M5) LIVRE XXI. CHAPITRE VI
ajouter a5,ooo mètres pour l'aqueduc affluent du Surmelin. L'aqueduc est tantôt en tranchée, tantôt en souterrain; ailleurs il est en siphon ou conduite forcée.
Les machines qu'on installe actuellement à Saint-IVtaur pour monter les eaux de la Marne sont des turbines de près de 4oo chevaux de force utile. Ces appareils enverront 40,000 mètres cubes d'eau dans le réservoir de Ménilmontant, au moyen d'un système de conduites qui n'a pas moins de 8,5oo mètres de parcours.
Au moment où nous consignons ces détails dans ce livre (novembre i865) une nouvelle invasion du choléra vient de se manifester à Paris; espérons qu'il plaira à la divine Providence d'épargner à la population de la capitale les épreuves que nous avons subies en d'autres temps.
Ce lugubre incident semble tious fournir un prétexte d'entrer ici dans quelques détails sur la mortalité ordinaire de Paris ; nous prenons pour base un ensemble d'observations recueillies durant une période de vingttrois ans, c'est-à-dire de i84o à i863.
Autant qu'on peut en juger d'après les documents fournis par divers historiens, la mort prenait chaque année à Paris, dès le commencement du siècle dernier, un habitant sur 28.
'Cinquante ans plus tard elle n'en prenait plus que i sur 3o.
En i836 on avait déjà beaucoup gagné sur les empiétements de la mort, car on ne comptait plus que i décès sur 36 habitants.
X'annëè i84o fait une exception inexplicable à la diminution croissante de la mortalité, qui s'est élevée à i décès sur 33 habitants.
En i84i, époque à partir de laquelle la commission a pu réunir des documents absolument authentiques, le nombre des décès a été de i sur 36 habitants.
Cinq ans plus tard, c'est-à-dire en 1846/ époque d'un recensement quinquennal^ il y avait 'jT décès sur 37 habitants; en i85i, 1 décès sur 38 habitants; eh i856, ï décès sur 39 habitants.
Ces chiffres s'appliquent à l'ancien Paris.
En r86o, époque de l'annexion, la population s'est augmentée des habitants de la banlieue, où les conditions hygiéniques étaient moins favorables qd'à l'intérieur de Paris. Cependant le recensemeiît de 1861, qui donnait à Paris 1 ,696, i4ï habitants, n'accusait que i décès sut* 39 individus'
Enfin en 1862 et i863 la diminution a continué sa marche, et on trouve pour l'une et l'autre de ces deux années 1 décès pour 40 habitants, puisqu'il en est mort, en 1862, /^^jji'i.
Ainsi, dans une période de v!ngt*-quatre ans, le bienêtre a fait d'assez grands progrès pour que la population gagnât sur la mort, en i863, 4 habitants de plus qu'en 1840. ^ \ '
La commission attribue avec raison cette amélioratioh de la santé publique aux découvertes de la science et à l'application de ces découvertes aux usages communs.
Plus l'individu a d'espace et d'air pour se mouvoir, et plus sa vie est garantie contre les influences délétères et mortelles. Aiuvsi le Paris de Louis XIV, où il mou-
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rait I habitant sur a 8, ne couvrait qu'une supei^ficie de 1,337 hectares. Celui de Napoléon III renferme, depuis l'annexion, 7,802 hectares, et une population de 1,696,141 individus, sur lesquels onne comptait, en 1862, qu'un décès pour 4o habitants.
Les grands travaux entrepris dans la capitale depuis le commencement de ce règne ont donc déjà porte leurs fruits. Chaque pâté de maison démoli dans les quartiers où logeait une population agglomérée a emporté. avec lui des charte^ de mort.
On peut, en effet, considérer que, sur les 8,260 'mai* sons démolies depuis t852 jusqu'en i863, plus de 6,000 appartenaient aux quartiers les plus éprouvés par la mortalité, soit dans les temps ordinaires, soit aux époques des grandes épidémies. Au lieu de ces maisons-démolies, il en a été reconstruit 24,947 ^ c'est-à-dire 16,687 ^^ plus, situées ailleurs et dans des conditions bien plus favorables d'air, d'espace et de confortable. L'ouvrier demeure peut-être maintenant plus loin dé son atelier qu'atitrefois, mais il habite dans des quartiers ' aérés , et faire quelques minutes de chemin de plus le matin et le soir pour se rendre à son travail ce n'est pas acheter bien cher sa santé et celle de sa famille.
L'extension donnée aux plantations dans la ville entre pour "beaucoup aussi dans l'amélioration de la santé publique. On sait que les parties vertes des plantes absorbent l'acide carbonique que contient Tair et le débarrassent de l'élément nuisible à l'homme. La quantité d'heètares plantes n'était, en i853, à Paris, que de 2f6, avec 69,125 arbres; en i863 on comptait 328 hectares, avec 1 58,460 arbres.
Une des conditions principales de la salubrité pour une ville est d'être bien pourvue d'eau. En i84o l'administration ne pouvait distribuer à Paris que 65,ooo mètres cubes d'eau par vingt-quatre heures, en 1 862 elle en distribuait 1 36^ 834 mètres cubes dans le même espace de temps, et dans quelques années elle en mettra 3oo,ooo à la disposition des habitants.
Dans l'énumération des causes qui ont contribué à l'amélioration de la santé publique il ne faut pas oublier le vaste drainage qui a été pratiqué sous le sol de Paris, l'établissement des égouts. On jugera de l'importance de ces constructions souterraines lorsqu'on saura qu'en 1840 il n'existait dans l'ancien Paris que 86,83o mètres d'cgouts, tandis qu'en i863 on en compte, en y comprenant l'annexion et les branchements particuliers des maisons, 35o,ooo mètres, en chiffre rond .
Une institution qui a puissamment contribué à l'amélioration des habitations dans Paris est celle qui a été créée par la loi du i3 avril i85o, ^a commission des logements insalubres, qui a pour mission de rechercher et d'indiquer les mesures indispensables d'assainissement des logements et dépendances insalubres mjs en location et occupés par d'autres que le propriétaire, 4'usufruitier ou l'usager.
Depuis l'année i85i jusqu'au 12 octobre 1864, la commission des logements insalubres a été appelée à se prononcer sur 17,101 affaires.
L'installation et l'organisation des hospices a naturellement une grande influence surla mortalité d'une grande ville. Lorsqu'on se reporte à l'année i3i5, oîi il mourait 80 malades par jour à l'Hôtel-Dieu , et h la fin du