PARIS SOUTERRAIN
CATACOMBES, dout la principale entrée est dans la cour du pavillon ouest de la barrière d'Enfer ou d'Orléans. Les pierres des anciens éditices de Paris furent anciennement tirées des carrières ouvertes sur les bords de la rivière de Bièvre, au faubourg Saint-Marcel, à l'emplacement des Chartreux et du Mont-Parnasse. Il paraît qu'au commencement du quatorzième siècle, on entreprit d'exploiter les bancs calcaires des carrières situées sous le faubourg Saint-Jacques et sur les territoires de Mont-Souris et de Centilly. Ces exploitations, pendant plusieurs siècles, se tirent sans surveillance et au gré des entrepreneurs, qui fouillèrent fort avant sous la ville. L'Observatoire, le Luxembourg, TOdéon, le Val-de-Cràce, le Panthéon, l'église Saint-Sulpice, les rues Saint-Jacques , de la Harpe , de Tournon, de Vaugirard, etc., fondés sur le vide de ces carrières immenses, sont, pour ainsi dire, suspendus sur des abîmes.
A la fm de 1776 , le gouvernement ordonna une visite générale, et la levée des plans de toutes les excavations. Cette visite procura la certitude, dit M. Héricart de Thury, " que les temples, les palais, et la plupart des voies publiques •» des quartiers méridionaux de Paris étaient près de s'abîmer dans des gouffres » immenses; que le péril était d'autant plus redoutable, qu'il se présentait sur « tous les points. » En 1777, fut créée une compagnie d'ingénieurs, spécialement chargée de consolider toutes les excavations, ainsi qu'une administration générale des carrières. — Depuis cette époque, on n'a point suspendu les travaux souterrains qui continuent encore. C'est dans une partie de ces souterrains qu'à l'exemple des villes de Rome, de Naples, etc., on a établi des Catacombes ou ossuaires composés de tous les ossements du cimetière des Innocents et d'autres cimetières de Paris. Voici les causes de cet établissement :
Le cimetière de l'église des Innocents servait à plus de vingt paroisses de Paris; depuis près de mille ans, les généiations venaient successivement s'y engloutir. Le voisinage en était infecté. A la suite de longues et vives réclamations le conseil d'État ordonna, en 1785, que l'emplacement de ce cimetière changerait de destination et serait converti en marché public.
Les inscriptions des Catacombes attestent que la première translation se lit à partir du mois de décembre 1785, jusqu'en janvier 1788. Dans la suite, pendant
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et cipics les orages révolutionnaires, les corps des personnes tuées dans les troubles, et les ossements des cimetières des autres paroisses et maisons religieuses de Paris, y furent successivement déposés.
On descend aux Catacombes par plusieurs portes; la plus généralement fréquentée est située dans la cour du pavillon ouest de la barrière d'Enfer. Après avoir descendu 90 marches, on se trouve dans une galerie de 19 mètres 14 centimètres d'élévation; puis on arrive dans une autre galerie de l'ouest qui est à l'aplomb de la rangée occidentale des arbres de la route d'Orléans. Après plusieurs détours ou aperçoit les constructions faites pour empêcher la contre- !)ande souterraine, et les grands ouvrages commencés, en 1777, pour la consolidation de l'aqueduc d'Arcueil. Puis on parcourt des galeries longues et sinueuses, et on descend, par un escalier, dans une exploitation inférieure. Près de là on voit d'anciennes exploitations, un grand pilier taillé dans la masse calcaire, un autre pilier en pierre sèche; enfin, à 80 mètres de ce pilier, on arrive au vestibule des Catacombes. En entrant, est un cabinet particulier qui contient une collection minéralogiqtic; ftWe offre une série complète de tous les échantillons des bancs de terre et de pierre qui constituent le sol des Catacoml)es. — Dans un ancien carrefour, entre quatre murs, M. Héricart de Thury a fait établir aussi un cahind de pcUlioloc/ie^ où sont classées avec méthode toutes les espèces d'ossements déformés par quelques maladies.
L'autel des Obélisques fut construit en 1810, et sa construction masque des travaux faits pour soutenir le ciel de la carrière, dont les affaissements annonçaient une ruine prochaine. Cet autel et ses obélisques ont des formes imitoes de lantique, et des piédestaux, placés aux deux côtés de l'autel, sont construits avec des ossements. D'autres travaux de consolidation ont reçu la (orme d'un monument sépulcral et sont connus sous le nom de Sarcophage du Lacnjmatoire ou tombeau de Gilbert. — Le piédestal de la lampe sépulcrale est encore un de ces objets qui rompent la monotonie lugubre de ces souterrains et de leurs longues murailles, toutes tapissées de tètes de morts. Ce monument se compose d'une lampe antique et du piédestal qui la supporte; près de là est le pilier du Mémento. — La fontnine de la Saman'tniîie est un épisode du voyage. Des eaux éparses ont été recueillies dans un bassin que l'on a entouré d'un mur qui sert d'appui à la double rampe de l'escalier : on la nomma d'abord la Source du Léthé ou de roid)li, on lui a donné ensuite le nom de Satnaritain^j à cause d'un verset de l'Évangile qu'on y a gravé. Au delà se voient les ossements des victimes de diverses scènes sanglantes de la Révolution.
On descend aux Catacombes basses par un escalier sous lequel on a construit un aqueduc qui conduit les eaux d'une source voisine dans le puits de la Tombelsoire^ puis on voit un pilierde forte dimension, élevé pour soutenir le ciel de la carrière, qui, fendu, lézardé en plusieurs endroits, faisait craindre un éboule Tient. Les inscriptions de ce pilier sont quatre strophes, tirées des Nuits Clémentines^ composées sur la mort du pape Ganganelli : cette construction a reçu le nom de Pilier des Nuits Clémentines. On sort ensuite des Calacombes; on remonte aux galeries supérieures; on parcourt un vestibule, un long corridor; cnlin on arrive au bas d'un escalier bâti, en 1781, sur le bord
Rouaroue Frères & sculp
( Tomljea-u du Général Foy. )
l'iiiiln' [i.ii Ftiruf, à P-n-i.s.
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(lu clK'inin (jui conduit du hameau de Mout-Souris au Pelit-Montrouge, ehernin nommé depuis quehiues amu'es rue des (Udaeonibes.
I/Assemblée constituanle délendil, en 1790, d'enterrer les morts dans l'intérieur des églises. Par arrêté de la prélecture de la Seine, du \1 mars 1801, il lui décidé que trois cimetières seraient établis hors de la ville de l>aris. Vax ISO'i-, Napoléon ordoiuia qu'il en fût établi quatre.
CIMETIÈRE DE MOMMAHTUE, d'abord uommé Champ- de- Repos. Il est situé hors du mur d'enceinte près de la barrière Blanche et de celle de Clichy. Il l'ut établi sur l'emplacement d'une ancienne carrière à plâtre. Son étendue était fort circonscrite : en 1819, il fut agrandi, et sa surface est aujourd'hui de trente arpents. L'inégalité de son sol produit plusieurs points de vue pittoresques.
ciMETiÈiiE DE l'est, DE MONT-LOUIS OU du Père-Lochaise, situé au nord-est et hors de l'enceinte de Paris, à quelque distance de la barrière des Amandiers. F/ançois de La Chaise^ ièsu'iio, confesseur de Louis XIV, obtint de la munificence de ce roi la propriété de Mont-Louis, et y lit construire une maison de campagne qu'on voyait encore avant 18i20, époque de sa démolition. L'enclos de Mont-Louis, destiné à être un des cimetières de Paris, fut ouvert aux morts le 21 mai 1801. Son site est heureux et varié; une partie, en plaine, occupe la hauteur du plateau; l'autre partie descend jusqu'au bas du coteau, et forme plusieurs inégalités pittoresques. La vue dont on y jouit s'étend sur une grande partie de Paris et sur les campagnes environnantes. Il a 80 arpents d'étendue.
Parmi les monuments les plus considérables, il faut citer le tombeau d'Héloise et d'Abeilard, placé à droite en entrant dans le cimetière. D'autres monuments sont ornés de colonnes de marbre et ont la forme de chapelles sépulcrales. Plusieurs guerriers ont des monuments dans cette enceinte. Je ne parlerai que de celui du maréchal Masséna, érigé en 1817. Il offre, sur un piédestal de cinq pieds de haut, un obélisque de vingt pieds Sur une de ses faces est le portrait de ce héros. Les monuments élevés à Molière et à La Fontaine ont une enceinte commune. Ailleurs sont groupés ceux de Delille, de Chénier, de Houfflers, de Parny, de Gingu. né, de Suard, de Vincent, de Brongniard, architecte. L'urne cinéraire consacrée à Bouiîlers porte cette inscription : Mes amis^ eroijez que je dors. — On a construit en 1820 la porte d'entrée de ce cimetière ; elle s'ouvre sur le boulevard d'Aulnay.
Le cimetière du Mont- Parnasse.^ où l'on n'enterrait autrefois que les suppliciés cl les cadavres sortis de la morgue, est très-vaste; mais il n'offre rien d'intéressant. Nous n'avons rien à dire du cimetière de Vaur/irarJ^ non plus que (!e celui Sainle-Cculierine (rue des Gobelinsj, fermé depuis longtemps.
musée ou GALHHiE DES AiNTiQUES, AU LOUVRE. Ce muséc fut composé, en grande partie, de statues et autres monuments recueillis , en 1797, en Italie, conformém;'nt au traité de Tolejitino^ par Bertholet, Moitte, Monge, Thouin et Tinet, commissaires nommés par le gouvernement pour la recherche des objets de sciences et d'arts. Ce musée fut, pour la première fois, ouvert au public le 9 novembre 1800. — Eu 1815, les objets les plus précieux de cette collection en furent enlevés. Cependant, malgié les pertes nombreuses (ju'il a éprouvées, h' Musée des Anti<iues est encore une des plus riches collections de sculptures
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grecques, romaines et égyptiennes qu'il y ait en Europe. 11 se compose des statues et bas-reliefs qui existaient dans les châteaux royaux , et de nombreuses acquisitions qui ont été faites depuis trente ans.
SOCIÉTÉ ROYALE DES ANTIQUAIRES DE FRANCE. Le premier établissement de cette société portait la dénomination d'Académie Celtique. Cette société publia, en 1807, le premier numéro de ses iVIémoires. En 1812 et 1813, elle ne tenait plus de séances. En 1814, elle se réorganisa sous le nom de Société des Antiquaires de France. Elle obtint dans la même année un diplôme de Société Royale.
LE PALAIS DE LA BOCRSE, situé ruc Vivleune. La Bourse de Paris était établie dans une partie de l'ancien palais Mazarin, et dans l'édifice anciennement occupé par le Trésor Hoyal ; pendant la lîévolution, elle fut transférée aux Petits- Pères , ensuite au Palais-Royal , dans la galerie de Virginie. 11 convenait que la Bourse eût un édifice spécial, digne de la capitale d'un grand État. Brongniart fut chargé de fournir les dessins d'un nouvel édifice de la Bourse. La première pierre fut posée le 24 mars 1808; les travaux, commencés alors , ne furent suspendus qu'en 1814 ; ils ont été repris depuis cette époque et terminés en 1826.
Cet édifice, destiné aux assemblées des négociants, et au tribunal de commerce , est élevé sur l'emplacement du couvent des Filles-Saint-Thomas. Voici ses dimensions : son plan offre un parallélogramme dont la longueur est de 69 mètres et la largeur de 41 mètres. Son élévation présente un péristyle parfait, et à ses quatre faces une ordonnance de colonnes corinthiennes élevées sur un soubassement. Ces colonnes sont au nombre de 66 et ont un mètre de diamètre et dix de hauteur. Ce péristyle supporte un entablement et un attique, et forme autour de l'édifice une galerie couverte, à laquelle on arrive par un perron qui occupe la largeur de la face occidentale. Des bas-reliefs ornent cette galerie , et leurs sujets sont relatifs aux opérations du commerce. — Un grand vestibule communique à droite aux salles des agents et courtiers de change, et à gauche au tribunal de commerce situé au premier étage. — La salle de la Bourse est au rez-de-chaussée et au centre de l'édifice; sa longueur est de 38 mètres, sa largeur de 25 mètres; elle peut contenir deux mille personnes , et la lumière dont cette vaste pièce est éclairée descend du comble. Elle est ornée de grisailles, exécutées par MM. Meynier et Abel de Pujol.
THÉÂTRES. — Bonaparte, par son décret du 8 août 1807, réduisit le nombre des théâtres de Paris; les quatre grands théâtres furent maintenus; parmi les théâtres inférieurs, le théâtre de la Gaîté, celui de V Ambigu-Coiiiique, le théâtre des Variétés, boulevard Montmartre, et le Vaudeville, furent pareillement conservés. Il fut ordonné que tous les autres seraient fermés au 15 août suivant. Je dois indiquer encore : le Cirque-Olympique, qui, d'abord situé rue Mont-Thabor et rue Saint-Honoré, ii" 355, ensuite dans la rue du Faubourg-du-Temple, et actuellement sur le boulevard de ce nom, existait du temps du Directoire : c'est un théâtre d'exercice d'équitation , de pantomimes et de mélodrames.
Bonaparte créa, par un décret impérial du 3 mars 1810, huit prisons illégales, qu'il qualifia, comme dans l'ancien régime, de prisons d\É tat. A\ns'\ la prison du Temple succéda à la Bastille, et celle de Vincennes eut son ancienne destination. Quant aux prisons légales, il n'y fut opéré aucun changement notable.
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J'ai déjà parlé de la (:oncier(/erie/]G n'y reviendrai pas. Les prisons de la l'orce, nie du Iloi-de-Sicile, vonl ùtre rem[)lacées par une nouvelle i)rison , pouvant contenir 1500 individus, et établie dans le (piartier de l'Ilôpilal général.
PHisoN i>K k'aijiîaye, située rue Sainte-Marguerite. Klle olVre un bâtiment très-solide et isolé; elle appartenait à la Justice du seigneur abbé de Saint- Cerniain; elle est depuis lorigtenips destinée aux militaires. Mais, petïdant la Révolution, on y enferma des prévenus et des coudanmés politiipies. Les cacbots de cette prison monacale sont borribles; un prisoimier s'y tient à peine de bout, et n'y peut vivre longtemps : ces cacbots ne servent plus.
riiisoN DE sAiisT-LAZARE, située rue du Faubourg Saint-Denis, n" 117. Celte ancienne léproserie est aujourd'liui uniquement destinée à renfermer Us femmes en prévention ou condamnées, et les iilles publiques détenues par mt> sure de police.
PRISON DES MADELONNETTEs, autrc pHson dc fcmmcs, située rue des Fontaines, entre les n«'s 14 et 16. J'ai parlé de ce couvent de rcVv^uiuses pénilentes, qui a été converti en prison. On y enferme des femmes prévenues de quehiues délits : elles attendent là le jugement qui doit les rendre à la liberté, ou les envoyer à la Conciergerie. Cette maison sert aussi à la réclusion des femmes condamnées par le tribunal correctionnel. Dans des bâtiments séparés sont détenues des femmes arrêtées pour dettes. On a établi dans cette maison des ateliers où les prisonnières sont assujetties au travail.
SAINTE-PÉLAGIE, situéc quartier du Jardin des Plantes, rue de la Clef, n» 14. J'ai parlé de l'origine de cette maison , qui fut bientôt convertie en prison destinée aux femmes de mauvaise vie, et où les pères faisaient enfermer leurs fdles, et les époux leurs femmes dont la conduite était déréglée. Aujourd'hui elle contient des prisonniers condamnés par la justice criminelle, des jeunes gens détenus par l'autorité paternelle, et des prévenus pour délits politiques. En 1828, une ordonnance de police assigna un quartier séparé aux condamnés politiques, jusqu'alors confondus avecles autres prisonniers. Cette maison servait aussi de lieu de détention pour les débiteurs insolvables ; on les détient aujourd'hui dans un prison spéciale, construite, dans la rue de Clichy, en 1835.
MAISON DECHARENTON SAINT-MAURICE, destinée aux aliénés, fondée en 1641.
PRISON DE DÉPÔT DE LA PRÉFECTURE DE POLICE, situéc dans Ics bàtimcnts de la préfecture de police. Cette prison se divise en deux parties principales ; la première, composée de chambres particulières, porte le nom de Salle Saint-Martin : elle est destinée aux personnes qui peuvent fournir aux frais de leur logement et de leur nourriture ; la seconde partie consiste en un ancien bâtiment a trois étages, dont chacun se compose d'une pièce longue, étroite et obscure, de sombres cabinets pour les prisonniers mis au secret, et de quelques cachots. Au premier étage sont logées les filles publiques, au second des prévenus, et au troisième ceux qui paraissent les moins coupables. Toutes les personnes arrêtées par mandats du préfet de police ou par ordre des commissaires sont conduites à ce dépôt : là elles attendent la liberté ou une autre prison.
PALAIS DE LA LÉGION- LUiONNEUR , silué ruc de Lille, n** 70. Il fut bâti , en 1786, sur les dessins du sieur Rousseau, architecte, pour le prince de Salm, et porta
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le nom à'hôtel du prince de Salm. Par la loi du 19 mai 1804, la Légion-d'Honneur fut créée, et son inauguration célébrée le 14 juillet suivant. On choisit l'hôtel de Salm pour y placer l'administration de cette nouvelle institution : cet hôtel est magnifiquement décoré.
COLONNE DE LA PLACE VENDÔME, érigée à la gloirc de la Grande armée. Elle fut fondée en 1806, et terminée en 1810, sur les dessins de Lepère et Gondouiu.
Le piédestal de la colonne est entouré par un pavé en très-beau granit. Ce piédestal, le fut de la colonne, son chapiteau et son amortissement, bâtis en pierres de taille, sont extérieurement revêtus de fortes lames de bronze chargées de bas-reliefs. Ce bronze provient des douze cents pièces de canon prises sur les armées russes et autrichiennes, pendant la glorieuse campagne de 1805. Les quatre faces du piédestal présentent, en bas-relief, des trophées d'armes, composés de canons, mortiers, obusieis, boulets, carabines, cimbales, drapeaux, casques, et de vêtements militaires Au-dessus du piédestal, et sur une espèce d'attique, se dessinent des festons de chêne, soutenus aux quatre angles par autant daigles en bronze. A l'imitation de la fameuse colonne d'Antonin, le fût de celle-ci est couvert d'une suite de tableaux en bas -relief disposés en spirale , et dont les sujets représentent, par ordre chronologique, les principaux exploits qui signalèrent la campagne de 1805, depuis le départ des troupes du camp de Boulogne jusqu'à la conclusion de la paix, après la bataille d'Austerlitz. Les bandes de bronze sur lesquelles sont ces tableaux ont trois pieds huit pouces de haut, et sont séparées entre elles par un cordon sur lequel est inscrite l'action représentée dans le tableau placé au-dessus.
Dans l'intérieur de cette colonne, on a pratiqué un escalier à vis composé de 176 marches, et conduisant à une galerie placée au-dessus du chapiteau de la colonne. Au-dessus de ce chapiteau s'élève une forme circulaire, ou espèce de calotte. C'est sur cette calotte qu'on a replacée le 29 juillet 1833 une statue en bronze de Napoléon Bonaparte, ouvrage de M. Seurre.
PLACE DU CAiiKOLSEL. Cette place fut, sous ce règne, embellie et fort agrandie. Un événement terrible contribua beaucoup à cet agrandissement. Le 24 décembre 1802, à huit heures et demie du soir, et pendant que Bonaparte se rendait en voiture à l'Opéra, une machine infernale, cachée sur une charrette, dans la rue Saint Nicaise, fit une explosion épouvantable : elle blessa, frappa de mort plusieurs personnes, brisa les glaces de la voiture du premier consul qui, grâce à la /vitesse de ses chevaux, parvint à échapper à l'attentat dont il était l'objet. Cette explosion ébranla tellement les maisons de la rue Saint-Nicaise qu'elles furent abandonnées et condamnées à la démolition. Cette rue disparut presque entièrement, et la place du Carrousel, très-inégale, acquit de l'étendue et de la régularité. Bonaparte ajouta à la décoration de cette place , en établissant et faisant bâtir la grille du château des Tuileries, et surtout les travaux de la nouvelle galerie du Louvre. Les travaux furent commencés en 1808; mais, en 1814,
(1) CeUehauleur csl de 43 méUes, y compris le piédestal j son diamètre est de 4 mètres. Sa fond;;tion a 9 à 10 mètres de profondeur ; elle a été assise sur le pilotis établi pour la statue équestre de Louis XIV, qu'oll(M('inplace. Le bronze pèse 1U\,'.^(î^ kilog.
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Publié par Fur ne, à Paris.
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par reJTet. dos évriuMneiits polili(|iios, la construction de cette galerie qui dcvail joindre le Louvre au\ Tuileries l'ut suspendue.
AKC DE TKioMiMiK DE LA PLACE DU CAKKOUSEL. Ccmonumont, placé à In principale entrée de la cour des Tuileries, fut l'ondé en (SOG et construit sin- les dessins de MM. Pcrcier et Fontaine. Cet arc de triomphe, élevé à la j,doire des armées franç;aises, a 14 mètres (JO centimètres de hauteur; sa largeur est de 17 mèties (iO centimètres, et son épaisseur de 10 mètres. Il présente de face trois arcades. I.es (lancs de cette construction sont percés, chacun, par une autre arcade dont la direction se correspond de l'un à l'autre. Chacune des deux faces est ornée de huit colonnes corinthiennes de marbre rouge de Languedoc, dont les hases et chapiteaux sont en bronze. A l'aplomb de ces colonnes et au-devant de ratti(iue, sont placées autant de statues de militaires français, de diverses armes. L'attique est surmonté par un double socle, sur lequel s'élevait un ([uadrige, en plomb doré et de forme antique, ouvrage de Lemot. A ce char étaient attelés les quatre chevaux de bronze, jadis dorés, conquis à Venise. Ce char vide attendait la statue de Napoléon; les événements n'ont pas permis de l'y placer. Six bas-reliefs en marbre ornent les faces de cet arc triomphal, dont les sujets sont relatifs à la cam[)agne de 1805. On le dépouilla des quatre chevaux antiques en 1815; mais en 1830 on a replacé sur ce monument un autre quadrige, ouvrage en bronze du sculpteur Bosio.
Auc DE TRIOMPHE DE l'étoile, situé hors dc la barrière de Neuilly et au centre de la vaste |)lace circulaire appelée VKloile. Le sieur Chalgrin, architecte, a fourni les dessins primitifs de cet édifice qui a coûté des travaux et des sommes immenses. La prem.ière pierre en fut posée le 15 août 1800. Quelques-unes de ses parties s'élevaient à peine au-dessus du sol, lorsque, le l*" avril 1810, Marie-Louise, lllle de l'empereur d'Autriche, fit son entrée solennelle à Paris. Pour recevoir dignement cette princesse et lui donner une grande idée de la capitale de l'empire français, on la fit entrer par la route de Neuilly. L'arc triomphal parut alors, au moyen de charpentes et de toiles peintes, avec toute la magnificence qu'il devait avoir lors de son entier achèvement.
Les fondations de ce monument exigèrent des travaux considérables. Les couches calcaires du sol n'offraient point de solidité. On fut obligé, après avoir creusé à 2i pieds de profondeur, de former unsol factice qui pût supporter sans danger l'énorme poids de cette construction; ce sol factice fut composé de plusieurs assises en pierre de taille de grande dimension; chacune de ces assises était disposée de manière que les joints des pierres de l'une ne correspondaient point avec ceux des assises qui lui étaient inférieures et superposées. Les pierres de ces assises présentaient des formes irrégulières, et les angles saillants des unes étaient reçus dans les angles rentrants des autres. Sur cette base solide s'éleva l'arc triomphal, un des plus co'ossaux que l'on ait jamais bâti dans aucun pays.
Napoléon Bonaparte opéra, dans les administrations de Paris et de la France, plusieurs changements quil jugea nécessaires à ses desseins. Il fit revivre les vieilles habitudes des cours, l'étiquette, le cérémorHal, les préséances, et ces fifres d'altesse, de granfhfn; d'excellence, qui ne rendent ni plus grands ni mcil-