‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 52 sur 96 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ÉtabUffemenU d'«H et de bîenfUteiiee. -^ Httiéet . — Hôiftofé ^^ f. . : CîmelSèfet.

.,Les ;inps!ées du Louvre renfermiqnt, Icis plus magnifiques collections d'œuyres d'art et d'antiquité qui soient au monde. Plusieui^ volumes nje suffiraient pas à les décrire. Ici notre tâche se borne à en signaler rexîstence.et à con&* fater, une fois de plus, que le Louvre a reçu .la destinalioa privilégiée de g^rder^ pour l'aclmiratipp d|^ peuples, ces merveilles de la peinture^ delà sculpture ^ de la gravure, et de toutes les manifestations du génie.arti$tique. Ces collections se répartissent ainsi : le musée dç. peinture ; le musée des dessins ; le musée des gravures ( la chakpgra* phie) ; le musée de sculpture antique ; le musç^de^sciilptiiire du moyen âge et de )a Renaissance; lemus^de.sçuplture moderne française; le; musée des antiquité^^tôsyrie^n^sj'Je musée des antiquités égyptiennes ; leJBlasée.d^.piitiquités greçque^..et étrusques; le musée égyptien } jie/inMée.ialgérien; . le musée a^si^tique 0t, sun^viç^n ^ ,0U: musée ethnographique ; jlemusé dekJVfarine; leniuséQ ^^ Souverains ; le( musée S^uyagept.; le mpséei N^poMo]^ lH ou musée Campana; en tout seize collections que l'Europe envie à la Frands çommd Ttui diçs pripcipau^c éléments de sa grandeur. .'.',. :

Il n'entre pas dans notre plan de décrii^ç. uû^ à une les saHes du Louvre^ ni d^énumérer les richesses prodigieuses qu'elles eontîenneift ; des catalogues, rédigés âvei?. le plus

grand soin, offrent aux visiteurs, non plus seulement lasèche momenclature des objets exposés, mais des notions pleines d'intérêt sur leur origine, et sur les vicissitudes, parfois bien singulières, qu'ils ont eues à subir avant de prendre rang dans nos musées.

Les collections de peinture et de sculpture sont précieuses pour l'étude tle l'art et pour guider et inspirer les artistes modernes. Depuis Tannée ï848 la disposition des tableaux dans la galerie du Louvre a été changée complètement. A un arrangement principalement basé sur la symétrie des cadres et sur la dimension des toiles a succédé une classification qui atteint mieux le but qu'on se propose en formant une collection de ce genre. C'est à M. Villot, qui était conservateur du musée de peinture, que l'on doit cette heureuse innovation. Pour faciliter les «tudes pratiques on a réuni les œuvres éparses d'un même maître et celles de ses élèves ou imitateurs ; on a classé chronologiquement chaque groupe dans chaque école : italienne, allemande, française, hollandaise, etc., de manière à conserver dans son ensemble et dans son intégrité l'aspect qui caractérise chacune de ces écoles. Et, comme introduction à cette collection si riche, on a exposé dans le grand salon carré une série de chefs-d'œuvre choisis dans les écoles qui occupent les travées de là grande galerie.

La salle qui occupe le paçillon du Roi\ à l'angle sudouest, et qui a reçu le nom bizarre de salle des Sept^Chemi^ nées^ est consacrée aux maîtres les plus illustres de l'école française moderne, David, Gros, Girodet, Guériu , Gérard, Prud'hon^ Géricault.

Deux portes ouvrent sur les deux divisions de l'aile méridionale. Du côté de la Seine, des toiles de l'école

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française remplissent neuf salles, dont les plafonds sont richement décorés. Portraits historiques ; sujets religieux ; les tableaux que Jouvenet fit poUr l'église de Saint-Martin des Champs ; Henri III et Henri IV présidant à des réceptions de chevaliers du Saint-Esprit, par Carie Vanloo et par Jean -François Detroy ; les marines de Vernet; les chasses d'Oudry et de Desportes; des œuvres de Lebrun, de Mignard, de Greuze, etc. Du côté de la cour un vestibule et neuf salles cpmposent un musée à part, qui porte le nom du roi Charles X, son fondateur. L'ornementation en est somptueuse ; la peinture historique, Tor, les marbres, les stucs y ont été prodigués. Au plafond de la première salle l'Apothéose d'Homère, par M. Ingi^es, composition célèbre dans toute l'Europe et dont nous n'avons pas besoin de rappeler ici le rare mérite. Dans cette salle et dans les suivantes une quantité innombrable de vases grecs de toutes formes et de toutes dimensions, la plupart couverts de peintures; les terres cuites de Tarse, en Cilicie, et de^ Cyrène, modelées avec une finesse et une variété infinies ; des bijoux antiques^ des camées, une série très-importante d'objets en argent découverts, en i836, dans les environs deBrissac. Dans la salle centrale, soutenue par des colonnes cannelées en marbre blanc, les curiosités récemment extraites des cimetières gallo-romains et mérovingiens de la Normandie. Les quatre dernières salles forment le complément du musée égyptien, placé au rezde-chaussée ; on y voit, 'classées dans un ordre méthodique, toutes les antiquités qui peuvent être regardées comme ayant appartenu au mobilier de la civilisation de l'Egypte.

En résumé,la peinture, au musée du Louvre , occupe :

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j® le grand salon, ^^ la^grande galerie, 3p la galerie spé*ciale française, 4* '^ salon dit des Sepl-Chemînées^ 5® les salles complémentaires d'œuvres de toutes les écoles, 6® une longue galerie contenant en particulier les Batailles (TÀleoîahdre^ et par laquelle on entre aujourd'liui en nion«tant l'escalier de Henri II, sculpté par Jean Goujon. La plupart des salles du musée ont des plafonds peints par des artistes distingués d'une époque encore récente, qui s'étend de 1820 à 1840 environ. Au risque de se contourner quelque artère en se renversant le cou, on peut, si Ton veut, considéj*er des plafo'nds d'uiie beauté fort inégale, parmi lesquels il y a des pages d'une valeur réelle* Dans la galerie d'Apollon, le plafond mythologique et cosmogonique dé M. Eug. Delacroix, tant loué, tant blâmé, offre des parties d'une poésie vraiment antique. Ajoutons que dans cette même galerie d'Apolîon il y a des. peintures dues au pindeau magistral de Lebrun, et, dans les salles des Antiques, d'excellentes fresques de Romanelli, pentre romain du XVIP siècle, qui sont ce que^ la mythologie a produit de plus poétique, de mieux composé.

Au musée de peinture il faut joindre celui des dessins des grands maîtres de toutes les écoles. Là se trouvent exposés, dans une suite nombreuse de salles^ les plus beaux dessins des maîtres italiens^ flamands^ et français. Cette collection est riche surtout en grands maît:res italiens. Là pren4.par un trait la vie, ja pensée, le sentiment, le faire de chafcun de ces rois de la peinture, l'étincelle de leur géhie.

Dans les innombrable^ salles du rez-de-chaussée on parcourt les musées consacrés au dépôt des sculpture de toutes les antiquités, delà Renaissance et 4^ temps modér-

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nés. Ce $ont d'admirables collections que la vie d'un artiste suffirait à peine à étudier, et à connaître.

Et d'abord on entre dans cette magniiique salie dont nous avons déjà parlé et qu'on appelle, la salle des Cariatides. Du temps de la reine Catherine de Médicis elle servit de théâtre à des fêtes somptueuses^ festins , bals, concerts^ représentations scéniques. L'art de la Renaissance n'a rien produit de plus beau que les quatre figures de femmes données par Jean Goujon pour supports à la tribune qui domine l'entrée et qui était destinée à recevoir des musiciens. Toujours gracieux et délicat, Jean Goujon s'est encore surpassé lui'-même cette fois. Aucune de ses œuvres ne nous semble atteindre le même degré de distinction et de sérénité majestueuse, la même pureté de forme et de sentiment. Des colonnes se groupent sur les parois et se disposent en portique vers la cheminée. Les bandeaux qui traversent la voûte àont couverts deisculptureSi:une Diane chasseresse, une Vénus soi^tantde l'onde, des attributs de chasse, des chiens, des guirlandes de fleucs et de fruits. Une triple ligne de figures anjtiques, de colonnes précieuses et de vases, qieuble dignement cette enceinte.

'En quittant la salle des Cariatides bn tourne, à gauche, dans l'aile méridionale du palais, et par. lé. corridor de Pan, bordé de statues et decippes funéraires^ on arrive successivement aux quatre salles de la Médée, d'Hercule, deTAruspice et de la Psyché, qui ne sont pas moins riches en monuments.

Une seconde rangée de salles double cdle dont nous venons de parler; ellesï sont au nombre de quatre, désignées chacune par le principal chef-d'œuvre qu^îUes rein

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ferment ; ce sont les salles de Melponiène, de Pallas, du Gladiateur et du Tibre.

lies monuments égyptiens forment un musée spécial dont l'institution est encore récente ; là s'offrent à nos regards les sphinx, les colosses, les tombeaux, les sculptures cpie, depuis plus d'un siècle, nos armées et nos savants ont rap* portés de TÉgyple. Une galerie étroite, qui côtoie celle de la sculpture égyptienne, présente une longue série de monuments de plastique, d'architecture ou d'épigraphie , qui proviennent de nos conquêtes d'Afrique. La mosaïque de Constantine, habilement réparée dans les ateliers du musée, déploie ses couleurs éclatantes dans la travée médiane; un artiste romain y a dessiné le triomphe de Neptune et d'Amphitrite. On remarque aussi quelques débris de tombeaux et quelques inscriptioqs des premiers siècles du christianisme.

Dans la portion de l'aile orientale qui remonte vers le nord, un vestibule, une grande salle et un corridor sont occupés par les plâtres moulés sur les antiques les plus célèbres. Les figures du fronton principal du Parthénon et celles du temple d'Égine s'y trouvent complètement reproduites. Les bas- reliefs en marbre qui couvraient les frises du temple de Diane Leucophryné, dans l'Asie Mineure, et qui furent apportés à Paris sous le dernier règne, viennent de trouver place autour de la seconde salle. On parvient au pied de l'escalier du pavillon nord-est de la colonnade^ et là on aperçoit plusieurs tombeaux chrétiens qui n'ont pas encore leur place faite dans le musée^ les uns sculptés de figures, comme les sarcophages de Rome, les autres d'une simple ornementation plus ou moins symbolique, et, parmi ces derniers, le cercueil de

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