‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 53 sur 96 · SM865) LIVRE XXI. CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

SM865) LIVRE XXI. CHAPITRE IV

saint Drausin, septième siècle, autrefois conservé dans l'abbaye de Notre-Dame de Soissons.

La première moitié de l'aile du Nord se partage en quatre salles : deux pour les monuments assyriens, une pour les œuvres de l'art grec, une autre pour les antiquités américaines. Celles-ci ne forment encore qu'un commencement de collection. Le Mexique et le Pérou nous ont fourni des vases, des figurines, des étoffes et quelques ornements sculptés dont le Caractère est à peu près le même que celui des premiers essais chez tous les peuples.

Commencé au Louvre en 1824, et formé, en grande partie, de monuments qui provenaient de la collection toute nationale des Petits-Augustins , le musée de sculpture française, moyen âge, Renaissance et temps modernes, a pris, depuis l'année 18499 une extension considérable. L'espace qui lui a été affecté se compose d'une moitié de l'aile méridionale et d'une égale quantité de l'aile occidentale, c'est-à-dire d'un quart environ de l'étendue totale du rez-de-chaussée.

Les salles ouvertes au public sont au nombre de douze, non compris un passage qui sert aujourd'hui d'entrée aux œuvres de la Renaissance. Deux pièces contiennent les moulages en plâtre, dont les plus notables sont la cheminée de Bruges, le tom'beau du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et celui de la fille de ce prince, Marie, archiduchesse d'Autriche. Dans le passage, à l'entrée, trois statues couchées, en marbre, de personnages de la maison royale, première moitié du quinzième siècle; un Childebert, que Pierre de Montereau fît sculptera la porte du réfectoire de l' abbaye de Saint-Germain des Près; une

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Vierge des premières années du quatorzième siècle, qui vient d'un monastère deNormandie. Les dix autres salles, entièrement meublées de monuments des seizième, dixseptième^et dix-huitième siècles, et même du siècle présent, portent les noms d'artistes nés sur le sol français, Michel G>lombe, Jean de Douai, Jean Goujon, Jes Anguier, Fraacheville, Coyzevox, Puget, les Coustou, Bouchardon et Houdon. Il faudrait un volume pour nommer ces figures, ces bas*relie&, ces colonnes de pierre, de marbre et de bronze, qui, pour la plupart, furent employés à la décoration de nos églises et de nos édifices publics.

Quatreescaliers principaux conduisent du rez-de-chaussée aux étages supérieurs du Louvre. Ceux qui remplissent les deux pavillons, aux extrémités de k colonnade, ont été construits sous la direction de MM« Percier et Fontaine; les deux autres accompagnent le dôme de THorloge. Pierre Jjescot a élevé celui du Sud, qu'on appelle Fescalier de Henri IL Lemercier fit faire celui du Nord,. qui est nommé Fescalier de Henri IV, bien qu'il date seulement du règne de Louis XUL Ces deux escaliers, d'une structure très-simple, montent droit entre deux murs, sonsune voûte en berceau; des plafonds de pierre abritent les paliers.

Les étages supérieurs, auxquels on monte par cesspkn-dides escaliers^ renferment de merveilleuses collections de produits, artistiques dus aux grands maîtres du moyen âge et de la Renaissance. Ce sont tantôt des émaux, des bois sculptés; tantôt des vases, des verreries, des faifeuces, et là surtout on remarque les principaux ouvragées de Bernard de Palissy. Dans la série des ivoireson admire des pièces capitales, remontant les unes à l'ère

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eârlôvti^ieaoe, les autres au treizième siède et aux rè^ gués de Charles V , de Charles Vil et de Louis XI.

Daos le corps de logis deFËst, en arrière de la colonnade, le musée des Soui>erains^ créé par un décret impérial de i 85a, occupe cinq grandes salles. Nous îndi* querons à la hâte lés principaux objets qui font partie de cette collection.

Dans les chambres d'Anne d'Autriche et de Henri IV, les armures de nos rois depuis François P' jusqu'à Louis XIV ; une statue de Henri IV enfant, toute en argent, et qui est l'œuvre de Bosio ; des tapisseries pieuses, remontant au quatorzième siècle. Dans la salle de Henri II, une garniture de chapelle employée aux cérémonies de l'ordre du Saint-Esprit ; des vases sacrés, des reliquaires, des pentures d'autel^ un dais et plusieurs manteaux de chevaliers. Dans la salie Royale, le trône de Dagobert, les rares débris des insignes qui furent trouvés dans le tombeau de Childeric V^j les éperons, l'épée^ la main de justice de Charlemagne, les Heures de cet empereur, qui appartenaient autrefois au trésor de la basilique de Saint- Saturnin, à Toulouse ; le livre de prières et la Bible de Charles le Chauve ; un vase de cristal donné par la reine Éléonore d'Aquitaine au roi Louis VII, et par ce prince à l'abbé Suger, qui l'offrit au trésor de Saint-Denis ; le sceau en argent tiré, en 1793, du tombeau de Constance de Castiflle, seconde femme du roi Louis VII ; le Bréviaire, le Psautier et le cachet de saint Louis ; la Vierge d*argent doré, sur une socle enrichi d'émaux, dont la reine Jeanne d'Évreux fit présent à l'église de Saint-Denis, en 1339 ; le portrait du roi Jean II, peint d'après riàlure; la Bible de Charles V, avec les signatures de ce

prince, de son frère Jean, duc de Berri, de Henri III, de Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV ; les Heures d'Anne de Bretagne, célèbres par le nombre et la beauté de leurs miniatures ; des livres de prières qui ont servi à Charles VIII, à Louis XII, à Henri II, à Marie Stuart, à Henri IV, à Louis XIV ; les épées de François P' et de Henri II; le casque et le bouclier, plaqués d'or et d'émail, du roi Charles IX ; une épée du même prince ; deux épées de Henri IV; un miroir et un bougeoir, couverts de pierres précieuses et de camées, que la république de Venise offrit à la reine Marie deMédicis; plusieurs objets qui ont appartenu à Jeanne de France, première femme de Louis XII ; des armes, des meubles, des vêtements, des insignes auxquels se rattachent les souvenirs de Catherine de Médicis, de Henri IV, de Louis XIII, de Louis XIV, de Louis XV, de Louis XVI et de son (ils, de la reine Marie-Antoinette, de Louis XVIII, de Charles X et de Louis-Philippe.

On rencontre ensuite la salle Impériale. L'histoire politique, la vie militaire, lesliabitudes privées de Napoléon P*", général, consul, empereur, exilé, sont représentées ici par une précieuse suite d'objets de toute espèce qui étaient à son usage aux Tuileries, dans les camps et jus* que sur le rocher de Sainte-Hélène. Plusieurs selles orientales qui furent données au général Bonaparte pendant la campagne d'Egypte, placées sous des vitrines, au milieu de la salle, attirent tous les regards par le style et l'éclat de leur ornementation. Entre le manteau de velours qui a figuré à Notre-Dame de Paris, dans la cérémonie du sacre, et le chapeau que Napoléon portait dans son exil, on a recueilli l'étendard glorieux qui flottait dans la cour

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