‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 25 sur 96 · LIVRE XX. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE XX. CHAPITRE III

lions eurent lieu, dans cette grande capitale, à Toccasioa du renouvellement du Corps législatif. Lors de Tavantdernière élection on vit sys manifester d'une manière grave, de la part des Parisiens, une tendance à accepter les choix de l'opposition et à écarter les partisans de Tordre constitutionnel dont les bases avaient été posées en iSSa.

Mais tout récemment, à la stupéfaction des amis de la paix publique, de ceux qui voudraient épargner à notre pays de nouvelles épreuves révolutionnaires, toutes les candida* tures de l'opposition prévalurent dans le département de la Seine. Cette manifestation de l'opinion parisienne surprit le gouvernement, qui croyait avoir mieux mérité de la reconnaissance d'une ville rajeunie , régénérée, transformée par ses soins et son initiative. Cette situation, dont l'Europe ne s'exagéra point la gravité, attesta que le bourgeois de Paris n'avait cessé d'être, depuis le moyen âge et la Fronde, un citadin mécontent du pouvoir, toujours porté à la critique et au blâme , qui murmure à propos de toute chose et ne rend justice au bien qu'après l'heure ordinaire de l'admiration et de l'enthousiasme. 11 aime à défaire les gouvernements et à les regretter ; il se complaît à élever des statues sur un piédestal et à les en faire descendre ; il ouvre le Panthéon à ses favoris, et, bientôt après, il traîne aux gémonies leurs dépouilles. Il est curieux de toute nouveauté et n'admire rien ; toute innovation lui déplaît et il s'y résigne. Il souffre des révolutions et ne cesse de les invoquer. 11 pajre^ comme du temps de Mazarin, mais il commence à ne plus chanter. Il est tout glorieux de sa propre ville et il ne cesse de s'indigner de la voir embellir et^ agrandir, et un pouvoir

igO . HISTOIRE PE PARIS. (1882-1885)

qui m prendrait pas philosophiquement son parti de l'in* gratitude proverbiale des Parisiens n'aurait d'autre plainte à formuler ^que de dire : a O Athéniens d'aua jourd'hui, que de peine je me donne pour mériter votre « approbation sans pouvoir l'obtenir! »

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