‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 77 sur 96 · LIVRE XXI. CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. CHAPITRE VI

« Il y avait deux rues Pavée et deux rues des Marais, sans compter celles de la banlieue. Pourquoi avoir justement raturé, sur ces quatre étiquettes, celles qui étaient consacrées par la possession la plus ancienne? Pourquoi, parmi toutes les rues placées sous le vocable de Ménilmontant, avoir respecté celles qui se trouvent à Belleville et débaptisé celle de Paris, une voie historique, rappelant des souvenirs qui étaient pour ainsi dire incarnés avec son nom? Pourquoi?... i)

La critique est casée ^ etc., pourrait-on répondre. D'autres ajouteraient que la perfection n*est pas dans les choses de ce monde , même dans les combinaisons administratives les plus sagement méditées.

Abordons maintenant un autre sujet.

Nous avons parlé des noui^elles eaux de Paris; au moment oîi nous traçons ces lignes, les travaux entrepris pour doter la capitale des eaux de la Dhuys semblent arriver à leur prochain achèvement. Les immenses réservoirs de Ménilmontant sont sur le point d'être terminés ; l'œuvre de maçonnerie en est faite, à part une brèche que l'on conserve jusqu'au dernier moment pour pénétrer dans l'intérieur ; on termine la pose des enduits sur quelques parties des murailles, et l'op ajuste les tubes qui doivent apporter les eaux de la Marne ou qui serviront aux distributions dans Paris des eaux emmagasinées dans les vastes récipients.

En même temps on monte les deux escaliers qui doi* vent pénétrer, l'un dans le réservoir supérieur, destinéaux eaux de la Dhuys, et l'autre dans le réservoir de dessous, qui est affecté à celles de la Marne. Ces deux escaliers se composent de marches en fonte formant spirale autour

^ d^une tige en fer; mais le second , celui du réservoir inférieur, sera enfermé dans une sorte de tour en maçon**neric, large à peu près comme "Un puits, qsi doit être parfaitenfient étanche, puisque, pour arriver au réservoir de dessous, elle traversera toute la nappe ^upétieure.

A l'extérieur on adiève de terrasser le desc^s des voûtes ; ce terrassement , composé de terre végétale , re* cevta un semis de gazon qui contribuera à «nieux asseoir les terres. De distance en distance les voûtes seront per^ cées de trous ronds , K»rtes dô lucarnes oit i$ôût enchâssées des lentilles de verre destinées à répandre une lumière diffuse à la surface de ce «vaste lac'fiou^ermin. SUr tes terrassements seront dessinées de^ allée» réttiligne^ à 1-aplomb des murs de refend. - ' i- >

^ A IHntéricur ces réservoirs* offrent îrfiaittteiiànt Taspect le plus grandiose; de$ ^piliers- par oentaiil^ y forment une multitude* de nefe qui se croisent en tous siens et s^apllongent au peint que les lampes des* ouvriers), placées aux extrémités, semblent placées* ni plusieurs kilomètres^, grâce à Peffet de perspective. A la vérité les dimensions de&plus vastes cathédrales ne sont pas à comparer à celles de ces curieux bassins, à part la hauteur, bien entendu. Si vous ajoutez à ces effets d'optiqueies phénomènes de l'acoustique , des échos d'une extrême puissance'et qui -tra^

. duisent*en grondements formidables les accehts ordinaires de la voix, vous aurez une pâle idée de la physionomie ôt CCS souterrains. . i ^ :■ <

' L'aspect intérieur de la galerie d'égout ijui sert ^e point de départ au conteitù des réservoirs e^ également une chose curieuse; cette galerie, haute commeune voûle de cave, est destinée, Comme tous les autres égouts, à Te-

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coulement des eaux ménagères, en même temps qu'elle servira à la distribution des eaux de la Marhe et de la Dhuys , dont les énormes conduites s'alignent à droite et à gauche de son radier, posées sur des supports en maçonnerie.

La conduite des eaux de la Dhuys, placée à gauche de la galerie, a un mètre de diamètre ; celle des eaux de la . Marne à ao centimètres de moins.

A l'endroit où ces conduites partent du réservoir pour s'engager dans les égouts sont placés des robinets dont la force est très-considérable. Ces robinets se composent d'une espèce de vanne en fonte qui ferme hermétiquement le tube du départ ; quand on veut ouvrir, on tourne une vis qui enlève cette vanne dans le capuchon de fonte placé au-dessus , et le tube se trouve alors parfaitement libre. Inutile de dire que , pour refermer cette vanne , on n'a qu'à tourner la vis en sens inverse.

Des deux affluents qui doivent sous peu de jours arriver dans les réservoirs, la Dhuys, venue de plus loin, est cependant la plus proche, car ses eaux sont dès à présent arrivées en dedans des fortifications ; elles sont arrêtées par une cloison étanche à proximité du récipient.

La Marne n'est pas encore au. même point, son arrivée étant subordonnée à l'achèvement des machines de Saint- Maur, qui doivent faire refluer ses eaux vers Ménilmontant.

Le plan des réservoirs en question a la forme d'un rectangle terminé d'un côté par une courbe en demi-cercle. Cette partie courbe, située à Test , est destinée à résister

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à la poussée des pierres qui sont en contre-haut de ce côté. Sa résistance, analogue à celle d'une voûte, est encore augmentée par des contre-forts intérieurs, des arcs dVpaulemént et des éperons.

Une machine à vapeur de 1 5 chevaux de force puisera dans le réservoir de Ménilmontant Teau destinée à alimenter le réservoir du télégraphe de Belleville, qui est pareillement fractionné en deux étages, Tun pour les eaux de source et l'autre pour les eaux de la Marne. Le premier est à l'altitude de i34",4o« Dans le bassin inférieur viendront les eaux de la Marne, représentant un approvisionnement de 2 4)000 mètres cubes. On sera ainsi à même d'affecter spécialement les eaux de source aux usages domestiques et* de restreindre l'emploi des eaux de rivière aux services publics, fontaines monumentales, squares, arrosage de la voie, etc.

Plus élevé que le réservoir de Ménilmontant, le bassin de Belleville pourra desservir les quartiers les plus hauts de la ville, que les eaux de source, partant d'un point plus bas, ne sauraient atteindre en vertu de la loi de gravité.. Renforcé par les compartiments inférieurs d'un autre réservoir, celui de Passy, le réservoir de Ménilmontant satisfera aux besoins des autres quartiers de Paris.

D'après les projets étudiés , les dérivations d'eaux de source doivent conduire à Paris 200^000 mètres cubes d'eau par vingt-quatre heures. C'est dans cet ordre d'idées qu'on exécute la dérivation, aujourd'hui fort avancée, de la Dhuys, dont le produit , à l'altitude maxima de 108 mètres, est évalué à 4o,ooo mètres cubes d'eau par vingt-quatre heures. La longueur totale de l'aqueduc est de 134,064 mètres environ, auxquels il faut

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