‹ Histoire de Paris et de ses monumentsChapitre 75 sur 96 · ÉGOUTS DE PARIS · texte numérisé non relu

ÉGOUTS DE PARIS

La Seine et la Bièvre, dans la partie méridionale de Paris, la Seine et le ruisseau de Mesnilmontant, dans la partie septentrionale de cette ville, recevaient l'écoulement des eaux pluviales. Lorsqu'on eut creusé des fossés autour des murailles de Paris, ces fossés servirent d'égouts. Quelques parties, aujourd'hui voûtées, conservent encore la direction des fossés : telle est notamment la partie de régout qui, de la rue de l'École de Médecine, se jette dans la Seine, audessus de l'institut ou du Collège Mazarin.

Hugues Aubriot, prévôt de Paris vers l'an 1370, fut le premier qui fît couvrir de maçonnerie une partie de la rigole qui se jetait dans le ruisseau de Mesnilmontant. Avant 1412, il existait un égout couvert sous la rue Saint-Antoine, qui versait ses eaux dans les fossés de la Bastille. On le détourna en cette année, et on le dirigea à travers la culture Sainte Catherine, par la rue des Égouts et celle de Saint-Louis, à l'extrémité de laquelle on le retourna à l'ouest parallèlement aux murs de l'enclos du Temple. Arrivé à la porte de ce nom, il recevait un autre égout qui venait de la rue Saint-Denis, et suivait la rue du Ponceau et celle du Vertbois. Ces deux égouts étaient à découvert; on établissait de petits ponts aux endroits où le passage public l'exigeait, et la rue du Ponceau doit son nom à un de ces ponts. — Les eaux du quartier des halles se rendaient au ruisseau de Mesnilmontant, en suivant la rue actuelle du Cadran. L'égout voûté de la rue Montmartre se versait dans le ruisseau de Mesnilmontant, nommé alors le grand égout de la ville. Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1605 : à cette époque, François Miron, prévôt de Paris, fît, à ses dépens, voûter l'égout du Ponceau, depuis la rue Saint-Denis jusqu'à la rue Saint-Martin. Sous le règne de Louis XIlï, la longueur totale des égouts voûtés était de 2,354 mètres, et celle des égouts découverts de 7,876 mètres.

Dans l'intervalle de 1663 à 1671, on s'occupa plus sérieusement que jamais de la salubrité de Paris; on fît voûter quelques égouts. On construisit l'égout de l'Hôtel des Invalides, qui traverse l'esplanade et se jette dans la Seine. En 1714 ■on répara l'égout de la Vieille rue du Temple; en 1718, on reconstruisit celui de m ru€ Saint-Louis. On ordonna, en 1722, le creusement d'un grand égout entre le Calvaire et le Ponceau de Chaillot; mais ce ne fut que dans les années 1737 et 1740 que les travaux du grand égout furent commencés et achevés.

En 1734, on avait voûté la partie inférieure de l'égout Montmartre; en 1754,

sous >iAPOLÉON liONAPAUTE. 603

on exécuta celui de ri^cole-Mililairc, ù travers le Clianip do Mars, et ceux de la rue Saint Florentin et de la place Louis XV. Ceux qui entourent le Palais-Uoyal datent du temps où (ut construit cet êdilice; ils se Jettent dans résout de la place du Carrousel, reste des fossés de l'enceinte de Charles VI.

Le grand égout commence Vieille rue du Temple; depuis ce point il entoure une grande portion de la partie septentrionale de l^aris, et se piolonge, en suivant l'extrémité des Champs-Elysées, jusqu'au quai de Billy, au hasde Chaillot, 011 il se jette dans la Seine. Dans son cours, il reçoit un grand nomhre d'égouts moins considérables, dont je ne parlerai pas. Depuis le commencement de ce siècle, on a bâti, sous le sol de Paris, un grand nombre d'égouts voûtés; leur développement total est actuellement de 119,745 mètres.

Page 1