STATISTIQUE PHYSIQUE. V
loment des o;ui\ iloce lac est sans doutiî loit antérieure aux premiers temps liistoriques. — Causes des lnégalités du sol. Une cause factice de l'inégalité du sol de Taris a consisté dans Tusaiie fort ancien d'enlasseï' sur dilTéienls points les immondices et les i;ra\ois de cette ville. Ces amas, (pii, d'abord placés iiois des murs, se trouvèrent ensuite dans l'intérieur, lorsque ces murs furent portés plus loin, étaient nommés buttes, voirieSf monceaux, mottes. \aï plupart de ces buttes présentaient l'image de petites montagnes. Dans la partie septentrionale, on signalait le 3Ionceau-Saint-Gervais, la butte (le Bo7i7}e-Nouvel/ej ou de Vilte-Neuve-de-Gravois , la butte Saint-Rock , etc. Ces buttes ont élé aplanies dans la suite; celle de Saint-Hoch conservait encore, sous Kouis XIV, sa forme agreste et ses moulins à vent : elle ne fut détruite qu'en IG07. Sous le règne de Louis XIV , plusieurs autres de ces monticules factices, situés près des boulevards du nord , furent aplanis. Il en existait encore un sous le rempart de la porte Saint-Denis; et, pondant Tannée désastreuse de 1709, les pauvres furent employés à le démolir, moyennant des distributions de pain. A l'extrémité orientale de l'île de la cité, s'est formé de même un monticule qu'on a appelé le Terrait^ le Terrain, ou la Motteaux-Papetars. Un autre monticule, nommé la butte des Copeaux^ existe encore en son entier. Il est devenu un des ornements du Jardin des plantes; on Ta recouvert de plantations dessinées en labyrinthe. Le plateau qu'on voit au nord de ce monticule, pareillement planté en arbres verts, faisait aussi partie de ce dé[)ôt d'immondices. On peut juger par la grandeur de ce monticule quelle était celle des autres buttes. Il paraît même que les anciennes buttes surpassaient celle-ci en hauteur.
En 1512, époque où l'on craignait de voir Paris assiégé parles Anglais, on décida d'abattre toutes ces buttes, qui dominaient les murailles de la ville. Quelques années après, Jean Briçonnet, président de la chambre des comptes, demanda qu'on rasât les voiries qui environnaient Paris, et dit qu'il y en avait de si élevées qu'elles commandaient cette ville. Cette proposition ne fut pas entièrement exécutée, puisque la butte Saint-Rock , celle des Copeaux et plusieurs autres furent épargnées.
Minéralogie t)E paris. Voici comment s'expriment MM. Cuvier et Brongniart dans leur essai sur la minéralogie des environs de Paris. « La contrée dans laquelle Paris est située » est peut-être l'une des plus remarquables qui aient encore été observées, par la succes- ») sien des divers terrains qui la composent, et par les restes extraordinaires d'organisa- » tion ancienne qu'elle recèle. Des milliers de coquillages marins, avec lesijuels alternent » régulÎLTement des coquillages d'eau douce, en font la masse principale; des ossements » d'animaux terrestres, entièrement inconnus, en remplissent certanes parties. D autres » ossements d'espèces considérables par leur grandeur, et dont nous ne trouvons quelques » congénères que dans les pays fort éloignés, sont après dans les couches les plus super- » licielles; un caractère tres-marqué d'une grande irruption venue du sud-est est » empreint dans les formes des caps et les directions des collines principales : en un I) mot, il n'est point de canton plus capable de nous instruire sur les dernières révolutions » qui ont terminé la formation de nos continents.
« La longue colline qui s'étend de i\ogent-sur-Marne à Belleville appartient entière- » ment à la formation gypseuse; elle est recouverte vers son milieu de sables rouges » argilo-ferrugineux,sans co(|uilles, surmontés de couches de sables agglutinés, ou même » de grès, renfermant un grand nombre d'empreintes de coquilles analogues à celle de ») Grignon. Cette disposition est surtout remarquable dans les environs de Belleville et ») au sud-est de Romainville ; le grès marin y forme une couche épaisse. Cette colline ») renferme un grand nombre de carrières qui présentent peu de différence dans la dis- » position et la nature de leurs bancs. »