‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Tom. 2Chapitre 21 sur 46 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Incidents. — Détail* complémentaire*.

Aux détails qui précèdent, et à ceux que nous avons donnés sur les institutions et les mœurs de Paris vers le déclin du quinzième siècle, nos lecteurs nous sauront gré, peut-être, d'ajouter ici la mention de quelques faits caractéristiques.

Henri de Livres occupa pendant les quatre premières années du règne de Louis XI la prévôté des marchands; après lui ce fut Michel de la Grange, maître de la chambre aux deniers du roi, qui fut élu. Louis XI se fit apporter à Montargis le résultat du scrutin , qu'il vérifia lui-même. Voici les paroles du registre officiel , à la date du samedi 1 6 avril 1 466 : « Et les voix reçues par les 1111 scrutateurs, lesquels portèrent le scrutin, clos et scellé, par devers le roy, nostre sire, qui ainsi l'avoit ordonné et voulu avant ladicte élection, ledict seigneur, estant à la Mocte-Desgry, fit faire l'ouverture du scrutin, en présence des quatre scrutateurs et le procureur de la ville. »

Dès que le résultat du scrutin fut connu, Louis XI ordonna à son grand conseil de faire reconnaître pour prévôt des marchands sire Michel de la Grange.

Une grande peste désola encore une fois Paris (1467) et diminua de beaucoup le nombre de ses habitants. Louis XI, pour combler le vide qui s'était fait dans la population, et en cela d'accord avec le conseil de ville, rendit

une ordonnance portant que le droit de bourgeoisie serait accordé à quiconque viendrait s'établir à Paris, sans exiger qu'on remplît les formalités prescrites par les usages. Le droit de bourgeoisie fut même accordé à des gens qui avaient été condamnés pour divers délits qui n'avaient rien d'infamant. Cette mesure fut suivie d'heureux résultats, et le vide laissé dans la population de Paris fut bientôt rempli.

Dans le cours de son règne, Louis XI, ayant été en butte à une tentative d'empoisonnement de la part de son cuisinier, cbargea le bureau de la ville de Paris de suivre son jugement. Ce fait pourrait paraître fort étrange et tout à fait insolite si on ne se rendait pas compte de ce qu'était encore, sous Louis XI, la juridiction du bureau de ville. Cependant il n'avait rien de contraire à la légalité du temps; car le bureau de ville, qui avait sous une nouvelle dénomination remplacé le Parloir aux Bourgeois, avait une juridiction criminelle.

Le procès-verbal d'une séance du conseil de ville ne laisse aucun doute à cet égard; il y est dit : a De toute ancienneté les prévosts des marchands et eschevins de la ville de Paris soulloient avoir la justice ordinaire , et cognoissoient par prévention avecq le prévost de Paris de toutes causes civiles, personnelles, possessoires, réelles ou mixtes, et pareillement de toutes causes criminelles. Toutefois lors n'y a voit aucun advocat du roy en ladicte prévosté , mais seulement le procureur du roy de la ville qui y est encore de présent. Depuis toute cette juridiction ordinaire a été transmise au prévost dudit Paris , et a été délaissée à la prévosté des marchands la cognoissance de Peau et faiset de la rivière , qui est telle et si petite qu'il n'y a pas occu-

pation suffisante pour employer le procureur, attendu que toutes lesdictes causes sont de petite conséquence, qui ont accoustumé d'est re traitez et jugez sommairement en audience, sans figure ni procès , le plus souvent sur les ports de ladicte ville, sans leur donner forme de procès, desquels procès par escrit ne se trouvera en avoir été jugé par chacun an jusqu'à douze. » {Registre de l'hôtel de ville, f° 164.)

La ville avait fait dresser un gibet sur la place de Grève ; cet instrument de mort était là pour représenter le droit de haute justice qu'avait le Parloir aux Bourgeois, droit que le bureau de ville avait conservé. La ville, du reste, qui possédait des fiefs dans Paris, avait, en outre, le droit de haute et basse justice, sa qualité de possesseur de fiefs lui donnant ce droit, et à ce titre encore elle devait avoir un gibet devant son hôtel.

Les chroniques mentionnent souvent un usage cher aux magistrats et au peuple ; nous voulons parler du feu de joie dit de la Saint- Jean. Ce feu tient une grande place dans les cérémonies publiques auxquelles la bourgeoisie parisienne prenait part. Son origine se perd dans la nuit des temps; mais chaque année on l'allumait en très-grande pompe au milieu de l'allégresse publique . Le prévôt des marchands, les échevins, dans leurs plus beaux costumes, présidaient à ce feu , que Louis XI vint allumer lui-même en 1 47 1 , après une campagne heureuse entreprise contre le duc de Bourgogne. Il assista aussi au repas qui lui fut offert par la ville.

« Le jour du feu de la Saint-Jean, on brûlait sur la place de Grève, disent les chroniqueurs, force bûches, cotrets, pour l'alimenter; mais on ne se contentait pas de cela , on faisait aussi des frais pour dépenses de bouche. »

L'usage de ces repas remonte très-haut. Le premier dont nous ayons trace à l'hôtel de ville est de Tannée 14^8 ; ce fut un festin entre bourgeois, membres du corps de ville.

« Le 5 octobre nous dit un historiographe, un

déjeuner eut lieu dans la vieille maison aux piliers. Ce déjeuner, fait par MM. del'lsle, Rochepot, de Chastellux et plusieurs autres, coûta VI sous VIII deniers. » C'était là une dépense modeste, et qui ne devait pas obérer le budget municipal. On dépensa pour un autre déjeuner, qui eut lieu le 2 juin de la même année, aussi entre bourgeois, pour pain, vin et beurre frais, IV sous VIII deniers.

« Enfin , pour un dîner ( donné en mars), la dépense s'éleva à XVIII sous pour tout; le dîner consistait en une carpe, un brochet, une anguille, quatre soles, deux petits pains, figues, raisins, oblat. Ce dîner fut donné par le prévost des marchands et MM. les eschevins à plusieurs personnes qui avoient été réunies pour le feu de la ville. »

Les repas donnés à l'hôtel de ville durent prendre un caractère plus somptueux lorsqu'elle eut augmenté en grandeur et en richesses, et surtout lorsqu'ils furent offerts à des têtes couronnées.

C'étaient là les splendeurs de la municipalité parisienne; celles que déployait la cour sollicitaient bien autrement la curiosité des bourgeois et l'attention des souverains étrangers. Il existe à cet égard un curieux document, déposé dans l'un des musées de Venise; c'est la relation d'une ambassade envoyée à Paris par les Vénitiens en 1492, au temps de Charles VIII et de la reine Anne , pour les féliciter de leur mariage.

Les ambassadeurs de la sérénissime république arrivé-

rent le i(\ juin à Villeneuve-Saint-Georges. C'était être aux portes de Paris , et déjà, en ce temps, il était d'usage, pour les ambassadeurs qui venaient à Paris par ce côté de la France, de s'arrêter à Villeneuve jusqu'au moment où le roi leur envoyait ses chambellans et ses gens d'honneur pour leur donner la bienvenue et se joindre au cortège.

Le récit de leur entrée, la qualité des personnages qui les vinrent rencontrer et conduire, l'audience qu'ils eurent du roi, les cérémonies gracieuses de son accueil, la visite à la reine, leur promenade dans Paris, leur dîner à la cour défrayent les points les plus intéressants de la relazione qu'ils adressèrent au gouvernement vénitien. Une entrée d'ambassadeur, chose dont on n'a plus idée aujourd'hui, était véritablement alors un spectacle public, et, selon qu'il était de qualité, l'ambassadeur pouvait justement connaître l'estime qu'on faisait de lui et de son pays. Les Vénitiens furent en tout temps d'une jalousie très-prononcée pour les honneurs de l'entrée; aussi ne faut-il pas s'étonner du plaisir qu'ils éprouvent à détailler, le plus au long possible, cet événement d'étiquette, dont ils font généralement le sujet de leurs premières dépêches. En 1 492 ce sentiment et ce besoin n'étaient pas encore à l'apogée des exigences qui se firent jour plûs tard ; mais la satisfaction que procura cet épisode du cérémonial n'en est pas moins sensible dans l'esprit et les dires des magnifiques envoyés.

Dans leur rapport officiel ils s'exprimèrent ainsi : « Le 26 du mois, selon l'avis que nous reçûmes , vers dix-huit heures, nous montâmes à cheval, nous et toute notre compagnie, tous revêtus de nos plus magnifiques

habits; et, ayant mis en avant tout notre équipage, les nôtres se rangèrent deux à deux, et, sur ma foi, Prince sérénissime, il faisait fort beau de les voir. Bien que par des dépêches diverses nous ayons expressément instruit Votre Sublimité du fait de notre entrée et de nos premières audiences avec le roi et la reine , cependant mon intention serait d'en reparler ici, fort succinctement du reste, tant pour ne pas être fastidieux à Votre Sublimité que parce qu'ensuite j'ay à lui narrer des choses autrement importantes. Etant donc partis de notre résidence, et comme nous étions déjà à un jet de javelot, nous rencontrâmes le prince de Salerne, le comte de Chiaramonte et le seigneur Honoré, son frère, fils du prince de Bisignatio, le comte de Saluzza, celui d'Avellino, le seigneur don Giovanni de Lima, le seigneur Imberto de Seinse et beaucoup d'autres barons exilés des royaumes de Naples et d'Espagne, pensionnés et en fort bonne réputation à la cour de France, qui tous nous venaient au-devant pour nous prendre à nos logis. Nous avions à peine chevauché avec eux l'espace d'une lieue lorsque nous rencontrâmes quatre chambellans et trois maîtres d'hôtel de monseigneur le duc d'Orléans, avec tout le reste de sa maison, qui nous reçurent avec grandes démonstrations d'amour et d'honneur pour Votre Sublimité. Un peu plus loin nous vîmes venir M. de Candale, l'oncle de la reine et le plus proche parent qu'elle ait, en compagnie de messire Jean Roux de Montserrat, comte de Saint-Martin, fort honnêtement accostés j lesquels aussi nous firent les meilleures grâces. A deux lieues de Paris environ se montrèrent l'archevêque de Sens et un autre évêque, suivis de plus de soixante chevaux, qui nous venaient recevoir au nom

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du roi avec les plus affables paroles. Nous rencontrâmes ensuite le comte Charles de Belgioioso , ambassadeur du duc de Milan, lequel, entre autres choses, nous dit venir au-devant de nous par Tordre exprès qu'il avait reçu de son maître ; et en dernier lieu arrivèrent M. d'Orval , gouverneur de Champagne, et M. de Baudricourt, gouverneur de Bourgogne, avec deux héraults vêtus aux armes, et six trompes longues de la maison de Sa Majesté le roi, démonstration qui n'a point été faite ni aux ambassadeurs de Milan , ni à tous autres ambassadeurs depuis bien longtemps. Ils étaient suivis d'un très-grand nombre de chevaux, si bien que tous réunis arrivaient à cinq cents et plus. Par ordre et décision du roi, nous n'entrâmes pas à Paris par la porte qu'il fallait prendre pour aller en droit chemin à notre résidence, mais nous entrâmes par la porte Saint-Antoine, plus sur la gauche et un peu en dehors de la route ; et il en fut ainsi pour que nous ayons à passer devant la demeure du roi , lequel , derrière une fenêtre, et pareillement la reine , derrière une autre (mais occultement ) , nous voulurent voir. Et, d'après ce que nous avons compris, ces Majestés s'en applaudirent beaucoup. Enfin toute cette compagnie nous fit cortège jusqu'à l'hôtel de M. de Noès(?), qui nous fut réservé et préparé par les ordres du roi. C'est un bel et parfait hôtel , tout tendu des plus belles tapisseries qu'ait M. d'Orléans, et à tel point, Prince sérénissime, que ni les logements que nous eûmes lorsqu'au nom de Votre Sublimité nous allâmes chez le duc de Mahtoue, ni ceux que nous eûmes l'année d'après chez le duc de Ferrare , bien que préparés fort somptueusement par les ordres de ces seigneurs, ne furent tant et si bien ornés

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de tapisseries et autres choses nécessaires à la façon de celui-ci. »

Cela se passait le 28 ; le lendemain les magnifiques ambassadeurs eurent leur première audience, et ils nous en ont laissé des détails plus circonstanciés encore que ceux que nous leur devons sur leur entrée.

<f Le 29, disent-ils, la Majesté royale nous envoya M. de Stans, M. de Caudale, M. de Miollans, M. le sénéchal de Provence , en compagnie de beaucoup d'autres hommes de qualité ( uomini di conto ) , pour nous conduire en sa présence. Nous trouvâmes Sa Majesté dans une salle grande à peu près comme la moitié de celle de ce conseil, siégeant sur une estrade, avec tenture derrière lui et un ciel ou ombrelle de velours alexandrin brodé de ses lys d'or . Dans la longueur de la salle étaient deux bancs, l'un, à droite, pleinement occupé par les seigneurs du sang, et l'autre, à gauche, par les prélats résidents à la cour, lesquels tous sont du conseil secret de Sa Majasté. A une autre extrémité de la salle était disposé un banc pour nos personnes , et le roi voulut à toute force que nous y demeurâmes assis pendant le temps même que nous lui exposions notre ambassade. Ce fut là que nous lui présentâmes nos lettres de créance, lesquelles une fois entendues de Sa Majesté, le magnifique messer Francesco lui dit tout ce dont nous avait chargés in mandatis Votre Sublimité , et il le dit en de graves paroles et des plus choisies, si bien qu'au jugement de chacun il donna pleine satisfaction et au roi et à tous les assistants, et on tint son langage pour un discours de la plus haute élégance. Cela fini , et après un peu de recueillement de la part de cette assemblée, en présence de Sa Majesté, l'un des

présidents du Parlement, qui faisait office du grand-chancelier, alors malade, nous répondit en termes que je m'efforcerais de répéter mot à mot s'ils étaient sortis de la propre bouche du roi, mais je n'en dirai que le sens, parce qu'elles viennent d'un tiers »

Deux jours se passèrent entre la visite au roi et celle que les ambassadeurs vénitiens firent à la reine. Us se rendirent en sa présence le Ier juillet.

« Elle était dans une chambre, en compagnie de M. de Bourbon et de M. d'Orléans et de beaucoup d'autres dames et seigneurs de bonne lignée. Nous la saluâmes au nom de Votre Sublimité, et, lui représentant les lettres de créance , je répliquai , en m'adressant à elle , ce que deux jours auparavant messer Francesco avait dit au roi, en usant d'un ordre et d'un choix de paroles qui me parurent propres au décor et à la grandeur de Votre Sublimité d'abord et de Sa Majesté ensuite. Elle me fit répondre par le vice-chancelier de Bretagne ; mais ni moi ni aucun des nôtres ne pûmes savoir si sa réponse fut prononcée en français vulgaire ou en langue italienne; aussi Votre Sublimité me pardonnera-t-elle si je ne lui rapporte rien de ce qui me fut dit, car, en vérité, je n'y ai rien compris... perche in effeto io non t'intesi. Nous lui présentâmes ensuite les étoffes d'or et de soie, qu'elle accepta de bien belle grâce... »

Après quoi les ambassadeurs donnent les noms de ceux qu'ils ont visités et citent les choses qu'ils ont vues avec l'aide des hérauts et maîtres d'hôtel du roi, continuellement à leur disposition. On voit, d'après eux, qu'on visitait bien des endroits, en 1492, qu'il n'est pas de mauvais goût de visiter, encore de nos jours : la Sainte-Chapelle,

« où il y a de si belles reliques et de si précieux joyaux ; » l'église de Saint-Denis , le palais de Charlemagne , le bois de Vincennes, le Parlement, et, pour conclusion, toutes les autres mémorables choses de Paris.

Le 8 juillet ils allèrent de nouveau voir le roi, lequel les reçut après avoir entendu ses messes, selon son usage de chaque jour. Sa Majesté les retint à dîner.

a Le roi, disent-ils, nous dpnna un fort élégant et bien digne repas, après lequel, s'étant retiré dans la salle d'audience, où se trouvaient réunies un nombre considérable de personnes de la cour, appelées expressément, et in conventu omnium, il me demanda si je pensais être content d'accepter de lui X ordre et les insignes militaires, et il fit la même offre à messer Francesco, bien que celui-ci les eût déjà reçues de Sa Majesté Impériale. Nous, Prince sérénissime , nous lui répondîmes que nous étions prêts à toutes les volontés de Sa Majesté Très-Chrétienne; et aussitôt le roi se fit apporter une épée, et voulut que monseigneur d'Orléans la tirât du fourreau, et, avec elle , il nous clécora chevaliers de son ordre, et remit le soin à un de ses secrétaires de notifier qu'en signe de perpétuelle bienveillance et amitié il nous donnait une de ses fleurs de lys, avec pouvoir de les mettre dans nos armes et nos insignes, absolument comme si nous étions de la maison de Valois et de son propre sang. »

A cette période de la relation appartiennent quelques lignes curieuses et originales; le narrateur retrace les physionomies du roi Charles et de la reine Anne.

« Il me reste à exprimer, ajoute-t-il, quid sentio, comment je trouve la personne du roi et de la reine, ce que je

sais de l'étendue de l'Etat, des revenus et des dépenses, des

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(beaucoup d'entre eux s'înscrivant comme étudiants, non pour étudier, mais pour jouir des privilèges et immunités scolastiques), est de 5 à 6,000 en tout. Les docteurs qui enseignent dans quelque faculté que ce soit ne reçoivent aucun salaire du roi, mais seulement des auditeurs et étudiants qui les écoutent. »

Ou nous nous trompons fort , ou nous croyons pouvoir affirmer qu'aucune analyse historique ne donnerait , aussi bien que ces extraits d'un rapport officiel, le tableau exact de la cour et de Paris au déclin du quatorzième siècle.

On tomberait dans l'erreur si Ton jugeait des lumières et du progrès moral de la population par le luxe civilisé et les manières polies dont la cour et les demeures féodales offraient le tableau. Les ouvriers et les classes bourgeoises avaient conservé la rudesse de mœurs du moyen âge, et les historiens ne se lassent pas d'extraire des chroniques contemporaines des faits qui attestent la dureté dont restaient empreints les usages populaires.

Ainsi , en dépit des sages réformes de saint Louis et de l'intervention des légistes eux-mêmes, la justice, dans les peines qu'elle infligeait, n'avait aucune règle certaine. Les supplices étaient arbitraires et semblaient ordonnés par le caprice des juges. Les délits les plus ordinaires se punissaient par le feu. On brûlait, on enterrait tout vifs les voleurs. Deux femmes coupables de vols furent, en i44°> enterrées toutes vives. Dans nos anciens annalistes on trouve des exemples très-fréquents de ces supplices qui accoutumaient le peuple à la férocité.

Dans les comptes de la prévôté de Paris, publiés par Sauvai, 011 lit, sous l'an i/|63 : « Donné à Jean le Plastrier, sergent, etc., pour avoir quis et brûlé une

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attache de bois, plusieurs chaînes et crampons de fer, avec cinq cents tant bourrées que cotterets pour faire l'exécution d'une nommée Jehanne de l'Espine, en ce compris ta sous parisis qu'il a payé aux matrones qui ont visité ladite Jehanne, pour ce qu'elle se disoit être pucelle. » Après le supplice de cette malheureuse, qui fut brûlée vive, le procureur du roi au Châtelet, le lieu te* nant criminel, etc., allèrent dîner au cabaret et dépensèrent 52 sous.

On plongeait dans une grande chaudière pleine d'eau bouillante les faux monuayeurs. Ces exécutions, fréquentes à Paris, avaient lieu au Marché-aux-Pourceaux, près la porte Saint-Honoré. Pour les moindres délits on coupait les oreilles. Bien souvent , ainsi qu'on a pu le voir en parcourant les règnes de Charles VI et de Louis XI , les gouvernants d'alors faisaient noyer dans la Seine les individus de toutes classes qu'on n'aurait point osé livrer aux juges, soit de peur d'inquiéter le peuple, soit parce qu'on manquait de preuves contre eux.

La superstition était un des caractères les plus regrettables des mœurs. Pour seconder les opérations de la magie on fabriquait des images de cire qu'on baptisait; on les torturait, on les perçait au cœur, dans le dessein de faire souffrir ou périr les personnes dont ces images avaient reçu le nom.

Les sorciers, pour leurs opérations magiques, dépendaient les cadavres attachés aux fourches patibulaires de Montfaucon et parvenaient à se procurer des enfants mort-nés, etc. Le 10 février 1407 le prévôt de Paris vint déclarer à la cour du Parlement « que des personnes avoient dépouillé certaines fourches ou gibets patibu-

laines des environs de Paris des charognes de ceux qui y avoient été exécutés ; et si avoient tant fait par certains moyens de femmes ou autres qu'ils avoient eu certains enfans mort-nés; et estoit grande et vraisemblable présomption qu'ils ne fussent gens crimineux et sorciers. » Le Parlement, en présence de l'évêque de Paris, ordonna au prévôt de Paris de procéder aux informations.

On se lasserait à suivre les transformations des usages en matière de vêtements et de costumes. Le chroniqueur qui écrivit en vers l'histoire de Jean IV, duc de Bretagne, dit le Conquérant, nous peint ainsi les formes efféminées et le luxe excessif des Français qui vinrent s'emparer de cette province , et semble s'étonner de leurs superfluités, inconnues chez les Bretons.

Les François estoient bien peignés, Les vis {visages) tendres et déliés, Et si avoient barbes fou reliées ; Bien dansoieot eu salles jonchées, Et si chantoient comme serai nés.

Grand coup {beaucoup) avoient de perleries Et de nouvelles broderies ; Seulement lederroié Estoit de perles tout royé.

Lorsque l'empereur Cliarles VI fit son entrée à Paris le prévôt des marchands, les échevins et les principaux bourgeois de Paris étaient vêtus de robes mi-parties de blanc et de violet. Tous les officiers royaux portaient pareillement des robes de deux couleurs.

Charles VII , ayant une stature mal proportionnée et les jambes trop courtes, pour cacher cette imperfection,

reprit l'habit long, tel qu'on le portait sous Philippe de Valois.

Dès les commencements du règne de Louis XI la forme des habits changea entièrement. « Les hommes, dit Monstrelet , se prindrent à vestir plus court qu'ils n'eussent onques fait, ainsi comme l'on sotfloit vestir les singes, qui estoit chose très-malhonneste. Et si faisoient les manches fendre de leurs robes et de leurs pourpoints, pour monstrer leurs chemises déliées, larges et blanches. Portoient aussi leurs cheveux si longs qu'ils leur empeschoient leur visage mesmement leurs yeux. Et sur leurs testes portoient bonnets de drap, hauts et longs d'un quartier ou plus. Portoient aussi, comme tous indifféremment, chaisnes d'or moult somptueuses ; chevaliers et escuyers , les varlets mesmes, pourpoint de soie, de satin et de veloux, et presque tous, espécialement ez cours des princes, portoient poulaines à leurs souliers d'un quartier de long, voire plus tels y avoient. Portoient aussi à leur pourpoint gros mahoitres , pour montrer qu'ils fussent larges par les épaules, qui sont choses vaines et par aventure fort haineuses à Dieu. Et qui estoit hui (aujourd'hui) court vestu, il estoit le lendemain long vestu jusqu'à terre. Et si estoit ceste manière si commune, n'y avoit si petit compagnon qui ne se (voulût) vestir à la mode des grans et des riches, fust long, fust court, non regardans au-coust, ne à la despense, ne s'il appartenoit à leur estât. *

Monstrelet nous apprend encore que les femmes commencèrent alors à porter leurs ceintures de soie beaucoup plus larges que de coutume. « Les ferrures plus somptueuses assés, et colier d'or à leur col et autrement, et

plus cointement beaucoup qu'elles n' a voient accoutumé , et de diverses façons. »

Les robes des femmes nobles étaient, en été comme en hiver, toujours fourrées d'hermine, demenuvairou petit-gris.

On a vu qu'à l'entrée de Louis XI à Paris les magistrats de cette ville et les seigneurs qui formaient le cortège du roi, étaient, au mois d'août, vêtus de robes fourrées. La mode ou l'étiquette commandait tyranniquement et faisait taire la voix de la commodité et du besoin.

Jouvenel des Ursins, à propos des désordres en usage dans l'hôtel de la reine Isabeau de Bavière, dit, sous l'an i4 1 7, que, malgré lesguerres et les tempêtes politiques, les dames et demoiselles menoient un excessif estât, que leur coiffure se composait de cornes merveilleuses, hautes et larges; qu'elles avaient de chaque côtés au lieu de bourrelets, deux grandes oreilles si larges que, quand elles voulaient passer par la porte d'une chambre, elles étaient obligées de se baisser et de se tourner de côté.

Sous Louis XI de nouvelles coiffures avaient remplacé ces cornes. Monstrelet nous apprend que les dames et demoiselles, vers l'an 1467, « mirent sur leurs testes bourrelets à manière de bonnets ronds, qui s'amenuisoient par-dessus de la hauteur de demi-aulne ou de trois quartiers de long. »

Sur la cime de ces bonuets en forme de pain de sucre était attaché un couvre-chief délié, ou voile qui, par derrière, pendait jusqu'à terre.

L'usage des perruques prit aussi naissance pendant cette période. La mode de faire retomber abondamment la chevelure sur 'le visage ne pouvait être suivie par ceux qui manquaient de cheveux ; de plus, les acteurs des

théâtres, pour certains rôles, avaient adopté les chevelures postiches ; ce défaut et oet exemple induisirent les personnes dont la tête était chauve à la couvrir de chevelures artificielles. On donnait à ces perruques ainsi qu'aux cheveux naturel* la couleur blonde, alors fort à la mode.

L'université de Paris exerçait toujours une haute influence, et cependant, vers la fin du quinzième siècle, ses privilèges semblaient décroître. Elle avait adulé la domination anglaise et s'était rangée au nombre des ennemis de Jeanne d'Arc; ces manifestations antinationales ne lui avaient guère porté bonheur. Dès le règne de Charles VII on n'avait plus pour ses franchises le même respect et on leur portait de fréquentes atteintes. En j46o des huissiers avaient arraché du couvent des Augustins un maître de théologie et tué l'un des religieux, qui résistait. L'Université obtint justice pourtant de cette entreprise contre les Augustins, membres de la compagnie, et un bas-relief de l'église des Grands-Augustins attesta la réparation qu'elle avait reçue. Mais elle n'obtenait pas ainsi toujours satisfaction. On voulut la soumettre à un impôt ordonné en i445, elle s'y refusa; elle ne voulut pas reconnaître îa juridiction des commissaires nommés pour le prélèvement, prétendant ne pouvoir être jugée que par le roi, comme dans les affaires de ïignonville et de Savoisy, et aussitôt elle fit cesser généralement ses leçons. Le roi lui ordonna de les reprendre, refusa de connaître de ses affaires, et lui donna pour juge dans toutes ses contestations le Parlement, qui, porte l'ordonnance du 27 mars i446> (< comtois, décide et détermine tous les jours de moult plus grandes choses que celles de ladite Université. » Les nombreux abus

que nous avons déjà signalés, en retraçant les annales universitaires, appelaient évidemment une réforme. Ce soin fut confié au cardinal d'Estouville, légat du pape. Pour la première fois le gouvernement s'attribua le droit d'intervenir dans l'administration intérieure de l'Université; jusqu'alors ce privilège était réservé à la puissance ecclésiastique, et les,papes seuls avaient coutume de donner des lois aux écoles. Charles VII, le premier, adjoignit au cardinal des commissaires presque tous membres du Parlement (i). Le statut qu'ils arrêtèrent contenait des règles pour les quatre facultés. On remit les anciennes dispositions en vigueur, en les modifiant selon les besoins de la circonstance. Dans la faculté de théologie le temps d'étude pour pouvoir enseigner fut réduit à cinq ans au lieu de sept; les droits excessifs de la faculté de droit furent réduits à la somme, encore considérable pourtant , de 7 écus d'or pour la licence et de 1 2 pour le doctorat (2). On concéda aux médecins la permission de se marier sans perdre les droits de régence (3). Plusieurs articles portèrent sur le choix des maîtres de la faculté des arts qui présidaient à l'instruction première de la jeunesse. Les commissaires reprochèrent aux maîtres de pensions « d'exiger de trop fortes pensions et d épargner sur la nourriture des élèves (4). » Le statut s'étendit aussi aux études, aux livres ; il modéra la concession du privilège de scolarité qu'on avait multiplié au point de le rendre méprisable. Enfin les commissaires, afin de faire maintenir

(1) Dubreuil, t. V, p. 577.

(2) Crévier, t. IV, p. 178.

(3) Voir Pasquier, Recherches, liv. IX, ch. a5. (/,) Crévier, t. IV, p. 186.

les dispositions de leur statut, créèrent, dans la faculté des arts, la nouvelle charge de censeur, qu'on appela d'abord réformateur perpétuel.

Le prévôt de Paris faisait fréquemment emprisonner des écoliers, sans égard pour leur qualité. Le Chàtelet en renfermait plus de quarante, en i453, quand le recteur, sur Tordre de l'Université, se présenta chez le prévôt pour les réclamer ; ils lui furent rendus. Il revenait avec un cortège nombreux dans la rue Saint-Antoine quand il fut rencontré par un commissaire accompagné de huit archers. Une rixe s'élève; un bachelier en droit, Rai moud de Mauregard , est tué , vingt écoliers blessés ; le recteur luimême eût péri sans le secours d'un bourgeois qui arrêta le bras d'un arbalétrier prêt à le percer d'une flèche. Les bourgeois qui s'étaient armés avaient tendu des chaînes dans les rues. L'Université fit célébrer, le lendemain, le convoi du malheureux écolier. Toutes les leçons, toutes les prédications cessèrent , et une députation fut envoyée au Parlement pour demander le châtiment des coupables et la mise en cause du prévôt de Paris. Un arrêt du Parlement, du 21 juin i453, condamna les archers à faire amende honorable à l'Université, nus en chemise, une torche à la main , et celui qui avait voulu tuer le recteur eut le poing coupé; mais le prévôt fut renvoyé de la plainte. Cette décision parut si peu satisfaisante à l'Université qu'elle déclina la juridiction du Parlement, continua de suspendre tous les cours, et se montra très-hostile à l'évêque, parce qu'il avait refusé de mettre la ville en interdit. L'année suivante les classes furent enfin ouvertes et les sermons autorisés, excepté toutefois dans les paroisses de Saint-Paul, Saint-Gervais et Saint-Jean en

Grève, sur le territoire desquelles l'attentat avait été commis, et dont la population, à ce qu'il paraît, avait pris parti pour les archers. Un arrêt du Parlement ordonna qu'une colonne serait élevée sur le lieu du crime, avec une inscription destinée à en perpétuer le souvenir ; mais cet arrêt ne fut jamais exécuté (i).

Vers la même époque le roi songea enfin à la révision du procès de Jeanne d'Arc, et l'Université, revenant à des sentiments plus français, réhabilita la mémoire de l'héroïne d'Orléans. Ce fut maître Robert Ci bol le, docteur en théologie et chancelier de l'Université, qui le premier écrivit pour sa justification (2).

La compagnie eut bientôt à combattre de nouveau les prétentions des ordres mendiants, réveillées par une bulle de Calixte III, qui leur accordait le pouvoir de confesser. La querelle fut vive; le recteur décida, à l'assemblée générale, que les mendiants étaient exclus de l'Université, et cette sentence fut affichée dans tout Paris. Il fallut que le connétable de Richemond vînt interposer son autorité et qu'il présentât les religieux aux députés des facultés, en disant: « Messieurs, je vous ramène ces bons religieux, qui n'étaient pas bien avisés, et je vous prie, mes bons seigneurs, que, en faveur de moi et pour le bien du pays, il vous plaise de les recevoir comme vos suppôts, et de les traiter ainiablement comme devant (3). » Mais, cetaccord ayant été désapprouvé par le général des Dominicains, un nouveau décret d'exclusion fut prononcé contre les reli-

(1) M. Dubarle, Hist. de l'Université, t. I, p. 268 et suiv. (a) « J'en ay vcu autrefois le livre es mains de Feron, ce grand rechercheur d'armoiries. » Pasquicr, I. VI, ch. 5. (3) Crévier, t. IV, p. *33. — Félibieu, t. II, p. 82.

gieux; il ne fut rapporté qu'en i458, après pleine et entière satisfaction, et malgré les menaces du pape, qui avait écrit au roi pour se plaindre de la présomption criminelle de sa fille aînée.

La prise de Constantinople par Mahomet II eut une grande influence sur Y Université ; ce fut, pour elle aussi, l'époque d'une renaissance. Les savants échappés aux désastres de l'empire grec, et fuyant la domination des Turcs, vinrent en Europe chercher une nouvelle patrie, et payèrent l'hospitalité qu'on leur accordait en donnant aux études un nouvel essor. L'un d'eux, Grégoire Tifernas, élève de l'illustre Chrysolore, le maître du Pogge et de l'Arétin, vint offrir ses services à l'université de Paris ; elle les accueillit avec empressement, lui assigna 100 écus de gages par an , et il ouvrit alors deux cours publics de grec et de rhétorique (1) qui furent suivis par un grand nombre d'étudiants (2).

Louis XI, après s'être longtemps montré sévère envers l'Université, rendit à A r ras une ordonnance qui confirmait les privilèges de cette corporation. En 1479 il ordonna qu'on célébrerait la fête de Charlemagne par une cessation générale de tous les travaux universitaires. Charles VIII , dont l'éducation avait été si négligée, protégea cependant l'Université autant qu'il lui fut possible. 11 assistait souvent aux leçons et ne dédaignait pas d'accepter les cadeaux d'usage, qui étaient un bonnet d'écarlate et des gants violets, que la compagnie avait coutume d'offrir

(1) Du Boulay, t. V, p. 6a 1. Parmi les professeurs grecs de l'Université on cite encore Hermonyme de Sparte et Tranquillus Andronicus.

(a) M, de Gaulle, Histoire de Paris, tome %.

aux princes qui la visitaient (i). Enfin, après avoir confirmé ses privilèges, il rendit* le 20 mars 1489. une célèbre ordonnance qui fit cesser les contestations, sans cesse renaissantes, entre la cour des aides et l'Université, en déterminant quels seraient les suppôts qui devaient être associés à ses immunités et franchises. Ce furent* outre les maîtres et les écoliers, quatorze bedeaux* quatre avocats et deux procureurs au Parlement, deux avocats et un procureur au Châtelet , vingt-quatre libraires , quatre marchands de papier , sept fabricants de papier ( trois à Troyes, quatre à Corbeil), deux enlumineurs, deux relieurs, deux écrivains et un messager pour chaque diocèse (2).

Nous verrons plus tard quelles furent, sous les autres règnes, les grandeurs et les vicissitudes de l'université de Paris.

(i)Dubarle, t. I,p. 3*4.

(a) Ordonnance du ao mars 1489. — Crévier, t. IV, p. 447.

APPENDICE

Les moustiers de Paris.

(Les documents poétiques que nous donnons ci -après à nos lecteurs sont extraits d'une très-remarquable publication de M. H.-L. Bordier, membre de la Société impériale des Antiquaires de France; l'éditeur est M. Aug. Aubry, i856.)

Hé, Nostre Dame de Paris, Aidiez-moi qui sui esmaris (i)!

Et vous Nostre Dame des chans (a) Et Saint Marcel (3) li bien quéranz (4), Et Saint Victor (5) li Dieu amis , Et Saint Nicholas li petis (6), Et vous Saint Estiene des Grés (7) Et Sainte Geneviève (8) après.

Aidiez-moi Saint Syphoriens (9),

(1) Affligé,

(2) Prieuré de l'ordre de Saint-Benoit, fondé au dixième siècle et où furent établies, au dix-septième, les religieuses carmélites. L'église , en partie du douzième siècle, fut démolie à la Révolution.

(3) L'évêque de Paris, saint Marcel, mourut en 436 et fut enterré à l'endroit où plus tard s'éleva une chapelle portant son nom; mais le premier titre certain où il en soit question est une charte de l'an BU.

(4) Cherchant le bien.

(6) Célèbre abbaye de chanoines réguliers fondée par le roi Louis le Gros . vers 1113; réglise fut démolie en 1813 pour agrandir la halle aux vins.

(6) Saint-Nicolas du Chardonnet , fondé en 1243.

(7) Église qui existait avant 867 et dans laquelle on trouva, en 1640, des sépultures gallo-romaines. Démolle au commencement de la Révolution.

(8) Fondée par Clovis I", vers 608, sous l'invocation de saint Pierre et saint Paul. On y déposa le corps de la patronne de Paris, sainte Geneviève, morte en 612 et dont le tombeau est encore visité aujourd'hui. Son nom de Saint-Pierre et Saint -Paul, ou des Saints-Apôtres, pershta jusqu'à la tin du dixième siècle.

(0) Il y avait à Paris, au treizième siècle, deux chapelles de Salnt-Symphorien,

APPENDICE

Saint Cosme et Saint Hominiens (i), Saint Ylaire (a), Saint Juliens Qui herberge les cresliens (3).

Saint Beuéois li bestornez (4) Aidiez a toz mal atornez.

Saint Jaques aus preescheors (5), Saint François aus frères menors (6) Et Saint Jehan a l'Ospital (7), Et Saint Germain des prez Pavai (8)

toutes deux remontant aux temps mérovingiens et détruites maintenant depuis longtemps : Saint-Symphorien de la Chartre, appelé au dix-huitième siècle chapelle Saint-Luc, situé dans la Cité ( quai Napoléon ), et Saint- Sympborien en face duquel s'éleva plos tard le collège des Choleta ( quartier Saint-Etienne des Grés ). On voit par la pièce suivante que c'est la chapelle de la rue des Cboiets qu'on appelait Sainl-Symphorien-fc-Pffil.

(1) Sainl-Cosme et Saint-Damien , église bâtie en 1212 et où s'établit en 1255 la confrérie des chirurgiens, dont saint Cosme et saint D ami en sont les patrons. Elle fut démolie en 1836, sauf quelques parties dans lesquelles on a établi le musée Dupuytren ( rue de l'Ecole-de-Médecine ).

(2) Saint-Hilaire du Mont, mentionné pour la première fois en 115 8, démoli en 17*6 ( rue du Mont-Saint-Hilalre, n° 2 ).

?3) Saint-Julien le Pauvre, ou l'Hospitalier, existait avant l'an 580. Déjà l'illustre Grégoire de Tours nous apprend qu'il y élait hébergé vers cette époque. Cette église , qui sert encore de chapelle à l'Hôtel-DIeti [ rue Saint-Julien-le-Pauvre, n° Il ), a été rebâtie plusieurs fois et a conservé un portail du treizième siècle.

(4) C'était primitivement une chapelle dédiée u saint Bacche et saint Serge, martyrs syriens, et fondée dès le sixième siècle, à ce que l'on croit. Elle est encore appelée Saint-Bacche en 1060. Le Détourné, c'est-à-dire mal orienté, est une locution sur laquelle on a beaucoup disserté et qui n'est pas encore résolue. L'église dt Saint-Benoit ( rue Saint-Jacques, vis-à-vis le collège de France ), fermée eu 1813 et convertie plus tard en un théâtre, a été définitivement rasée en 1855.

(5) Les Frères prêcheurs ou dominicains furent établis à Paris, en 1218, dans une maison dont faisait partie une ancienne chapelle de Saint-Jacques située sur la rue de ce nom. C'est de là qu'Us ont pris, non-seulement à Paris, mais partout, le nom de jacobins.

(0) Les Frères mineurs ou Cordeliers. Etablis à Paris en 1217 ( place de l'Êcole-de- Médecine ).

(7) Commanderle de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, établie à Paris en 1130 ( place Cambrai ). Une vaste tour carrée, dernier reste des anciens bâtiments, et qui jadis avait été l'hôpital, a été rasée au mois de novembre 1854.

(8) L'aval, c'est-à-dire placé dans le vallon au pied de la montagne Sainte-Geneviève. Abbaye célèbre fondée par le roi Childebert ¥\ en 643. Elle fut d'abord placée sous l'invocation de saint Vincent ou Sainte-Croix -et -saint- Vincent, puis sous celle de saint Germain, évèque de Paris, lorsqu'on y eut transporté, en 754, le tombeau de ce prélat. Dans son diplôme de fondation Childebert nomme tous les saints dont elle avait des reliques, et l'appelle : Sainl-Vincent-Sainte-Croix- Saint- Etienne -Saint- Ferréol-Saint- Julien* Saint-Georges Saiuts-Gervais- et-Protais- Saints-Nazaire-et-Celse.

APPENDICE. . 4q3

Saint Blaives (1) et Saint Mathelin (a) Et Saint And ri eu (3), et Saint Sevrin (4). Aidiez-moi Saint Germain li viex (5).

Et Saint Sauveras (6) qui vaut miext Saint Crislofle (7), Saine Bertremiex (8) Et vous, biaus sire Saint Mathiex (9) , Sainte Jenevicve aus coulons (io), Et vous Saint Jehan li roons (11).

Sainte Marine l'abeesse (la), Li saint de la chapele Evesque (i3)

(I) Petite chapelle ( rue Galande) qui servait à la confrérie des charpentier». Elle fat démolie vers 1780.

(-2) Les Malhurim ou religieux de la Sainte-Trinité-de-la-Rédemption-des-captifs vinrent à Paris au commencement du treizième siècle. L'église et le couvent ont été démolis peu de temps après 1790.

(3) Saint-André des Arcs ( de arcibus ), construit de 1310 à 1212, démoli en 1790.

(4) Saint-Séverin et Saint-Clément. L'origine de cette église est fort obscure. On croit qu'elle remonte au sixième siècle.

(5) Saint-Germain le Vieux ( dans la Cité, rue du Marché-Neuf, n" 6 et 8). On ne sait d'où lui vient son surnom. Ce fut d'abord le baplislère de Notre-Dame , dédié à saint Jean-Baptiste et remontant au cinquième siècle. Cette église fut démolie en 1802.

(6) Mentionnée pour la première fois en 1216, sous le nom de chapelle de la Tour, à cause d'une tour qui s'élevait dans le voisinage. Démolie en 1787* Elle était située rue Saint- Denis, n* 277.

(7) Saint Christophe, petite paroisse située Jadis devant Notre-Dame et qui existait dès le septième siècle. Elle a été rasée en 1745 pour l'agrandissement de la place du Parvis.

(8) Sainl-Barthélemi , appelé jusqu'en (149 Saiot-Barthélemi et Saint- Magloire. Elle remontait aux temps mérovingiens. Située rue de la Barillerie, en face du Palais, elle fut l'église ou la paroisse de celui-ci jusqu'à l'érection de la Sainle- Chapelle. Elle s'écroula en 1787 et n'a pas été relevée.

(») D'après Héon, ce serait l'église de Sainte-Croix en la Cité, mise plus tard sous lin vocation de saint Matthieu . Nous en douions fort et ne voyons pas d'église Saint Matthieu à Paris. Sainte-Croix en la Cité est mentionnée plus haut ( v. a& ).

(10) Aux coulons, c'est-à-dire aux pigeons ; cette expression ne se trouve pas ailleurs. C'était une petite église située en face de la cathédrale et appartenant, au douzième siècle , à l'abbaye de Sainte-Geneviève ; on l'appelait Sainte-Geneviève la Petite. Depuis le commencement du seizième siècle, elle prit le nom de Sainte- Geneviève des Ardents, par suite d'une pieuse fraude du curé, qui répandit une tradition suivant laquelle une foi. le de personnes y auraient trouvé, eu 1130, la guérison d'une sorte de peste nommée mat des ardents. Origine inconnue.

(11) Saint-Jean le Rond, baptistère de forme circulaire dépendant de Notre- Dame et adossé à la tour méridionale de celte église; il fut démoli en 1748 *

(12) Sainte-Marine ( impasse Sainte-Marine, n° 6 ) était la plus petite paroisse de Paris; cette paroisse ne s étendait que sur treize maisons de la Cité. Elle est devenue propriété privée riepui* la Révolulion.

(13) Chapelle de l'archevêché.

APPENDICE

Et POatel-Dieu (i) i vueiï-je mètre ; Je ne m'en vnetl mie demetre.

Saint Pierre aus bues (i) et Saint Landris (3) Et Saint Denis du Pas (4) ausis Et de la Chartre Saint Denis (5), Saint Macias (fi) et Saint Liefrois (7), La Magdeleine et Sainte Crois Et Saint Micliiel et Sainte Crois Li saint de la chapele au rois (8) Et Saint Germain li auçoirrois (9) Et Saint Thomas de Lovre (10) ausi

(1) On fait remonter la fondation de l'Hôtel -Dieu à saint Laodri, évèque de Paris, et an dévouement dont ce prélat fat animé pendant une famine qui désolait la ville en l'année 651.

(2) Saint-Pierre aux Bœufs, très-petite église construite entre II07 et 1136 ( rue d'Aroole, o* M ). Ce fut, pendant un temps, la paroisse de la confrérie des boucbers, et l'on remarquait deux tètes de bœufs sculptées sur son portail. Elle a été démolie en 1837 , sauf le portail, que l'on a transporté à rentrée principale de Saint* Sé vérin.

(3) Avant le dixième siècle c'était une chapelle de Saint-Nicolas, dont l'origine est Inconnue. Elle a été détraite en 1839, et on a découvert alors dans ses fondations des sculptures gallo-romaines.

(4) Satnt-Denys et Saint- Jean-Bapllste, petite église bâtie contre le chevet de Notre-Dame à une époque incertaine, mais avant le neuvième siècle. Les mots du pas viennent probablement de sa situation à l'endroit où les deux bras de la Seine se Joignent par un étroit passage. Démolie pendant la Révolution.

(6) De la chartre , c'est-à-dire de la prison. Sous la première race il y avait nne prison dans le voisinage, et l'on croit que cette église remonte jusque-là. On Ta rasée pour faire le quai aux Fleurs, en 1810.

(6) Probablement Saint-Martial , église et primitivement monastère fondé par saint Ëloi en 632 ou 636 ( rue Saint-Élof, dans la Cité ) ; supprimée et détruite en 1715. Guillebert de Metz écrit Saint-Masslas.

(7) La chapelle Saint-Leufroy existait probablement dès la fin du neuvième siècle, mais on ne la trouve citée dans les documents qu'au douzième ; elle fut détruite en 1684 pour l'agrandissement des prisons du grand Chàlelet, auquel elle était contiguê.

(8) La Sainte-Chapelle, construite par saint Louis, de 1240 à 1248, sur remplacement de la chapelle du Palais, fondée, vers l'an 1030, par le roi Robert, et dédiés à saint Nicolas.

(9) L'origine de Saint-Germain l'Auxerrois remonte à la première moitié du septième siècle.

(10) Collégiale fondée près du Louvre par Robert de Drenx, frère de Louis VII, vers 1180- On reconstruisait l'édifice, qui menaçait ruine, lorsqu'il s'écroula, en 1739, causant la mort de plusieurs personnes. On le reconstruisit, de 1740 à 1744, sous le titre de Saint-Louis du Louvre. Celte église fut affectée pendant la Révolution au culte protestant, puis démolie à moitié. Ces ruines fraîches, qui ne manquaient pas d'élégance, viennent de faire place aux graudes constructions du Loa« vre actuel.

APPENDICE, /j9^>

Et Saint Nicbofa» (i) de lez li, Et Saint Honoré aus porciau» (a) Et Saint Huistace de Champiaus (3) Et Saint Ladre li bons mesiaus (4), Saint Leu Saint Giles li noviaus (5), Et li bon saint des Filles Dieu (6) Et Saint Magloire (7) n'en escfaieu.

Et la Trinité aus asniers (8) Li saint du moustier aus Templiers (9) Et cil du val des Escoliers (10).

Et Saint Lorens (1 1) qui fu rostis, Saint Saterne (ia) qui fu trahis ,

(1) Chapelle fondée en 1217, entre Saint-Thomas du Louvre et la'Seine ; c'est d'elle que cette partie de la rivière a pris le nom de port Saint-Nicolas. Supprimée en 1740, elle fut détruite avant la Révolution.

(2) En 1204, un boulanger et sa femme donnèrent quelques arpents de terre, en on endroit appelé la Place aux Pourceaux, pour la construction d'une chapelle. Au dix-huitième siècle c'était, grâce à sa position dans un quartier populeux ( rue Saint-Honoré, n°« 198-208 ), la plus riche collégiale de Paris. Détraite en 1792. — Saint Honoré est le patron des boulangers.

(3) Une chapelle de Sainte-Agnès, fondée en 1200, fut remplacée, vers 1212, par l'église paroissiale de Saint Eustache, qui fut reconstruite enl 1632. Les Chainpeaux sont les terrains des Halles.

(4) Saint-Lazare le Bon Lépreux (rue du Faubourg-Saint-Denis, 107). Le plus ancien titre qui fasse mention de l'hôpital de Saint-Lazare ou Saint-Ladre est de 1110. L'église a été démolie vers 1823.

(5) Sainl-Leu-et-Salnl-Gilles ( rue Saint-Denis, 182-184 ), fondé en 1235. Nouveau, par opposition au Saint Leu du v. 60*

(6) Couvent de filles repenties, fondé en 1226. On a bâti sur son emplacement, en 1798, la rue et le passage du Caire.

(7) Primitivement chapelle dédiée à saint Georges ( à l'angle des rues Saint-Denis et Sainl-Magloire ). Elle existait au dixième siècle; on y apporta, en 965, des reliques de saint Magloire. En 1138 elle fut rebâtie par des religieux de Saint-Bartbélemi et Saint-Magloire,qui s'établirent auprès, et elle garda ce dernier nom. Ces religieux furent transférés, en iwo, à l'hôpital Saint-Jacques du Haut-Pas, et remplacés à Saint-Magloire par les Filles pénitentes. L'église Saint-Magloire a été démolie pendant la Révolution.

(8) Hôpital fondé en 1202 ( rue Grenetat, 38-40 ). Les religieux hospitaliers de la Trinité étalent appelés Frèresaux-Anes, à cause de leur usage de ne voyager ni à cheval ni à mulet, par humilité. L'église a été démolie en 1817.

(9) Dès le commencement du dix-huitième siècle le Temple subit des démolitions et des reconstructions partielles qui aboutirent, en 1848, à une destruction complète. L'église était sous l'invocation de saint Jean.

(10) Ou prieuré de Saint-Catherine de la Culture (rue Saint- Antoine), fondé en 1229. Démoli, ainsi que l'église, en 1793, pour faire place à un marché.

(ai; Eglise mentionnée dans les textes dès les années 710 et 583; elle a été entièrement rebâtie au quinzième siècle ( rue du Faubourg-Saint-Martin , 123 ).

(12) On ne peut dire au juste quelle était cette église ; ou présume que c'était celle de la Villette (Méon).

APPENDICE

Saint Martin des chans (i) n*i oubli

Ne Saint Nicholas (a) delez U.

Saint Pol (3) et Saint Antoine (A) i met

Et toz les bons saints de Namet (5),

Saint Jehan (6), Saint Gervais en Grève (7)

Et Saint Bon (8) ou l'en fiert en clève.

El si i sera Saint Bernars (9),

Le moustier des Frères aus sas (10) ;

Et si i sera saint Remis (11),

Le moustier aux Quinze Vingt (12)

(i) Prieuré célèbre qui existait déjà aa septième siècle. L'église, plasieari fois rebâtie, a été supprimée en 1790, et ce bâtiment sert aujourd'hui comme salle d'exposition pour les machines au Conservatoire des Arts et Métiers.

(21 figltee fondée vers 1110 (rue Saint-Martin, 200-202), reconstruite en 1420, puis en 1525 et 1575.

(3| Cette église, fondée au septième siècle (quai Saint-Paul), mais qui avait été rebâtie plusieurs fois, a été démolie au commencement de notre siècle. Son titre a été transporté à l'église Saint-Louis (rue Saint-Antoine), appelée depuis Saint- Louis et Saint-Paul .

(4) Abbaye de Saint-Antoine des Champs ( aujourd'hui hôpital Saint-Antoine ), fondée à la fin du douzième siècle pour des pécheresses repenties. L'église a été reconstruite en 1770.

(5) On ne sait point ce que signifie ce vers.

(6) Saint- Jean en Grève , baptistère de Saint-Gervals, érigé en paroisse en 1212. Elle touchait l'hôtel de ville. Détruite pendant la Révolution, ses derniers vestiges ont disparu dans l'agrandissement de l'hôtel de ville, en 1838.

(7) Il y avait une chapelle de Salnt-Gervais et Saint-Protais, dès le sixième siècle, à Paris. On croit que c'est la même que l'église actuelle de Sainl-Gervais, qui n'est connue par les litres qu'aux dixième et onzième siècles.

(8) Chapelle ( rue Saint- Bon, 8 ) mentionnée pour la première fois en 1 138 et détruite pendant la Révolution. Il parait qu'on y entendait battre l'enclume, c'està-dire qu'il y avait des maréchaux dans le voisinage (Méon ).

(9) Le collège des Bernardins, fondé en 1244 (quai Saint-Bernard), détruit pendint la Révolution.

(10) Les Frères mendiants de la Pénitence de Jésus-Christ, appelés par le peuple Sachets ou Frères-aux-Sacs, à cause de la forme de leur grossier vêtement, furent institués à Paris en 1281 , au lieu où ils furent remplacés, en 1293, par les Grands- Augustins. Cette substitution donna lieu à un procès entre les Sachets, dont l'ordre avait été supprimé en 1274, et les Augustins, qui voulaient s'emparer de leur habitation. La manière dont l'auteur s'exprime à ce sujet donne lieu de croire qu'il écrivait à une époque où les Sachets n'étaient pas encore menacés.

(11) Saint Remy était le patron de la chapelle des Quinze- Vingts. Voir la note suivante.

(12) Hôpital fondé par saint Louis, en 1251 ( à l'angle des rues Saint-Honoré et Saint-Nicalse, pour recueillir trois cents pauvres aveugles, d'où leur est venu le nom desQuinze-vingls. Le manuscrit porte distinctement: Dix-sept vingts (yxnxx), ce qui parait être une erreur de copiste. En 17"» les Quinze-Vingts , alors au nombre de huit cents furent transférés rue Charenton, 38. Les anciens bâtiments,

APPENDICE

Et Saint Leu (i) que je n'oubli mie, La novele ordre tic la Pie Qui sont en la Bretonerie (a), Saint Giosses (3) et Saint Merri (4) Et Sainte Katherine (5) ausi.

Saint Innocent aus bons martirs (6), Saint Jacque de la boucherie (7), Sainte Oportune (8) bone amie, Aidiez de bon cuer et d'entier A toz cels qui en ont mestier.

Amen.

( Les vers qui suivent ne doivent pas être confondus avec la pièce qu'on vient de lire; ils ne furent composés qu'en i3a5).

Pour ce que j'ai fet mencion Des églises, où dévocion Est plus monstrée qu'en autre lieu, Quar la repose li cors Dieu, Des monstiers qui à Paris sont Et de quiex sains il fes le font

y compris la chapelle, dédiée à saint Remy, et bâtie en 1260, furent démolis à celle époque.

(0 Petite cure, qui, en 1618, fut réuoie à Saint-Symphorien en la Cité.

(2) Les frères de Tordre de la Sainte-Croix, établis par saint Louis à Paris ( rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, 39 et 41 ), vers 1250-1260. L'église, qu'on attribuait à l'architecte de la Sainte-Chapelle, et le couvent ont été démolis en 1790.

(3) Saint-Josse. Cétait une chapelle dont on ignore l'origine, mais qui existait tous Philippe-Auguste, et fut érigée en paroisse en 1260. Démolie en 1791. Elle était située a l'angle des rues Aubry-le- Boucher et Quincampoix.

(4) Église déjà célèbre à la fin du neuvième siècle, et mentionnée dans un acte dès l'an 820. C'élait , originairement, une chapelle dédiée à saint Pierre, qui existait dès le septième siècle, et où saint Merry avait été enterré, vers Tan 700. Elle a été rebâtie au commencement du treizième siècle, puis de 1530 à 1612.

(6) Asile de pèlerins, fondé d'abord sous le titre d'Hôpital des Pauvres de Sainte-Opportune. On le trouve cité, pour la première fois, dans un acte de 1188. Démoli pendant la Révolution (rue Saint-Denis, 53 56).

(6) Église fondée vers le milieu du douzième siècle ( à l'angle des rues aux Fers et Saint-Denis ) ; elle fut démolie en 1786.

(7) On ne connaît pas son origine; on sait seulement qu'elle existait en 1119 et qu'elle était, au quatorzième siècle, la paroisse des bouchers de Paris. Elle fut démolie pendant la Révolution, sauf la tour, qui, achetée en 1838 parla ville de Paris, vient d'être complètement restaurée.

(8) Célait une chapelle qu'on croit fondée au neuvième siècle, et qui devint paroisse vers la fin du douzième. Elle fut démolie en 1707. La maison située place Sainte-Opportune, 10, occupe une partie de son emplacement*

APPENDICE

Les biens vous dirai et le nombre

S'a nombrer Sathan ne m'emconbre.

Un gentil homme m'otrioa — Quidam (sic)

Son bostel et si me proia

Que je pour s'amour tant féissc

Que trestous les monstiers méisse

De Paris, en rime et en dit,

Isneleraent, sans contredit,

Pour l'amour de lui m'entremis,

Si les ai tous en rime mis.

.Pay commencié a Nostre-Dame

Qui nous sauve et gart cors et ame,

Pour ce que c'est la m ère esglise

De Paris ; après, de ma guise,

Près le monstier Saint-Johan le ront :

Entre euz deuz n'a ne val ne mont.

Et après Saint-Denis-du-Pas,

Ne Saint-Aignien (i) n'oubli-je pas,

Et puis la chapele as noctaires

Ou il repaire mains vicaires,

Et puis après la Maison-Dieu

De Paris, ou a digne lieu.

En rue noive pas ne grieve

Le monstier Sainte-Geneviève

La Petite, que je ne faille :

Devant celle esglise sans faille

Vent-on chapons , gelines, cos,

Perdris, plouviers et widecos.

Apres, le monstier Saint-Christofle

Qui de l'amour Dieu fist son coffre,

Quant le porta outre la mer;

Servir le devons et amer :

Entour vent-on fourmages, œfs.

Près d'ilec sîet Saint-Pierrc-as-Buefz

Et le monstier Sainte-Marine

Qui ne siet pas sur la marine,

C'est veritez que je vous di.

(I) Fondée en llf8. Elle était entourée de bâtiments qui la cachaient aux yeux. Démolie vers 1795 , et remplacée par une maison particulière ( rue Chanofnesse, 22 ). — La Chapelle-aux-Notalres, consacrée à saint Didier, se trouvait au Chûtelet.

APPENDICE. 4gg

Et puis après la Magdalainnc (i) Qui vers Dieu ne fu pas vilainne De ses larmes ses piez lava, De ses péchiez Dieu la lava :

Aussi nous veille il pardonner Les nos, et sa grâce donner !

Folz est qui sa grâce n'achate.

Apres, Saint-Dcnis-de-la-Chartre, Apres est Saint-Symphorien, En une place séant bien Ou bout de la Peleterie.

Devant fait-on boulengerie.

Et ou bout de la rue aus Fevres, Ou il demeure pou d'orfèvres Qui facent calices ne crois, La siet le monstier Sainte-Crois (2) .

Apres, Saint-Pierre-des-Arsis (3), Entre les drapiers est assiz ; Et Saint-Mathyas ^siet après Qui des savetiers est bien près :

Plusieurs sont si paroissien Que c'est un monstier ancien.

Et Saint-Germain, que nus die, Le-Viel, siet près de POrberic (4).

Et puis le monstier Saint-Michel (5) Qui nous conduise tous ou ciel !

Puis le monstier a un cors sain Saint Eloy (6), ou malade et sain

(1) Fondée en 1H0 et, jusque vers le treizième siècle, à ce que l'on croit, placée sous l'invocation de saiul Nicolas. On croit aussi qu'avant iuo c'était une synagogue. Elle a été détruite en 1780 (située rue de la Julverie, 5}.

(2) Sainte-Croix en la Cité. On ignore son origine; mais elle existait, comme chapelle, dès le commencement du douzième siècle. Elle a été démolie en 1797 ; son emplacement était rue de la Veille-Draperie, 6.

(3) On conjecture que celte église ( rue de la Vieille-Draperie ) fut fondée, en 926, par Théodore, vicomte de Paris, sur les ruines d'une chapelle placée sous la même invocation. On n'a rien trouvé de satisfaisant pour expliquer son nom d'Arcis ( de Arcesiis, Assisiis, Arsiciis, Arsis ). Incendiée et rebâtie en 1034; puis rebâtie en 1424; démolie entin en isuO.

(4) L'Herberie, qui devint en 1557 le Marché-Neuf.

(b) Guillebcrt de Metz ( p. 63 ) cite l'église Saint-Michel do la Cilé. Elle faisait partie du Palais.

(6) Abbaye de femmes, fondée vers 632-635, par saint Êloi, sous l'invocation de saint Martial, qui fut changée, après lui , en Saint- Marlial etSaint-Éloi. Elle parail

APPENDICE

Vont souvent nus piez et deschaus,

Qu'il est mires et maresehaus

De mainte cruel maladie :

Ne croy que nul nus mal en die.

Près d'ilec siet une chapelle

Qui moult est digne et riche et bele;

Cest la Chapele nostre roy,

Ou de biauté a grant arroy

Et de richesse; y a grant masse

De reliques en une chasse,

As quiex l'on doit porter honneur

Pour l'amour de Nostre Seignieur :

Sa crois, sa coronne et li cleu

Laiens sont mis en noble lieu ,

Et si i sert-on noblement Dieu.

[ Après est Saint-Bartholomieu ] (i)

Qui siet devant le grant palais,

Mes chéus (2) est, donc est plus lais :

C'est veritez que vous despont.

Or m'en iray outre le pont

Pour des autres monstiers trouver,

Que l'en ne puisse réprouver,

Quar s'en mon dit faille de rien,

Premiers trouverez Saint-Julien

Le Povre, et bien ai regardé

Que maint compagnon a gardé

De mort ( ce n'est pas mesprison )

Ht d'estre en vilainne prison :

Il les herl>erge et si les tence,

De herbergier a la poissance.

Et puis la chapele Saint-Btaive

Qui pour Dieu morut a grant glaive.

Apres oublier ne doy mie

Saint-Sevrin, pour la ferperie

Qui est achetée et vendue

avoir aussi porté les noms de Saint-Martial et de Salnle-Àure, Saint-Martial et Sainte-Valère ; mais dès 871 elle n'était connue que sous le nom de Saint-Éloi. L'abbaye fut supprimée en 1530, et son église transformée en une église paroissiale ( rue Saint-Éloi ) qui devint, en 1629, l'église des Barnabites. Ceux-ci la reconstruisirent en 1640. Démolie.

([) Ce vers manque. Les détails fournis par les vers suivants et le besoin de la rime nous permettent celte restitution.

(2) Elle était donc écroulée vers 1325; on l'ignorait.

APPENDICE

5oi

En son quarrefour ; est tenue

Qui s'en che vissent bel et gent

De plusieurs manières de gent

Apres est Saint-Andrieu-des-Ars,

Ou mainte dame de leur ars

Ont maintes fois lancié et trait,

Et maint homme à leuz atrait.

Apres i r'est Saint-Augustin

Ou l'en parole bien latin.

A Saint-Germain-des-Prés m'en vois

Ou l'en sert Dieu a haute vois.

Apres est Saint-Marlin-des-Orges (i),

Et puis après i est Saint-Georges ;

Apres, Saint-Pere-du-Sablon (i)

Et. Saint-Soupplis (3) y asamblon,

Et puis après les Cordeliers :

De bon vin boivent volen tiers.

Saint-Cosme et Saint-Damien,

Cy duy furent sirurgien

Et mires a Dieu nostre Pere ;

Qui ce ne croit il le compère.

Et puis après Saint-Matelin ;

Sus coûtes et en draps de liu

Chainoigne nuit (/») maint povre couche.

De Dieu soient tel gent benoit.

Apres, le monstier Saint-Benoit C'on apele le Bettourné ; D'ilec tantost m'en retourné Au monstier des Hospitaliers Que n'oublie pas volentiers.

(1) Il s'agit probablement de la petite église de Saint-Martin ( rue des Francs- Bourgeois ), prés Saint-Marcel, dont elle dépendait. Elle <>*t mentionnée dans un chroniqueur dès 1139. On la reconstruisit en 1544, et elle a été démolie en 1808. Son surnom des Orges n'était pas connu, croyons-nous, jusqu'ici.

(2) Vraisemblablement la petite église de Saint-Pierre ou Saint-Père, qui passe pour avoir été fondée par saint Germain lui-même ( septième siècle ), auprès de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, et pour avoir été transportée , au treizième siècle , à la place occupée maintenant par la chapelle de l'hôpital de la Charité. C'est d'elle que la rue des Saints-Pères, par corruption de Saint-Père, a pris son nom.

(3) Saint-Sulpice était déjà paroisse en 1210.

(4) Lisez chacune { chaiscoigne ) nuit.

%1U2 APPENDICE

Saint-Hylairc est un pou avant :

Y est, ou a riche abbaye.

Puis ay ma voie envaïe,

S'ay trouvé un monstier noblet

Que fist le cardouoar Cholet (i) ;

Saint-Symphorien le Petit

Si siet au dessous un petit

Eu la terre Saint-Pierre ou Mont

Li Navarrois (a) nuef monstier ont ;

Carmélite logié se sont

Un pou aval; la monstier font.

Apres, Saint-Estienne-des-Grez ,

Qui de Dieu servir fu engrez.

Devant siéent li Jacobin

Qui par pais vont bin et bin :

Chapelc y a de Saint-Andrieu

Qui fu moult grant ami de Dieu.

D'ilec alay a Nostre-Dame

Des-Champs ; moignes , par m ame !

D'ilec au monstier Saint-Marciau ,

Qui siet près d'un petit ruissiau,

Saint-Martin et Sainl-Ypolite (3) :

Ceus ai-je bien pris a eslite.

D'ilec ving au monstier Saint-Marc (4) ;

Puis a la traitie d'un arc

Est Saint-Victor moult bien séans j

Puis li monstiers des Bons-Enfans (5) ;

( i) Ce collège fut constraiten I29I-I205. Sa chapelle fut celle de Saint-Symphorien, située eu face, jusqu'en l&ot, où Ton construisit, dans le collège même, une chapelle de Salnle-Cécile. Les bâtiments du collège fondé par le cardinal Cbolet étaient situés sur le terrain qu'occupe aujourd'hui le jardin du lycée Louis le Grand. On a achevé de les raser en 1823.

(2) Le collège de Navarre, fondé par Jeanne, femme de Philippe le Bel, et bâti de 1309 à I3IS. Sur son emplacement sont situés les bâtiments de rÊcole polytechnique.

(3) Son origine est inconnue, mais elle existait en 1158. On ne lui connaissait pas, jusqu'à présent, l'invocation de Saint-Martin/Elle a été démolie pendant la Révolution, et son emplacement a été occupé ensuite par la maison rue Salnt-Hippolyle, 8.

(*) Probablement Saint-Médard.

(6) Établissement dont l'origine est inconnue. Il parait remonter à la première moitié du treizième siècle; sa chapelle était sous l'invocation de saint Firmin. Il fut donné, en 1025, â la congrégation de la Mission ( rue Saint- Victor, es).

\PPE3NmCK.

Puis la chapele aus Moinuios :

Dcmourer la plus je n'i os.

Saint -Bernart oublier ne doy, Saint-Nicholas-du-Chardonnoy, Puis après la Sourbonnerie (i) Que je ne doy oublier mie.

Puis m'en reving tout sans effroy Droit au monstier de Saint-Lieffroy (a) Et a Saint-Germain- PAucerrois.

D'ileques a Saint-Nicholas Du-Louvre, et a Saint-Thomas, Et puis après je m'en revins Par le monstier des Quinze- Vins Et au monstier Saint-Honnouré, Ou de bon cuer Dieu ai ouré D'ilec m'en ving a Saint-Huitasse , Près des haies, en digne place, Et d'ilec a Saint-Innocent, Ou gist maint cors d'omme innocent, Et après a Sain te Opor tune :

De clous guérit et d'apostume; Et puis a Sainte-Katherine Qui vierge fu pure entérine; Puis le monstier de Saint -Magloire Qui ama Dieu le Roy de gloire Et assez près de iccl lieu Est le sépulcre Dame Dieu (3).

Puis a Saint-Leu et a Saint-Gile Aussi voirs est comm'Euvangile, Et si vous di qu'a l'oposite L'esglise de Saint-Jaques est dîtte (4) Que les confrères out fondée

(1) La Sorboone, fondée vers 1256 par Robert de Sorbon. L'église actuelle de Sorboone fat bâtie de 1633 à 1653.

(2) Ici Fauteur passe de la rive gauche à la rive droite de la Seine.

(3) L'église et la confrérie du Saint-Sépulcre. La première pierre de l'église fut posée le 18 mai 1326. Ces bâtiments, qui avaient été refaits de 1528 à 1655, ont fait place, durant la Révolution, à la cour Batave ( rue Saint-Denis, 124 ).

(4) Église commencée en 1317 et dédiée en 1327. Elle fut d'abord particulière aux membres de la confrérie des pèlerins revenus de Saint-Jacques de Compostelle. Cest ce que disent les historiens de Paris, et ce qui se trouve répété dans les derniers vers de notre pièce. Située à l'angle des rues Salnl-Deols et Mauconseil.

APPENDICE

Par grant dcvocion jurée Sus la graot rue fondé Pont ; Certes moult biau séant resont (1).

Li monstiers de la Trinité Ou le Seignieur de majesté Est bien servi a grant honneur.

Devant lui r'est Saint-Sauveur Et les Filles 'Dieu sont après.

Saint-Ladres eu est assez près.

Puis m'en reving a. Saiot?Lorens ; De cheiniiier ne fui pas lens; Puis a Saint-Nicholas-des-Chaus Puis a Saint-Martin où de ebans Servent li moigne Jhesucrîs.

Au Temple viug , pas ne mespris, PU puis après as Blans-Mantiaus (a) Ou l'en essuie a'grans monciaux Laine, et en la Breton nerie, A une petite abbaîe Que l'en apele Sainte-Oois Dont les frères inetent les crois Partie a blanc et a vermeil :

De ce pas moult ne me merveil.

Puis siet après une chapele (3) Dédiée par miracle bele D'un Juïf qui en son ostel Boulli le Sacrement d'autel

(1) On voit qu'il s'agit, dans ce passage, d'un édifice qui n'est que juré et fondé, mais qui n'est pas encore construit; ce que confirment encore les vers 289 et 390 ci-après. Au lieu de resont peut-être faut-il lire seront : « Dans leur nouvelle église les confrères seront très-bellement assis. •

(2) Les Serfs de la Vierge Marie, appelés Blancs-Manteaux à cause de leur costume, s'établirent à Paris en 1258 ( rue des Blancs-Manteaux, 12-16, et rue de Paradis ). Us furent remplacés, en 1297, par les GuiUemites, et ceux-ci, en 1618, par les Bénédictins, sans que le nom populaire de Blancs-Manteaux pût s'effacer. Le monastère a été supprimé en 1790, mais l'église est restée. Elle avait été reconstruite en 1685.

(s) Cette chapelle est aujourd'hui l'église des Billetles. Le sacrilège commis par un Juif de la rue des Jardins ( plus tard des Billettes ) eut lieu en 1291. La maison du coupable fit place, en 1294, à une Chapelleries-Miracles, et peu d'années après il s'y établit un monastère d'Hospitaliers de la Charité de Notre-Dame. Ces derniers, fort appauvris, cédèrent leur établissement aux. Carmes de Rennes, en 1631. Depuis 1812 l'église «st convertie en un temple et le couvent en uue école pour les protestants luthériens.

APPENDICE

Do ut trouvez fu vermaus entiers (i).

Puis est li Vaus-des-Escoliers,

Puis est Saiot-Pol , puis Nostre-Dame (a)

Du carme ; bien sceveot leur garae :

Il ont pris leur lieu et leur estre

Ou H Barré souloient estre,

Et d'ileques r'aler s'en sont

Sous Sainte-Genevieve-ou-Mont.

Apres, a joingnant de la porte

De Bar bel, a une graut porte,

A un ostel de bonne gent,

Ou il a monstier bel et gent,

Béguines (3) et preudefames,

Le los eschivent des diffames

Et les péchiez ors et mauves.

D'ileuc m'en ving a Saint-Gervès

Ou il a gracieus monstier

Près de la porte Baudoier.

Dessous est Saint-Jehan-de-Greve,

Li uns a l'autre rien ne grève.

Un pou après icelle esglise

Une chapele y est assize

Que fist faire uns riches hom ;

Estienne Baudris (4) ot a non.

Prestres et clerc il y a mis

Qui pour lui et pour ses amis

Sont ordenez a Dieu servir

Qu'il puissent s'amour desservir

Preudons fu cil, avoir ot bon.

D'ileuc ving au monstier Saint-Bon

(1) L'hostie fut trouvée entière, mais vermeille, c'est-à-dire ensanglantée.

(2) Notre-Dame du Mont-Carmel fut d'abord une chapelle établie en 1229, sur le bord de la Seine, au lieu où furent depuis les Gélestins, par six religieux carmes ramenés de Palestine par saint Louis. En 1309 les Carmes se transportèrent rue de la Montagne Sainte-Geneviève et réédilièrent d'une manière splendide leur église; elle a été démolie en 1812. Les Carmes portaient primitivement le nom populaire de Barrés ( resté à une rue du Marais ), à cause de leurs manteaux rayés ; mais notre auteur les distingue très-nettement.

(3) Communauté fondée par saint Louis, en 1264 (rue des Barrés, 24 ), près la porte Barbette. En 1480 Louis XI donna cette maison aux sœurs du tiers-ordre de Saint-François et lui donna le nom A*Ave-Maria% en l'honneur de la Vierge. Le monastère, supprimé en 1790, est depuis lors une caserne.

(4) Il veut direÈlieone Haudri,(|ui fonda, en 1306, la chapelle et l'hôpital dont les sœurs furent, plus tard, appelées H a ud ri elles.

APPENDiCK

Et de Saint-Bon a Saint-Marri, La n'oi je pas le cuer marri :

Saint Pere et saint Le n art ensemble Y sont aouré, ce me samble.

En la rue Aubri-le-Bouchier A un monstier que moult ai chier :

Saint-Josse oublier ne voeil.

.... nommer vous voeil Avant ce que ma bouche lie Saint-Jaques-de-la-Boucherie.

Tous les monstiers vous ai nommé De Paris, sans nul mesnonmé, Plus n'en y say, ce m'est avis Que bien y ay mis mon avis.

Je ne voeil pas mettre en mon conte Chapeles aus dus et ans contes, Ne a bourgois ne aus evesqucs, N'a abbez, ne a archevesques. Je n'i mes que ceus proprement J Ou toute gent communément Puet le digne service oïr.

Dieu, dont on se doit esjoîr Et Dieu et sa merc proier Chascun pour son cuer supploier Vers Jhesuscrist de leur tors fais Et des péchiez que il ont fais.

Touz les autres ai arrière mis, Mais ceuls ci ai je en rime mis ; Donc tous ensamble les vous nonme, Quatre vins et huit par droit nonbre ; Il n'en y a ne mains ne plus, Se ce ne sont monstiers repus.

Fors le Saint-Jaques monstier Qui de nouvel fu fait l'austrier (1) Ou nul ne va ne ne repaire Fors que cilz qui lez ont fait faire.

Mes il autre sont de autre guise Qui sont commun au Dieu servise.

De grand leur vint devocion D'amour et de dilection

(i) L'aulre-bler, tout récemment, Voye* ci-dessus, vers im.

APPENDICE. 5o7

Qu'a Dieu et a sa mere avoient Quant tant montiers ediffioient.

Il amoient Dieu de cuer fin Et pour ce en ont louier sans fiu ; C'est la joie qui tous jours dure A H desirrer met ta cure.

Jhesus nous en doint le vouloir Qui du donner a le povoir ; A ce nous aist dame Marie Qui tous nous gart de vilennic.

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