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vanoe des habitations aux familles que le percement du centre de la ville, devenu indispensable au double point de vue de la facilité des communications et de la salubrité, publique^ devait fatalement refouler, de proche en proche, vers la circonférence.
« Depuis lors Tachëvement de la rue de Rivoli, en rendant accessibles le Marais et le faubourg Saint-Antoine^ a remédié aux embarras que les premiers travaux avaient causés; l'ouverture du boulevard de Strasbourg, large et facile avenue des faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, a été le préliminaire de celle du boulevard de Sébastopôl ; le prolongement de celui-ci sur la rive gauche de la Seine a rendu possibles les démolitions qui restent à effectuer pour dégager les Halles. Le quartier récemment fondé dans l'ancien clos Saint-Lazare a préparé le prolonge* ment de la rue Lafayette, qui va se faire ; le boulevard Beaujon, et surtout le boulevard Malesherbes, en attirant les habitants des plus belles parties de la ville vers de vastes espaces propres à recevoir des constructions selon leurs goûts, ménagent l'exécution prochaine de la rue de Rouen, de la grande voie qui est demandée du Louvre au nouvel Opéra, et de plusieurs autres projets. Enfin les groupes de maisons qui s'échelonnent des deux .côtés du boulevard que la ville vient de terminer seront prêts à recevoir des habitants bien avant que le quartier si po^ puleux des Ârts-et-Métiers ne livre passage à la rue de Turbigo, qui doit continuer le faubourg du Temple jusqu'à la pointe Saint- Ëustache et de là jusqu'au Pont- Neuf, par la voie centrale des grandes Halles.
« Mais ce boulevard même se recommande par une utilité moins passagère.
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a Tracé directement du Château-d'Ëau à la place du Trône, sur une longueur de plus de 3 kilomètres, qui représente le développement de la courbe décrite par les anciens boulevard , de la Madeleine au Château-d'Eau, desservi dès demain par une ligne de voitures omnibus , il va devenir la principale avenue dQ cette magnifique promenade du bois de Y incennes, dont la sollicitude impériale a fait le bois de Boulogne des ouvriers de nos &uboui^s. Il complétera en même temps Tanneuon à Paris des territoires de Ménilmontant et de Cfaaronne^ qui forment le ao*^ arrondissement , et de la portion de Saint-Mandé réunie au j ^^j en leur ouvrant l'accès des quartiers où se concesatre le mouvement des affaires; mais il sera, par-dessus tout, la grande artère de la nou^ velle ville qui surgit des immenses terrains , naguère en culture, situés au delà du canal Saint-Martin. Déjà une compagnie financière, dont les opérations intelligentes ont eu pour effet de bâter la construction de maisons en bordure sur d'autres voies publiques, n'a pas craint d'acquérir l'ensemble des emplacements qui restaient libres après l'établissement du boulevard sur les terrains expropriés par la ville , à la charge de commencer des constructions sur tous dans le délai d'une année, de les terminer dans un égal délai, et de diviser en petits logements celles qi|i seront édifiées de la rue de la Roquette à la place du Trône. Cette résolution importante d'une société dont l'activité s'était portée jusqu'ici avec une préférence marquée du côté opposé de la vijle n'est pas un des symptoàies les moins significatifs de là prospérité soudaine des quartiers éloignés que nous venons d'ouvrir à la spéculation du bâtiment.
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ce L'ëlavation du plan d'eau du canal Saint*-Martin, qui ne permettait rétablissement d'aucun pont fixe, a longtemps paralysé la réalisation du projet conçu par Votre Majesté dès i853, et définitivement arrêté par elle en 1857. Aujourd'hui que les travaux d'abaissement de la voie navigable sont accomplis avec un entier succès, il semble que le problème n'était pas fort compliqué. Faire de l'obstacle un nouveau moyen de circulation , en couvrant le canal après l'avoir encaissé, était également une idée assez simple. L'administration municipale n'hésite pourtant pas, Sire, à confesser qu'elle a été arrêtée longtemps par l'étude de ces combinaisons; elle avoue d'ailleurs , au risque de compromettre par là quelque -chose du prestige attaché à ses œuvres, qu'il est bien peu d'entreprises confiées à son zèle par Votre Majesté qui ne lui aient coûté des années de calculs et de mesures pré* paratoirês , avant d'exciter l'étonnement du public par uùe rapidité d'exécution due au concours des ingénieurs les plus habiles et des agents le$ plus dévoués.
<c Cette fois l'administration municipale ét^t d'autant mieux encouragée à réussir qu'il s'agissait pour elle de rendre le nouveau boulevard digne de porter le nom du prince Eugè ne et de recevoir la statiie que l'empereur nous a permis d'ériger à l'illustre vice-roi d'Italie.
cr Modèle d'honneur, de fidélité, dé désintéressement, le prince Eugène est le chevalier sans peur et sans reproche de la grande épopée impériale. Sa mémoire est particulièrement chère à la population parisienne, dont le patriotisme est si ardent, qui a fourni à nos armées .tant d'héroïques soldats, et qui se connaît en vertu civique non moins qu'en courage militaire* Aussi le x i®ar-
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rondissement, qui voit fonder son hôtel de mairie sur la place oïl s'élève déjà le spécimen du monument projeté, aspire-t-il à faire étendre la désignation glorieuse du boulevard à tout son territoire.
ce Mais, Sire, ses habitants n'ont attendu aucune autorisation pour attribuer, avec la logique du cœur, le nom de l'auguste mère de Votre Majesté à l'esplanade plantée qui offre à leurs enfants , sur les voûtes mêmes du canal Saint-Martin, un jardin de deux kilomètres de longueur.
« Entre cette esplanade et la place du Prince-Eugène l'œil est affligé de l'apparence plus que modeste de l'église Saint- Ambroise ; mais l'ouverture du nouveau boulevard, qui va la rendre plus insuffisante que jamais, en multipliant ses fidèles , sera l'occasion d'une reconstruction totale qui en quadruplera l'étendue. C'est ainsi que le percement du boulevard de Sébastopol a motivé et facilité tout à la fois l'agrandissement et la restauration de Saint-Leu; que l'espace laissé libre devant Saint-Laurent, sur le boulevard de Strasbourg, permet en ce moment d'allonger cette église d'une travée et d'y faire une façade convenable; enfin, que l'on a réservé, lors des expropriations du boulevard Malesherbes, de la place de la Chaussée-d'Antin et du boulevard de l'Aima, des emplacements oïl s'élèvent les églises de trois paroisses nouvelles : Saint- Augustin , la Trinité et Saint-François- Xavier.
« Toutefois la ville n'attend pas de telles circonstances pour satisfaire aux besoins du culte ; on peut en trouver la démonstration sans aller bien loin : le quartier de la Folie-Méricourt va voir commencer une église pour
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la paroisse nouvelle de Saint «Joseph, et le projet de celle qui desservira la paroisse récemment créée à Ménilmon* tant est à l'étude.
a Ce n'est pas le lieu de compléter ces indications. Je ne puis davantage décrire le développement des établissements charitables et scolaires dans l'ensemble de la ville , où cette seule année a vu fonder trente maisons de secours et vingt-trois écoles communales. Il doit me suffire d'assurer à Votre Majesté que , selon ses intentions, à côté de la part des intérêts matériels, celle des intérêts moraux de la population a été réservée dans la transformation complète que ces contrées reculées de Paris vont subir, comme dans toutes les grandes opérations entreprises jusqu'ici par l'administration municipale.
«c Cependant, Sire, nous croirions laisser notre œuvre inachevée si, après avoir établi à travers tant d'obstacles une communication de premier ordre de l'ancienne barrière du Trône au centre de Paris , nous négligions de donner à l'une des grandes entrées de la capitale le caractère que sa position même lui assigne.
« Lorsqu'on jette les yeux sur un plan de Paris, on est frappé de trouver, aux extrémités les plus éloignées de la ville , sur les points où viennent aboutir ses deux plus magnifiques avenues, celles de Neuilly et de Vincennes, et d'où rayonnent des voies magistrales qui la pénètrent en tous sens, deux places à peu près symétriques, qui se correspondent exactement à l'est et à l'ouest, et qui semblent préparées pour la même destination dans l'ordonnance générale de la cité. La pensée d'élever sur la place du Trône un monument à la gloire militaire du règne de Votre Majesté est de celles dont personne ne'^peut reveii-
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diquer l'initiative, parce qu'elle se présente naturellement à tous les esprits.
« Nous ne saurions prétendre avoir résolu, dans le travail improvisé d'une décoration temporaire, les questions d'art très-complexes soulevées par une telle conception; mais nous sommes certains d'avoir été les interprètes fidèles du sentiment populaire lorsque nous avons songé à consacrer le lieu même où Votre Majesté^ de retour d'Italie, est rentrée dans Paris à ia tête de ses troupes, par un arc triomphal dédié au vainqueur de Solféritto et à ses vaillants soldats.
« Nous ambitionnons comme une précieuse faveur l'autorisation de réaliser ce projet; car une grande cité s'honore elle-même quand elle s'attache, coinme celle de Paris l'a fait de tout temps, à rappeler dans ses monuments, et jusque dans les inscriptions de ses voies publiques, les grandeurs de la pairie, les hauts faits de son histoire et la mémoire de ses plus glorieux souverains. »
Après le préfet, M. Dumas, sénateur, président du conseil municipal, s'exprima en ces termes :
a Le conseil municipal, au milieu de ces monuments terminés ou naissants, dont le nom rappelle des mémoires chères au peuple ou dont la destination consacrera la gloire de nos armes, saisit avec empresement l'occasion de remercier Votre Majesté de la part qui lui est accordée dans l'accomplissement des grandes œuvres qui s'exécutent à Paris sous son règne
«c Pour cette immense population et sur cette vaste échelle, rien ne se fait sans étude profonde et sans effort; toute resj)onsabilité s'élève et exige que le zèle monte à son niveau
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« Danç la période que nous traversons, alors q e la vi le de Paris voit ses travaux s*é tendre et ses charges s'élever, le conseil municipal, interprétant votre pensée, Sirê, s'est fait une loi d'écarter de ses habitants toute charge nouvelle.. ...
(c Quand le conseil municipal contribue, par les ordres de Votre Majesté, à multiplier ou à restaurer les églises, à étendre ou à fonder les écoles du peuple, à rajeunir, sur des plans moins somptueux , lés établissements de bienfaisance et à doubler leurs services ; qu'il développe avec largeur l'assistance à domicile, si favorable au main^ tien d(ôs= liens de famille } quand il prépare la reconstrticition de l'Hôtel-Dieu, ce palais symbolique et chrétien de la sduffraiïcé et de la charité, il retrouvé sans cesse k trace de votre pensée si ardente au bien, si sympathique à toutes les douleurs, si ferme et si prévoyante, qui partout avait précédé la sienne et qui la guide.
(c C'est que Votre Majesté place toujours les besoins de ceux qui souffrent et les intérêts moraux dès popula* tions avant même ces travaux de voirie si merveilleux, monuments aussi pourtant de sagesse, de prévoyance et de force, qui, après avoir assuré le bien-être des races contemporaines^ attesteront aux siècles éloignés la prudence des conceptions de Votre Majesté et la puissance de ce souverain qui garde pour lui-même tous les devoirs et tous les dangere, et qui réserve pour son peuple lé faste des jardins et les splendeurs de la pierre, avec le calme, l'ordre et h sécurité. »
L'empereur répondit :
« ï'ai voulu présider à l'ina;ugUration de ce nouveati « boulevard pour vous remercier de votre infatigable « dévouement aux intérêts de cette grande cité.
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« Transformer la capitale en la rendant et plus vaste ce et plus belle, ce n'est pas seulement reconstruii*e plus ce de maisons qu'on n'en abat, fournir du travail à une a foule d'industries diverses, c'est encore introduire par* Cl tout des habitudes d'ordre et l'amour du beau.
« Ces rues spacieuses, ces maisons architecturales, ces « jardins ouverts à tous, ces monuments artistiques, en ce augmentant le bien-être, perfectionnent le goût, et si ec l'on songe qu'à côté de ces vastes travaux vous déveu loppez également l'assistance publique, vous multipliez (c les édifices religieux, les bâtiments destinés à Téducaa tion , on doit vous savoir un gré infini de faire tant de « choses utiles sans compromettre en rien l'état prosce père des finances de la ville.
(f Ma constante préoccupation, vous le savez, est de a rechercher les moyens de remédier au ralentissement ce momentané du travail et d'amener l'aisance dans les ce classes laborieuses. La question de l'alimentation pu* « blique vient encore récemment d'attirer mon attention ce particulière. La dernière discussion au conseil d'État ce fera introduire quelques réformes utiles dans la bou-> « langerie. Je suis d'ailleurs décidé à conserver, en le ce modifiant; le système de la compensation^ et à établir, a suivant les localités, soit la taxe officielle, soit une taxe ce officieuse. Je tiens aussi à vous remercier du concours « que vous avez tous prêté à une œuvre due à l'initiative « de l'Impératrice , et qui , mettant des capitaux à la (c portée des artisans honnêtes et laborieux, fera mentir ce le vieux proverbe qu'o/i ne prèle qu'aux riches. Si^ « comme je l'espère, cette institution se développe, il sera a conso^nt de penser qu'une bonne réputation est une
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a véritable propriété offrant ses avantages et ses garan« a ties.
ce Les œuvres de la paix se recommandent d'autant ce plus qu'on y rattache les souvenirs glorieux de notre a histoire; aussi ai-je voulu que le nouveau boulevard ff qui traverse l'un des faubourgs les plus industriels a portât le nom du Prince Eugène, de cet enfant de « Paris, officier d'ordonnance du général Hoche à quace torze ans, l'un des héros de la retraite de Russie, et qui, a plutôt que d'abandonner] la France et l'empereur, re* « fusa la couronne d'Italie que lui offraient les souvece rains alliés.
<€ Je ne saurais dire combien m'a touché ce mouvea. ment spontané de la population qui a donné le nom a de ma mère à l'un des boulevards voisins , mais je ne a puis accepter cette désignation . Les noms à inscrire ce sur le marbre ne doivent pas être le privilège exclusif a de ma famille ; il appartient à tous ceux qui ont rendu ce des services au pays. Ainsi donc la nouvelle voie de ce communication qui remplace aujourd'hui le canal a Saint-Martin s'appellera dorénavant boule^ar^ Ri^ ce chard'Lenoir .
« Quoiqu'il existe déjà une petite rue Richard^ Lenoir, ce je désire £aire paraître dans un plus grand jour le nom ce de cet homme qui, de simple ouvrier du faubourg Saint- « Antoine, devint l'un des premiers manufacturiers de a France, que l'empereur décora de sa main pour les ima vineuses progrès qu'il (it faire à l'industrie du coton, ce et qui employa une fortune noblement acquise à sou« <c tenir ses ouvriers pendant les mauvais jours et à les ce armer lorsqu'il fallut repoussser l'invasion étrangère.
i86 aisroTSjR db và«is; * (lestiMS)
« Qccapôns-nôus donc de t^mt <^ qui pettt à la fois a améliorer la condition matérielle du peuple et. élever « son incnral. Plaçons toigours devant ses yeux un' noble « but à atteindre et Texanple de ceux qui oiit conqufe a la fortune par le travail , '• Testime par la prbloSté, la « gloire par le courage, »
• Nos lecteurs nous sauront gré, lious l'espérobs/ d'avoir reproduit ces discoùrS) moins à titre de documents offidels que parée quils donnent une idée des splendewps de Paris sous le règne de Nàpoïéon III.
Or, depuis cette époque jusqu'à l'heure où nous écrivons ces lignes (i865), aucun événement grave n'a éma Paris, aucune grande calamité, aucune secousse, aucune joie inattendue n'ont mérité d'être îôscrites dans ks annales de cette cité imme^nse ; mais Paris, par les soins de remjpereur, et sous la direction vigoureuse de M. Haussman, préfet de la^eine, continue chaque jour à se présenter au monde sous une face nouvelle.
La vieille cité mérovingienne, le berceau de Paris, cette île que nous avons vue naguère encombrée de maisons, d'îlots, d'églises et de rues, est au moment îde vbir tous ses habitants repoussés au loin par l'œuvre dés démolitions^ et dans très-peu d'années elle ne sera qu'un emplacement sur lequel s*élèveront, tout étonnés de leur voisinage réciproque, des monuments religieux , civils , ad-; miriistt*âtifs et militaires : l'église Notre-Dame,^ le Palais de Justice, la iSainte-Chapelle, le tribunal de commerce, la préfecture de l^olïce, THotel-Dieu (si <>n,le misiintient à sa vieille place), la Morgue, la Conciérgene, et nous ne savons combien dé casernes et d'étàblisseiifients de' sôreté générale ; tout cela traversé par des avenues'^ fcomé par
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des square») enveloppé de quais, et ombrage, osons Tespérer, par des arbres auxquels ne feront défaut ni Teaù ni le soleil.
Sur la rive gauche il restera longtemps encore certains vestiges du vieux Paris, et les constructeurs de boulevards et d'avenues, dévorés du fanatisme de la ligne droite et prodigues du gaz ou de l'asphalte, n^auront pu, à leur grand regret, détruire jusqu'à la dernière pierre les quartiers qui servent encore de ceinture à Saint-Séverin, à Saint-Étienne du Mont, à Saint-Médard, à Saint-Nicolas du Chardonnet. Les faubourgs Saint- Victor et Saint-Marcel sont encore debout, et fasse le Ciel qu'on ait le courage d'ouvrir au travers de leurs ruelles étroites et fangeuses, habitées par la misère et la ifialadie, de larges trouées qui les mettent en communication avec l'air, avec la lumière, avec la civilisation parisienne ! Les bords infects de la Bièvre ont besoin d'être assainis.
Sur la rive droite l'ancien Paris s'en va , et, parfois^ laisse après lui quelques regrets; cependant on maintient sur le sol les monuments caractéristiques du passé, on les épargne lorsque le marteau de la destruction se promène impatient tout au tour, et semble (réclamer de nouvelles agglomérations de rues à renvei^er par la base pour faire place à de larges voies stratégiques, pour mettre en communication toutes les artères de Paris avec le cœur.
Au nord des boulevards sont ouverts , et l'antique Montmartre n'est plus qu'un quartier ordinaire de Paris ; d'immenses travaux sont entrepris pour relier à la ville Qiaronne, Ménilmohtant, la Chapelle , la Villetle , et ces anciens villages devenus depuis vingt ans autant de villes grandes et populeuses, et qui souffraient tant sous le rap*
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port de la régularité, de la voirie, dubienrétre. Déjà Batignotles et les Ternes sont complètement assimilés à la capitale ; au midi ce sera bientôt le tour de Yaugirard, de Plaisance, d^ Montrouge et de Grenelle. Là tout est à faire, ou peu s'en faut, mais tout se fera, et sans trop faire attendre des populations jusqu'à ce jour déshéritées et oubliées dans les obscurités de la famille parisienne.
Aux abords de Tare de triomphe de l'Étoile on a fait rayonner de nombreux boulevards et des avenues magistrales qui font de ce quartier le plus merveilleux centre de population dont puisse se vanter une capitale européenne. Le boulevard Malesherbes, le boulevard de Magenta, le boulevard du Prince- Eugène, et tant d'autres que nous ne pouvons énumérer ici, sont autant de créations prodigieuses qui illustrent le règne de Napoléon III et l'administration de M. Haussmann. Joignez à ces travaux ceux qui ont lieu sur l'autre rive, du pont Saint-Michel à l'Observatoire, aux abords des Invalides, en face du pont de l'Aima, et , en outre, le chemin de fer de ceinture , et la construction d'une foule innombrable de monuments publics, églises, musées, palais, entrepôts, écoles, etc. , et vous entreverrez à peine de quelles améliorations puissantes Paris a été doté dans le cours de ces dernières années.
Ces lignes ont peut-être suffisamment indiqué la splendeur actuelle de Paris; nous ne tarderons pas à entrer dans l'examen des spécialités et des détails, afin que nos Jecteurs aient de cette grande capitale une idée réfléchie et entière.
Pour compléter en ce moment l'analyse des événements généraux dont Paris fut le théâtre dans ces dernières années, nous ajouterons qu'à deux reprises les élec-