mont.
Apres, a joingnant de la porte
De Barbel, a une grant porte,
A un ostel de bonne gent,
Ou il a monstier bel et gent,
Béguines (3) et preudefames,
Le los eschivent des diffames
Et les péchiez ors et mauves.
D'ileuc m'en ving a Saint-Gervès
Ou il a gracieus monstier
Près de la porte Baudoier.
Dessous est Saint-Jehan-de-Greve,
Li uns a l'autre rien ne grève.
Un pou après icelle esglise
Une chapele y est assize
Que fist faire uns riches hom ;
Estienne Baudris (4) ot a non.
Prestres et clers il y a mis
Qui pour lui et pour ses amis
Sont ordenez a Dieu servir
Qu'il puissent s'amour desservir
Preudons fu cil, avoir ot bon.
D'ileuc ving au monstier Saint-Bon
(1) L'hoslie fut trouvée entière, mais vermeille, c'est-à-dire ensanglantée.
12) Notre-Dame du Mont-Carmel l'ut d'abord une chapelle établie en 1229, sur le burd de la Seine, au lieu où furent depuis les Célestins, par six religieux carmes ramenés de Palestine par saint Louis. En 1309 les Carmes se transportèrent rue de la Montagne Sainte-Geneviève et rééditèrent d'une manière splenditle leur église; elle a été démolie en 1812. Les Carmes portaient primitivement le nom populaire de Barrés ( resté à une rue du Marais ), à cause de leurs manteaux rayés ; mais notre auteur les distingue très-nettement.
(3) Communauté fondée par saint Louis, en 1264 (rue des Barrés, 24), près la porte Barbette. En 1480 Louis XI donna cette maison aux sœurs du tiers-ordre de Saint-François et lui donna le nom iVJve-Maria, en l'honneur de la Vierge. Le monastère, supprimé en 1790, est depuis lors une caserne.
(i) Il veut dire Élienne Haudri, qui fonda, en i:K)6, la chapelle et l'hôpital dont les sœurs furent, plus tard, appelées Haud nettes.
5o6 APPENDICE.
Et de Saint-Bon a Saint-Marri, La n'oi je pas le cuer marri :
Saint Père et saint Lenart ensemble Y sont aouré, ce me samble.
En la rue Aubri-le-Bouchier A un monstier que moult ai chier :
Saint-Josse oublier ne voeil.
.... nommer vous voeil Avant ce que ma bouche lie Saint-Jaques-de-la-Boucherie.
Tous les monstiers vous ai nommé De Paris, sans nul inesnonmé, Plus n'en y say, ce m'est avis Que bien y ay mis mon avis.
Je ne voeil pas mettre en mon conte Chapeles aus dus et aus contes, Ne a bourgois ne aus evesques, N'a abbez, ne a archevesques.
Je n'i mes que ceus proprement Ou toute gent communément Puet le digne service oïr. Dieu, dont on se doit esjoïr Et Dieu et sa mère proier Chascun pour son cuer supploier Vers Jhesuscrist de leur tors fais Et des péchiez que il ont fais.
Touz les autres ai arrière mis, Mais ceuls ci ai je en rime mis ; Donc tous ensamble les vous nonme, Quatre vins et huit par droit nonbre ; Il n'en y a ne mains ne plus, Se ce ne sont monstiers repus.
Fors le Saint-Jaques monstier Qui de nouvel fu fait l'austrier (1) Ou nul ne va ne ne repaire Fors que cilz qui lez ont fait faire.
Mes il autre sont de autre guise Qui sont commun au Dieu servise.
De grand leur vint devociou D'amour et de dilection
(i) L'autre-iiier, tout récent meut. Voyez çj-dessus, vers 198.
APPENDICE. 5o7
Qu'a Dieu et a sa mère avoient Quant tant montiers ediffîoient.
Il amoient Dieu de cuer fin Et pour ce en ont louier sans fin ; C'est la joie qui tous jours dure A li desirrer met ta cure.
Jhesus nous en doint le vouloir Qui du donner a le povoir ; A ce nous aist dame Marie Qui tous nous gart de vilennie.