RUES, PLACES ET POINTS
On bâtit un très-grand nombre de rues, et Ton conçut le projet d'en percer plusieurs autres, sous le règne de Louis XVI. C'est ainsi qu'en 1781 on proposa d'établir le long du jardin des Tuileries une rue qui, du Carrousel, irait aboutir à la place Louis XV. Ce projet a été exécuté, et cette rue porte le nom de Rivoli. En même temps fut proposée une autre rue qui , du jardin des Tuileries, serait perpendiculaire à la première, traverserait la place Vendôme, et irait aboutir au boulevard. Cette rue fut terminée en 1807, sous les noms de rues Napoléon et de Castiglione. La partie de cette rue qui portait le nom de Napoléon reçut, après 1814, celui de la Paix. En 1780, on proposa la prolongation de la rue de Tournon jusqu'à la rue de Seine. Cette prolongation s'est effectuée en 1812.
Plusieurs places furent étendues ou créées. En 1774, la place située devant
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le l*alais-Royal fut agrandie; on créa des places devant le Palais-de-Justice, devant FOdéon, devant le théâtre Italien.
Le pont de Notre-Dame et le pont au Change furent débarrassés , en 1788 des maisons qui bordaient leur route. Les parapets du pont de Notre-Dame furent terminés au mois d'août de cette année. Un édit du roi, de septembre
1786, ordonna la démohtiondes bâtiments situés sur les autres ponts. En 1787, les maisons qui se trouvaient sur le Pont-Marie furent abattues, et ce ne fut qu'en 1808 que celles dont le pont Saint-Michel était bordé éprouvèrent le même sort. On démolit aussi celles qui, sur les quais aboutissant à ce pont, formaient, du côté de l'Université, la rue de HurepoiXy et, du côté du Palais, celle de Saint- Louis,
PONT LOUIS XVI ou DE LA CONCORDE, situé cu facc de la place Louis XV et dans la direction de l'axe de cette place. Ledit du mois de septembre 1787, ordonnant un emprunt de trente millions, dont une partie devait être consacrée aux embellissements de Paris, autorise la construction de ce pont, et affecte à ses frais la somme de douze cent mille livres. On commença le 10 juin
1787, à battre les pieux des pilotis de ce pont dont les travaux ont été achevés à la fin de la campagne de 1790. L'ingénieur Perronnet en fournit les dessins : on employa, dans la maçonnerie, une partie des pierres provenant de la démolition de la Bastille. Sur les piédestaux de la balustrade de ce pont, et à l'aplomb des piles, devaient être placées les statues colossales en marbre de douze hommes célèbres dans l'histoire de France. Ces statues ont, en effet, pendant quelque temps figuré sur le pont de la Concorde, et depuis elles ont été transportées dans la cour d'honneur du château de Versailles.
ÉTAT CIVIL DE PAEIS
Depuis le commencement de ce règne jusqu'à l'époque de la révolution, il ne s'opéra, dans les cours de justice, dans les administrations parisiennes, dans rétat des citoyens, aucun changement notable. Cependant on adoucit la rigueur de quelques lois anciennes, et la féodafité perdit du terrain.
PRISONS. Depuis longtemps on s'indignait de l'insalubrité des prisons, et du sort des prisonniers. Le ministre Necker engagea Louis XVI à supprimer les prisons du For-l'Évêque et du Petit Chàtelet; et une ordonnance du roi, du 30 août 1780, porte que les prisonniers seront transférés dans l'hôtel de la Force près de la rue Saint-Antoine, dont le vaste emplacement promettait plus de salubrité aux détenus, et facilitait les moyens d'établir entre eux des séparations nécessaires. Alors seulement on renonça aux cachots du Grand- Chàtelet; enfin, en 11 85, on supprima la prison Saint-Martin, consacrée spécialement aux filles publiques; et l'on transféra les prisonnières à l'hôtel de la Force, dans une partie de cet hôtel séparée de la prison des hommes, et qu'on nomme la petite-Force.
ÉTAT CIVIL DES PHOTEsiANTS. Dcpuis li3 règuc dc Frauçois P'" jusqu'à celui de Louis XVI, si l'on en excepte le règne de Henri IV, les protestants n'ont
sons LOlils \\i. :)(;<)
éprouvé, de la part dos dilTorents rois, (juc dos persécutions. Sous Louis \\ ou espéra un nioiuent que les lois rigoureuses qui atteignaient les protestants sernient rapportées; mais la majorité des évNpies opposa toujours avec succès sa cruelle résistance. Ce fut l'Assemblée constituante qui lit justice, et restitua aux réformés les droits dont les lois de Louis XIV les avaient dépouillés.
CLKRiîÉ DE PARIS. J'ai parlé des moyens employés par les ecclésiastiques |)our accroître leurs richesses et leur domination. Ces laits, qu'il est inutile de rappeler, une inlinité d'autres que je passe sous silence, joints aux besoins de l'Llat, déterminèrent l'Assemblée constituante à imiter l'exemple des rois, qui, dans la disette de leurs finances, et, avec l'autorisation du pape, s'appropriaient une partie des biens du clergé. Le 2 novembre 1789, pendant que cette Assemblée siégeait au palais archiépiscopal de Paris, les ordres monastiques turent supprimés, et tous les biens du clergé furent déclarés propriété nationale et aliénable. A cette époque, il se trouvait à Paris cinquante paroisses, 6//;r églises qui avaient le môme droit, vingt chapitres, quatre-vingts églises ou chapelles non paroisses, trois abbayes d'hommes, huit de filles, cinquante -trois couvents et communautés d'hommes, et cent quarante-six couvents et communautés de filles. Le revenu annuel total de ces établissements et du clergé séculier de Paris s'élevait alors à la somme de 3, 214, 739 livres. On n'a point le tableau de tous les chapitres et églises collégiales, ni celui des quatre-vingts autres égfises ou chapelles, dont les revenus devaient former une somme considérable.
MUNICIPALITÉ DE PARIS. Le prévôt dcs marchands, les quatre échevins et les vingt-six conseillers de ville cessèrent leurs fonctions après la prise de la Bastille. Les électeurs de Paris les remplacèrent, et exercèrent les fonctions municipales jusqu'au 30 juillet 1789. Un décret de l'Assemblée nationale, du 27 juin 1790, organisa une nouvelle municipalité, composée d'un maire, de seize administrateurs, de 32 membres du conseil, de 96 notables, d'un procureur de la commune, de deux substituts, etc. Tous ces membres étaient élus par les habitants de Paris, divisés en quarante-huit sections. Cette municipalité comprenait, en outre, un conseil général de la commune, qui se composait du maire, des 96 notables et des 32 membres du conseil. Cette municipalité ainsi ordonnée, se maintint jusqu'au dix août 1792; elle éprouva divers changements pendant les orages de la révolution. Par la loi du 11 octobre 1795, la ville de Paris fut distribuée en douze municipalités, et l'est encore.
DIVISION DE PARIS EN DISTRICTS. Lorsqu'il fut question de procéder à la nomination des électeurs qui devaient nommer des députés aux états généraux, la ville de Paris fut divisée en soixante districts : à chaque district on assigna un édifice public pour la réunion des habitants. On n'accorda à chacun de ces districts que vingtquatre heures pour se réunir, élire les membres du bureau, et nommer des rédacteurs de cahiers ou doléances, et des électeurs.
Ce fut le 20 avril 1789 qu'eurent lieu ces brusques et nouvelles réunions, dont plusieurs, ne voulant point reconnaître les présidents (jue le bureau de la ville lour avait envoyés, en nommèrent un de leur choix. I>e 13 juillet suivant, les habitants de Paris, sentant le besoin de se protéger eux-mômes, se rapi)elère!Jt les lieux où, deux mois auparavant, ils avaient été réunis en districts, s'y ras-
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semblèrent spontanémenl, et conservèrent les ofïïciers qui en composaient le bureau. Depuis le 13 juillet 1789 jusqu'au 25 juillet 17f 0, ces soixante districts ont administré Paris, et ont offert le tableau d'une pure démocratie. Lorsque la majorité des districts exprimait un vœu, ce vœu était porté à la municipalité, qui se chargeait de l'exécution. Jamais Paris n'a été plus tranquille et plus libre. Un décret de l'Assemblée constituante, sanctionné le 27 juin 1790, changea cette division de Paris : aux soixante districts succédèrent quarante-huit sections: chacune d'elles reçut un nom de localité. Toute la partie septentrionale de Paris était divisée en trente-quatre sections, et la partie méridionale en onze sections. Ces réunions étaient considérées comme des sections de la commune; celles qui portaient des noms un peu monarchiques en changèrent pendant la république : elles se maintinrent jusqu'en 1795.
POPULATION. Nous mauquous encore de notions suffisantes pour donner sur cette matière des résultats aussi précis qu'il serait désirable. Le nombre des habitants de Paris sous le règne de Louis XVI, a varié, en terme moyen, de six cent cinquante mille à six cent mille.
coNsoinMATiON DE PARIS. En 1791, Lavoisicr remit au comité d'imposition de l'Assemblée constituante un tableau des objets consommés ou entrés à Paris, chaque année antérieurement à la révolution. Voici les objets les plus intéressants mentionnés dans ce travail :
Livres de pain 200,000,000
Livres de riz 3,500,000
Muids de vin ordinaire 250,000
Muids de 7^i« </e liqueur. . . . 1,000
Muids ce eau-de-vie. 8,000
Muids de cidre 2,000
Muids de bière . 20,000
Muids de vinaigre 4,000
i?6e«/^ du poids de 700 livres. . . 70,000
Vaches du poids de 3G0 livres. . * 18,000
Fe«wjt- du jjoids de 72 livres. . . 120,000
Moutons du poids de 50 livres. . 350,000
Porcs du poids de 200 livres. . . 35,000
Viande m \\yxç,s 1,280,000
Livres Ae poisson de mer, frais, sec
et salé 10,000,000
Nombre de carpes 800,000
mmhïQ^Q brochets 30,000
^OTiÛixe, (S.' anguilles 5G,000
Nombre de tanches 30,000
Nombre de perches 6,000
Nombre A'ecrevisses 75,000
Cordes de 6oi.s 417,000
Voies de charbon de bois. . . . 694,000
\o\es ùe charbon de terre. . . . 10,000
Nombre û'œufs 78,000,000
L\\YGS, de beurre frais 3,150,000
Livres de beurre salé et fondu. . 2,700,000
Nombre àc fromages frais. . . 424,000
Livres de fromages secs. . . . 2,600,000
Livres de cire et bougie 538,000
Livres (\e pruneaux 476,000
Livres de savon 1,900,000
Livres de sucre et cassonade. . . 6,500,000 Livres de potasse, soude et cendres
gravelées 2,300,000
Aunes de toile 6,000,000
Livres de cuivre 450,000
Livres d'acier 2,500,000
Livres de fer 8,000,000
Livres de plomb 3,200,000
Livres d'étain 350,000
Livres de vif-argent 18,000
Livres de cuirs et peaux. . . . 3,700,000
Livres de />e//c^me.y 530,000
Boites de paille 11,090,000
BoUes de foin 6,388,000
Muids d'avoine 21,000
Muids Je i^e.yce et grenailles. . . 1,400
Muids d'orge 8,500
Pieds cubes de bois carré propre à
bâtir 1,600,000
Pieds cubes de pierres de taille dures 620,000
Pieds cubes de pierres de taille de
Saint-Leu 930,000
Toises cubes de moellons de meulière et autres 64,000
Muids déplâtre contenant chacun
trente-six sacs 120,000
Muids de chaux 8,000
^owùixe d'ardoises fortes. . . . 3,717,000
SOIJS LOUIS XVI. 571
:\omhYG d'ardoises fines. . . . 13'!, 000 Livres dV/wi/e ilc toute cspt^i'c. . . 0,000,000
Nombre de /////fj, grand moule. . S,41)S,()00 Livres de c«'//c 2,f)00,000
Nombio de tuiles, petit moule. . 27, 0005 Livres de c(ic<(o 2;>0,()00
Nombre de />/•/>/ //f.y 973,000 Livres de i,'e/-o/7r î) OUO
Prtir'A', sans compter eeux qui sont Livres de />om7y 75 000
destines au pavage de Paris. . . 1 ,3G0,000
A ce tableau Lavoisier en joint un autre qui offre l'évaluation en argent de toutes ces denrées et marchandises : d'où il résulte que la consommation annuelle de Paris s'élevait à environ 2G0 millions. Ensuite, estimant par approximation les bénéfices et économies de la partie industrieuse des habitants de Paris à 40 millions, ce savant en conclut que l'ensemble des habitants doit avoir en revenu 300 millions, sur lequel le fisc retirait environ un cinquième.
CONTRIBUTIONS. Le ministre Necker parle ainsi des contributions imposées aux habitants de Paris : « Les droits pei^çus à l'entrée de la capitale, soit pour le •' compte du roi, soit au profit de la ville et des hôpitaux, s'élèvent aujourd'hui à » plus de 36 millions.... Les impôts à la charge de cette grande ville s'élèvent " de 77 à 78 millions. — Le roi tire plus de revenus de sa capitale que les trois » royaumes ensemble de Sardaigne, de Suède et de Danemark, ne paient de » tributs à leur souverain. »
TABLEAU MORAL DE PARIS
Je renonce ici à ma méthode accoutumée : je garde le silence sur les personnes les plus éminentes de la cour, sur ces modèles en matière de moralité, et je ne parle que de ceux qui n'ont eu sur les mœurs qu'une inflence secondaire. On sent les motifs de ma retenue.
Les hommes du règne de Louis XV vivaient sous Louis XVI; le mal était invétéré; et, quoique modifié par la civilisation, il se maintenait et faisait des ravages. La superstition insultait encore à la raison, et la féodalité à la justice. Chargé des funestes résultats de l'orgueil, de la dévotion peu éclairée, et des profusions immenses de Louis XIV; chargé des résultats des mœurs corrompues et des désordres de la cour de Louis XV, le char du gouvernement continua donc à rouler dans ses vieilles ornières. Les abus du gouvernement, quoique moins grands que ceux des règnes précédents, étaient beaucoup mieux aperçus. De plus, des événements imprévus jetèrent la déconsidération sur les personnes de la cour : l'affaire du Collier fit évanouir le prestige du pouvoir. Les finances étaient depuis longtemps épuisées et les emprunts leur donnaient un faux aiide prospérité. Dès qu'elles furent confiées au dissipateur Galonné, le mal s'accrut si brusquement, qu'il fallut recourir aux grands remèdes; et l'on appela le médecin quand la maladie était incurable. Voilà, je crois, quelques-unes des causes de la ruine de ce gouvernement; mais il y en eut d'autres.
La régularité des mœurs de Louis XVI, et les soins qu'il apportait à réprimer los désordres de sa cour, n'en exclurent pas la débauche; les infamies des jeunes courtisans de Henri 111 et de Louis XV se continuèrent jusque sous son régne. En 1784, Louis XVI, pour ne pas donner trop d'éclat à leurs goûts honteux, et pour ménager l'honneur des personnes d'un rang éminent, se vil forcé
572 HISTOIKK DE PAKIS
de renoncer aux chàtimenls juridiques, et de se borner à exiler quelques seigneurs.
Le règne de Louis XVI fut signalé par plusieurs découvertes dans les sciences et dans les arts. Franklin, ambassadeur des États-Unis de l'Amérique à Paris, fit adopter les paratonnerres. Cette invention trouva, dans la vieille ignorance, des oppositions dont elle a aujourd'hui pleinement triomphé. — Un docteur allemand, appelé Mesmer, vint en France, et publia, en 1780, un ouvrage où il établissait l'existence du magnétisme animal, 11 trouva, parmi les médecins, beaucoup de contradicteurs et peu de parlisans. Mesmer ouvrit une souscription , prit l'engagement de communiquer le secret de sa découverte à ceux qui déposeraient cent louis. La curiosité fit des dupes : de ce nombre fut le savant Bertholet, qui, moyennant cette somme, eut l'honneur d'être admis aux séances du magnétisme. Mécontent de cette doctrine, il publia, en mai 1784, un avis très-défavorable à l'empirique. Celui-ci n'en fut point déconcerté; il forma une société, appelée de VHarmoniey où il établit ses baquets ou réservoirs du magnétisme. Le roi, le 12 mars 1784, avait chargé des commissaires de faire un rapport sur cette découverte. Ce rapport, attendu avec impatience, parut le 11 août suivant, il porte que l'imagination est le grand moteur du magnétisme; que, sans elle, son prétendu fluide ne peut agir; que le magnétisme est inutile, et même dangereux, à cause de l'imitation dont la nature nous a fait une loi. La Faculté et la Société de médecine, longtemps divisées, furent d'accord sur ces principes, et y souscrivirent. En 1785, le magnétisme produisit le somnambulisme; et c'est au sieur de Puységur qu'on doit ce perfectionnement. Il parvenait à endormir ceux ou celles qui se soumettaient à l'opération, leur faisait des questions auxquelles les dormeurs inspirés répondaient par des paroles qui étaient reçues comme des oracles ou des prophéties.
Un autre empirique, être prétendu surnaturel, qui possédait des secrets merveilleux et correspondait avec des esprits, Joseph Balsamo^ fameux sous le nom de Cagliosiro, était à Strasbourg, et y attendait, pour venir à Paris commencer son rôle, que Mesmer eût fini le sien et qu'il fût descendu de ses tréteaux. Cet homme, qui avait parcouru toutes les cours de l'Europe, était, dit-on, âgé de deux cents ans, et guérissait toutes les maladies. Après avoir séduit quelques princes, et notamment le cardinal de Rohan, il vint à Paris, où il fit beaucoup d'autres dupes. 11 y fonda des loges maçonniques, du rit égyptien, d'adoption; il s'annonçait comme possédant le secret de rajeunir les vieillards, et de régénérer le moral. Compromis dans l'affaire du collier, Cagliostro fut mis à la Bastille, se plaignit d'avoir été dépouillé de ses bijoux par le gouverneur de cette forteresse; puis, s'étant retiré à Londres, il y publia une Lettre au peuple français , dans laquelle on trouve cette prophétie, inspirée par la connaissance qu'il avait acquise à Paris de Tétat de l'opinion publique : la Bastille Sf^ra détruite, et deviendra un lieu de promenade.
Une découverte moins mystérieuse est celle des aérostats ou ballons. Jacques- Etienne Montgolfierles inventa en 1783. Les sieurs Charles et Robert perfectionnèrent cette découverte. Le 27 août 1783, ils firent élever, au Champ de Mars, un ballon de taffetas gonuné, (lui alla tomber du coté de (ionesse, où son ap-