‹ Histoire de Paris et de ses monumentsChapitre 66 sur 96 · SOLIS L(HIS \VI · texte numérisé non relu

SOLIS L(HIS \VI

parilion causa une j;iaiKU' sur|)risc aux lial)i(ants. Les essais aéroslaliques hjentùt se nuillipliôrenl. !-e gaz dont Montf^^oKier enllait et animait son l)allon provenait de l'air raréfié par la clialour (jue produisait la paille mouillée: et celui dont le sieur (^harles r(>mplissait le sien était du gaz hydrogène. Montgollier eut plusieurs ])artisans, notamment Pilaire des Rosiers. Charles eut aussi les siens, et entre autres les sieurs Uohert et Blanchard, ses collaborateurs. Le 21 novembre 1783, le marquis d'Arlandes et PilAtre des Uosiers s'élevèrent, du parc de la Muette, dans une espèce de galerie qui pendait au ballon de la montgoUière. C'était le premier voyage aérien qui méritait d'être noté : les voyageurs n'éprouvèrent aucun accident. Le l*''^ décembre suivant une nouvelle ascension, opérée par Charles et Robert dans le parterre du jardin des Tuileries prouva la supériorité des procédés de ces aéronautes.

USAGES. Les usages étaient à peu près les mêmes sous Louis XVI que sous le règne précédent. Les gens de la cour s'occupèrent beaucoup, pendant les années 1776 et suivantes, de courses de chevaux. On essaya, pendant l'hiver de 1777, de se faire voiturer en ^ra^/^eftw^ richement ornés. Cette mode n'était qu'une fantaisie de cour, qui n'eut pas de suite.

Les modes changeaient toujours de formes. Les coiffures des femmes s'élevaient à une hauteur exorbitante ; elles interceptaient la vue des spectateurs dans les théâtres, ce qui causait de fréquentes querelles. En 1780, les cheveux de la reine étant tombés par suite d'une couche, cette princesse porta une coiffure basse, appelée coiffure à Venfant. Toutes les femmes de la cour répondirent à ce signal ; et la hauteur des coiffures, réduite à Versailles, le fut bientôt à Paris, puis en province. — En octobre 1784, les dames portaient des chapeaux à la caisse d'escompte, chapeaux mns fond, comme cette caisse. — Les dames avaient encore leurs vastes et embarrassants paniers; elles les abandonnèrent ensuite, ou du moins elles en diminuèrent le volume, et les remplacèrent par de petits paniers, appelés ^;oc//e.v , qui leur donnaient des hanches énormes. Enlin elles s*affublèrent d'une autre espèce de paniers, appelés culs, qui les faisait ressembler à la Vénus hottentote.

Quant aux hommes, voyez-les courant chez leurs protecteurs, l'épée au côté, le chapeau sous le bras, vêtus de l'habit français galonné ou brodé; leurs cheveux sur leur dos, sont réunis dans un sac de tatfetas noir qu'on appelait bourse, leur tète est enfarinée de poudre; leur toupet élevé est accompagné, de chaque côté, de trois ou quatre boudins symétriques ou en ailes de ï)igeon. Us sont chaussés de minces souliers couverts d'une vaste boucle; deux chaînes de montre terminées par une infinité de breloques, s'agilant avec bruit, descendent fort bas sur l'une et l'autre cuisse. Dans les rues, dans les jardins publics, ces hommes, ainsi équipés, ont l'air fier, grave, occupé; mais tout change dans l'antichambre; leur dos devient d'une souplesse merveilleuse; et sur leurs lèvres sévères succède le souris de la complaisance; leurs discours deviennent ceux de l'adulation et de la bassesse.

Lors de la révolution, il s'opéra dans les \ éléments, les modes et les usages, un changement presque subit. Tous ces ridicules s'évanouirent, l'étiquette et W. cérémonial |)(Mdirent beaucoup de leur ascendant s:u' les actions des liom-

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mes. En 1791, on voit les Parisiens préférer la redingote à l'habit; des cordons, aux larges boucles des souliers; on les voit porter leur chapeau sur la tête et non sous le bras, renoncer à la poudre, au supplice d'une belle coiffure, se contenter de leur chevelure naturelle, et ne porter l'épée que pour la défense de leur pays. Les femmes prirent des chapeaux et eurent le bon esprit de se soustraire à la gêne de leurs talons hauts. Le rouge dont elles s'enluminaient encore le visage disparut insensiblement; il ne fut plus employé que sur la scène, ou pour cacher les rides et la pâleur de la vieillesse.

A Paris, on dînait à deux heures, le spectacle commençait à cinq, et se terminait à neuf. Cet ordre de choses fut dérangé par un changement introduit dans les administrations. Les employés travaillaient dans leurs bureaux depuis neuf heures jusqu'à midi, y rentraient à trois heures pour y rester jusqu'à neuf. On jugea que le Iravail du soir était plus dispendieux qu'utile : on le supprima, et on établit une seule séance, depuis neuf heures du matin jusqu'à quatre heures après midi. Ce changement en amena d'autres auxquels la généralité de la population se conforma bientôt. On dîna à quatre heures, à cinq et même à six heures. Les spectacles commencèrent à sept, et finirent à onze heures ou à minuit. Le déjeuner se fit à l'heure du dîner, et le dîner à l'heure du souper (1 1.

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