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TABLEA.U PHYSIQUE DE PARIS SOUS LOUIS XIV

Le temps de la régence d'Anne d'Autriche ressemble, à beaucoup d'égards, à celui de la régence de Marie de Médicis. Les mêmes causes produisirent des effets pareils. La lutte du pouvoir féodal contre le pouvoir monarchique fut à la seconde époque aussi acharnée qu'à la première. Tous les attentats d'une ambition audacieuse, toutes les ignobles ressources de la faiblesse, furent mis enjeu; les princes et seigneurs, dans l'un comme dans l'autre temps, demandaient à la cour, avec menaces et armes à la main, des dignités nouvelles, un accroissement de fortune et d'autorité. Le gouvernement, qui n'était pas toujours le plus fort, opposait à ces demandes la ruse, la corruption ; et, pour accroître ses partisans, il achetait à grand prix la soumission de ces princes et seigneurs : soumission peu durable, marchandise sans valeur, et qui, quoique payée, n'était livrée qu'en partie ou point du tout. Ces marchés avifissants, la mauvaise foi de ceux qui les contractaient , n'étaient pas les seuls exemples de corruption que la cour offrît au pubfic. Voyez Mazarin, exerçant le pouvoir suprême, faire commerce de tous les emplois, de toutes les dignités , de tous !.-'- bénéfices.

il sacrifiait tout au désir d'accroître ses richesses, il montrait les mêmes dispositions pour maintenir son pouvoir. Se croyait-il menacé par quelque ambitieux, rien ne lui coûtait pour le satisfaire et se le rendre favorable; il pro-

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(liguait les places, les gouvernements, et surtout les titres lionoiili(|ues de comte, de duc, qu'il avilit en les multipliant sans mesure; mais il ne prodiguait point l'or. De cette conduite il résultait avilissement pour les dignités, accroissement d'orgueil pour les familles féodales, considération accordée à Tintrigue, à la bassesse et mc^me au crime.

Anne d'Autriche avait les vices de toutes les princesses de ce temps : adomiée aux intrigues, et trop faible pour supporter le poids des alVaires publiques, elle faisait peu et laissait tout faire par Mazarin. D'ailleurs elle était dévote, superstitieuse et galante; et ses rapports avec ce cardinal ont fait naître des soupçons et des reproches, peut-être mal fondés, mais qui ont laissé des présomptions outrageantes pour sa mémoire.

Si je descends aux princes qui se montrèrent avec éclat dans les dissensions civiles, je vois au premier rang celui qu'on a nommé le Grand-Condé. Il était certainement guerrier habile, inépuisable en ressources, possédait à un degré éminent la science des combats; mais sa conduite publique et privée offre-t-elle des exemples de morale? Ses liaisons avec sa sœur, la princesse de Longueville, tirent beaucoup de bruit ; et, si l'on en croit la plupart des écrivains de ce temps, ces liaisons n'étaient pas de nature à édifier le public. Ce prince ne se piquait ni de tenir sa parole ni de payer ses dettes : il avait un caractère haut, insultant, dur, impérieux, qui le faisait généralement détester; la duchesse de Nemours en faisait un portrait peu avantageux.

Le prince de Conti, son frère, petit, bossu, galant, séditieux, figura dans la guerre contre la cour, et demandait pour prix de sa révolte un chapeau de cardinal. — Cette demoiselle de Montpensier, qui a écrit des mémoires, turbulente, guerrière, animait son indolent père à la sédition, et contribua à prolonger les malheurs de la guerre civile. — Ce duc de Beaufort, surnommé le roi des Halles, qui en avait l'éducation et le langage, qui affectait un caractère de franchise et de loyauté qu'il ne soutint pas, qui faisait la débauche et se donnait des plaisirs de prince, fut chef du parti des importants, gouverneur de Paris pour la Fronde, et très-aimé de la dernière classe des habitants. Il joua sur la scène politique un rôle de niais ou de bouffon. S'il manquait d'éducation et de talent, il ne manquait pas de courage militaire; à Orléans, il s'était battu à coups de poing avec le duc de Nemours; à Paris, il se battit avec le même à coups de pistolet et le tua.

Ce cardinal de Retz, qui, dans ses curieux mémoires, nous apprend que de son temps on était encore en usage de se faire gloire des malheurs qu'on avait causés, était doué d'un esprit subtil, pénétrant et fécond en ressources; il met à décrire ses intrigues, ses ruses, ses fourberies et toutes ses fredaines politiques, le soin qu'on mettrait à raconter des actions dignes des éloges de la postérité; il y mêle des aperçus profonds et des traits dignes de Tacite peignant les crimes de la cour de Tibère. Cet homme, au niveau de ses contemporains sous le rapport des mœurs, leur était fort supérieur sous celui des talents; il était capable de jouer la cour, le parlement et Mazarin lui-môme. Il armait, il soulevait une partie des habitants de Paris, les dirigeait à son gré; il alarmait tous les partis sans intérêt personnel, pour essayer ses forces, pour ses menus

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plaisirs : c'était un homme aimable, insouciant et voluptueux. Quoique archevêque de Paris et cardinal, ses mœurs étaient fort peu exemplaires.

Si Ton en excepte quelques membres du parlement, qui paraissent avoir agi dans des vues conformes à l'intérêt public, les principaux personnages qui ont figuré dans les troubles de la minorité de Louis XIV sont des hommes sans vertus, sans patriotisme, et dont l'intérêt personnel était le principal mobile. Par le: patronage féodal d'alors, chaque seigneur ou gentilhomme appartenait ou se donnait à un patron, le servait tant qu'il y trouvait son profit ou qu'il en espérait des récompenses, et le quittait pour en reprendre un autre. Ces seigneurs avaient des patrons et n'avaient point de patrie. C'est pourquoi on voit, sous la minorité de Louis XIV, comme on avait vu sous celle de Louis XIII, la moitié des nobles prendre parti pour la cour, et l'autre moitié contre elle. Ils agissaient ainsi, non en vertu des anciennes lois du vasselage féodal, tombées en désuétude, mais par un reste d'habitude qu'avaient laissé ces lois. Le comte de Tavanes se range sous les bannières du prince de Condé, non parce qu'il était son vassal, mais parce qu'il s'était donné à lui. 11 quitte par mécontentement le service de ce prince, et se range dans le parti du roi. Personne ne lui reprocha sa félonie comme on l'aurait fait aux douzième et treizième siècles; personne ne l'accusa de révolte, comme on l'aurait fait vingt ans après. Le parti de la cour, qui n'était pas toujours le plus fort, désarmait ses adversaires en leur offrant une amnistie. La tache de rébellion était alors considérée comme entièrement effacée.

Lorsque, après la mort de Mazarin, Louis XIV entreprit de gouverner par lui-même; lorsque Louvois eut mis un ordre, une discipline jusqu'alors inconnue dans les armées; lorsque, par des institutions toutes nouvelles, Colbert eut favorisé les développements de l'industrie , du commerce , plusieurs barrières de la routine renversées laissèrent une voie plus large à la marche des connaissances humaines et au mouvement de la civilisation. Il resta encore dans les diverses administrations et dans les esprits beaucoup de vices, beaucoup de désordres; le changement ne fut pas brusque, mais il s'opéra très-sensiblement; et, depuis la minorité de Louis XIV jusqu'à la fin de son règne, l'amélioration fut très-évidente.

L'administration de la justice offrait cependant encore une foule d'abus. Il aurait fallu tout refaire; on se borna à réparer. V affaire des poisons est un épisode qui caractérise fortement les mœurs du règne de Louis XIV. Je vais en donner un aperçu. Sur cette scène de crimes, on voit figurer d'abord Marie- Marguerite d'Aubrai, femme d'Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers. Un officier gascon, son amant, l'avait rendue habile dans l'cirt des Locustes. Elle empoisonna sa sœur, ses frères, son père, etc. Elle était dévote et fréquentait les hôpitaux; on dit qu'elle y essayait ses poisons sur les malades. Le 16 juillet 1676 , elle fut condamnée à mort, décapitée et brûlée.

L'exemple d'une marquise condamnée au dernier supplice profita peu. Les empoisonnements et les pratiques magiques auxquelles on les associait, se renouvelèrent peu d'années après, et répandirent l'épouvante dans un grand nombre de familles; chaque jour on voyait tomber de nouvelles victimes de

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la haine, de l'ambilion el de la eu[)idilé. Le roi, par ordonnance du 11 janvier KiSO, établit à l'Arsenal une conniiission chargée de l'aire le procès aux empoisonneurs et aux magiciens. Plusieurs personnes de la cour, et des i)lus distinguées par leurs titres et leur naissance, Curent com[)r()nnses dans cette affaire. Au rang des principaux acteurs de ces crimes (igurait Catherine Deshaies, veuve du sieur de Montvoisin , nommée vulgairement la Voisin : elle était assistée d'une femme appelée Vigouroux , d'un prêtre appelé Le Sarjc, et de quehjues autres scélérats. La Voisin, qui vivait en femme de qualité, composait et vendait aux dames et seigneurs de la cour des poisons, des charmes, des secrets magiciues pour se faire aimer, se mêlait de divination.

Des détails curieux et fort étranges sur cette affaire sont contenus dans une lettre de Bussi-Rabulin au sieur de la Rivière. Voici cette lettre : « (irandes » nouvelles , monsieur : la chambre des poisons a donné décret de prise de w corps contre M. de Luxembourg, contre la comtesse de Soissons, contre le « marquis d'Alluyeet contre madame de Polignac. Aussitôt que M. de Luxem- » bourg l'eut appris, il partit de Paris, et s'en alla à Saint-Germain, oii il ne »» vit pas le roi ; mais il lui fit demander une lettre de cachet pour entrer à la » Bastille, laquelle Sa Majesté lui accorda. Il vint donc mercredi au soir, 24 de » ce mois, s'y rendre; son secrétaire a été mené deux jours auparavant au >> bois de Vincennes. Le roi envoya mardi M. de Bouillon dire à la comtesse de « Soissons que , si elle se sentoit innocente, elle entrât à la Bastille, et qu'il la » serviroit comme son ami; mais que, si elle étoit coupoMe, elle se retirât où *» elle voudroit. Elle manda au roi qu'elle étoit fort innocente, mais qu'elle ne >» pou voit souffrir la prison. Ensuite, elle partit avec la marquise d'Alluye, à » quatre heures du matin du mercredi, avec deux carrosses à six chevaux; " elle va, dit-on, en Flandre. On a envoyé en Auvergne ordre d'arrêter madame » de Polignac. On a donné ajournement personnel à madame de Bouillon, à la » princesse de Tingri, à la maréchale de La Ferté et à madame du Boure.

» La comtesse de Soissons étoit accusée d'avoir empoisonné son mari ; la » marquise d'Alluye d'avoir empoisonné son beau-père; la princesse de Tingri « d'avoir emposonné des enfants dont elle étoit accouchée. Madame de Poli- -> gnac étoit accusée d'avoir empoisonné un valet de chambre qui servoitses » commerces amoureux.

La commission pour l'affaire des poisons et maléfices, siégeante l'Arsenal, condamna au supplice du bûcher la Voisin, qui fut, le 22 juillet 1G80, brûlée vive. Plusieurs autres personnes de tout rang furent, pendant cette année et même pendant la suivante, arrêtées par ordre de celte commission, et condamnées à différentes peines. Cette chambre poursuivait avec la même ardeur les empoisonneurs, les sorciers, les noueiirs d' aiguillettes , les vendeuses de secrets propres à réparer les ravages de l'incontinence, etc. Des crimes réels étaient confondus, par les jurisconsultes de ce temps, avec des crimes chimériques. On croyait généralement à la vertu des opérations magiques, parce que de graves magistrats semblaient y croire en les condamnant. Les épizooties étaient considérées comme des sortilèges opérés par certains bergers contre des troupeaux; et on faisait brûler comme soreiers los prél^n^his auteurs de \\\ PKMta-

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lité. Une jeune fille était-elle attaquée d'affections hystériques, on la regardait comme possédée du diable; et, au lieu de lui donner un mari, on lui faisait subir un exorcisme, etc., etc.

Une ordonnance du mois de juillet 1682 porta un coup fatal à ces antiques erreurs, et limita considérablement la puissance infernale. On y qualifie cet art de vaine profession; et ceux qui l'exerçaient en quafité de devins, de magiciens et de sorciers, sont traités de corrupteurs de l'esprit des peuples, d'impies, de sacrilèges, qui, sous prétexte d'opération de prétendue magie, profanent ce qu'il y a de plus saint, de plus sacré, etc. On vit encore des devins, des sorciers; mais, en vertu de cette ordonnance, ils ne furent plus condamnés que comme des trompeurs, des profanateurs et des empoisonneurs.

Plusieurs autres coutumes de la barbarie furent abolies; mais il en resta encore un très-grand nombre auxquelles on n'osa point toucher. La vénalité de tous les offices, charges, dignités, magistratures, et les énormes abus qui en résultaient; le désordre des finances, le brigandage mystérieux des traitants; la noblesse avec son orgueil et son immoralité; les jésuites avec leur pouvoir, et leur ambition, se maintinrent encore longtemps.

Colbert à qui Louis XIV était redevable de ce que son règne avait déplus glorieux, mourut en 1683. Après cette époque commence la troisième et la plus triste partie de la vie de ce prince.

Dès l'an 1682, Louis XIV, inspiré par son confesseur, manifesta son penchant pour la dévotion, et sa résolution de convertir forcément les protestants de son royaume. Se croyant assez puissant pour commander aux opinions, aux habitudes, et s'en faire obéir, il voulut que tous ses sujets fussent dévots ou convertis. Les courtisans des deux sexes, pour se maintenir en faveur, se contraignirent et ajoutèrent à leurs vices accoutumés un vice nouveau, l'hypocrisie. Les libertins et les dames galantes de la cour en prirent le masque : ils assistaient à la messe, au sermon et au salut toutes les fois que le roi s'y trouvait, et, à ce sujet, je citerai un fait qui, quoique connu, trouve ici sa place. Brissac, major des gardes, fit tomber un jour ce masque de dévotion dont se couvraient les courtisans; il vint dans la chapelle où le roi devait se rendre; les tribunes étaient remplies de dames; il dit assez haut pour être entendu : Gardes, retirezvous dans vos salles, le roi ne viendra point; les gardes s'éloignèrent. Les dames, persuadées que le roi ne viendrait pas au salut, éteignirent leurs bougies et se retirèrent. Peu de temps après arrive le roi qui s'étonne de voir les tribunes dégarnies des dames qui s'y rendaient ordinairement. Brissac lui conta le tour qu'il venait de leur jouer : le prince en rit, mais n'en fut pas plus éclairé.

Louis XIV, de son propre aveu, était fort peu instruit en matière religieuse. Ses confesseurs profitèrent de son ignorance pour dominer son esprit et le diriger à leur gré. Le père La Chaise et le père Le Tellier le portèrent, tour à tour, à persécuter, l'unies protestants, l'autre les jansénistes. Il faisait des pèlerinages, se cuirassait le corps de reliques, et s'affilia à l'ordre des jésuites. Avec de telles pratiques, il se croyait chrétien, croyait suivre la religion de l'Évangile qu'il ne lisait point : il ne suivait que la religion des jésuites.

Le gouvernement consistait alors dans la volonté d'un seul homme, et

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Louis XIV, (lisait : VFJaty c'est moi. Ce gouvernement, appuyé seulement sur l'existence d'un individu, éprouva toutes les vicissitudes de la vie humaine, il eut sa jeunesse, sa virilité et sa décrépitude. La jeunesse de ce règne fut déréglé»; et trés-orageuse ; sa virilité présenta des triomphes et eut une marche pompeuse et ascendante; sa fm une allure déclinante ou rétrograde : tout(îs les parties administratives vieillirent avec Louis XIV. Les lettres, et hien plus encore les arts, participèrent à cette décadence. Fontenelle fut pres(iuc l'uniciue représentant des talents de Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, Boileau, Bossuet, Fénelon, etc.; et le règne suivant ne recueillit qu'une trcs-faihle partie d'une si riche succession. Les peintres Le Poussin, Le Sueur, Jouvenet, Le Brun, etc., n'eurent point de successeurs dignes d'eux. La sculpture l'ut entraînée dans la chute générale. Girardon, les deux Anguier, Pujet, Nicolas Coustou, moururent sans être remplacés, si ce n'est par des artistes d'un goût médiocre. L'architecture éprouva la même dégénération. L architecte Oi)enord contribua puissamment à cette révolution, en substituant aux formes grécoromaines des formes contournées, des voûtes surbaissées, et ces ornements ridicules qui ne ressemblent à rien dans la nature, et qu'on nommait rocailles, ornements toujours placés sans motif.

Malgré cette décadence, malgré la persistance d'une partie des vices de l'ignorance et de la féodalité, la civilisation et les connaissances humaines firent des progrès rapides. Le goût peut se corrompre; mais les sciences acquises restent intactes, marchent toujours vers leur perfectionnement. Molière, Regnard, Despréaux, avaient versé le ridicule sur les travers de l'esprit, sur les vices de la société, sur l'orgueil nobiliaire, sur les tours des chevaliers d'industrie, sur les escroqueries des marquis. Corneille et Racine élevaient les âmes, inspiraient de nobles passions. Leurs grands talents donnaient des charmes aux préceptes de la morale. Bussi-Rabutin marque le changement qui, de son temps, s'était opéré dans l'opinion ; après avoir parlé de l'Académie française, et dit qu'elle comptait parmi ses membres des personnes de naissance, il ajoute : « Il y en aura encore bien davantage pour l'avenir. Jusqu'ici la plu- • part des sots de qualité^ qui ont été en grand nombre, auroient bien voulu per- « suader, s'ils avoient pu, que c'étoit déroger à la noblesse que d'avoir de rf l'esprit; mais la mode de l'ignorance à la cour s'en va tantôt passée, et le >> cas que fait le roi des habiles gens achèvera de pohr toute la noblesse de son » royaume. »

Quelques ouvrages publiés à cette époque prouvent que l'on méditait sur les vices du gouvernement : si l'on commençait à raisonner en politique, on raisonnait beaucoup plus sur les matières religieuses. Les protestants avaient ouvert la carrière; quelques prêtres catholiques, fortifiés par une vaste érudition, sans outre-passer les limites de l'orthodoxie , combattirent avec succès les erreurs grossières, les superstitions absurdes dont le catholicisme était souillé. Tels étaient Jean de Launoy, docteur de Sorbonne; Pierre Lebrun, prêtre de l'Oratoire; Jean-Baptiste ïhiers, curé de Champrond, etc., etc. Dans leurs écrits, ces hommes déroulèrent le volume immense des sottises humaines en matière de croyance , et s'élevèrent fortement contre les pratiques magi-

ques, qui, généralement adoptées, déshonoraient le christianisme. L'esprit humain conquérait cette liberté et cette indépendance sans lesquelles les sociétés ne peuvent suivre la voie du progrès.

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